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MÉCHANCETÉ, Méchast défaut).— Ou appelle méchant celui qui, par plaisir autant que par intérêt, fait du mal à autrui : l'acte qu'il accomplit pour satisfaire ce plaisir esl une méchanceté. Celle-ci a plusieurs degrés, c'est-à-dire qu'elle varie depuis la simple espièglerie des enfants jusqu'à la cruauté la plus raffinée; si tant est, du moins, qu'on puisse appeler méchanceté, l'espièglerie et la malice. Quoi qu'il en soit, ce sont ordinairement les gens d'une très-médiocre capacité, en qui la méchanceté proprement dite s'établit de préférence.
On a bien dit aussi qu'elle était un vic^ de tempérament; mais comme le tempérament d'un individu se compose des conditions morales aussi bien que des conditions physiques qui lui sont propies, il en résulte que, si l'on étudie le caractère du méchant, on reconnnait que sa méclianci lé lient plus à sa sottise et à son ignorance qu'à sa constitution. Ce qui confirme l'observation qu'avait faite de Bonneval, et qu'il a formulée en ces termes. « Bien n'est si méchant qu'un sol ou que les gens dépourvus d'intelligence; ils se rapprochent par là de la bêle, qu'ils surpassent en férocité.»
L'âge et le sexe paraissent disposer plus ou moins à dire ou faire des méchancetés. Ainsi, on a cru remarquer que, généralement, les femmes sont plus malicieuses que les hommes ; ceux-ci plus méchants que les femmes, et que les enfants réunissent parfois la malice d'un sexe à la méchanceté de l'autre. •
A la vérité, ces deux mauvais penchants sont, à l'origine, peu développés et superficiels; mais ils dégénéreront facilement en habitude et deviendront aussi puissants que durables, si l'on ne s'occupe de bonne heure à modifier chez les jeunes sujels leurs dispositions natives à la malice et à la méchanceté.
J'insiste sur ces mois de dispositions nvtives, parce qu'ils me conduisent à la question suivante: L'enfant naîl-il méchant? Non, sans doute, car il n'y a point de méchanceté là où n'interviennent pas l'intelligence et la liberté. Il obéit simplement à 11 loi de sa nature organique qui le domine à cet âge. Et s'il en est ainsi ne peul-on pas déclarer qu'il naît animal, c'est-à-dire avec 1rs instincts et les penchants de l'animalité ? ce qui nous conduit à celle autre conséquence, que sa méchanceté n'est qu'instinctive.
Observons toutefois, que cette opinion n'est pas généralement adoptée ; ainsi il est des individus qui prétendent que l'enfant devient méchant absolument comme il devient malade. Assemblez, disent-ils, lous les enfants de l'univers, vous ne verrez en eux que l'innocence, la douceur et la crainte : s'ils étaient nés méchants , malfaisants, cruels, ils en montreraient quelque signe , comme les petits serpents qui cherchent à mordre, et les petits tigres à déchirer. Ma s la puissance créatrice n'ayant pas donné à l'homme plus d'armes offensives qu'aux | i-