‹ Dictionnaire des facultés intellectuelles et affectives de l'âme où l'on traite des passions, des vertus, des vices, des défauts, etcChapitre 111 sur 251 · M3 COU · texte numérisé non relu

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parmi les gourman !s de profession , ceux-là même dont l'estomac esl le plus robuste ; ils nous diront que le sentiment de pesanteur et de malaise, que l'agitation et l'insomnie qu'ils ép: ouv. nt ordinairement à la suite des grands repas, compensent fortement le plaisir qu'ils ont pu goûter en se livrant à leur sensualité. Comment alors concev oi que ces genslà ne se corrigent pas d'un tel défaut? C'est que chez eux l'instinct par'e plu-, haut que la raison; c'est qu'ils sont gourmands, intempérants; autrement dit, c'est qu'ils tiennent plus de la l.rute que de l'homme.

De même, en portant l'homme à faire un dieu de son ventre , la gourmandise le condiat aussi à n'avoir d'amis qu'à table; à être sans pitié pour toutes les misères; à oublier ses devoirs pour ses jouissances : il dévore le patrimoine de sa famille, sans s'inquiéter de son avenir.

A la vérité, il ne tarde pis à être puni par là même qu'il pèche; niais dans son aveuglement, il ne s'inquiète guère si son intelligence elle-même est également victime de la gourmandise. 11 sait par expérience, qu'eu chargeant son es'omac d'aliments, il n'est plus capable d'aucun exercice intellectuel ; les forces vitales, en se concentrant sur ce viscère par le travail de la digestion, privant le ci rv eau de l'excitation qui lui est nécessaire pour se prêter aux opérations de l'âme. Il sait aussi que, si ces actes matériels se répètent Irop fréquemment , l'intelligence s'énerve complètement ; d'où celte remarque qu'on voit rarement les gros mangeurs devenir ou rester des hommes de mérite; et cependant, ou ils se bornent à l'usage journalier des friandises, en usent sans modération, et s'exposent ainsi à un affaiblissement plus ou moins considérable de l'appareil de la digestion, au développement des maladies vcrmineu?es, et à bien d'aulres maux qui dépendent de cet affaiblissement; ou bien ils poussent la gourmandise jusqu'à l'intempérance, et celle-ci finit à la longue par rendre l'individu pléthorique, s'il ne l'est déjà.

Ce n'est pas tout : bientôt l'estomac perdant son ressorl, les indigestions deviennent fréquentes ; peu à peu cet organe s'irrite, s'enflamme et est le siège des souffrances les plus vives. Bientôt surviennent aussi l'infl mutation des intestins , des héiiiorrhoïdes, des maladies des voies urinaires, !a répétition ou l'apparition des accès dégoutte, l'apoplexie sanguine, en un mot toutes les affections qui dépendent d'un sang trop riche et trop abondant, auquel on en ajoute encore, par une nouirilure Irop abondant', irop substantielle, trop excitante, et par des bo ssons sucrées ou alcooliques.

Voilà bien des maux produits par la gourmandise ; et pourtant je n'en ai pasencorefini I énuméralion. lieu esl d'autres qui, quoique moins dangereux, n'en sont pas moins déplorables. Etpar exemple, combien ne voit-on pas de gourmands négliger leurs affaires les plus essentielles, pour rester un moment de plu> assis devant une table bien servie, et ne la quitter qu'alors que leur raison égarée ne

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