JOU
qui les rappellent cl les heures qui s 'et oulent? S'amusent-ellcs enfin, de ne sortir de ce violent accès, que la perle produit, que pour se plonger dans des chagrins plus réfléchis? Je ne puis le croire; je doute même que celui qui gagne s'amuse toujours; oui, je doute que le joueur riche ou aisé, s'il est humain , puisse s'amusera gagner l'argent de l'artisan, de l'ouvrier, du commis et même de l'héritier d'une grande famille, qui dans leur désespoir n'auront pcul-êlre pas de lendemain !
Quoi qu'il en soil, il n'est personne d'un certain âge qui.au moins quelquefoisdanssa vie , n'ait été enlrainé à jouer; mais si tout le mondejoue ou à peu près, tous les joueurs n'y apportent pas le même esprit; ainsi celui-ci joue par complaisance, celui-là pour se distraire , quelques-uns par goût , mais sans passion. Or, comme c'est la passion du jeu qui constitue le joueur, on ne doit pas donner ce nom à tous ceux qui font la partie, cette qualification devant être résenée à celui pour qui il n'y a rien de plus difficile à supporter, non point que l'idée d'avoir perdu , m, lis que l'obligation de cesser de jouer (Madame de Slaëlj , la plupart des hommes cherchant à trouver le bonheur dans l'émotion, c'est-à-dire dans celte sensation rapide qu'il éprouve et qui gâte souvent un long avenir.
D'après ces considérations préliminaires, nous considérerons la passion du jeu comme un besoin habituel de se livrer aux chances du hasard, ou à des combinaisons incertaines, dans les nielles l'habitude a plus ou moins de pari.
Parmi les causes que l'on a signalées, l'oisiveté et la recherche d émotions varices occupent le premier rang après la soif de l'or et l'espoir outré d'un gain facile. Il n'est donc pas étonnant que celte passion s'empare des individus appartenant à toutes les conditions, à ton. les étals, dans (ouïes les positions sociales. Toutefois on a remarqué que les joueurs les plus ardents, el comparativement les plus nombreux, appartiennent à la classe riche cl sans profession ; et pu s, que re so.il, ! • les individus pauvre s et sans élal ; 2" les banquiers el les négociants; .'1° les médecins; V' les étudiants des diverses facultés; 5* les ouvriers de toutes les rlasses, etc., qui se montrent les plus passionnes pour le jeu.
Les climats ne semblent pas exercer une
influence s, ér.ialo sur le développe ni de
la passion qui nous occupe ; louli lois, si l'on en croit un ancien jniieur, deu'iiu depuis sa guérison l'un de» premiers emplovén ce la ferme des jeux à l'an-, alors que le
gouvernement les tolérait, il résulterait des observations qu'il avait été a même de faire
pendant douze années, qu'on pouvail claisi i
les piiieurs passionnés dans l'ordre suivanl :
A Anglais; Il Anglo-Américains; <'. Italiens. D Espagnols; E llus es; F Allemands; <• Polonais ; Il Belges ; I Hollandais; J enfin , Français. Il avait également remarqué que
les deux tiers d.s sommes englouties dans
tas