HON
niiers, l'honneur consiste dans le courage ; pour les seconds, dans l'intégrité, et pour les femmes, dans la chasteté : de telle sorte que chacune des personnes interrogées, ne prenant qu'une partie de ce qui constitue l'honneur, croit l'adopter tout entier. C'est un
Préjugé-. , . .
J en signalerai un autre non moins frappant, c'est celui qui est propre à certains individus qui s'imaginent qu'il leur suffît, pour conserver l'honneur, de paraître irréprochables aux yeux du monde. Ils sont dans l'erreur la plus complète, attendu qu'il ne suffit j oint de paraître sans reproche aux yeux du monde, de l'être même à nos propres yeux, mais qu'il faut encore que nous le soyons aux yeux de Dieu même, qui, seul, sait apprécier le véritable honneur.
A ce propos, je dois faire une observation qui n'est pas sans importance. Je veux parler de la fausse interprétation que l'on donne au mol honneur, alors qu'on rapplique au soi -disant point d honneur, qui veut que les homme> s'égorgent entre eux pour les motifs les (dus frivoles.
11 est vraiment déplorable que l'esprit humain soit arrivé à ce point d'immoralité, qu'il faille , pour conserver son honneur, que l'homme soit victime ou assassin, lit pourtant c'est ainsi qu'il arrive journellement. Pourquoi? parce que personne ne se place au point de vue vraiment moral et religieux, ne s'inquiète si l'un des deux adversaires est plus auroiiou plus habile, et moins encore s'ils sont tous les deux nécessaires à leur famille. Du moment où il y a insulte, le faux point d'honneur veut qu'ils se battent.
L'honneur 1 mais n'y manque-t-on pas à l'honneur , quand on lue à vingt-cinq pas un homme qu'on a insulté, alors qu'on peut aballre une poupée à cinquante : fi d'un honneur qui rend assassin pour conserver l'honneur 1 Ainsi, se mesurer sur le terrain avec un adversaire qui nous aura offensé ou que nous aurons offensé est peu honorable ; ce n'est point le cas de défense légitime, mais bien un alleniat contre la vie de l'homme, un crime. Les circonstances qui l'amènent el dont on l'environne peuvent peut-être atténuer le crime, mais ne le justifient jamais ; et c'est une erreur déploral.le, une grande immoralité, que de le prôner comme une action glorieuse. Il y a dans le duelliste l'inlenl.on de prendre la vie de son adversaire même au péril de la sienne et sans y éirc contraint pour sa défense , puisqu'il s'y expose volontairement et malgré la société qui le protège. Le du 1 est donc un crime de lèsesociété, car il tend manifestement à la renverseren sapant le principe sur lequel elle repose. La première condition de l'état social est que l'existence el les droits de chacun soient maintenus par la loi cl par la force publique. Or , deux particuliers qui se, provoquent pour vider une querelle ou venger une injure se mettent de leur volonté, propre hors la loi. Ils bravent la puissance établie, attentent à la dignité de la société en
no.N
méprisant ses lois, reprennent leur indépendance naturelle, et rentrent, autant qu'il est en eux, dans l'état sauvage, où chacun ne peut s'en remettre qu'à lui-même du soin de sa conservation. ( L'abbé Hautain.)
Et l'honneurdu joueur, qu'endirons-nous?
Voyons-en les conséquences. Cet honneur veut que chacun paye les délies qu'il a faites sur parole, même au filou qui l'a volé. Il veut que, pouracquiller une delte d'honneur, l'imprudent joueur, dépouillé de tout, consomme sa ruine, plonge sa femme et ses enfants dans la misère et la désolation. — Mais cela peulleconduireau suicide 1 Qu'importe: la dette est sacrée; qu'il se tue, s'il le veut; mais d'abord qu il paye!
C'est ainsi que raisonnent les joueurs de profession : Voulez-vous être honorables , disent-ils, payez exactement les délies du jeu. Il est vrai qu'eux-mêmes sont esclaves de leurs principes et qu'ils payent sans retard leurs dettes; mais que donnent-ils à la société?.... Pour moi , je ne saurais décorer de pareils actes du nom d'honneur. Je ne dis pas que le joueur doive manquer à sa parole ; mais je voudrais que si , pour ne pas forfaire à l'honneur du débiteur, il forfait à l'honneur de mari et de père, on n'appelât pas une pareilleaclion, uneaction d'honneur; qu'on lui donne le noai le plus relevé qu'on voudra, mais du moins qu'on ne l'appelle pas honneur.
De même, je ne regarderai pas comme un homme d'honneur celui qui, après avoir été l'agresseur, laissera sur le terrain le malheureux qui aura voulu se venger de l'affront qu'il a reçu. L'agresseur savait bien qu'il eût été beaucoup plus honorable pour lui d'aller trouver l'offensé et de lui faire agréer des excuses plulol que de lui ôter la vie, après l'avoir blessé par des paroles offensantes ou par des outrages qu'il ne pourrait supporter sans honte; mais il ne l'a pas voulu, un faux honneur l'a retenu.
Réservons donc, je le répè'e, le mot honneur pour des actions plus dignes , pour les acles d'un noble courage, d'une rare probité, en un mot pour l'observation constante do tous les sentiments vertueux ; et nous lui conserverons ainsi sa seule el véritable acception.
L'honneur est une qualité naturelle , qui se développe par l'éducation, se soutient par les principes, et se fortifie par les exemple;. On ne saurait donc trop en réveiller les idées, en réchauffer le sentiment, eu relever les avantages el la gloire, cl attaquer loul ce qui peut y porter atteinte. (Uuclus.)
HONTE (sentiment). — Reproche de la conscience; remords d'une mauvaise action qui nous fait rougir; trouble de l'âme cause par le déshonneur; conviction du mépris encouru ( Vauvenargues); tristesse de l'âme causée par la crainte ou la certitude du blâme {Descartes) : telles sont les deliuilions que l'on a données de la honte.
On a dit encore de la honte, qu'elle. est une soi le de tristesse ou de douleur morale subite