‹ Dictionnaire des facultés intellectuelles et affectives de l'âme où l'on traite des passions, des vertus, des vices, des défauts, etcChapitre 113 sur 251 · GOU · texte numérisé non relu

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sir.

plats très-délicats ou les vins les plus fins à nous offrir.

Celle sép ration de la gourmandise d'avec l'intempérance a une autre utilité : elle expliquerait aux gens superficiels qui blâment les choses les plus avantageuses à l'humanité et se récrient conire les règles que les législateurs catholiques ont imposées aux croyante, pourquoi l'on pèche en désobéissant à la règle qui Iraitc de la gourmandise. On ne pèche pas parce qu'on choisit ses mets et ses vins, ce qui constitue la gourmandise proprement dise à noire point de vue, mais parce qu'on mange trop el que l'on boit trop, ce qui caractérise l'intempérance. Ce sont les excès que la religion condamne, et en cela elle est d'accord avec les lofs de la politique el de la morale, son but étant essentiellement moral, politique et social.

A la vérité, la variété des mets entraîne à l'intempérance, tout comme le changement rciiéré des vins dispose à l'ivrognerie, vice que l'on a confondu avec la gourmandise; eh bien ! ce doit êlre une raison de plus pour tirer une ligne de démarcation cnlre la gouimandise cl l'intempérance, cette distinction ruinant mettre loui le monde d'accord.

Quoi qu'il en soit, n'oublions jamais que les imperfections de l'enfance deviennent des vices de l'âge mûr; qu'à celte époque de la vie où toutes les prédisposions sont en germe, c'est l'éducation qui les développe : bonne ou mauvaise, elle fait des hommes sages ou vicieux. Dès lors, pour que l'enfant ne devienne pas gourmand ou intempérant plus lard, il ne faut pas lui laisser suivre le penchant de la nature. Des repas simples, mais fréquents ; une nourriture frugale , mais abondante, voil i ce qui lui convient; toul comme il convient à ceux qui veulent jouir de lout la plénitude de leurs facultés physiques et morales, de prendre en considération les avis renfermés dans le distique suivant :

Voici trois médecins qui ne nous trompent pas: Gai é, doux exercice et modeste repas.

Cela n'empêche pas qu'on sorle de temps en temps de ses habitudes quand (nul nous y convie et que le moral n'aura pas à en soufii ir. Sans doute que le moment peut arriver où le gourmand cessera de l'être, afin de se rendre utile el de vivre pour ses devoirs sociaux el religieux. M is si ces nobles mobiles

n'ont plus d'ccll • 'li us l'a , elle restera la

vile esclave de 1 1 brute humaine qui lui sert de prison. Mieux vaut donc s'en délivrer avant qu'elle' nous cntraiiie el nous asser-

N'uublioni pas que si la gourmandise peut devenir la source de bi'ii d'-s ma us pour le gourmand m particulier, elle penl 6g ilement devenir paisible a li société tout entière, util .1 cause de si contagion, soil pour bien il autres uiolMji. Je m'explique : Les journalises oui prétojdu, il bi n des gens oui répi lé avec eus, ■ te n ig i e, ioui nos gour

Vernenieiils I onsliiutionuels . la pourm

til l'nf'iia employée couuiie uu pansant

levier politique sur des enfants de quarante ans, dont le cœur n'avait pas d'étoffe, el auxquels ou donnait méchamment le nom de ventrus. Si par malheur celle assertion était vraie, et qu'elle dût se renouveler, il faudrait répéter avec un de nos meilleurs poêles :

C'est donc par des dîners qu'on gouverne les hommes !

el désespérer d'un pays où les citoyens manqueraient sans honte à leur mandat et à la confiance dont ils seraient investis.

GOUT faculté). — Le goûl peut être considéré sous un triple aspect, c'est-à-dire s -Ion qu'il se rapporte, 1° au sens du goût : je n'ai plus à m'occuper de celui-ci, en ayant assez longuement parlé à l'article Gourmandise; 2° au\ produits de l'intelligence des autres pÏ de soi-même; 3* au jugement que l'on porte des objets d'art, des mœurs, etc., etc.

D'après cela on doit comprendre combien il est difficile d'en donner une définition irréprochable. C'est pourquoi un philosophe on ne peut plus compétent en celte matière disait autrefois, ce qui csl vrai encore aujourd'hui : « Plus on va chercher loin les défiailions du goût, et plus on s'égare : le goût n'est que la faculté déjuger de ce qui plaît ou déplaît au plus grand nombre. Sortez de là, vous ne savez plus ce que c'est que le goûl. >- Néanmoins, il estdes auteurs qui onlessayô de le d.'finir. Ainsi, par exemple, madame Dacier a prétendu qu'il consiste dans une harmonie, un accord de l'esprit el de la raison, et que l'on a ])lus ou moins, selon que cette lia munir est | lus ou moins juste.

D'autres onl avancé que le goût csl une union du sentiment el de l'esprit, et que l'un cl l'autre, d'intelligence, for m eu l ce qu'on appelle le jugement, l'our ceux-ci, goûl et jugement seraient donc synonymes.

Celte opinion serait très-séduisanle, attendu qu'il est assez naturel de supposer qu'on ne peut pas discerner ce qui doit plaire ou déplaire au plus grand nombre, quand ou n'a pas un bon jugement. Cependant, avec un peu de reflexion sur la manière donl le goûl se développe, on reconnaît bientôt qu'il j a une différence entre le goût el 1 ' jugement, le premier tirant plus du sentiment que de l'esprit, et le second, au contraire, p'.us de 1 1 raison que do s ntimeot. I>u reste, si j'affirme qu'il en csl ainsi , c'e>t parce qu i, i s! i.up ssible que qo Iq l'an rende raison de son goût : il ne sait pas même pourquoi il seul. Pourrait-il dès fors expliquer ce Ben timon I ? tan ii< que , au contraire , il rend louj m s raison dei op. 'râlions de son esprit cl de sec conn lissances.

Bi puis, n'est-ce pas qu • le g iûl nous vient naturellement el ne s'acquiert pas, alors que le jugement peu) se développer el te perfectionner par l'élude el la réflexion?

i in dit qu'il ii • faul | ai dispul r des goûl , et on i rais m quand il n'esl quest on que du lî «lût sensuel , c'est à dire de la répugnance que celui ci a pour une certaine n lurrilurc, on de la préférence que celui-là donne i d'autres mi ts, etc. 'V, pourquoi dis; u'. r sur

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