CI" JIS JUS CH
tribution des récompenses méritées? <lo. a parlé. Excmp'e: dans les quelques heures
Ici, rémarquez-lc bien, il n'e l plus ques- île !a glorieuse révolution Je février 18i8
(ion d'un différend élevé entre les hom- (22, 23 et 24), le peuple, armé et vainquent
nus, il ne s'agit que d'un choix judicieux dans la capitale, pouvait, n'est-ce pas, por-
à faire; or, à quelle sorle de justice rap- 1er atleinle à la propriété et à la vie des ci-
porlerons-nous ces actes ? toyens, sans avoir à craindre les lois : la
Quoi qu'il en soit, comme l'utilité publi- sceau en était brisé. Eli bien! dans ce moque doit être la véritable règle de la justice, ment de liberté absoi .ce , ayant été sans les citoyens, les magistrats, les rois, tous les peur au combat comme le chevalier Bayard, hommes enfin, doivent l'aimer souveraine- il a voulu, lui aussi, être sans reproche ment, inviolablement, et se faire ut) devoir après la victoire, rt nul acle coupable n'est de la pratiquer. Ils le doivent même d'autant venu en ternir l'éclat. A quoi devons-nous plus que : « Etre jus'e, c'est l'image de attribuer sa modération et son respect pour Dieu sur la terre » (Bonaparte) ; c'est avoir la fortune publique, son mépris des richesune âme assez noble pour rendre justies ses? A l'amour de la gloire et delà justice. même à ceux qui nous la refusent. Aussi, Le roi des barricades avait manqué à ses n'est-on susceptible d'une pareille vertu engagements envers le peuple des barricaqu'autant qu'on a précieusement conservé en des ; celui-ci ne craignit pas de se faire justice son âme une grande rectilude de pensée et en chassant le parjure d'un trône qu'il lui de jugement. avait donné, et qu'il était bien le maître de
Justice suppose lois établies. Observation lui reprendre. Donc tout, dans la conduite de la justice suppose équilibre de la puis- des combattants, a prouvé qu'ils aiment la sance- entre les citoyens; et comme il est justice pour elle-même. Malheureusement il fort difficile de maintenir cet équilibre, on y a beaucoup d'exceptions; la plupart 'ne en a inféré avec raison qu'il est le chef- l'aiment qu'alors qu'elle les protège, ei ne s'y •l'œuvre de la science et de la législation, soumettent à l'égard des autres, que par la Toujours est-il que son existence est assurée crainte que le jugement sévère des magislant qu'une crainte mutuelle et salutaire trats peut leur inspirer. C'esl à eux à les force les hommes d'être justes les uns en- maintenir dans celte crainte par une dislrivers les autres; mais que cette crainte cesse bulion de la justice égale pour tous et toud être réciproque, ou que l'amour de la jus- jours impartiale, c'est-à-dire toujours fondée tice s'efface du cœur de certains , alors sur le droit, et abstraction faite de toute cotout retombe dans l'arbitraire et doit se terie ou esprit de parti. Sans cela, nous défaire devant la loi du plus fort. Voici ce qui vous désespérer de la société: car, comme le prouve. rien n'est aussi redoutable que les passions
Supposons un naufragé d'une constitution quand elles viennent s'asseoir au fauteuil rhétive et délicate, qui arrive dans une cou- du juge, il doit en résulter alors, que le malice inhabitée, y établit sa demeure, cultive gistrat mettant ses propres sentiments, ses la terre et s'en rend propriétaire, nul n'étant préjugés et ses haines, à la place de l'équité, là pour la lui disputer ; qu'un homme forte- il descende des sublimes hauteurs où l'a ment constitué, et jouissant de toute la vi- placé la loi, il abdique son divin caractère, gueurdcla jeunesse, aborde sur le même pour redevenir un homme comme les autres, rivage, et que, convoitant la propriété de Au lieu de leuir la balance d'une main ferme, celte même terre, il veuille s'en emparer; à impassible, il l'incline du côté où il a mis coup sûr celui qui l'avait devancé opposera ses passions, et manque ainsi à ses devoirs son droit de premier occupant. Que repondra envers Dieu, envers les hommes et envers l'autre? — «Si le hasard l'a conduit en ce lui-même Quelle moralité le peuple tireralieu, le même hasard m'a donné la force pour t-il d'une conduite si coupable? No croyant t'en chasser: auxquels des deux droits don- plus à la justice humaine, il se fera justice ncr la préférence? Veux-tu connaître toute lui-même, s'il n'est pas assez religieux pour ia supériorité du mien? Lève les yeux au s'en remettre à la justice divine, quelquefois ciel . lu vois l'aigle fondre sur la colombe ; bien tardive, mais loueurs équitable et cerabaisse-les sur la terre : tu vois le cerf dé- ' laine. Analhème donc sur un pareil juge! cbiréparle lion; porte les regards sur la Oui, analhème sur lui, si, au milieu des queprofondeur des mers: tu vois la dorade de- relies des partis, des collisions sociales, provorée par le requin. Tout cela, dans la na- tégé par son inamovibilité, il devient acces.lure, t'annonce que le faible est la proie du sible à toute auire impulsion qu'a celle de la puissant. La force est un don des dieux. Par justice qu'il représente; s'il laisse voireniui elle je possède tout ce que je puis ravir. En l'homme vénal et partial, au lieu du magism'annantde ce bras nerveux, le ciel t'a de- irai intègre charge de. juger, à l'aide de la claré sa volonté. Fuis ces lieux : cède, à la vérilé immuable, éternelle, les actes de force ou combats. » — Que répondre au dis- chacun. eours de ce sauvage? l'ourlant c'est ce qui arrive quelquefois ,
Kl quant a I homme police, qui connaît 1 s et c'est pourquoi le | euple ne croit guère
lois et les respect , aiaic-l-il la justice pour à la justice du magistral; il croil à ses b.ii-
èlle-méme?ou sera-ce parce qu'il en redoute nés, à sa partialité cl à ses rancunes pulili-
les arrêts? C'est à l'expérience à nous ius- ques. Et comment n'y croirait-il pas? Vn-
truire. (Helvdlius.) vons-nous pas vu, depuis plus de cinq cculs
Sous bien des rapports, cette expérience ans, certains de nos tribunaux se prêter a
Dictions, dls Passions, etc. -20
cty jus Jis fi:o
[uutrs Us passions i!u gouvernement, à lou- rains sont généralement profilablrs à tous
1rs les vengeances des partis : cl les juges les citoyens, je va:s choisir, parmi un grand
par trop dévoués au pouvoir, lui donner ton- nombre de faits que je pourrais citer, ceux
jours, sans trop se rendre compledeleur for- qui peuvent nous enseigner de co nhien Je •
faiture,l'appuiqu'illeurdcmandait?...Il yaeu manières l'homme juste peut se révéler,
des juges pour toutes les horreurs de la pre- L'histoire de France nous apprend que
mière révolution, pour exécuter les volontés s ,jn( Louis nvail un si „,.;llui nm',,.r pour |a
despotiques de l'Empire ; il y en a eu po *r justice, qu'il la rendait' lui-même, soit sous
la réaction de la Restauration; il y en avait |es arhres ju uois ,|e Vincennes, soit dans le
pour les besoins du gouvernement de Juil- j,iri|j„ ue s01, palais (aujourd'hui la place
le'.. On a inventé des juridictions, parce que Daupnine) ; il la rendait même contre «a
l'on trouvait le jury, cette conscience natio- ,„„,„,. famille. Ainsi, pendant son règne,
nale, trop indépendant ; on a fait démons- U11 (le S(,s frereSi le co le d'Anjou, prince
trueux procès et rendu d'iniques décisions, ^'un caractère violent, ayant fait mettre ci
Pourquoi cela? parce que les juges sont prison un chevalier avec lequel il avait eu
des hommes, elil faudrait qu'ils fussent près- un différend d'intérêt, le roi, indigné d'une
que des dieux ; parce qu'il en est peu qui pareille conduite, dit à son frère : « Croyez -
aient le caractère assez ferme, l'âme assez vous qu'il doive y avoir plus d'un roi de
énergique, pour résister aux influences qui France, et que vous serez au-dessus des loi;;.
les loui mentent sans cesse; qui puissent se parce que vous été-; mon frère?» Aussitôt
placer par lu volonté au-dessus des choses il fit soilir le chevalier de prison : le diffe-
de ce monde, et les voir toutes d'en haut rend entre lui et le comte d'Anjou fut jugé,
sans y prendre pari. et comme le bon droit n'était pas du cote de
S'il désire qu'il en soit ainsi (et il doit lou- «" dernier, le chevalier obtint gain de cause, jours le vouloir) le juge en entrant en fonc- Louis XII, surnommé le Père du peuple, (ions cessera d'être un citoyen comme les avait uii'j autre manière de lémoigner de autres ; il n'aura plus de sympathies, rt'af- son amour pour la justice. Afin de ne placer fictions que pour la vérité, et redescendra dans la magistrature que des gens qui en jamais dans les questions de personnes. Ft fussent dignes, il écrivait le non» de ceux qui pourtant, je le dis avec douleur, c'est ce qu'il se distinguaient par leurs talents, et lorsn'a pas toujours fait et ce que certains ne qu'une charge importante était vacante, il feront peut-être pas à leur tour. Les mora- consultait sa liste, et nommait le sujet qui listes ne sauraient donc rester impassibles lui paraissait le plus propre à remplir ici en présence d'un si grand scandale; ils doi- emploi. Il ordonna aussi que lorsqu'il Bpp Ivenl soulever l'indignation publique contre lerait un de ses sujets à occuper un office de de pareils abus, attendu que si les lois du président ou de conseiller, le parlement propays, de la morale et de la religion impo- céderait à un examen sévère du savoir et seul à tous les hommes en général, le res- des rmrurs du nouveau promu, pect pour les décisions de la justice ; elles Voicj U|, (rail ll(1 ] , vi(, ae L()ujs XVI, qui imposent aux juges en particulier, le devoir prouvcson zèle ardent pour la justice. Une de la rci.dre avec loyauté et impartialité. |ongue liste, contenant des nominations d'uf- Hendre ci Dieu ce qui appartient a Dieu, a liciers, avait été présentée à sa signature César ce qui appartient à César, au peuple par le ministre de la guerre, le prince de ce qui appartient au peuple; protéger 1 in- Monlbarrcy. Le roi pren I sou crayon et efnonix et punir le coup ible ; voilà ce mu ils faCe de la liste Ioub ceux qui smii recomiloivcnl toujours faire en vue des intérêts de mau<{és par de grands personnages de sa la. société, qui a les yeux constamment fixes COUr. Celte méthode sembla toute nouvelle sur eux, de qui elle attend des exemples .,„ m{nis(rCi (,„j ge permil a ors d'en l'aire pratiques et d'utiles leçons. Je vais plus loin: l'observation à Sa Majesté.» Ile! monsieur, c'esll'usago de notre pays, dit Montaigne, |uj di( (,)1IS XV)i ne VOyez-vouB pas que d'en condamner aucuns pour l avertissement ceux qui ont d'aussi bons appui- sauroul des autres. Eb bienl continuons dans cette i„uj0U|.s 8C ijrcr j'arfairc, et qu'il estde jusvoie, non pas qu'il raille les condamner |jce que moi, le père commun de mes sujets, parce qu'ils ont failli, ce serai! belise, car jfl m*établisse le protecteur de ceux que je ce qui est lait ne peut se défaire [Platon), Wlis ,,nw!S de toute protection? a maisc'esl alln qu'ils ne faillent plus de môme, .
ou qu'on paye l'exemple de leur fonte. On ne .E< '•' ^ponse s. simple el si na.ve du meu-
corrige pas celai qu'on pend: on corrige Ici nierSans-Sonci au grand Frédéric, ne prouve-
au Ire i >ar lui - l-elle pas sans réplique, la confiance du peu
™ ",.. , ,,, ... pie et le respect au roi pour la justice? e.c.
Avouons iiu il fut que I humanité ,. • , , ,, , i i
bien passionnée et bien faible, pour manqn r Ainsi, je le répète, les plus grands rois
d injustice, puisque l'amour de celle-ci a de ont été justes, el il ne pouvait en Cire a lire-
si grands attraits, que la plupart des rois ment, puisque la justice est la bienfaisance
eux-mêmes sa sont empressés do lu randn ■ ton. fjfamy.) - Apprenons par leur
à leur peuple! Oui, nous l'avouerons, el exemple a cire |UltOS nous-. néon-, et BONI
comme les exemples donnée par les souve- morllerona bien de la patrio cl de I humanité