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dre de la Méditerranée commandée par l'amiral Lalande) qui avait passé la nuit à la belle étoile en pleine rue, littéralement inondé soit par les matières qu'il avait vomies, soit par les selles qu'il avait rejetées ou les urines qu'il avait rendues. 11 était là gisant sur le pavé, plongé dans un assoupissement profond, et, par conséquent, ne se doutant pas qu'il était un objet d'horreur et de dégoût pour tous les passants.
L'étal d'ivresse peut durer longtemps; on l'a vu se prolonger vingt-quatre et même trente-six heures. Mais si, pendant le sommeil, la sueur est abondante, la fin de l'accès est plus prompte, c'e.il-à- lire que peu à peu les fonctions se rétablissent. Néanmoins, la tête reste douloureuse, la langue couverte d'un enduit saburral, la bouche mauvaise. Une soif vive tourmente l'individu. Un sentiment de brûlure existe à l'estomac, son appétit est nul; et une lassitude générale se fait encore longtemps sentir.
Dans les cas contraires, c'est-à-dire quand l'ivres9c est poussée plus loin qu'il n'a été dit, ceux qui en sont atteints n'ont plus conscience de leur être; ils sont comme frappésd'apoplcxie. En d'autres termes, les sjmplômessusmentionnés augmentent d'intensité, le coma se déclare, el cet état, qui peut durer de trois à quatre jours, se termine souvent par la mort.
N'oublions pas de faire observer que des différences notables oui été remarquées dans l'ivresse : c'est pourquoi on a dit d'une manière absolue , p ir exemple, que dans les pays chauds elle fait tomber l'homme dans la frénésie , et dans les pays froids elle le rend slupide. Je crois que cette différence tient plutôt aux circonstances individuelles, ou, si l'on veut, à la constitution du sujet et à son caractère, qu'à la quantité et à la nature de la boisson prise , qu'à l'inllueme du climat. El ce qui le prouve, c'e>t que, de plusieurs individus qui se seront grisés en aidant les mêmes flacons, l'un devient sombre et rêveur ; îles idées Iristes voltigent autour de son cerveau ; rien ne peut le faire sortir de sa mélancolie (Eccli. xxxi, 39) ; l'autre, au contraire, est d'une gaieté folle, expansive; il saute , il danse , et veut que tout le monde partage son bonheur. Celui-ci devient d'une bonté , d'une sensibilité extrême; celui-là est agile de fureur, rien ne le calme; il frappe les personnes qu'il aime le mieux... Dans ces circonstances , les différences observée* chez les divers individus licnneutclles à autre chose qu'à leur mode d'être habituel et spécial à chacun d'eux ?
Et quant à celles qui proviennenl du genre de boissons donl on fait us.ige , nous cm prunlerons à plusieurs auteurs, el entre autres à Poj nder, célèbre observateur anglais, les caractères différentiels qu'ils ont signales. Ils sont relatifs au vin, à l'eau-de-vie el à la bière.
(1) Hogarlh a aussi saisi d'une manière rrappanle
la rtilTereiii e qui existe entre l'ivresse produite par
la bicre et celle produ le par l'eau-de-vic dans les
caricatures qu'il a publiée^ sous ce titre : Gin-lane
Dicrur.N. m:s Posions, «le,
fl suffit généralement d'une petite quantité d'eau-de-vie pour pr.;duir3 l'ivresse ; il faut une assez grande quantité de vin; cl comme celte boisson contient une plus grande proportion d'alcool que la bière , celle-ci doit être prise en grande quantité pour enivrer. Partant, les effets de ces différentes espèces de liqueurs varieront quant aux altérations physiques et morales qu'ils peuvent produire. On verra bien chez tous une série de phénomènes qui annoncent les différentes phases de la gastrite la plus légère jusqu'à l'inflammation gas'ro-intestinale la plus invétérée; mais tandis que l'ivrognerie par le vin et l'eau-de-vie maigrit et dessèche le corps, celle par la bière, liqueur très-nourri-sanle, rend l'individu qui s'y adonne plus généralement gras el lourd (1).
Le vin, en général, procure une ivresse gaie , radieuse ; quelques verres suffisent [iour enivrer; tout l'effet se passe au cerveau qui s'exalte. L'eau-de-vie concenlre beaucoup plus son effet. Elle ren I stupide; elle excite les passions; elle rend violent, agile et plus capable d'exécuter les crimes. A son tour, la bière rend l'homme lourd, hébété, puis enfin insensible. Il est positivement plus ivre que s'il s'était enivre avec le vin ou l'eau-de-vie. Aussi se vaulrc-t-il davantage, el s'affaisse jusqu'à rouler dans les rues ; mais son abrutissement fait la sécurité des autres. En deux moN , l'ivresse dit vin porte aux actions gaies , aux plaisanteries ; celle de ia bière, aux actions brutales él grossières, et celle de l'eau-de-vie , aux actions hardies et criminelles : aussi les unes se dissipent-elles bien plus vite que les autres.
Remarquons encore que si , dans les premiers moments des effets du vin, on voit s'échapper de l'esprit ces saillies heureuses qui nous amusent; si les poêles exaltent celle liqueur dont les propriétés aimables réveillent leur muse , exaltent les facollés poétiques de l'âme, les autres boissons dont nous avons parlé ne semblent pas faites pour aider les élans du génie ; jamais aucune lyre ne les a célébrées.
Hors ces différences , l'ivrognerie (n'impoite par qu Ile liqueur) produit communément, dans l'appareil digestif des individus adonnés à ce vice, une disposition telle ù l'inflammation, qu'il devient presque toul entier inflammable, si je puis ainsi m'expriincr ; c'eslà-tlii e que, par suite de celte phlogose de l'estomac, l'ofg ne devient le siège d'une douleur ardente, I. s aliments ne sont plus gardés , le conduit alimentaire remp.it mal ses fonctions; on voit les individus tomber soud iin el presque complètement Incinérés, ou du moins tellement ravagés par le feu intérieur qui les consume , que leur chair noircie se détache des «s el tombe en lambeaux à demi comburéc.
I)e mèinc le cerveau, habituellement sur-
ami aie nlley. Son ivrogne de bière est gros, connue on représente John Bull, et l'ivrogne deau-de-vie, maigre, désespéré, furieux. (,W. ùetcuret.)
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