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Dieu , cl se trouve désormais à l'abri lies peines, «les chagrins el des souffrances qu'il nous faudra endurer encore avani de jouir. à noire tour, des félicités célestes que nows devons mériter. Ce n'est donc pas sur ceux qui meurent que nous devons pleurer, c'esl «ur nous-mêmes, car noire vie est un cumbat donl noas ne pouvons prévoir 1 issue.
A ces consolations que la religion offre à Ions, nous pouvons ajouter celles que l'amitié nous inspire, que l'élude donne, que le temps apporte. Les unes el les antres sont très-puissantes, allendu que si l'on aime a rencontrer sur son chemin ou à voir venir à soi un cœur ami qui compatisse à notre douleur el l'ail gc en la partageant; si l'élude, par les abstractions nécessaires qu'elle procure , nous distrait par moments de nos afflictions el nous les t'ait oublier ; le temps , par une foule de circonstances qu'il sait habilement ménager, ne leur cède en rien sous le rapport de la puissance consolatrice.
Il esl même un si grand consolateur, le temps, qu'on peut , sans crainte d.Vlre démenti par l'.xpéfience , die hardiment à tous ceux qui s'affligent et ne veulent pas être consoles : Vous n'écoutez pis la rois de la raison et d? la religion, eh bien, le temps fera presque nécessairement ce qu'elles n'auront pu faire , cl vous aurez perdu le mérite du sacrifice.
Remarquons encore que. si l'affliction est porlée jusqu'à l'exagération , elle devient parfois un jeu ridicule, le moyen dont se servent généralement ceux qui veulent se rendre intéressants et inspirer de la pit é. Au-si ne parlent-ils jamais de la perle qu'ils onl faite , qu'ils n'ai, ut de l'émotion dans la voix, des larmes pleins les yeux, lil cependant, loin d'alleindre le but qu'ils se proposent, ils ne retirent de leur indigne comédie que le dédain cl le mépris de ceux-là même qu'ils veulent tromper.
Ouï, et c'i si une remarque qui n'a point échappé aux observateurs, il y a dans les afflictions diverses sortes d'hypocrisie.
l'une, sous prétexte de. pleurer la personne qui nous est chère , nous nous pieu nous-mêmes ; c'est-à-dire nous pleurons les plaisirs qu'elle nous procurait, le» al entions e: les soins qu'elle avuil pour nous , la contidéralion qu'elle pouvait nous donner, etc. Ainsi les morts ont l'honneur des larmes qui ne coulent que pour les i ivanls.
Il y a une aulre sorte d'hyi ocrieie , c'eal l'affliction de certaines personnes qoi aspt-
rent à la gloire d'une belle el immortelle
douleur. Apn - le lemps qui consume lonl el t'ait cesser celles qu'elles avaient en effet . elle* ne laiaseï l pas de c mlinoer opin
ment leur» plions, leuis pla nies, leurs HOpirs; elles prennent, je l'ai déjà dit, un per-
onnage lugubre, el travaillent à persuadi r,
p...r toutes leurs ,iel ions, q ne leur déplaisir ne
tinir.i qu'avec la vie. Celte Iriele cl fatigant • tanilé ne trouve d'ordinaire dans les f. mmes On u remarque une autre espèce de larmes, qui n'ont que de petites sources, qui coulent i i ic larkicut facilement : ninsi, on pleure ! 0 i
avoir la réputation d'être tendre; on pleure pour être plaint; on pleure pour être pleuré; enfin , on pleure pour éviter la honte de ne pas pleurer.
i auvres effrontés ou pauvres niais, qui ne s'imaginent pas qu'on se défie presque tou- |ours de ces afflic o>:,s exagérées, qui ne saten! pus que si leur feinte est un jour decouverte. I,i défiance qu'elles inspireront deviendra le le qu'on suspectera jusqu'à leur véri aide affliction.
Il faut donc éviter de tomber dans de pare Is excès, la douleur fùt-eilc sincère et véritable. A plus forle raison ne doi -on jamais feindre, quelque intérès que l'on puisse avoir à simuler l'affliction. La feinte, n'en doutons pas, loi ou lard se découvre, et rien ne peut détruire alors l'impression fâcheuse qu'a produite sur les esprits positifs cl loj aux une pareille découverte.
L'affliction a des effets divers sur l'organisme vivant , selon que son action est immédiate sur les principales fonctions qu'elle trouble ou suspend instantanément, ou suivant qu'elle ;:gil d'une manière lente et graduée sur les viscères qu'elle altère ; s 'Ion que nous noussommes faits el habitués peu à peu à l'idé.' que nous éprouverons bientôt une perle irre, arable . ou que nous apprenons tout à coup l'annonce d'un bien grand malheur; selon enfin que, par tempérament ou par notre idiosyncrasie, nous sommes' plus i u moins impressionnables. Et par exemple :
L'histoire nous a prend que Charles YW, dil l'Affable, s'était tellement fait aimer par sa bonté el sa douceur, que, frappé d'apoplexie an château d'Amboise , en IWS, à l'âge de 28 ans, deux de ses d imestiques expirèrent en apprenant sa mort.
.Mont gne fail mention d'un Allemand qui fut lue au siège d'Offcnbach , après avoir fail des prodiges de valeur. Un des offici r. ux voulut voir le corps de cet homme valeureux : on le lui montre , il reconnaît son liis el tombe. Voilà les tristes conséqu d'une affliction proton le.
Quand ils ne sont pas mortels, les eiïe's d'une affliction véritable peuvcnl élrc suivis d'accidents immédiats plus ou m uns fâcheux, comme le prouvent les laits siiiwin's.
Tissot rapporte qu'un père de famil c ayant perdu son épouse qu'il aimait épordument, devint subitement asthmatique. Un vieui praticien, routinier, l'imagina que la maladie d ■ cet homme élail à l'anus, et donna de
très-forts médicaments pour produire un
ilux hémorrhoYdal. Ce mal. nie u rul au
bout de deux Jours ; on lionva le poumon
Irès-enflammé et le cu'tir crevé.
Il n'y a pas longtemps, écrivait Zimmerman en 177.'!, qu'un Anglais louiba par lerie,
à Londres, à l'enterrement de si femme, perdit l'usage de ses membres, el resta muel depuis u' temps-là.
J'.n connu nue jeune dame qui, ayant eu h' in.ilhem de perdre son mari, qu'elle alTec- I oniiail beaucoup, devint siiliilemeul aveu-
• le l'on .!■ i anné -, '■ • soins
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