‹ Dictionnaire des facultés intellectuelles et affectives de l'âme où l'on traite des passions, des vertus, des vices, des défauts, etcChapitre 14 sur 251 · ALA · texte numérisé non relu

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les plus éclairés et les plus assidus d'un trèsbabilc praticien, elle n'avail pas encore iec< livré la vue.

1*. Franc raconte qu'une darne, à qui l'on a»nit donné la fuisse nouvelle de la mort de son mari, en fut tellement affectée, qu'elle s'évanouit immédiatement, eut des convulsions, et en même temps une énorme tymp-'inite.

Les faits de cet^e nature sont excessivement rares : les plus communs sont la syncope; ou bien des accès hystériques; ou encore quelques autres accidents nerveux passagers-; aussi sommes-nous forcés, pour expliquer la mort où la gravité des accidents chez ceux-ri, la syncope ei l'attaque de nerfs chez ceux-là, de ies attribuer soit aux dispositions organiques et vitales qui constituent 1 idiosyucrasie des individus, soit à la différence qui doit nécessairement exister dans rattachement que chacun portail à la personne qu'il a perdue.

Ce n'est pas tout. Si « la grande douleur est courte, disait Cicéron (Gravis iloior brevisest), » et très-funeste, la douleur qui n'anéantit pas si précipitamment les forces et les rcssoils de- la vie n'en est pas moins dangereuse. Une douleur iente est un vrai désespoir secret, qui tient l'âme encore moins libre que Promet hée sur le Caucase, et son état est d'nuiant plus à plaindre qu'elle se plonge volontairement dans le tombeau, où le corps v :i se précipiter involontairement.

Pourrait-il en être autrement? Non, sans doute, puisque, par suite du lien étroit et sympathique qui unit le cerveau, instrument vivant de l'intelligence, avec le System* digestif, le système circulatoire sanguin, et le poumon, instruments dénutrition ou d'hématose, les effets ordinaires d'une affliction vraie, profonde et continuelle, se fuit immédiatement re sentir dans l iule l'économie.

Dès lors le sommeil ne clôt plus la paupière de la personne affligée, ou, ■•i elle s'endort un instant, son repos ne relève pas les forces que la douleur a abattues. L'estomac ne sent que faiblement l'aiguillon de la faim, ou il y a inappétence complète, et si par raison on ingère quelques aliments dans ce viscère, les aliments qu'il reçoit sans les avoir appelés ou désirés commencent par le fatiguer, et en sortent ensuile sans avoir été suffisamment élaborés. De la, l'appauvrissement du sang, la lenteur de ses mouvements, la faiblesse générale, l'inertie des organes, l'impuissance où ils se trouvent de remplir convenablement les fondions auxquelles ils s. dit destinés, la pâleur de la face et l'amaigrissement progressif-. Delà, cesdouleurs névralgiques toujours plus rapprochées, toujours croissantes et sans cesse renaissantes de l'estomac ; ces flaluosilés. ces spasmes, ces coliques, ces syncopes qui suivent les dérangements du ventricule; cessuppress'ons d hémorragies habituelles chez l'un et l'autre sexe; ces constipations ou ces dévoiinenis qui résultent de l'atonie des intestins ; ces lièvr s lentes, la consomption cl la moi l !

Il est facile de comprendre, d'après celle énuméralion des désordres organiques et vitaux, ou physiologiques, qui sont la triste et inévitable conséquence d'une affliction que rien n'a pu molérer, qu'il faille, comme dans rabattement moral uni à l'abattement physique, associer les moyens hygiéniques et pharmaceutiques aux secours que la morale fournit ; il faut même se hâter d'autant plus à les combiner et à les mettre en usage, que ces désordres deviendront plus manifestes et par conséquent plus profonds. Voij.

AliATTlïVJENT el TRISTESSE.

Je ne parie point des ménagements qu'il faut garder vis-à-vis d'une personne à qui nous avons une fâcheuse nouvelle à annoncer : pour si peu qu'on ait vécu daii3 le monde, on doit savoir qu'il faut ménager sa sensibilité et la préparer peu à peu à connaître la vérité tout entière ; les accidents les plus graves et les plus funestes pouvant être, ainsi qu'il a élé précédemment démontré, la conséquence d'une impression morale liès- \ivemenl sentie et inattendue.

De même nous ne saurions trop, en annonçant une mauvaise nouvelle à des individus ti ès-sensibles, leur recommander de ne point étouffer leurs sanglots. Je voudrais même qu'on cherchât, en émouvant leur sensibilité par 1 énuméralion des qualités du défunt, à faire couler des larmes des yeux de la personne affligée; les pleurs qu'elle verserait suffisant quelquefois pour éviter les accidents nerveux qui ne manquent pas de se manifester chez les gens qui veulent mvntrer du caractère. C'est par leur libre cours que ces accidents peuvent être prévenus ou dissipés; il faut donc, si faire se peut, les provoquer ou les exciter. Que d'autres déclarent avec Platon « que les hommes ne doivent pas pleurer, que cela n'est permis qu'aux femmes; » moi, je préfère à la sécheresse du philosophe la sensibilité du sage Solon.

Les écrivains ont employé le mot

Angoisse, pour exprimer une grande affliction nu une douleur morale a mère qui suit un événement accompli. Comme celte dénomination s'applique également aux maux du corps el à ceux de l'esprit, nous n'en ferons point le synonyme d'affliction, ce le-ci ne devant jamais s'appliquer qu'aux peines du cœur.

ALARME, Alarmé; Appréhension,

Crainte (sentiments naturels). — L'alarme est un sentiment d'inquiétude que nous éprouvons à l'annonce d'un danger réel ou qui n'est qu'apparent, qu'on croyait éloigné et qui nous menace.

Cil ■ laisse beaucoup de jeu à l'imagination, dont le prestige ordinaire est de grossir les objets, et cela d'autant plus qu'on est moins courageux. C'est pourquoi, quand la présence de l'ennemi donne l'alarme aux habitants d'une cité, la sensation que chaque particulier éprouve est proportionnée à son énergie morale, c'est-à-dire à sa fermeté.

Il en est à peu près de mèuie do

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