‹ Dictionnaire des facultés intellectuelles et affectives de l'âme où l'on traite des passions, des vertus, des vices, des défauts, etcChapitre 141 sur 251 · LAC · texte numérisé non relu

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LACHE, Lâcheté (vice). — TJa lâche esl

un homme sans rreur et sans courage. On a fait lâcheté synonyme de poltronnerie; cependant il y a quelques différences dans la manière dont le lâche et le poltron se comportent. L'un, le lâche, ne sait pas résister à celui qui veut l'opprimer; l'autre, le poltron, ne saurait don ner aucun secours, même quand lo danger est pressant. Le premier ne se défend pas ; le second n'atiaque jamais, mai-; s'expose aux dangers malgré la crainle qu'ils lui inspirent. Parlant la lâcheté esl un vice, au lieu que la poltronnerie n'est qu'une faiblesse causée par la surprise d'un danger et l'amour de la conservation.

A propos d'amour de sa conservation, je dois rappeler qu'il fait partie de l'amour de soi-même, qui comprend, on le sait, pour l'homme, l'amour de la considéralion, de l'estime des gens honorables et considérés ; et pour les femmes, l'amour de leur réputation, de l'honnêteté, etc. Or. il est à croire que, dans l'un ou l'autre sexe, le sentiment de l'amour de soi-même est incomplètement développé, puisque l'amour de la conservation absorbe les autres amours. 11 importe donc de faire ce que la nature et l'éducation n'ont pas encore fait, c'est-à-dire de subsliluer, au besoin, ces estimables amours à l'amour de la vie, pour faire d'un lâche un être courageux.

Dans le peuple. le courage est ordinairement, ou l'effet de la vigueur du corps, ou ce'.ui de celte confiance aveugle en ses forces qui cache aux hommes la moitié du péril auquel ils s'exposent; ou l'effet d'un violent amour pour la patrie, qui leur fait dédaigner les dangers. Or, le luxe, en tarissant à la longue, d'une manière indirecte, si l'on veut, mais non moins réelle, ces diverses sources du courage, devient préjudiciable aux nalions, qui trouvent leur force et leur

Euissance dans le courage des ciloyens.

'histoire est là pur nous l'apprendre. Elle nous dit que la pauvreté de Rome command ; à la richesse de Carhage, et conserva à cet égard l'avantage que toutes les nations pauvres ont eu sur les nations opulentes. D'ai!- Icurs, n'a-t-on pas vu la frugale Lacédémone triompher de la riche et commerçante Athènes, les Romains fouler aux pieds les sceptres d'or de l'Asie? N'a-t-on pas vu l'Egypte, la Phénicie, Tyr, Sidon. Rhodes, Gênes, Vernie, subjuguées et humiliées par des peuples que l'on appelait barbares?

Généralement on parle peu de la lâcheté des femmes; c'est, je crois, parce qu'elles sont plus poltronnes que lâches. Donnez aux femmes les mêmes occasions que les hommes ont de montrer leur courage, et vous les verrez braves et courageuses. Chez beaucoup, sans doute, la faiblesse native de leur organisa. iin les dispose à la crainle ; mais ou leur doit cette justice, qu'il en esl beaucoup de courageuses.

Toutes devraient l'être; car la lâcheté esl méprisable partout, partout elle a de mauvais effets. Elles devraient l'être, parce qu'ene femme doit savoir résister à de t aines alarmes ; être constamment ferme contre les plaisirs imprévus: ne pleurer et ne s'effrayer jamais que pour de grands sujets; et encore doit-elle se soutenir par la vertu.

Du reste, quand on esl chrétien, de quelque >exe qu'on soit, il n'est pas permis d'être lâche, l'âme du christianisme, si l'on peut ainsi parler, étant le mépris de cette vie et l'amour de l'autre. (Fe'nelon.)

Demandons donc à la religion la puissance de raison qu'il nous faut pour n'être point lâches : car sans la force qu'elle peut nous donner dans les cas où nous en manquerions , nous risquerions de faire quelque acte d'une insigne lâcheté

Voyez saint Pierre : il jure à son maître qu'il mourra plutôt que de l'abandonner; et pourtant il le renie trois fois, ainsi que le Christ le lui avait prédit; il le renie aux questions d'une servantel Nous avons dit ailleurs que c'était par faiblesse; soit, mais si, soutenu par la grâce, saint Pierre avait eu du courage, se serait il montré si faible?

LANGUEUR (sentiment). — C'est l'inaction ou Vabattement dans lequel se trouve l'âme, lorsqu'elle n'a ni les moyens, ni l'espérance de satisf lire un désir qui la remplit, qui constitue la langueur. Les hommes fro'ds sont plus sujets que les autres hommes à celte sorte d'ABATTKUENT (Voy. ce mot), dont les jeunes gens et les personnes qui ont un sang vif el bouillant éprou.enl bien rarement les atteintes. D'où cela provient-il ! De ce que les premiers semblent, par nature, se complaire dans cet élal et n'ont pas la force d'en sortir; tandis que les autres, dès qu'ils ont la certitude que la passion qui les tourmente ne peut être satisfaite, loin de se laisser aller à la tristesse, renonc. ni lieu vite à celle passion, soit par raison, soil par amour du changement. Dans ce e,:s, ils fout succéder au sentiment pénible qui les fait languir, un sentiment contraire.

Assurément il n'est pas de meilleur moyen, pour éviter les ennuis de la langueur habituelle, que d'entretenir l'âme dans la plus grande activité, c'est-à-dire de la faire passer d'objet en objet ; mais nous devons taire observer que, loin de porter sur des sujets frivoles, comme le désir qui eause quelquerois la langueur, son attention doit •■e fixer sur les travaux de l'intelligence qui for ifient la raison el ornent l'esprit, ou sur la pratique des devoirs religieux, qui, en donnant une direction plus élevée à noire pensen, la détachent des choses matérielles qui sont ici-bas l'objet de notre convoitise. Que ce hul soil atteint, el aussitôt, soyons<-en certains, la langueur se dissipera.

I. ASCII". Las, mi n vire). — La lascivclê est une inclination de l'homme el de la femme Bas plaisirs sensuels ; à cetic sorte di

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