FAS
tant, l'un fuit le monde parce qu'il on a peur, et l'autre s'en éloigne parce qu'il le déleste. Et c'est parce que personne n'ignore la force et l'empire des sentiments haineux de celui-ci, que chacun tremble à son aspect: il jette partout l'épouvante. Aussi, ou leredoute d'autant plus que, antipathique pour ses frères, il es! sans amour pour eux, par conséquent sans ménagement ni pitié.
Bref, qu'un individu soit farouche ou sauvage, il est sous l'empire d'un sentiment fâcheux, et c'est un défaut dont il faillirait le corriger s'il était accessible. C'est pourquoi, à choisir entre les deux, si tant est qu'on fût forcé d'avoir l'un ou l'autre, mirux vaudrait préférer le second, qu'il serai facile de guérir par une instruction solide et une éducation soignée.
On peut y joindre avec fruit le développement des sentiments affectueux, seul et véritable moyen qui puisse modifier ou changer l'humeur ou le caractère de l'homme tannage.
FASTE (défaot), Fastueux. — On a toujours cherché, dans les jours de solennité, à étaler quelque appareil dans ses vêtements, dans sa suite, dans ses festins. Cet appareil étalé en d'autres jours s'est appelé faste. Il n'exprime que la magnificence dans ceux qui, par leur état, doivent représenter ; il exprime la vanité dans les autres.
Ainsi, tous ces hommes qui, poussés par le désir de paraître tout ce qu'ils sont, et même bien plus que ce qu'ils sont; tous ces gens qui affectent, par des marques extérieures, île donner à tout venant une haute idée de leur naissance, de leurs richesses, de leur puissance, de leur grandeur, tous ces gens, dis— je, peuvent étr.e appelés fastueux, paice qu'ils étalent du faste.
Sous ce rapport, le faste se rapproche beaucoup de l'ostentation, dont il diffère cependant en ce que, dans ce dernier cas, les hommes font parade, non point de leur nom, de leur or, de leur luxe, mais des qualités, des talents ou des vertus qu'ils possèdent ou croient posséder. Oa a nommé ceux-ci ostentttteurs (7.-7. Bousseau), parce qu'ils ont de l'os tentai ion. [Mirabeau.)
Dans les uns et les autres de ces hommes, cette affectation de paraître est un sentiment qui naît de l'amour- propre, de l'orgueil, de la vanité, de la présomption, et qui, par conséquent, ne saurait être considéré comme un défaut, n'étant lui-même que la manifestation, la lioie pratique d'une ou de plusieurs des passions vicieuses que je viens de mentionner.
Cependant, comme les moralistes attribuent au faste et à l'ostentation tels ou tels effets qu'on ne saurait raisonnablement leur attribuer, puisqu'ils son' eux-mêmes la ionséquence ou le déploiement de l'orgueil, de la vanité ou de la présomption, qui se mettent ainsi en évidence, nous nous arrêterons nu instant à signaler l'erreur dans laquelle ils sont tombés quant au f iste, nous réservanl de parler plus lard des effets al' acnés à