‹ Dictionnaire des facultés intellectuelles et affectives de l'âme où l'on traite des passions, des vertus, des vices, des défauts, etcChapitre 133 sur 251 · JAL S · texte numérisé non relu

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dansun verred'eau sucrée, quoique M. Chantourelle invoque aussi les faits pour combattre celte opinion ; mais quand l'ivresse est portée à un haut degré, il est trop vrai que l'alcali volatil est insuffisant. Toutefois, si on voulait s'en -ervir, voici les règles le plus généralemi ni admises en France pour son administration. On en donne de 20 à 25 gouttes dans un verre d'eau sucrée, comme il a été dit ci-dessus, et s'il est vomi, on réitérera. Quand il n'est pas vomi, et que l'ivresse ne diminue pas au bout de cinq à six minutes, il faut en donner une demi-dose.

Si l'ivresse est convulsive, aux moyens précédents on joindra ceux que la prudence recommande: pour contenir le malade on lui mettra la chemise de force, on maintiendra le tronc et les genoux avec des draps plies et assujettis aux côtés du lit. 11 faudra faire attention à la langue qui pourrait élre coupée entre les dents; ce qu'on peut éviter en mettant des petits coins de liège pour maintenir les grosses molaires écartées. Quand l'ivresse est due à des substances narcotiques, on doit chercher à tenir les malades éveillés ; Astley Coopi r s'est bien Irouvé de ce moyen. On donne aussi des lavements purgatifs énergiques, des boi-sons acides, des éthers ; on fait des fri. lions sur les membres avec des brosses rudes.

Enfin quand l'accès d'ivresse est passé, le) malade doit rester quelque temps au régime, prendre des bains, ne revenir à son genre de vie ordinaire qu'en augmentant peu à peu chaque jour, la quantité de ses aliments, se comporter, en un mol, d'après les avis qui ont élé précédemment indiqués.

JACTANCE (défaut). L'abbé Sabatier l'a définie: une intempérance d'estime de soimême, qui nous porte à dire tout le bien que nous pensons de nous, cl souvent plus que nous n'en pensons.

1 1- y a plusieurs manières de laisser percer ce défaut qui, du reste, prend sa source dans une vanité déplacée; ou mieux, n'est que la vanité en action. Voy. Vanité.

El ce qui le prouve, c'est que,pous«é par sa vanité, l'homme vain élaleavec jactance, avec, orgueil, avec une complaisance emphatique, tout son mérite ; l'ait valoir avec adre-se toutes ses qualités, en fait counallre avec soin les circonstances, ainsi que les motifs des bonnes actions qu'il a faites et des fautes qu il a 6vîté< s.

Celle manie n'a pns épargné les grands esprits, témoins Homère et ClCéronj témoins

de nos jour s la plupart de ceu\ qui se ci oient des grands hommes. Mais qu'on soil ou non

grand homme, la jactance n'est pas permise]

a plus forte raison ne le scrn-l-elle pas, si on

n'a point la capacité voulue pour se faire

pardonner celle sollc manie que nous avons tons, plus ou moins, de nous faire valoir. lU'fléchi sons, en effet, un instant en quoi

les relations sociales peuvent être utiles: à faire notre éducation; c'est-à-dire à nous orner l'esprit et le cœur et à nous faire acquérir le ton et les m inières de la bonne compagnie, soii en écoulant les discours des personnes instruites, soil en étudiant les gestes cl le maintien des hommes du monde. Or, comment profilerons-nous de ces relations si c'est nous qui parlons , si c'est de nous que nous Occupons l'assemblée. Après une heure ainsi passée dans un cercle, nous en sortirons lels que nous y sommes entrés, sans avoir rien gagné, ni rien acquis.

Donc la jactance a cela de fâcheux, qu'au

lieu de nous laisser goûter le fruil d'une

aimable et spirituelle conversation, de nous laisser profiter du hou exemple que nous avons devant les yeux , nous imprégnons les autres de nos défauts et quelquefois do nos vices. El comme le besoin d'occuper de >oi rend l'homme I'ahi.i mi ( Voy. M mol) ; comme le parleur fatigue, ennuie et se nuit à lui-même tout en nuisant quelquefois a nuit ui , sachons ovilor la jactance, et nous auions toujours à mois eu applaudir.

JALOUSIE. -La jalousieestuno disposition ombrageuse d une personne qui aime et qui

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craint que l'objel aimé no fasse part de son cœur, de ses sentiments, et de tout ce qu'elle prétend lui être réservé, s'alarme de ses moindres démarches, voit dans les actions les plus indifférentes , des indices certains du malheur qu'elle redoute, vit en soupçons, et fait vivre une autre dans la contrainte et le tourment.

Elle est si fort semblable par sa nature el ses elTels à l'envie (Y oy ce mot), dont elle est la sœur, qu'on a cru pouvoirla définir comme celle-ci : celta inquiétude de l'âme qui la porte à envier la gloire, les talents et le bonheur d'autrui. (Le chevalier de Jaucourt.)

D'après cela, ces deux passions se confondraient tellement ensemble, qu'il serait impossible de les différencier. Néanmoins je voudrais que , généralisant l'acception du mot envie, on ne l'appliquât qu'aux inquiétudes que nous procurent les succès scientifiques cl littéraires de celui-ci, industriels de Cilui-là, politiques de quelques-uns, et â toutes autres inquiétudes de ce genre ; faisant une exception pour l'inqu élude en amour, qui ne nous inspirerait que de la jalousie. Dans l'une d'ailleurs, l'envie, nous désirons tout ce qui arrive d'heureux aux aulres et nous souffrons de leur bonheur; tandis que, dans l'autre, la jalousie, no'is nous chagrinons, soit d'une simple préférence, soit de voir posséder par un autre une femme que nous voudrions exclusivement pour nous, soit enfin de la crainte d'être troublé dans notre possession.

On doit cire prévenu, du reste, que quand je me suis servi du mot amour, je n'ai pis prétendu l'employer comme un mot générique, mais l'appliquer spécialement à l'amour des sexes et à l'amour maternel, qui seuls, à mon avis, déterminent une véritable jalousie. Je dis l'un ell'aulre, attendu que, de niiiiio que la jalousie éclate chez les jeunes gens, les adultes el les vieillards du moment où l'amour des sexes peut s'allumer dans leur cœur; de même, les enfants en bas âge y sont également portés dès qu'ils commencent à connaître leur mère. Ainsi, saint Augustin dit dans ses Confessions avoir vu un tout petit enfant jaloux : il ne savait pas encore parler, el déjà, avec un visage pâle el des yeux ii rites, il regardait l'enfant qui fêlait avec lui. De là cette autre remarque de Fénelon, que la jalousie est même plus violente en eux qu'on ne saurait l'imaginer. On en voit quelquefois, cil l'illustre prélat, qui sèchent el dépérissent d'une langueur secrète, parce que d'autres sont plus aimés et plus caressés qu'eux.

A ce- propos, je dois taire observer, afin qu'on ne puisse l'ignorer, que l'enfant , même vers la tin de la première année de sa vie, éprouve des accès de jalousie plus fréquents qu'on ne pense : c'est surtout quand sa nourrice lui i élire le sein pour le donner à un autre enfant, qu'on voit tous ses traits se contracter, el ses bras débiles chercher à écarter l'importun qui vient lui disputer la source où il puise la vie. Mais ce n'est pas seulement à cel âge qu'il se uieulre jaloux :

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