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geons et aux lapins, elle ne leur a pu don- douceur, la patience, la soumission, rion ne
lier un instinct qui les porte à détruire. le désarme; et quand on veul élre à l'abri de
L'homme n'étant pas né mauvais, pour- ses atteintes, il faut le fuir. Il n'est donc pas quoi doue plusieurs sont-ils infectés de étonnant qu'avec nue organisation physique celle peste de la méchanceté? C'est que cl morale pareille l'homme soit plus à redouce tix qui sont à leur tête, étant pris de la ter que le tigre et le léopard. maladie, la communiquent au reste des En conséquence, il faut s'occuper de bonne hommes, comme une femme infectée répan I heure des instincts de l'enfance à l'endroit le venin delà contagion d'un bout dcl'Europe de la malice et de la méchanceté, mais de à l'autre. celte dernière surtout; car elle c-t semblable
Les premiers ambitieux, Adam et Eve, ont à ces fleuves qu'on passe très-facilement à coi rompu la terre; tout comme leur premier- leur source, mais qui.cn s'éloigna ut, dené, Caïn, a, par le meurtre de son frère viennent si larges, qu'on ne peut plus les Abel, transmis à ses descendants l'exemple Iranchir.
le plus effroyable de la méchanceté que l'en- „ e„ un aulre nu„ f , , <on K
vie on la jalousie inspire, exemple qui n a le ,us , emprWmeiil à corriger le
eu,helas!quet.op d initiateurs I El pourtant, m,IUvais naturel des enfanls. Ce motil con-
je me plais a le mentionner, me fiant en cela sis„. cn t(1 ,ou,e méchanceté dev|en, f;li.
au récit des voyageurs, .1 y a des nations 1)1(,sse . 0|! rcnfant „.élan, méchant que
entières qui, rigoureusement parlant ne sont ce ui, esl faib| sj ,on se |uUc (|e« ,
point méchantes • ainsi les Phitadelpbiens, feill|re 'forl M sera bon. „ Ce|ni „• |l0m,.ail
les Landaus, n ont, dit-on, jamais lue per- ,ou( np fcrait jnmais ll(, ,„.,, , () J ,,,„,,
sonne* seau.) El puis n'avons-nous pas dit cent fois
L absence de cette sorte de méchanceté esl [„ rfolMon de corlains' acles dégénère
chose d aulant plus rare, que, quand une en habitude?
fois l'homme est devenu méchant il est plus à „ n ...
craindre que la bêle féroce dont il se rappro- Enfin, une dernière raison, C est que les che, et malheureusement, je le répèle, les l>,us émmcnlcs qualités dont les enfanls peuexemples sont éminemmenteontagicux. Coin- vi,,u élre t,ou,'s ,,!p '",!i' feron' j;,ma,s Par-
ment cela? parce que la bêle féroce ne peut se donn« lcur méchanceté, attendu qu elles ne
servir pour nuireque des seules armes qu'.lle sauraient rendre a la société tout le bien
a reçues de la nature, tandis que l'homme em- nécessaire pour compenser le mal que la
ploie les moyens les plus odieux et les plus méchanceté 'ui lait.
coupables pour arriver à ses fins. Et comme Observons toutefois, que la méchanceté
rien n'est sacré pour lui, il se seri indiffé- peut avoir son bon côté. Cela doit paraître
remment delà ruse, du mensonge, de ia mé- un paradoxe; aussi vais-je en donner l'cx-
disance, de la calomnie même, celle arme de plication. On sait généralement que les mé-
don Basile, qui blesse inévitablement, cl dont chants sont loujours malheureux : en cela,
il reste loujours quelque chose- ils servent donc à la plupart, pour se pré-
De là ces remarques si énergiqucmcnl server de tous actes dont les conséquences
exprimées : La bouche du méchant, c'est un sont lâcheuses à qui les commet. Ce n'est
trou puant cl pestilentiel; la langue médi- pas lout : leur méchanceté sert souvent a
sanie, meurtrière de l'honneur d'autrui, c'csl éprouver le polit nombre de justes répandas
une mer el université de maux, pire que le sur 1 a lerre : ce qui a dicte cetic sentence
1er, le feu, le poison, la mort, l'enfer. [P. pleine de vérité : « Il n'y a pas de mal dont
Charron.) La langue du méchant esl un l'eu, il ne naisse un bien, n (Voltaire.) — Il c>t
un monde d'iniquités, un mal qui tourmente; certain, du reste, que s'il n'y avait que du
elle est pleine d'un venin mortel. (S. Jacques.) bien et point de mal sur la terre, ce serait
1. a mort qu'elle cause est une mort très mal- alors une autre lerre; l'enchaînement des
heureuse, et le tombeau vaut encore mieux, événements serait un aulre ordre 'le sagesse.
[Eccl. xxviii, 25.1 ()r, cet ordre, qui serait parfait, ne peut é ro
Malherbe, qui avait un très-grand n. épris que dans i.i demeure éternelle de I Etre su-
pour les hommes en général, voulant pein- préme, de qui le mal ne peut approcher,
dre eu quelques mots leur méchanceté, fait (Voltaire.) Dès lors, la méchanceté des nus
d abord le récit du pé hé d.' C«iïn, el ajoute : est u Ile au bonheur éternel des autres. Donc
\ o.la un beau début 1 ils n'étaient que trois les t oups de la mécli incelé sonl les épreuvi s
ou qualrc au monde, cl l'un \a tuer sou que le ciel leur envoie; el s'ils les supportent
frère I " avec courage et résignation, c'est A bon droil
Heureusement que pour la plupart, leur qu'on peu! 'lire que la méchanceté est bonne
méchanceté ne va pas jusque-là ; chez eux, a quelque chose, On pourrait dire encore
elle s'arrête à la malice, non a celte malice que sous certains rapports, m, mais s. m.
qui tient de l'espièglerie, el qui est naturelle doute, mais pourlanl réels, la méchan-
aux enfants, mais a elle malice qui fait que, '"te lient souvent .i u de mérite a bien des
par obstination, ou par caprice, ou par r. g , gens qui n'eu on' p 19 d'autre, et qu'elle leur
t i personne cherche a nuire. Aussi suffit-il une de ! il on aux yeux de
der au malicieux pour l'apaiser. .alors surtout qu'elle est mue à |*es-
Ce n'est pas ainsi qu'on calme le méchant: prll [Duclos); mais qui Ignore que l'homme
mauvais par n lure el par habitude , s'il < si i hanl u'esl pas lieureo * [Juténnl)! el cela
dangereux, s'il nuit, l 'esl par inclination. La parce que, s'il est abjoa ■ par ses semblables