‹ Dictionnaire des facultés intellectuelles et affectives de l'âme où l'on traite des passions, des vertus, des vices, des défauts, etcChapitre 15 sur 251 · AL.V · texte numérisé non relu

AL.V

L 'Arrné:iE\su>N. Dans celle-i i, nous sommes également inquiets; mais l'inquiétude que nous r ssenlons naîl de l'attente du succès ou de l'insuccès d'une affaire à laquelle chacun dis assistants pore un grand intérêt. ht, par exemple, dans une bataille ou pendant un combat singulier qui se prolonge par l'égalité des armes nu du sangfroid des adversaires, et dont par conséquent les résultats sont incertains, tous les témoins du duil sont dans l'appréhension, jusqu'à ce qu'enfin, l'adresse d'un côté, ou un heureux hasard de l'autre, décident de la victoire.

Ainsi , dans l'appréhension comme dans l'alarme, il y a toujours beaucoup d'inquiétude; mais dans l'alarme, l'inquiétude que nous éprouvons nous est personnelle, se rapporte à notre propre personne pour laqucile nous craignons , au lieu qu'elle se porte sur autrui dans l'appréhension.

lït quant à la

; kwvtiî, elle ne diffère des deux autres s'-ul inenls que parce que l'impression que l'homme ressent et qui l'inquiète, naît de la connaissance qu'il a déjà acquise qu'un événement fâcheux vient de s'accomplir, et qu'il a dès lors tou' à cri indre de ses suites. Ainsi, supposons qu'une année ennemie entrât triomphante dans Paris, et que la popu'ation fût forcée de se mettre à la merci du triomphateur : on conçoit d'avance que chaque citoyen, ayant àcraindc pour sa famille et pour lui-même, craindra d'autant plus qu%l saura que le vainqueur est méchant et cruel.

Parlant, dans les trois circonstances susmentionnés, à savoir : dans l'alarme, l'appréhension et la crainte , le sentiment moral est à peu près le même ; seulement il naît d'une cause différente. Dans le premier cas, c'est de Yannoncc du d inger que chacun court ou croit courir; dans le second cas, de la vue du danger que courent nos amis ou du moins (eux à qui nous portons quelque intérêt; efdans le troisième cas câlin, de l'mcerlitnde où l'individu se trouve pour luimême et pour autrui, sur les suites d'un événement qu'on n'a pu empêcher.

VA comme la sensation que les hommes i pi ouvent dans ces sortes de cas, a beaucoup d'analogie avec celle qui accompagne la peur, la frayeur, eic, on a cru de» • sidérer tous ces mots comme sj uonj mes.

Je ne saurais partager l'opinion des auteurs à cet égard, vu que j'ai trouvé dej nuances assez tranchées entre les uns et les autres pour les aépai er.

'•.Iles consistent en ce que l'effroi naît de ci .qu'on toit ; la terreur, de ce qu'on imagine; l'alarme, de ce qu'on apprend; la crainte, de ce qu'on tait ; l'épouvanlo, de ce qu'on préiumt ; la peur, île l'opinion qu'on a ; et l'appréhension, de ce qu'on attend .donc ils ont une origine différente.

De mémo, la présence de l'ennemi donne l'alarme ; la vue du combat cause l'effroi; l'égalité des armes lient dans l'appréhension i la perle de Ut bataille répand la 1er

reur ; les suites jettent l'épouvante parmi les peuples cl dans les provinces ; chacun craint pour soi; la vue d'un soldat ennemi fait frayeur; on a peur de son ombre.

On s'est doue étrangement mépris, en considérant tous ces senti. nenls, produits par des causes diverses, comme parfaitement identiques. Une dernière preuve qu'ils ne le sont pas, c'est, par exemple, qu'il faut craindre Dieu, et qu'on peut le craindre sans en avoir peur.

Quoi qu'il en soit, l'alarme, l'appréhension et la crainte étant de-; sentiments spontanés et du moment, nous ne devons pas les considérer comme un défaut et moins encore comme un vice. Néanmoins vous remarquerez qu'une crainte puérile rend ridicule, et que puisque le ridicule lue , tout homme sage et fort doit donc éviter ce travers, trislc apanage des gens pusillanimes et sans cou-t rage.

L'alarme et l'appréhension ne paraissent pis avojr d'influence fâcheuse sur le physique et le moral de l'homme. Il n'en est pas de même delà crainte; car, comme l'a remarqué Lorry, et bien d'autres après lui, l'influence des affections morales < si une des causes les plus propres à modifier la peau.

Parmi les faits nombreux que je pouvais citer à l'appui de celle proposition, je choisirai les suivants, parce qu'ils ne sont consignés, je crois, dans aucun ouvrage. C'est démon ancien maître, do savant et éru lit professeur l.ordil que je ics tiens.

« J'ai soigné eu 1805, nous disait-il, au dépôt de mendicité, un Génois atteint de i'eléphantiasis des Arabes. Il était on ne peut mieux caractérisé , c'est- -dire accompagné d'aneslésie. On pouvait donc enfoncer li profondément des épingles dans la lumeui sans déterminer la moudre douleur. Li peau de la jambe présentait uuc dureté considérable, etc., etc.

« lin questionnant ce malade sur les circonstances commémora ives de -a maladie, voici ce que j'appris: ce; homme avait été captif en Barbarie avec son père. Ayant commis une faute qu'il appelait léger . il fut menacé d'être pu m par l'application de quel» ques coups de bâton à la plante dos pieds. Il eut une grande crainte que la menace ne fût suivie d'exécution ; cependant il en fut quitte pour la peur. Mais d puis lors, ce maiheureux fut sujet à des terreurs paniques i,ui revenaient à chaque instant. Ce n'est pas tout : quelques jours ap è-, son pore l'avertit qu'il avait des boulons à la ligure, ils s'a (mu eut de plus en plus et constituèrent enfin la maladie sus-dénommée, lille datait donc ùe l'époque où cet individu avail M Saisi de crainte ; .oinent où il fut menace

i!r la bastonnade,

■ J'ai m une d. une qui, ayant été assail-

lin dans sa chambre par deux voleurs, les

. , i en sautant pai 1 1 fenêtre : pou de

i mis après, il survint une couleur ro 6c à la

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« J'ai connu une femme qui avait son Ile, lorsqu'un 1 1 ia dans

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