PAN FAN
quelque impureté, s'il livre aux (lots quel- pour convertir, et souvent sous prélexte de
que pestiféré, ils s eu emparent, car ils sont convertir. 11 est mamlit par la vraie religion ,
là pour ramasser tout ce qui tombe, et tant qu'il tend à déshonorer, en la faisant servir
qu'il reste un lambeau de celle proie infecte, de prêtes le aux inquisiteurs et aux bourreaux,
ils le lancent et le reprennent pour le lancer Elle analhémalise ceux qui se servent d'elle
encore conlre le vaisseau glorieux, qui pour- pour commettre ainsi des crimes, se voile la
suit sa course vers l'éternité, sans s'inquié- tête de douleur en ces jours de deuil et de
ter des ordures qui flotlcnl dans son sillage, malédiction, et Dieu garde ses vengeances
Oui, fanatisme 1 est le mot de ralliement contre les audacieux qui méprisent ses com-
des ennemis de la religion; c'est le thème mandemenls, et qui font de la loi d'amour et
élernel, lecanevas de toutes le» déclamations, de fraternité qu'il adonnée aux hommes une
l'épilliète ridicule qu'ils prodiguent à tort et loi de haine et de sang.
à travers à tous ceux qui ne pensi ni pas N'oublionsdonc pas tous tant que nous som-
commeeux; avec la plus invigne mauvaise mes, que le fanatismeesl l'abus le pins terrible
foi, ils confondent sans cesse la religion avec du sentiment religieux , parce qu'il en est la
l'abus; ils lui attribuent ce qui ne provient perversionla plus profonde. C'est un zèlequi
que des passions, el lui font un crime du crime n'est pas selon la science, et qui rend capable de
de ses enfants coupables, qu'elle esl la pre- toul, parce qu'on croit agir pour Dieu et par
mière à condamner. son inspiration. L'erreur du fan al isme consiste
Mais celle rage aveugle qui les emporte, à prendre une volontéliumaine pour une vo-
qni les rend injustes, intolérants et absurdes, lonté divine, s'employant tout entier et sans
qu'est-ce donc, si ce n'est un fanatisme d'un réserve à l'exécuter au nom de Dieu. Les
aulre genre? C'est lui qui faisait à Nantes les sectes, les partis, poussent en général au
noyades des prêtres, qui les assassinait à fanatisme; ils tendent à convaincre leurs
Paris dans les prisons, qui les chassait par- adeptes que leur drapeau est celui de la
tout de leurs églises, pour les envoyer à vérité, et queDieu veul ce qu'ils demandent,
l'échafaud ou en exil, et violentait les cous- Or, en face d'un parli esl un aulre parti ; en
ciences de tout un peuple. face d'une secle est une autre secte ; cl
Donc toutes les croyances ont eu des fana- comme chacun prétend avoir pour soi la tiques, nous eu avons fourni la déplorable vérité ou la parole de Dieu, tous concluent preuve; el nous avions besoin, tout en stig- que leurs adversaires sont des instruments ijialisanl les abus coupables de l'esprit faus- de mensonge et d'erreur. De là ces haines sèment religieux exploité par les passions aveugles el d'autant plus terribles, qu'elles humaines, de stigmatiser aussi le fanatisme s'autorisent de la sanction d.vine, et croient de l'irréligion. Quant à choisir entre les servir la Divinité en se satisfaisant. Ainsi la deux, pour l'honneur et pour le bien de violence, le meurtre, l'assassinat, la dévaslariiumauilé, nous préférerions le premier; et lion , le carnage el tous les genres de perles motifs de notre préférence , nous les séculion ont pu être ordonnés au nom de copions dans Rousseau. Nous voulons laisser la religion, et comme si Dieu les réclamait, et écrivain les dire lui-même, malgré sa L'homme, dansce cas, a mis sa volonté paslenilance à ne nous faire entendre la vérité sionnée à la place de Dieu, et, en s'imaginant qu'à demi, en raisondc ses sympathies philo- soutenir la cause divine, il l'a en effet déssophques. honorée à la face de la terre par les horrcui s
o Le fanatisme, quoique sanguinaire el commises en son nom.
cruel, dit-il, est pouilant une passion granlc Ainsi, le fanatisme est, dans la sphèro
et forte, qui élève le cœur de l'homme, qui religieuse, ce que le despotisme esl dans la
lui fail mépriser la mort, qui donne un res- sphère politique; c'est la volonté ou l'intérêt
sorl prodigieux, el qu'il ne faut que mieux de l'homme substitué à la volonté divine d'un
diriger , pour en tirer les plus sublimes côté, à la loi ou à l'intérêt public de l'autre,
vertus ; au lieu que l'irréligion, cl en gêné- Les plus grands crimes dont le monde a été
rai l'esprit raisonneur et philosophique , effrayé ont été accomplis par le fanatisme,
s'attache à la vie efféminée, concentre toutes qui, le plus souvent, les excite froidement,
les passions dans la bassesse de l'intérêt par- ;lvec le calme d'une conviction profonde, et
liculier, dans l'abjection du moi humain, et comme des œuvres agréables à Dieu,
sape ainsi à petit bruit les vrais fondements C(.l(e aberration du cœur qui fait supposer
de toute société. » Plus loin : « L'indifférence une ,iranje ignorance, ou une intelligence
philosophique ressemble à la tranquillité de foncièrement pervertie, doit donc être pré-
l'Elat sous le despotisme : c'est la tranquillité veliuc; et s>j| «'était plus temps de la prévç-
<!e la mort; elle est plus destructive que la nj|1) aide'llinient el follement combattue par
guerre même. » toul' ce que ia persuasion à déplus puissant.
Tous les fanalismes doivent donc être , ., . ... „.„.1,.ii.«rf„„„M
■ •. . -i i . • i i Plulosonhes, faites cesser celte préoccupa -
maudis; cl i s le seront, si les paroles que ruiiu»ujiiioa,ioiro ... . f. ,;,„;„
' .. • , „ , ni j ; ton • développez dans lamelles lanaiiqucs,
prononçait saint Dernard : /• ides suademla, "" » uc,c,v'l'i"i . .,,,.„ aia„,,,,J
' • ,.i-.., i- si en e^ Iciuns encore , es auties eiemenis
non imperanda; La loi doit être persuadée V , .',.,„. c.;,.if,,,i n„'ilo ai,,,nn'
' ,- • j i • • de la nensee ; laites surtout qu ils dimeiu
ci non pas commandée, servent de devise a "f lu »'V. .. ' i:,,i,i« -,„.A,ir «1 ,., ■■ -
,-! HMtKin'ti' d un verilao e au. oui, et m.i.,
toute liberté , à tout pouvoir. ,! "J, s plus ù déplorer les coupables excès
Somme toute, le fanatisme est larme la J an™»' fis pourraient se livrer.
puis redoutable du despotisme, a qui il huihuiis "' 1
inspire de violenter les consciences, de tuer FANFARON, Fanfaronnade (défaut).—
FAN
Faire parade d'un courage qu'on n'a pas est une fanfaronnade, el l'homme qui a ce travers esl un fanfaron.
L'usage a un peu étendu l'acception de ce mot; c'est-à-dire qu'on l'applique communément, soit à tout individu nui exagère ou qui montre avec trop de confiance qu'il est lirave; soit, et pins généralement, à celui qui se vante d'une vertu ou d'une quali'é, quelle qu'elle soit", au delà de la bienséance. [Diderot.)
La fanfaronnade rend ridicule, et chacun se rit tout ba«, si ce n'est tout haut, d;-s prétentions du Fanfaron. Il suffira donc d'en signaler les inconvénients aux jeunes gens qui auraient des dispositions à ce travers pour inspirer à chacun le dé-ir de s'en garantir.
FANTAISIE. — 11 est un- passion d'un moment, qui éclate principalement dans le premier âge de la vie, se continue chez h s jeunes gens, cl surtout chez les femmes frivoles el coquettes, et dont les hommes d'an âge mûr qui ont plus d'imagination que de bon sens, ne sont pas exempts ; une passion qui liait du désœuvrement, et qui, berçant agr< ablement notre âme parfois si mobile dans ses sentiments par l'espoir d'une jouissance qu'on espère se procurer, l'attache et la retient quelques instants sans là captiver : cette passion se nomme fantaisie.
Elle nait, ai-je dit, du désœuvrement, et si- manifeste du moment où, s'exagérant plus encore l'agrément que le mérite de la chose dont on rêve un instant la possession; plus la satisfaction que son orgueil ou sa vanité peuvent retirer de l'acquisition de cet objet que sa valeur ci son utilité ; le fantasque est exposé à faire bien des sacrifices pour satisfaire ses fantaisies. Aussi éprouve-t-il plus lard des regrets proportionnés à l'importance de la fantaisie qu'il a voulu satisfaire. Et il devait en être ainsi, puisque ce sentiment a quelque chose de si vague, de. si léger, qu'on l'a comparé à une bulle d'air qui s'élève à la surface d'un liquide et qui retourne s'y confondre, ou à une volonté d'enfant qui nous r.miène pendant sa Ci ur'e durée à l'imbécillité du premier 3 c. De là des fantaisies irréfléchies , frivoles , cxlravailes.
Disons toutefois qu'elles ne sont p»S toutes
de ce genre, el qu'il est des fantai
mode qui, | enilanl q elq 16 Lcn pï, SOIll (les
fantaisies de tout un peuple, malgré leur frivolité; il en ea aussi d utiles, d'héroïques même. Donc il ne faudrait pus leur donner à toutes la mémo importance.
Quoi qu'il en soit, comme généi plus on esl lé rer, irréfléchi, i lus on a de lan-
laisies, el qu il est possible d'avoir mile leu-
laisicssansavoirun geulgoût M ad. ."•. mieux vaut raisonner sur nos délira el Kur nos besoins, que de nous laisser aller .1 n 1 tisies, qui, le plat sou vent, Boni pournout sans utilité et sans profil Heureux encore quand lOUl M borne la 1
FAN 1 ASni F, (défaut). Le moi fat
FAtt 430 H
qui a la plus grande analogie avec le terme I bizarre, désigne communément un caracicre « inégal, changeant, brusque.
Toute idée d'agrément el de bon goûi ne ft saurait s'alliera cette expression, \u qu'elle i les exclut indifféremment, ce qui est d'autant H plus singulier que fantasque dérive de fantaisie, et que nous avons pu remarquer pré- | cédemment qu'il y a des fantaisies agréables. C'est chose d'autant plus bizarre, que le fan- n lasque l'est lui-même par ses manies, ses | goûts, ses actes, toute sa personne; d'où l'impossibilité de trouver en lui ni agrément | ni plaisir.
Et comment n'en serait-il pas ainsi, lorsque le fan'asque esl dirigé dans ses jugements par I des idées chimériques qui lui font exiger dans | les choses nue perfection dont elles ne sont pas susceptibles, ou qui lui l'ont remarquer en elles de.* défauts que personne n'y voit ?... Il esl facile de concevoir tons les désagréments qu'un pareil caractère peut procurer à une personne qui désire être agréable à toul le monde, et cette connaissance suffira nécessairement pour qu'on lente de s'en corriger.
FAROUCHE et SAUVAGE ( vices). — Ce.
deux termes ont la même signification, toute idée de race à part, c'est-à-dire qu'il q élé généralement employés pour désigner ces hommes qui , par humeur ou par une grossière ignorance des mœurs, des coutumes ou des habitudes des nations, é| ruinent pour la société tout eut, ère un éloignemcnl si grand, si invincible, si extraordinaire, qu'ils semblent 1 lutôt faits pour vivre dans b s bois qu'avec leurs semblables.
11 esl bon le distinguer les deux causes qui viennent d'être mentionnées (le travers de caractère ou humeur, el l'ignorance), attendu que, par l'une, l'homme devient farouche, tandis que l'autre rend l'homme sauvage. Chacune d'elles aurait doue une influence 1 uie particulière , spéi i aie. mit ces difTéreuls individus , cl les modifierait à sa manière. De 'à des opinions et des tendances diverses. Ainsi, tandis que l'homme qu'on nomme farouche, don.- d'une imagination ardente, d'une âme dure, inflexible, inaccessible à tout sentiment de sympathie et d'affection, ne voit la société qu'à travers son humeur 110 re ou sous un jo ir odieux, el dès lois ne
peut devenir sociable, l'homme qu'on appelle sauvage, méfiant, lunule, craintif, comme le Boni les enfants, auxquels il ressemble b coup, parce que comme eux il n'a pas un c ai artère déterminé, ni plus, de connaissance
du inonde qu'eux, n'e l poilll social.
Le prem er ne se plati pas avec les nom-
'il 1rs hait, et que, m. rcnfi r-
m ini dans sa haine, il n'aperçoil que leurs
\ il es. Il ■ •■ de leur Irouwr des
vertus, qu iqu'il on ail lui-même cl qu'il soit rxempl de vices ou n'en ait que irès-peu. Le second ne si uraii ba p'aoe davantage avec eux, attendu que, ne les connaissant pas,
il ne voit autour de lui qui; des eilUCtfi I
ou de. ['rus d'spo o. ,( le tromper. l'&T-