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sans doute que plus lard, de cinq â sc;>t ans, la jalousie peut s'emparer du cœur de l'enfant ; mais dans ce cas c'est bien plus le besoin d'affeclion qu'un tout autre besoin qui l'excite. Toutefois, el quel qu'en soit le mo- $ tif, on voit souvent alors cette passion mar- ' cher sourdement et revêtir à son début un f caractère chronique. Dès ce moment plus : d'enjouement, plus de gaieté, pour ces petits malheureux; le besoin de prendre des aliments m; se l'ait plus sentir; loin de rechercher les plaisirs bruyants et la société de leurs camarades , ils se retirent dans les lieux écartés et obscurs. La fraîcheur de leur teint s'efface, leur peau s'étiole; leurs membres maigrissent, leurs forces s'épuisent, ils tombent dans le marasme, et le flambeau de leur vie s'usant petit à petit, la mort vient lentement terminer cette sombre mélancolie, dont les parents eux-mêmes n'ont I as deviné la cause.
Complétons le tableau symplomatologique des effets de la jalousie dans l'enfance , •par une observatiou empruntée à M. Descuret.
« Le jeune GustaveG'", doué d'une bonne complexion, avait joui jusqu'à sa septième année de la santé la plus parfaite, lorsque tout à coup sa santé s'altéra d'une manière sensible. Son teint habituellement frais el vermeil perdit chaque jour son éclat; ses yeux naguère animés devinrent ternes, sans expression, el semblaient se perdre dans leur 01 bile. Son embonpoinl diminuait notablement, ainsi que son appélit, son somm. il el sa gaieté.
« L'air soucieux de cet enfant, une ride perpendiculaire que je remarquai entre ses sourcils, qui étaient assez développés el en desordre, me tirent soupçonner qu'il était atteint de jalousie, el je crus devoir en avertir les parents que je rencontrais assez souvent chez une de mes malades. A peinecusséje prononcé le mot jalousie, que la mère de Gustave, femme assez spirituelle, mais encore assez légère, me répondil ironiquement que l'enfant n'avait aucun motif de jalousie; qu'elle ne pouvait attribuer son malaise qu'à l'ennui, ei qu'en conséquence elle allait l'envoy er dans une école, pour qu'il eût plus de d si raction qu'à la maison paternelle, où il n'avait pas de camarades avec lesquels il pût jouer, son jeune frère, âge de onze mois, étant encore à la mamelle.
« Loin que ce moyen apportât quelque amélioration dans la sauté d.: Gustave, die ne faisait que dépérir de j>ur en jour. Ce petit malheureux , après avoir passé plusieurs heures dans la salle d'étude, y restait encore pendant que ses cam .rades allaient s'ébattre dans un petit jardin aliénant a la maison. Plusieurs fois son m.iîlre le trouva assis dans une encoignure, la tête appuyée entre les main, el le il s t. urne vers la lumière. L'ayant un jour pressé de questions pleines de honte et d'intérêt sur sa tristesse habituelle : « Je suis bien malheureux I dit tout à coup l'enfant, en laissant échapper des larmes et de profouda soupirs; oui»
ML
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monsieur, j'ai buii du chagrin, si vous saviez ! on ne m'aime plus à la maison ; on ne m'envoie à l'école que pour tout donner à mon petit frère pendant que je n'y suis pas.
« L'honnête instituteur lit à l'instant même conduire Gustave à ses parents, leur éciivanl ce qui venait de se passer, et les engageant «à ne plus renvoyer ce! enfant à l'école, si l'on ne voi lail pas ie voir périr victime de \n maladie qui le dévorait.
« Mon diagnostic ne se trouvant que trop confirmé, M. et madame tî.... s'empressèrent de m'rcrire ; ils ne suppliaient de venir donner mes soins à leur enfuit, dont j'avais si bien caractérisé la maladie dès son début ; en même temps ils me faisaient connaître les aveux que lui avait arrachés son maître d'école.
« L'enfant, que je n'avais pas vu depuis près de deux mois, me parut horriblement changé. Son visage était d'une pâleur livide, i«l son co'ps d'une maigreur extrême , à l'exception de l'hypoeondrc droit, où le foie faisait une saillie considérable sous les dernières fausses < ôles : 1 1 teinte de la peau était légèreuv nt ii torique, la langue présentait de la rougeur sur les boris et le pouls de la fréquence; il y avait en même temps constipation et soif intense. Je commençai par caresser l'enfant et défendis formellement qu'on le fit retour er de longtemps à Vérole. Puis, remarquant qu'il fronçait les sourcils chaque fois que ses regards se portaient sur soa petit Irè.c, dans ce moment au sein de sa mère : « Madame, dis-je tout à coup à celle demie e, voici un petit drôle Cfui se porte à merveille et boit votre lait qui serait nécessaire au petit Gustave dont la sanlé est mauvaise. Votre petit a plus d'un an ; il faut le sevrer, et donner votre sein quatre fois par jour à votre bon (iustave, que par ce moyen vous guérirez lrè>promptement. — P us souvent que maman voudrait me donner à téter à la place de mon frère! elle l'aime trop pour cela. — Mou ami. reprit la mère avec bouté, je l'ai nourri deux mois de plus que ton frère; mais puisque lu i s malade, et que le médecin pense que mon lail test nécessaire» je vais le sevrer et le fi rai téter à ^a place quand tu voudras. — Tout île st.ilr I s'écria reniant; cl il se jeta sur la si in de sa mère où il resta tant que la pauvre dame eut une goutte de lail.
« Dès ce momeni Gustave continua à prendre le sein quatre fois par jour à la place de son jeune fièie, qui lut envoyé en sevrage .■ I.i eamp.igm: ; son prie il sa mère le ci.i-
blèrenl à l'envi de caresses, ci au boni de iroii semaines sa ionlé commençai! déjà à revenir à vue d'œil. t'avais en même teuipa
ril de légers potages au bouillon de l, de l'eau gommée pour lisant, des cataplasmes émollienls sur l'h\ pocon Ire droi ;
r'-ux bains tu îles par semaine, et de petites mais fréquentes pro uenadei en voiture.
« Trois mois s'élaicnl a peine écoulés que l'enfant etail i niièrenn ni rétabli. L'année suivante, tes parents, d'après mon conseil,
i il jeune fr ie de la rampa -
gae ; ils évitèrent d'abord de le caresser devant lui, et affectaient même de le gronder bien fort lorsqu'il criait ou qu'il avait quelque petit caprice. Bientôt Gustave, dont le cœur était naturellement bon, commença à demander grâce pour son jeune frère. Satisfait de la victoire qu'il avail remportée, son jeune oigueil était encore fia (tê quand on accordait ta ses prières une faveur que l'on refusait aux pleurs du jeune enfant. Enfin, à l'aide de ces innocents artifices, qui furent continués avec la plus grande circonspection pendant plus d'une année , Gustave finit par porter à son frère l'amitié la plus tendre, et qui depuis ne s'est jamais démentie. »
Voilà ce qui se passe dans le cœur de l'enfanl, quand il esl atteint de jalousie. Mais c'est surtout dans la jeunesse, dans l'âge mûr, et parfois dans la vieillesse, que la jalousie éclate ; peu d'hommes et peu de femme* en sont exempts : les amants délicats < raignent de l'avouer, les époux en rougissent. Pour les uns comme pour les autres deux éléments so'.it nécessaires en amour : le sentiment de leur valeur personnelle, el la confiance dans l'objet de ses affections. Or il est rare que ces deux éléments marchent ensemble : ils s'éloignent, au contraire, attendu que la jalousie nous apprend à douter de nous-mêmes, outout au nions à soupçonner la personne que nous aimons, dépréciant ainsi notre propre valeur et mésestimant 1 objet aimé.
De là encore le motif pourquoi la jalousie esl la folie du vieillard qui vous avoue sou impuissance; et celle des habitants des pays chauds qui connaissent le tempérament do leurs maîtresses ou de leurs épouses. Ainsi, fi Iles el garçons, hommes el femmes, jeunes et vieux, tous ressentent les aiguillons de celle poignante passion.
Il n est pas jusqu'à certains animaux domestiques qui ne puissent en ressentir les atteintes. Les personnes qui en ont élevé ou en élèvent, peuvent reconnaître que les chiens, par exemple, aiment nos caresses, nos soins, et que, s'ils en sonl privés pour d'autres, leur souffrance est manifeste, lu de ces animaux ne voil pas sans colère sou m 'litre en caresser un aulre devant lui. « Un de mes anus, dit M. Helouino, avait un chien anglais, fort intelligent, el qui lui était trèsattaché ; on lui apporta un malin un jeune dogue qu'il voulait élever. A la vue de cet étranger, Foi témoigne sou éionnemenl : il
le Maire, l'examine, puis reg nie s"ii maille, comme pour savoir ses intentions à son égard. Sa tristesse est extrême, el il do veut'
pas Souffrir que le jeune chien joue avec lui ; il s'en éloigne le plus pi ssihle, il reli'sr dfl
manger, ii sort de la maison , pois revient
au bout de quelques heures. Il recommence à observer Irisiemenl la petit chien ; il revient i son ni iltrc il il i OJll inquiet, pat I une
s conde fois, el ne revient plus. Il avall compris que le nouveau venu lui enlèverait uno pari doi caresses qu'il recevait habituelle"
meut.
Que le i bien s.;,ii susceptible d'être allejtal