‹ Dictionnaire des facultés intellectuelles et affectives de l'âme où l'on traite des passions, des vertus, des vices, des défauts, etcChapitre 110 sur 251 · GO'J GOU SI · texte numérisé non relu

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napalcs de noire époque ; cl il leur en coule rence que chacun a pour tel ou loi mets : si peu, car pou de dépenses intellectuelles, de elles avaient pour but plus le plaisir que l'on grands loisirs, beaucoup de fortune, une va- peut coûter à se trouver à table avec de gais uilé sans égale, voilà plu* de conditions qu'il convives, nombreuse et bonne compagnie, n'en faut pour être entraînés. Aussi rien que le bonheur de satisfaire sa passion pour n'approche de l'ostentation îles hommes de les mets recherchés, les vins les plus renomcelte classe peu faits, p"ur lutter d'intelli- mes, je me serais donné de garde de m'y argence et de bon ton ; ils croient s'élever par rèlt r; mais comm" la gourmandise conduit le luxe de leur table et de leurs équipages, à l'intempérance, comme la gueule en tue et ils n'épargnent rien pour nous éblouir. plus que l'épée, Plus occidit yitla. quant gln-

J'ai trouvé, en parcourant les Souvenirs dio f Hippocrale) . je dois blâmer hautement

de la marquise de Crcquy, une historiette ce défaut, qui, soit dit en passant, se pro-

que je vais reproduire, à cause de sa singu- page tous les jours davantage, par suite des

larilé. « La famille de finance la plus renom- nouveaux perfectionnements introduits dans

niée pour ses prétentions, ses recherches l'art culinaire.

gastronomiques et ses autres ridicules, était Celte propension à la gourmandise est d'au-

celle de la Reynière. Il est inutile de vous tant plus étonnante, que ceux-là même qui

en rapporter des détails qui (rainent partout; frémissent au seul mol de poison, quoiqu'il

je ne vous parlerai pas non plus de la sotte n'y ait pas un seul homme sur mille qui en

vanité de madame de la Reynière, née de Ja- meure, se livrent sans frein à l'intempé-

renie, ni des affections popuiacières de M. son rance qui en emporte tant de milliers, l'oiir-

fils. Je ne vous en rapporterai qu'une hislo- quoi cela ? parce que l'homme est le seul des

rielle, et c'est parce que je ne l'ai vue citée animaux qui abuse de ses organes digestifs,

nulle part. (Alibert.)

« Le père la Reynière, qui revenait d'une Cet abus que les hommes font de leurs or-

inspecion financière, enire dans une au- ganes digestifs a plus d'un grave inconvé-

berge de village, et s'en va bien vile à la cui- nient au moral. Ll | ar esemplc, si l'on ob-

sine afin d'y faire quelque bonne remarque, serve ù table les uangedrs , le goinfre, le

et pour y procédera l'organisation de son sou- goulu et le glouton se décèlent en un instant;

per. Il y voit devantle feu sepldindes à la mè- ils nous dégoûtent: aussi nos regards ne

me broche, et pourtant l'.ubergiste n'avait à pouvant s'arrêter longtemps sur celte r.ce

lui donner, disait-il, que des fèves au lard. — carnassière, yonl se fixer de préférence sur

Mais toutes ces dindes? — Biles sont retenues le gourmand pro| renient dit. lîii voici le

par un monsieur de Paris. — Un monsieur portrait,

tout seul ? — Comme l'as de pique 1 — Mais Ce héros de la table est tout ramassé pour

c'i st un Gargantua comme on n'en vil ja- être plus près de son assicltc; les bons cl

mais. — Enseignez-moi donc sa chambre gros morceaux qu'il s'administre ce l'empc-

« Il y trouva son fils qui s'en allait en client ni de parler, ni de rire ; ses deux mains

Suisse. Comment donc, c'est vous qui faites travaillent à la lois; sa physionomie est loule

embrocher sept dindes pour votre souper. — jouissance; ses lèvres sont luisantes; sa

Monsieur, lui répondit son aimable enfant, lingue promeneuse enivre son pilais de dé-

je comprends que vous soyez péniblement liées ; de temps en temps, il allonge le cou ,

affecté de me voir manifesti r des sentiments incline le nez à gauche, cl rend ainsi ses

vulgaires et si peu conlormes à ma nais- arrêts approbateurs. Mais, hélas 1 ici-bas tous

sance ; mais je n'avais pas le choix des ali- nos plaisirs ont des bornes : notre gourmand

menls; il n'y avait que cela dans la maison. — a longtemps et beaucoup mangé; déjà sa

Parblen I je ne vous reproche pas de manger ma boire fatiguée n'a plus ce mouvement

de l.i dinde à défaut de poularde; en voyage, rapide et régulier qui annonçait une masli-

on est bien obligé de manger ce qu'on trouve; cation à la fois agréable el facile; -oui eslo-

c'esl une épreuve a supporter, et je viens mac, malgré sa vigueur et sa capacité, s -

d'en avoir de rudes! M,,i> la chose qui m'é- blo faiblir et demander grâce, Sou lain ap-

tonne est ce nombre de sept, el pourquoi parait quelqu'un de es mets (irrilamenta

donc faire?— Monsieur, je vous avais ouï f/"/'''), connus dil adeptes sous le nom Û'é-

dire assez souvent qu'il n'y a presque rien prouvettei gaslronomiquei. L'homme sobre,

de bon dans une grosse dinde, ei je ne von- dont l'appétit est satisfait, les regarde d'un

lais en manger que le> tot-l'y laisse -- Ceci, air iroiil ; ses Irails restent immobiles. Mais

répliqua son père , es I un peu dispendieux a celle vue, (ouïes l,s puissances dégusla-

( pour un jeune homme), mais ce u'e-l | as triées du gourmand sont ébranlées ; l'eau lui

déraisonnable. î revient à la bouche; on aperçoit dans h i

En troisième lieu, je trouve qu'on s'est yeux l'éclair du désir et sur set lèvres en-

méprii sur le com pie île la friandise, qui , si ir'ou vertes l'irritation de l'extase; sa iensi«

elle expose à moins de -dangera que l'intem- bilité gastrique, profondément surexcitée,

peranec, n'en a pas cependant de moins réels, lui fuit oublier qu'il a dîné il rei imence.

« uinme j-' le proui cral loul a l'heure. Pas n'esl bei le due qu'il boit a l'avenant,

Os explications étaient nécessaires pour et sans avoir l'air d'y toucher.

comprendre pourquoi nous avons consacré un Jusqu'à présent loul va a merveille; mais

article à la gourmandise et a ses filles, la frian- il ne suffit pat d'ingérer, il faut digérer, el

dise, la gloutonnerie, la voracité, etc. ; sans r.'csl ni que le r6lc du gourmand g lence

doute que si elles se bornaient à cette préfé- à devenir fort triste. Consultons, en effet,

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