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HONNÊTE, Honnêteté (qualité). — L'honnêteté esl cette Iirureuse disposition de l'âme qui fait que l'homme ne se permet rien du ce qui est contraire à la pureté des mœurs et de la vertu; ou, comme dit Vauvenargues, « un attachement à toutes les vertus civiles et morales , « une droiture du cœur et de l'esprit, avec attachement sévère aux devoirs qu'elle impose.
L'honnêteté ainsi entendue, n'y aurait-il donc aucune différence enlre ce sentiment et la vertu elle-même? Non , puisque être vertueux ou honnête est parfaitement synonyme, et que le bon usage que chacun fait de sa liberté, quand il la (ourne en habitude, s'appelle vertu. Je dis plus : on ne peut être réellement vertueux que tout autant qu'on aura Yhabitude d'agir conformément aux lois de la nature et aux devoirs de la morale et de la religion ; tout comme on ne sera jamais nn honnête homme sans l'accomplissement habituel et volontaire de ces lois et de ces devoirs.
J'insiste d'autant plus sur le mot habitude, que bien des gens s'imaginent qu'ils peuvent mériter le litre de vertueux ou d'honnête, du •moment où , dans certains ca< particuliers, ils font un acte de vertu. C'est une erreur. Pour qu'il en soit ainsi jugé, il faut que la vertu, en eux, soit habituelle; car la vertu ne consiste pas dans un trait, elle se forme de l'assemblage d'une multitude de lr..its dont la variété, la beauté et l'accomplissement forment une vie [Madame de Staël.) De même , pour mériter le titre d'honnête , il ne suffit pas de se montrer tel dans telles circonstances , mais de l'être toujours. C'est pour cela qu'il est si rare que quelqu'un puisse se dire, dans le for intérieur de sa conscience : Je suis honnête homme, rien n'étant plus dilficile que de rester tel.
En effet, quel est l'individu, quelque attaché qu'il soit aux vertus sociales, et qui les pratique par réflexion, par sagesse, qui pnissu se promettre d'avoir toujours, et aura réellement toujours la force et le courage de prendre constamment l'honnêteté pour lui et de la tourner au profit des autres? Quel est celui qui habituellement se privera d'un plaisir qui peut nuire à autrui; qui se refusera à toute justification d'une calomnie qui le poursuit, quand il ne | eut le faire qu'en divulguant des secrets qui assurent la tranquillité d'une famille; qui fera du bien à celui qui lui a nui ou voulu lui nuire, et cela afin de lui mieux faire sentir son injustice; qui ne perdra pas de réputation un Bon mercanl par qui il aura été trompé, se bornant à lui taire des reproches en tcte-à-têlc et arec discrétion ; qui ne fera jamais un marche, même innocente, qui pourrait être mal interprétée , cl malgré tout l'amour qu il a pour sa famille et ses amis, ne leur SS< : i liera jamais la justice, OU i eluser a un l I parce que celui qui l'occupe en a besoin pour nouinr sa famille? l'eu de personnes, sans doute.
Pourquoi cela ? parce qu'à moins d'être fortement pénétré de l'amour de Dieu ut de
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l'amour du prochain; à moins d'être éminemment religieux, l'homme ne se dépouillera jamais de ses droits pour respecter ceux des autres. Et cela parce qu'il en coûte bien plus qu'on ne pense, de s'acquitter envers la société de tout ce qu'oa lui doit. Les passions en murmurent; l'humeur s'y oppose, la nature y répugne, l'amour-propre s'en alarme, et à moins d'être réellement \ertueux, ou, je le répète, de trouver dans la religion un appui qui le soutienne, l'hommesuccombera. Serons-nous étonnés, a près cela, que l'honnêteté soitune verlu si rare? Non, puisqu'elle succombe sous les faiblesses de l'humanité. Ce doiidoncêtreunmotifdcla rechercher, l'honnêteté étant la vertu des sages ou la sagesse elle-même. Aussi je ne m'étonne pas que N.S. P. le pape Pie IX ait dit, dans une circonstance solennelle : « Si l'honnêteté quittait la terre, elle devrait se retrouver dans le cœur d'un pape, et je suis pape! »
Il ne faudrait pas confondre l'honnèlc homme avec l'homme honnête, >i différents d'ailleurs l'un de l'autre. Le premier, attaché à ses devoirs par goût, pour l'ordre et par amour pour la vertu, fait des actions honnêtes que son goût et son amour seuls lui inspirent ; le second, au contraire, attaché aux devoirs de la société par amour pour la politessr, et quelquefois par penchant, agit d'après ces derniers sentiments ; de telle sorte qu'il peut être un foit malhonnête homme et avoir cependant dans le monde ces attentions délier es pour les aulres qui le feront rechercher et estimer de chacun ; rien n'étant plus doux que son commerce. On conçoit dès lors que nous ayons établi enlre eux une ligne de démarcation bleu tranchée.
HONNEUR (sentiment). — De même que l'honnêteté est l'instinct de la verlu, l'honneur est le désir d'être honnête. Et quand ce désir est soutenu par une grande force cl un grand courage, toutes les actions qui demandent plus que de la volonté, en acquièrent un éclat brillant qui rejaillit autour de nous aux regards de tous; ou qui, se concentrant en nous-mêmes par la réflexion, tourne louj mrs à notre contentement et à noire satisfaction.
Avoir de l'honneur, c'.'sl donc se conduire en honnête homme ; mais il faul que ce soit d ins le inonde, c\>t-.ï-diro dans les relations que chafiin a arec lui ; car on no saurai! due d'un solitaire qu'il a de l'honneur. Ce mol i si réservé pour le degré d'estime que, dans la société, les gens honorables tiennent a attacher à leur personne.
C'esl pourquoi, être honnête ou honorable, avoir de l'honnêteté ou de l'honneur, s ii.i des expressions synonymes. Cepeudan , je dois le dire, on a une idée beaucoup i restreinte, bien i lus bornée, de l'honneur
quede l'honnêteté. El par exemple, si vous
demander à certains militaires, à tels j'ug sou a la pluparldcsfeu) s, eu quoi consiste l'honneur, ils vous répoudronl ilifTé reinuieul, c'cdi à dire que, pour les pro-