‹ Dictionnaire des facultés intellectuelles et affectives de l'âme où l'on traite des passions, des vertus, des vices, des défauts, etcChapitre 118 sur 251 · ER · texte numérisé non relu

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à crnx-là niéir.c qui n'ont pas une bien grande instruction, je n'insisterai pas davantage sur ce point.

HAUTAIN (défaut).— Hautain a été emplové pour caractériser un orgueil qui s'annor.ee par un es ér eur arrogant. Il est toujours pris en mauvaise p:rl, et devient le plus sûr moyen de se faire haïr, ce défaut 1 lessanl l'amour-| ropred'aulrui, et l'arjaourpropre blessé pardon naoi rarement.

Gardons-nous de confondre un homme haut avec un homme hautain, attendu que certaines circonstances permettent d'être haut; ou, si i'on veut, qu'il est des occasions o:ï nous pouvons être hauts sans blesser les convenances. Exemple : Un ambassadeur peut cl doit rejeter avec hauteur IoiUp proposition ;;ui serait humiliante pour son pavs; mais il deil le faire avec dignité, et non eu prenant un ton et un air hautains. De même on ne confondra pas i'àme haute ou IVinu grandi' avec l'âme orgueilleuse ou hautaine, vu qu'on peut avoir le cœur haut avec de la modestie, au lieu que l'âme hautaine est l'âme superbe, qui ne va pas chez l'homme s :ns les manières hautaines, sans un peu d insolence.

Nous devons d^nc soigneusement nous corriger de ce défaut quand nous l'avons, et l'empêcher de prendre racine dans les enfants qui y sont disposés. P.ur y pan enir on développera chez eux. autant que faire se peut, la modestie, l'affabilité, la politesse, tout ce qui, en un mol, est opposé à I'Orgleil ( Vvy. ce mol), qui fait le fond du caractère du haut.i n.

HAUTEUR (vice).— La hauteur implique

un mélange d'oigueil et de dédain, comme

si on ne s'élevait que jour rabaisser les

. i l se moquer de leur abaissement.

Celui qui a de la hauteur jette donc un regard méprisant sur ses inférieurs ; il les regarde du ban! en bas, et paraît se comp aire à leur f ire sentir sa supériorité.

Ou conçoit qu'un sentiment pareil nous fasse perdre le prix des talents et des qualités que nous pouvons ; ':; éder , et nous r.ltire ordinaireui nt le mépris de tous les gens qui pensent et raisoun :ii

A i.wus donc d'éviter ce vice o:: ne peut : beux dans ses effets.

HÉROÏSME (vertu), HÉaos. — Pour les h unmes peu réfléchis autant que pour ceux qui n'aiment pas à étendre la sphère des plus sublimes sentiments, l'héroïsme se bornerait au seul couiage des guerriers, et il n'y aurait par conséquent des hérosque parmi les hommes de guerre.

Il faut avouer que c'est bien mal comprendre l'héroïsme, que d'en faire ainsi le partage d une seule clas c de citoyens, de< hommes il armes surtout, en qui celte vertu deviendrait bien facile s'il ne s'agissait q'ic de voler de victoire en victoire; au lieu qu'elle devient d'une pratique li . . alors

que, avec les vrais philosophes, en consi 1ère l'héroïsme sons toutes ses laces ; c'est-à-dire, du montent où iclui qui tombe, du faite

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des grai detirs et de !.. : ans un

de misère et de pauvreté, fut-il roi, ministre ou citoyen, doit supporter ces revi rs avec la résignation du philosophe et du chrétien, ci endurer son malheur sans se plaindre, s'il veut être compté parmi les héros; du moment où, pour agir en héros , il faut porter l'héroïsme jusqu'à se sacrifier soi-même au bien public ou à sa patrie.

Et qu'on ne croie pas que cette sorte de héros soit rare; car, si nous jetons un regard sur le pa^sé, nous rencontrons dans tous les âges de vrais et bien nombreux héros et héroïnes. Et par exemple, combien la révolution seule n'en a-l elle pas l'ait!

J'avais besoin de faire considérer l'héroïsme sous son véritable aspect, afin d'établir une ligue de démarcation entre un héros véritable, c'est-à-dire l'homme qui se dévoue à son pays, à ses concitoyens, et remplit ces actes de dévouement avec noblesse et dignité; et ces grands conquérants que l'on a appelés des héros, parce qu'ils gagnaient des batailles : ceux-là peuvent bien avoir le caractère cl la bravoure des héros; mais comme ils traînent après eux le carnage et l'effroi ; comme ils font subir aux peuples un joug honteux et humiliant, et les traitent pour la plupart en despo-les , nous devons leur refuser le litre de héros. En cela nous sommes parfaitement d'accord avec Sacy , qui ne veut pas qu'on crue être un héros dès que l'on est conquérant ; qui ne croit pas non plus que traîner après soi le carnage et la fureur, que faire gémir dans les fers cent peuples désoles, soil le cajaclère de l'héroïsme. On n'est héros que lorsqu'on pratique les grandes vertus.

S'il ne s'agissait en effet , pour mériter le titre de héros, que de courir sans cesse de péril en péril, de s'y précipiter d'autant plus impunément qu'il parait plus affreux, de voir sans inquiétude couler le sang, d'attendre sans pair la mort qui vient à vous, combien de pirates et de gladiateurs faudrait-il ériger en héros ! [Sacy.)

Est-on héros pour avoir mis aux cli unes

li peuple ou deux? Tibère eut cet honneur.

Ebt-ou héros en signalant ses haines

f'.ir la vengeance? Octave eut ce bonheur.

Est-on héros eu régnant par la peur?

S Jan lit loui trembler, jusqu'à son maître.

Mais de son ire éteindre le salpêtre,

Savoir se vaincre, et répiïni. r les 11 1s

De son orgueil, c'est ce que j'appelle être

Grand par soi-même; et voilà mon héros.

R0USSEA.II.

O.i le. voit par ce qui précède, l'héroïsme, loin d'être une vertu simple, c'est-à-dire n'ayant qu'une seule et même m inière de Se manif. sler, est au contraire une vertu mixte, qui s'accomplit par la pratique de plusieurs vertus d rOcilcs. lit comme il puise sa fore, son intrépidité et sa constance dans l'amour de Dieu, l'amour du prochain, l'amour de la patr.e, etc. , etc., c'est en rendant les hommes réellement vertueux qu'on les pri être les héros.

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