‹ Dictionnaire des facultés intellectuelles et affectives de l'âme où l'on traite des passions, des vertus, des vices, des défauts, etcChapitre 125 sur 251 · INCRÉDULITÉ · texte numérisé non relu

INCRÉDULITÉ

IMPORTUN, Importlmté (défaut). — J'.i p.

pelle imporlunité cette ignorance de l'a-propos, qui fait que nos discours ou nos actions incommodent ceux à qui nous avons affaire. L homme impoi ton choisit précisément |p moment où quelqu'un est occupe de ses affaires, pour le consulter sur les siennes.... Il invite à se promener avec lui des gens qui yiennent de Taire une longue mule.. S'il assiste à uo jugement arbitral, il se comporte de manière a brouiller de nouveau les deux parties, quoiqu'elles se montrent très-disposces à terminer leur différend à l'amiable (Théophraslc-Coiay.) En d'aulres termes: un importun est celui qui, à l'instar du Fâcheux (I oy. ce mol), embarrasse, incommode et

ennuie par sa présence, par ses discours et -es actions toujours hors de saison. L'imporlunité naît de l'ignorance, ou, ce qui revient au même, de la sottise. Cela est si vrai que c'est le rôle d'un sot d'être importunqu un hommehabiles.nl bientôt s'il convient ou s'il ennuie. Alors il sait disparaître au moment qui précède celui où il serait de trop quelque part; ce que ne fait jamais un sot ( \ oy. ce mol).

Les moyens de corriger un importun n'étant pas autres que ceux indiqués pour If: Fachecx, nous ne reviendrons pas sur leur énuméralion.

IMPRUDENCE (défaut). — Toutes les r,.is qui' nous faisons un acte ou une démarche qui peut nous être préjudiciable, nous commettons une imprudence. Celle-ci dépend communément de l'ignorance de l'acte ou de la démarche que nous accomplissons, tout comme elle peut provenir généralement d'un manque de réflexion. C'est pourquoi les jeunes gens font beaucoup de fautes par etourderic, et la plupart des femmes imprudentes deviennent coupables faute d'avoir assez réfléchi aux conséquences de leur conduite. Ne se méfiant pas assez de leur sens.bililé et de l'exaltation des sens, elles comptent sur des forces qu'elles sont loin de 1S

s^r, imp

posséder, et sur une vertu, hélas ! bien fragile. Qu'en advient-il? qu'après une première faute qu'elles n'ont commise que pir imprudence, elles suivent la pente sur laquelle les cntrnînenileurs mauvais | enchants et se perdent sans reto-ir.

F.n présence d'un malheur pareil, on ne peut que repéier auv jeunes personnes : Youlez-vou« rester chastes et pures, évitez les occasions ; réfléchissez beaucoup avant de vous décider à faire n'importe quoi, pour savoir s'il ne peut point vous compromettre; rappelez- vous que la prudence est la mère de la sûreté, et méditez longtemps sur cette vertu (i'oy. Prcdence), qui, plus on la considère, plus on l'apprécie.

IMPUDENCE (vice). — Il n'est pas difficile de définir limpudence: c'est une profession ouverte de cette plaisanterie qui blesse la décence; ou bien, d'après Abbadie, une hardiesse insolente qui nous porte à commettre de gaieté de cœur des actions dont les lois soit naturelles, soit morales, soit civiles, ordonnent qu'on rougisse ; à plus forte raison les lois religieuses.

On conçoit qu'il faille nécessairement c lie condition pour devenir impudent ; car, serait-on blâmable de n'avoir pas honte d'une chose qu'aucune loi ne défendrait, alors surtout qu'il est honteux d'être insensible aux choses qui sont déshonnêtes en elles-mêmes ?

L'impudence est le dernier échelon du vice, puisque l'impudent fait mépris de la gloire comme de la honte (Vescartes), qu'il ne rougit de rien (La Bruyère), et manque tout à la fois, sans honte ni remords, à la pudeur qu'il dnil avoir pour lui— mêm^, etau respect qu'il devrait montrer à autrui.

Considérez l'impudent : il se lient dans le monde d'une minière indécente. An spectacle il bat des mains longtemps après que les autres ont cessé d'applaudir, et sif:le précisément ceux des acteurs que le puidic voit avec plaisir.... 11 pousse de sales hoquets sous le nez de ceux qui sont assh près de lui.... 11 appelle par leurs noms des passants qu'il ne connaît pas familièrement ; et il oblige de l'attendre des pei sonnes qu'il voit très-pressées.. •■ Ce n'est pis tout: à force d'impudence on Huit par tomber dans l'impudicilé, vice bien plus ré\ollanl encore. {Théopltrasle.} — Yoy. hier mc.itk.

Mais, sous quelque aspect que l'impatience se manifeste, elle cal toujours un vice de l'éducation, et plus encore le résultat d'un caractère san- pudeur; en sorte que l'impudent est une espère de proscrit naturellement frappé par !e> loi-, de la société.

Il n'y a qu'âne éducation meilleure cl une réforme salutaire dans l'humeur elle caractère de l'Impudent, qui puisse lui faire espt rer de se réhabiliter dans l'opinion puld.quc qui l'a Ilétri par la proscription. Puisse-l-il avoir encore au fond de l'âme une étincelle de l'amour de sol-infime bien entendu, cette

vertu qui mille pouvant l'aider, eu h raoi-

; ant, a triompher de ses mauvaises babito»

. Ayant tout à gagner dans ce cliangc-

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ment, pourrait-il faire trop d'efforts pour l'obtenir?

1MPUDICITÉ, hiprjHETé (vice). — L'impudicité est le terme générique dont on s'est servi pour exprimer tous les dérèglements honteux de la chair. Ainsi la fornication, l'adultère, l'inceste, les regards lascifs, les pensées sales, les discours obscènes, sont autant de différentes espèces d't'»inur. té [Dictionnaire encyclopédique) ou d'impudicité.

En aucun temps, que je sache, l'impudicité n'a été poussée aussi loin que sous le règne exécrable, parmi tant d'autres règnes exécrables, du vil, du voluptueux et prodigue lïlagabale. Ce que l'imagination des Arabes a produit de plus merveilleux en fêles, en pompes, en richesses, ne semble qu'une tradition confuse du règne du prêtre du soleil. Le vice qui gouverna plus particulièrement le monde sous Elagabalc fut l'impudicité : ce prince choisissait les agents du pouvoir d'après les qualités qui les rendaient propres à la débauche; dédaignant les distinctions sociales ou les avantages du génie, il plaçait la souveraineté politique dans la puissance qui lient le plus de l'instinct de la brute.

Il arriva qu'ayant pris plusieurs maris, il se donna pour maître tantôt un cocher du cirque, tantôt le fils d'un cuisinier. 11 se faisait saluer du litre de domina et d'impéraaicc; il s'habillait en femme, travaillait à des ouvrages en laine. Homme et femme, prostitué et prostituée, il n'aurait pas été plus pur quand il se serait consacré au temple de Cybèle, comme il en eul la pensée. 11 donna un siège à sa mère dans le sénal auprès de< consuls, et créa un sénal de femmes qui délibérait sur la préséance, les honneurs de cour, et la forme des vêlements.

Ainsi chaque empereur, en passant au trône, y laissait quelque chose pour la destruction de l'empire, mais tout se réunissait sous Elogabale pour le perdre complète i eut. Exagération dans les ameublements, les vêtements et les repas ; profusion de la soie et de l'or ; largesses aux légions, encouragements à la débauche: voila ce qui marqua le règne de ce souverain. Que pouvait-il en résulter? la perdition de ious ses sujeis; car,' la société \il plus par le-, mœurs que par les lois, el les nations qui De sauvent pas leur innocence périssent souvent avec leur sagesse. » (CMttaubriand.) Auaihème donc contre les impudiques, en général, mais miséricorde et pitié pour ceux, en particulier, qui, par leur organisation physique, sont portés, malgré eux, à l'impudicilé, celle-ci, comme la concupiscence ( Voy. ce mut), ayant BSSeï souvent sa source dans une excitation anormale des sens. Elle est même parfoll si exigeante, celle excitation, qu'elle Ole au sexe toute retenue, cl le fait tomber dans le dernier dogré de la dépravation, il n'est

dune pa^ et non ml que saint Jérôme al écrit :

• on ne saurait garder les femmes impudiques : «elles qui sont pudiques n'ont | a-, besoin qu'on les garde. • l.e contre-poison de

es? inc

l'impedicité serait donc la Chasteté (Voij. ce mot) d'une part; et de l'autre, l'emploi des moyens que nous avons proposés, article Libertinage.

INCERTAIN, Incertituuk (défaut). — Dans les cas où le mot incertain est employé comme synonyme d'irrésolu, il marque, ainsi que ce dernier, une indécision ou manque de résolution; mais avec cette différence, que \'inctrtitude vient de ce que l'événement des choses est encore inconnu; et l'irrésolution de ce que la volonté a de la peine à se déterminer. Ainsi on est incertain sur le succès de ses démarches et dans I'irrêsolution sur ce qu'on veut faire. (Girard.)

L'incertitude et l'irrésolution sont, après le désespoir, les étals les plus difficiles à supporter. (Miction.) Quoi de plus pénible en effet, de plus désespérant, que de flotter toujours indécis entre deux motifs qui paraissent également déterminants ! Quelle perplexité pour l'âme, que ce combat qui s'élève souvent entre les passions et la raison, et où les passions triomphent presque toujours 1 — Aussi ferons-nous remarquer, avec le cardinal de Retz, que: « Les hommes irrésolus de leur nature ne se déterminent que difficilement pour les moyens, quoiqu'ils soient déterminés pour la fin. »

Voilà pourquoi l'irrésolu aime qu'on le tire de smi iudécision: il sent que c'est faiblesse, il se condamne; mais il manque de force et de courage : il n'a pas même l'audace qu'il lui faudrait; l'audace, qui est tout dans les événements incertains. Il voudrait donc qu'on l'excitât, qu'on l'aiguillonnât, qu'on l'entraînât, si toutefois on a assez d'empire sur son âme pour triompher de son irrésolution.

Observons toutefois qu'il n'en est pas toujours ainsi; c'est-à-dire qu'il est des circonstances où l'homme prend son irrésolution pour de la prudence, et s'en applaudit. Alors comme sa résistance est motivée par lui et pour lui, il faut, si on le veut tirer de son indécision, i'éclairer, l'instruire, le persuader, le convaincre par l'autorité que le raisonnement peut avoir sur son esprit. Et, chose remarquable, cela deviendra plus ou moins facile, suivant que la personne sera incertaine <>u irrésolue. Facile, quand il est question d'un individu irrésolu, puisque, pour le déterminer et le faire agir, il suffit de lui parler raison, son âmeétant ordinairement bien disposée quand il s'agit d'une bonne action à accomplir, ou tout au moins d'une action que la morale la plus relâchée ne saurait désapprouver; difficile.au contraire, du moment où il faut triompher de la résistance d'un homme qui n'est incertain que parce qu'il ignore, et peut avoir raison de douter. Et quant à celui qui se comptait dans son irrésolution, s'en félicite et s'en l'ait gloire, comme il est impossible qu'il se laisse diriger, ce serait presque de la témérité de le tenter. Cependant, témérité ou non, on ne doit jamais reculer devant celle tâche, quand l'intérêt social et particulier sont en jeu.

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INCLINATION (sentiment). — L'inclination est une disposition de l'âme à aimer une chose par goût et par préférence. Les inclinations diffèrent du penchant, en ce qu'elles sont moins fortes : elles différent aussi des passions, en ce que celles-ci sont plus violentes.

Les inclinations sont naturelles, mais elles peuvent provenir et proviennent plus souvent de l'éducation que du mécanisme des organes. C'est pourquoi les parents et les instituteurs doivent épier attentivement le développement de ces inclinations naissantes, pour les détruire, si elles sont mauvaises, ou pour en favoriser les tendances, quand elles peuvent nous conduire à bien mériter de nos concitoyens.

INCONSTANCE (défaut), Incoxstant. — Inconstant, synonyme de léger, vo'.age, se dit indifféremment des individus qui changent Irès-facilemcnt d'état, d'opinion, do goût, d'inclination, d'affection, de passion, (le conduite. 11 n'y a qu'une seule différence dans ces expressions. Elle consiste en ce que {'inconstant ne s'attache pas pour longtemps et passe d'autant plus vite à un autre objet qu'il s'est dégoûté plus facilement de celui qui le captivait; il ne veut plus aujourd'hui ce qu'il voulait hier, ce qui l'a fait comparer à la girouette, qui tourne à tout vent : le léger s'attache peu fortement, parce que l'objet n'a pas l'art de le fiver; et le volage ne s'attache pas à un seul, son inclination le portant à varier ses jouissances. Ainsi on pourra dire d'une femme qu'elle est inconstante, dès qu'elle n'aime plus celui qu'elle aimait; qu'elle est légère, sitôt qu'elle en aime un autre; et qu'elle est volage, quand elle ne sait si elle aime ni ce qu'elle aime.

C'est donc de l'inconstance, prise dans un sens général, qu'on peut dire qu'elle est la facilité que nous avons à changer d'opinion, de résolution, de passion, de conduite, de sentiments, de goût.

Elle naît de la multiplicité de nos désirs et de l'appétil insatiable que nous avons pour les jouissances. A chaque instant , l'homme veut et espère en goûter de nouvelles ; mais il éprouve chaque jour de nouvelles déceptions, et il sent s'échapper les choses sur lesquelles il avait compté pour être heureux. Dès lors son âme, flottante et indécise, attache successivement ses affections à tout ce qui s'offre à elle. Rien ne peut la satisfaire. Ainsi le ma'ade tourmenté par l'ardeur de la fièvre ne peut étaucher la soif qui le brûle.

Uemarquo ts que 1 âge et le sexe ayant une influence différente suc nos sentiments, il n'est pas étonnant que les enfants, dont l'esprit n'est pas formé par la réflexion , cl les lemmes, qui sont des enfants presque toute leur vie, soient plus inconstants que les hommes. 11 en est de même des tempéraments. Ainsi, les in !ividus d'un tempérament .sanguin soui plus inconstants que les lymphatiques et que les bilieux: les uns et les autres sont moins constants (rue les personnes nerveuses, qui ressentent très-vivement,

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mais se lasscnl vile de la répétition des mêmes impressions.

L'oisiveté, la fortune, le man ;ue d'instruclion, disposent aussi à celle passion, général'ment peu commune parmi li's gens pauvres, les travailleurs et les ignorants. Fille de l'imagination, se mon'rerail-rlle chez des gens en qui celle facul:é est peu développée?

L'inconstance se manifeste dans l'enfant par un caractère changeant et bizarre ; dans l'adolescent, par l'ardeur avec laquelle il recherche des émotions nouvelles, chacune de celles qu'il ressent faisant place à d'autre* oui révèlent en lui celte étonnante mobi'iié d'impressions, de sentiments, de projets, qui viennent des bouillantes aspirations de son cœur et tiennent à la vigueur de sa constitution.

L'inconstance poursuit l'homme fait au milieu des choses sérieuses de la vie. Quelle que soit la carrière qu'il ait embrassée cl les succès qu'il y obtienne, il ne larde pas à la regarder comme un obslacle qu'il s'est créé, comme une chaine qu'il voudrait briser.

D'autres soins, d'autres projets le séduisent ; il se laisse entraîner à ces illusions perfides : il change d'état et de patrie, il compromet son avenir sur la foi de l'espérance, qui lui montre le bonheur partout ailleurs que là où il pourrait le trouver; c'est-à-dire en luimême. Le monde est plein de ces hommes incapables de se fixer à rien ; ils essayent de tout, ils changent journellement de spéculalions, d'entreprises. Toujours ennuyés de ce qu'ils ont, envieux de ce qu'ils n'ont pas, leur vie n'est qu'une «ourse continuelle après le fantôme du bonheur, qui leur apparait tous mille formes diverses. Ainsi l'habitant c'es campagnes quille sa paisible demeure et sa belle nature pour le tumulte des cités. L'homme qui vivait tranquille sous le toit héréditaire, ambitionne tout à coup une vie aventureuse sous d'autres climats ; il confie à un faible esquif sa fortune et ses jours, el va chercher le bonheur au delà des mers.

L'homme change (ous les jours de projets el de vaux : tantôt il veut une femme, tantôt il veut une amie; tantôt il veut régner, tantôt il n'y a pas de serviteur plus officieux que lui : aujourd'hui il répand l'argent, demain il le dérobe; tantôt il paraît frugal et grave, tantôt prodigue et frivole; nous changeons à chaque instant de masque. (Sénèque.)

« L'homme est l'animal le plus difficile à sonder cl à connaître ; car c'est le plus double et contrefait, le plus couvert el artificiel; et il y a chez lui lanlde cabinets et d'arrièreboutiques dont il sort tantôt homme, tantôt satyre; tant de soupiraux dont il souffle tantôt le chaud, tantôt le froid, et d'où sort tant de fumée 1 Toul son branler et mouvoir n'est qu'un rouis perpétuel d'erreurs : le matin uailre, le soir mourir; lantôt Ml cep, aux 1er*, en esclavage, tantôt eu liberté; tantôt

ou Dieu, tantôt une mouche. Il ril cl pleure

u'unc même chose. Il esl conlebl el mal eon -

lent; il veut cl ne veut pas, et ne >;ii I enfin

ce qu'il veut. Tantôt il esl si comblé de joie

et d'allégresse, qu'il ne p^ul demeurer en sa peau; tantôt tout lui déplaît et ne se peut souffrir soi-même. » (P. Charron.)

L'inconstance n'csl un vice que quand elle n-iît des dérèglements de l'esprit, qui veut obtenir des hommes et des choses plus qu'ils ne peuvent donner, c'est-à-dire quand elle naluiecette versatilité capricieuse qui n'aime que le changement, ou bien de l'abus coupable des jouissances physiques. Telle fut pourtant la source de l'inconstance chez la plupart des hommes. Bien souvent elle est le symptôme d'une mauvaise conscience, qui cherche des distractions à ses remords, et qui veut absolument s'étourdir.

Dans tous les ras, être inconstant, c'est un défaut qui pi ut nuire au bien-être présent et à la fortune à venir. Il fait qu'on se laisse facilement rebuter parle moindre obstacle, ou qu'on change autant par amour du changement que par caprice. Le code de l'expérience prouve cependant que la vie si courte de l'homme c-l encore d'une plus longue durée que le jugement et les affections de ses contemporains. [Mad. de Staël.) Ainsi , s'attacher à la légèreté, c'est donc confier son bonheur à un papillon.

L'inconstance étanl le défaut opposé à la constance el à la persévérance, vertus on ne peut plus précieuses, c'est en développant celles-ci qu'on peut espérer d'empêcher le développement de celle-là.

INCONTINENCE (vice). — Nous entendons ici par incontinence l'excès dans l'usage des plaisirs charnels ; c'est le fruit de la Concupiscence (Voy. ce mot).

Par elle l'homme se nuit à lui-même, en ce qu'il méconnaît la sainteté du mariage, les devoirs de l'amitié, de la charité, de la parenté, du eitoyen; et pourtant il se Halle de n'avoir jamais manqué à la société, dont il trouble la tranquillité et le bonheur, ni à ce qu'il doit à la patrie, dont il n'entend pas la voix, quand ses droits sonl en compromis avec les attraits de la volupté. Aussi n'csl-il pas rare qu'un homme qui se livre à l'incontinence cesse d'être lui-même. Aveuglé par celle passion, une des plus tyranniques pour l'espèce humaine, il tombe dans une sorte d'humeur sombre et farouche, et, dans ses transports, il se porte aux plus violents excès. Lst-il étonnant, d'après cela, que les plus tragiques événements de l'histoire et les signes les plus pathétiques qu'ait inventés la fable, ne nous montrent rien de plus affreux que les cffels de l'incontinence ?

L'incontinence peut provenir des mauvaises habitudes qu'une imagination exaltée et la corruption des mœurs ont fait contracter. Plusieurs causes entretiennent ces habitudes ; et < me <> i peut guérir l'incontinent qu'à la condition de combattre CCS causes, il est indispensable que nous les ennuierions. Les unes sont physiques et les autres morales. Parmi les première*, l'alimentation est une de colles dont l'inllucnce se fait sentir au plus h lut degré, (aux qui

mangenl beaucoup, qui fonl usage de vian-

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de9 succulentes, de vins généreux, sont plus portés que d'autres aux jouissances sensuelles. Ceux, au contraire, qui vivent de peu, qui se nourrissent de végétaux, sont inoins esclaves de leurs sens. Mais, chose remarquable, tandis que les premiers, grossiers et matériels, n'éprouvent que des besoins physiques, les autres sont en proie aux tentations incessantes de l'imagination. Le froid dispose à l'amour physique; la chaleur aux affections sentimentales et à la débauche, qui naît de la dépravation de l'esprit plutôt que de l'abus des sens.

Je ne parle pas de cerlaines substances que les libertins emploient pour ranimer, dans leurs organes flétris, une vie qui s'éteint; à nous de dire comment on peut arriver à corriger le vice ; mais enseigner aux hommes à se rendre encore plus vicieux, jamais I

Au nombre des causes de l'incontinence par influence morale, nous citerons la fréquentation des femmes immodestes, des personnes licencieuses, des spectacles et des soriéiés d'où la pudeur est bannie; la vue des tableaux obscènes, la lecture des romans immor.'.ux, elc, etc. On comprend que de pareils spectacles, de pareiles sociétés, de telles œuvres agissant sur des imaginations exaltées, toute l'économie s'en ressent, et que, malgré lui, 1 homme se laisse aller à ses goûts pour 1'incontineuce.

L'incontinence formant un des caractères du Libertinage, nous renverrons à cet article l'énumération des roojens qu'il faut met- Ire en usage pour corriger les incontinents (Yvy. aus^i Amour des sexes, Continence), nous bornant, dans celui-ci, à poser en principe que: « s'il est constant que la société se ressent toujours de la maligne influence des désordres qui paraissent d'ab rd ne lui donner aucune atteinte, il est constant aussi que les moyens fournis par la religion sont le meilleur frein pour les arrêter. De là il s'ensuit qu'il faut lecourir à ses divines inspirations et à ta grâce de ses sacrements, si l'on veut étouffer, dans le cœur de l'incontinent, la flamme de la concupiscence, assurer ainsi la paix à son âme, et à la société le bonheur. »

INCREDULE, Incrédulité (vice). — On apppellc incrédule tout individu qui refuse de croire les vérités de la foi ; et, par extension, celui qui ne croit pas les vérités que l'histoire et la philosophie enseignent.

Plusieurs causes produisent {'incrédulité. On a placé en première ligne l'abus de la raison et l'aveuglement des hommes; nous y joindrons l'ignorance, mais en faisant observer, toutefois, que l'ignorant est moins coupable que le raisonneur, le savoir imposant l'obligation de croire, parce qu'il en donne la possibilité, en ouvrant la voie à celui qui veut y entrer de bonne foi et sans préjugés. Dès lors, le philosophe qui refu-e de croire a tort, attendu qu'il fait un fort lauvais usage de la raison qu'il a cultivée, t-l qu'il peut se mettre en étal d'entendre les

vérités qu'il rejette. Tout ce que l'on peut dire pour diminuer ses torts, c'est que, si un tel homme parvient à un âge avancé sans croire à ces vérités, il peut se faire que son incrédulité tienne à sou avcug'ernenl ; mais nous devons confesser que cet aveuglement est toujours coupable en sa source.

Reste que le plus grand des maux que 1 incrédulité ait produits et produit encore, c'est de conduire à l'irréligion, et de là aux conséquences fâcheuses que celle-ci entraîne. Voy. Irréligieux.

LNDÉCENCK (vice), Indécent. — L'indécence consiste dans la mise en pratique de tout ce qui est contraire aux devoirs de la bienséance et de l'honnêteté. Nous savons tous qu'un des principaux caractères qui peignent une belle âme, c'est lorsque, portant le sentiment de la décence à l'extrême délicatesse, la nuance et l'empreinte s'en répandent partout, sur nos discours comme sur notre silence, sur nos écrits comme sur no- aciions, sur le ge te comme sur le maintien.

Rien plus, elle relève le mérite distingué ; elle pallie la médiocrité; elleembellil la vertu, elle donne enfin de la grâce à l'ignorance.

Qu'il y a loin de là aux effets produits par l'indécence. On y trouve tout l'intervalle qui sépare deux points opposés ayant une action contraire.

L'indécence a pris racine dans nos mœurs et s'y perpétue, parce qu'on la pardonne aux hommes quand elle est accompagnée d'une certaine originalité de caractère, d'une gaieté particulière et cynique qui la met au-dessus des usages. C'est un grand tort: car la corruption des mœurs est une des déplorables conséquences de cette inconcevable tolérance, et nous savons tous où conduit cette corruption.

Pères de famille, voulez-vous que vos enfants ignorent longtemps ce que c'est que le vice et ses entraînements, loin d'applaudir à l'indécence originale de certains hommes, de rire avec eux de leur gaieté dévergondée , chassez l'homme indécent de votre salon, assimilez-le à la femme indécente, que les hommes même les plus dépra»és trouvent insupportable.

Imitez Diderot, qui, dans le se n lime ni d'une juste indignation, compare une belle femme indécente à un agneau qui aurait de la férocité. Avec une pareille opinion, vous ne voudrez pas d'elle pour compagne de vos jeux et de vos plaisirs; vous en détournerez la vue; vous la flétrirez aux yeux de lous ; et les bonnes mœurs y gagneront.

INDÉCIS, Indécision (faculté). — Indécision estuu terme générique, qui sert à désigner un esprit qui flotte par incertitude ou par irrésolution.

C'est pourquoi l'homme indécis balance toujours entre lesdifférents partis qu'il doit prendre ou adopter, sans pencher plutôt Vers l'un que vers l'autre, sans s'arrêter définitivement à aucun. Aussi ne réussit-il jamais dans tout ce qui demande qu'où I'jssc înslau-

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