‹ Dictionnaire des facultés intellectuelles et affectives de l'âme où l'on traite des passions, des vertus, des vices, des défauts, etcChapitre 115 sur 251 · OU A · texte numérisé non relu

OU A

Elle est généralement le fruit de la réflexion, et a é:é définie par Formey dans les termes suivants : « La grau leur d'âme est un instinct élevé, qui porte les hommes au grand, de quelque nature qu'il soit; mais qui les tourne au bien ou au mal, selon leurs passions, leurs lumières, leur éducation, leur fortune, leur état. Egale à tout ce qu'il y a sur la terre de plus élevé, tantôt elle cherche à soumettre, par toutes sortes d'efforts et de voies, les eboses humaines à elle; et tantôt , dédaignant ces choses , < le s'y soumet elle-même sans que sa soumission l'abaisse : pleine de sa propre grandeur, elle s'y repose en secret, contente de se posséder. Qu'elle est belle, quand la vertu dirige tous ses mouvements 1 mais aussi qu'elle est dangereuse alors qu'elle se soustrait à sa règle!...»

I! me semble que, sous quelques rapports, Formev s'esl lait une fausse idée de ce qu'on doit entendre par grandeur d'Amn; car, qui dit grandeur, veut exprimer la magnanimité, le désintéressement, la force ou l'empire que l'homme a sur ses passions ; ou , comme l'a dit Vauvenargues, d'après Formey lui-même, « cet instinct élevé qui porte aux grandes actions. » Or, peut-on appeler grandeur l'instinct qui tourne les hommes au mal , quand ils se soustraient à la règle de la vertu ?

Quoi qu'il en soit, c'est le comble de la vertu que de vouloir faire tout le bien qu'on peut (l'Uni' le Jeune ); de ne rien désirer de ce qui est à autrui ; d'être bien persuadé qu'on ne peut, ni sur le trône, ni dans aucune autre condition, conserver ni courage ni honneur, si l'on se laisse séduire par les désirs que 1 1 justice condamne; si l'on se laisse abattre par l'adversité; si l'on se laisse surprendre par la crainte; ou si l'on se laisse entraîner par le vice; que pour posséder en un mot la vraie grandeur, il faut qu'elle ait été mise à l'épreuve de la jalousie ou de toute autre passion, attendu qu'il n'y a que la grandeur véritable qui rende les hommes meilleurs, qui lait qu'ils pardonnent en pouvant se venger impunément, qu'ils avouent leurs torts par amour de la justice, qu'ils cèdent Un honneur qui leur était réserve à celui qui leur en paraît plus digne : voilà, je le répèle, la véritable grandeur. On n'est grand qu'en faisant de grandes eboses Atisiole); mais aussi qu'ils sont rares les hommes qui possèdent cette grandeur d'Ame I (l'est peutêtre A cette rareté que nousd vous le passage suivant de Fontanelle.

" Il ne se trouve plus de ces Ames vigoureuses el roules di' | antiquité, Bsl-ce que la

nature s'est épuisée et qu'elle n'a plus I i fbree de pro luire ces grandes âmes, quoi-

qu'aucun de ses ouvrages n'a encore rj g< aéré? Cependant on dirait que les hommes dégénèrent : il semble que la nature nous an montré quelque échantillon de ces gr Is

hommes, pour nous persuader qu'elle eu aurait su luire, si elle avait voulu, el qu'eu*

suite idle eût laii ion! le reste avec négligence. Dans le fond, on pourrait répondre

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