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lis sept maisons de jeu ouvertes à Paris provenaient des étrangers qui ne manquaient pas de nous payer le tribut de leur séjour au milieu dr nous. Pour que ses observations lussent concluantes à l'endroit de la population flottante de la capitale, il faudrait savoir si le nombre d'étrangers venus à Paris est égal pour chacune des nations dont nous avons donné le tableau.
Toujours est-il que, dans les Etats civilisés, les causes du penchant au jeu sont fort nombreuses. J'ai déjà parlé de la soif de l'or, de l'oisiveté, de la recherche d'émotions variées, des influences climaléi iques et professionnelles ; il ne me reste donc, pour en compléier l'éliologie, que d'indiquer le luxe, le désœuvrement, la misère, le chagrin, le mauvais exemple, la fréquentation des chevaliers d'industrie, el par-dessus tout, l'occasion, qui en est la- source la plus puissante. Et cela doit être; dr, si malheureusement pour celui qui se décide à jouer pour la première fois, le succès vient lui sourfre dès sondébut, alors, soyons-en certains, il n'aura plus de frein, et l'habitude qu'il prendra insensiblement deviendra incurable, ce jeu devenant une source perpétuelle d'illusions et de vicissitudes qui animent tour à tour le joueur sans jamais l'assouvir.
Par tous ces motifs, il est facile de concevoir que rien n'est plus capable de troubler l'ordre des fondions animales et la régularité des mouvements vitaux, qu'un pareil défaut d'équilibre entre le moral el le physique; que les humeurs, viciées par un défaut de sécrétion, peuvent, en se jetant sur la peau, y produire des éruptions psoriques ou autres qui en déiruisent le poli, la souplesse et l'éclat , tout comme elles produisent l'engorgement des viscères abdominaux.
Ajoutons que celte agitation fébrile, souvent répétée, doit, à la longue, changer le caractère, le rendre irascible, el donner à la sensibilité une énergie vicieuse, qui tourne toujours au détriment de la machine.
Ams:, une femme qui aurait quelque chose de plus à risquer que sa santé serait doublement intéressée à évit r le jeu.
11 semble, à la veine, que les finîmes le supportent mieux que les hommes ; ce qui vient sans doute de ce que les sensations dans ceux-ci sont plus profondes, et que l'atlenlion superficielle avec laquelle les femmes effleurent les objets les sauve de la fatigue que leurs impressions produisent. 11 se peul aussi que les travaux sérieux et contentifs auxquels les h .mim s se livrent pendant le jour, leur rende le calme bienfaisant du sommeil plus nécessaire. Il est néanmoins toujours vrai que la lumière artificielle par laquello on tâche de remplacer celle du soleil, nuit aux ressorts de la vue, el que plus on multiplie les foyers, plus ou en augmente les mauvais effets, sans en corriger l'uniformité fatigante.
Enfin, par la clôture continuelle que le jeu exi^e, on se dérobe aux inlluences salutaires de l'air, qui est un des agents les plus nécessaires à notre existence, qui nous anime
et donne à tous les organes le Ion convenable; tout comme la fraîcheur d'un beau matin, les émanations restaurantes des végétaux, et le spectacle ravissant de la nature , sont perdus pour une personne qui passe la nuil à jouer et le jour à dormir.
La passion du jeu entraîne donc après elle les conséquences le- plus funestes. Ellesubslilue la misère à l'aisance, et niêu.e à l'opulence ; elle détruit les liens delà famille et finit par le suicide. Ne nous étonnons donc pas si tous les gouvernements sages poursuivent le jeu el infligent des peines f'>rt sévères à ceux qui tiennent une maison clandestine, où la jeunesse va perdre son or, sa santé, son honneur. Secondons de tous noefforts les vues du législateur, en cherchant à étouffer de bonne heure le penchant que les jeunes gens témoignent pour le jeu, ce penchant devant inévitablement les conduire à leur perte. Il y a tant de distractions utiles, agréables, pour occuper leurs loisirs! Il y a tant d'occupations honorables et avantageuses ] our éviter l'ennui! Signalons-leur les unes et les autres, tout en leur inspirant le goût des sentiments qui resserrent de plus eu plus les liens de la famille el les liens sociaux, tous les liens, en un mo1, qui développent les nobles facultés de notre intelligence. Par là, on en fera de bons fils, de bons pères, de bons citoyens. M est enfin une chose que nous ne devons pas oublier, attendu qu'elle fournil matière aux objections que le joueur ne manque pas de f : ire aux moralistes. Elle consiste à considérer le jeu comme un passetemps aussi innocent qu'agréable. Je ne conteste pas que cela soit quand on joue avec modération et dans T seul but de donner quelque délassement à son esprit ; alor-,je l'ai déjà dit, on n'est pas encore un joueur ; mais si l'on est porté au jeu avec trop d'ardeur, il change de nature et mérite le blâme. Dans ce cas, il est prudent d'y renoncer, s'il en est temps encore ; sinon, je ne saurais trop le répéter, l'habitude en fail un besoin aussi impérieux que coupable; et, partant, d'autant pins a craindre que :
Le désir de gagner, qui nuit et jour occupe,
Est un dangereux aiguillon :
Souvent, quoique l'esprit, quoique le cœur soit bon,
Ou commence | ar être dujie ,
Ou finit par être fripon.
Madame Desiiouliêres.
D'ailleurs, je le redis encore, n'est-ce pas que les suites les plus habituelles du jeu sont la misère, l'infamie, le suicide? Quelle alternative pour le joueur 1...
JUGEMENT (faculté). — L'entendement forme un jugement toutes les fois qu'il aperçoit le rapport ou l'opposition qu'il y a entre deux ou plu'-iei.rs choses. L'assemblage d'un certain nombre de jugements compose ce qu'on appelle le raisonnement. {Bossuet.)
Les jugements sont donc des fonctions logiques de notre entendement (liant), et suivant qu'ils s'appliquent tout a la fois à développer nos connaissances, et à expliquer les données que nous ; Oiscdons, alors qu'ils