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il a communément de plus qu'eux une conscience qui le châtie
Mieux vaut donc rendre tous les hommes bons, doux, affables, etc., en étouffant en eux dès le berceau la malice, la méchanceté et loules les inclinations mauvaises, qui tendent à leur donner des habitudes bien plus mauvaises encore. La sociéié tout entière y gagnerait, et eux tous lis premiers.
MÉDISANCE, Médisant (vice). — La médisance est celte passion de l âme qui fait qu'on se plaît à mal parler des autres. Si vous demandez à unmédisant,ausujetde quelqu'un :
Dites-moi quel est cet homme? il !e dépréciera. Ce n'est pas tout: s'il se trouve parmi d'auties médisants, il les aide à déchirer la réputation d'une personne absente. Et moi aussi, dit-il; c'est, de tous les hommes, celui que je hais davantage. Sa, physionomie seule suffit pour inspirer de l'horreur; pour ce qui est de sa conduite privée, il est impossible qu'on trouve un autre homme aussi vilain que lui : la manière dont il truite sa femme en est la preuve. Il n'épargne ni les auteurs de ses jours, ni ses amis; les morts mêmes ne sont point à l'abri de sa mauvaise langue. (Théophraste.) La médisance est le plus lâ< he de tous les vices , eu ce qu'elle atta ;ue les absents hors d'étal de se défendre. De là cette observation , on ne peut pas plus juste et vraie, des païens : « La médisance est criminelle, soit quand on la débite , soil lorsqu'on ajoute foi à celui qui la débile. » Ajoutons : ce qui ne manque pas d'encourager les médisants.
I.'l pourtant il n'y a rien qui nous paraisse plus léger que la médisance, rien qu'on ne hasarde plus volontiers, rien qui ne soit reçu avec plus de satisfaction, rien qui ne se répande plus universellement. Savez-vous pourquoi? Parce que la médisance naît de l'envie, de la haine ou de la vengeance, qui portent à nuire; ou bien de l'irréflexion jointe au désir de paraître aimable, alors que tant d'oreilles sont disposées à bien accueillir les propos du médisant. Or, comme cela a lieu presque toujours quand ces propos sont tenus par une personne spirituelle, celle-ci ne manque jamais une occasion de se montrer telle à ses encourageants auditeurs.
Ce travers de l'époque, qui a été celui de toutes les époques, ne périra probablement jamais, attendu que, pour l'extirper du sein de la société, il faudrait une régénération complète dans l'esprit et le ca'ur du médisant el de ceux qui lui prêtent une oreille attentive. C'est-à-dire qu'il serait indispensable que ceux-ci travaillassent avec ardeur à bannir de leur esprit celte curiosité criminelle,qui s'enlrelieut et s'enflamme toujours au récit des secrets qui tendent à flétrir la réputation des autres; et que ceux-là, animés par des sentiments de bienveillance, de charité, de tolérance, etc., pour l'humanité, ne répétassent jamais ce qui pourrait être nuisible à leur prochain. Une reflexion bien simple leur suffirait, s'ils la faisaient, pour couper cour! à la médisance : elle consiste, après être rentré en soi -même et après avoir ihcTios.N. djls Passions, etc.
considéré m-s imperfections , à se dire • N'cs'-re pas que je suis bien loin d'être p::rfail? N'est-ce pas que mes défauts et mes vices fourniraient une a bon lante pâture à I i médisance? Voudrais-je servir de point de mire à la cuiiosi:é publique, et faire rire à mes dépens, si on ne faisait pis que cela?.. Qu'avant d'ouvrir la bouche pour médire, ou de prêter l'oreille à la médisance, chacun de. nous s'adresse ces questions, personne ne voudra plus médire, ni entendie les propos des médisants, s'il lui reste encore quelque vertu.
MÉFIANCE, Méfiant (vice). — Je donne le nom de me'fianceaa vieequi nous porte à croire que tout le monde est capable de nous tromper. L'homme méfiant, lorsqu'il envoie quelqu'un de ses esclaves au mari hé pour y acheter des provisions, le fait suivre de lotn par u > autre esclave chargé de s'informer du prix, auquel il les a achetées. Il lui arrive souvent, quand il est couché, de demander à sa femme si elle a fermé son coffre-forl, si s i cassclle csl scellée, si la porte do la cour est bien barricadée. Quoiqu'elle l'assure que tout cela esl en très-bon ordre, sans avoir aucun égard à sa réponse, il quitte le lit, allume la lampe, fait le tour de la maison, pieds nus et en chemise, pour s'en assurer par ses propres yeux ; et malgré celte recherche, il a encore bien de la peine à s'endormir. 11 dit à ceux qui veulent acheté quelque chose de lui à crédit, et qui le prient de le mettre sur leur compte : Lais^ez-Ic, car je n'ai point de loisir d'envoyer chercher mon argent. (Théophraste.)
Nous avons indiqué précédemment (Voy.
Défiance) à quels caractères spéciaux on pourrait distinguer l'homme qui se méfie de l'homme qui se défie; nous avons dit égal<menl à quels dangers ils étaient exposés tous les deux : ce serait donc nous exposer à des répétitions inutiles que de prolonger davantage cel article.
MÉLANCOLIE (sentiment). — La mélancolie, en morale, esl le sentiment habituel de notre imperfection. Elle esl opposée à l.i gaieté, qui nait du contentement de nousmêmes; elle est le plus souvent l'effet de la faiblesse de l'âme el des organes; elle l'est aussi d'une certaine perfection qu'on ne trouve ni en soi, ni dans les autres, ni dans les objets de ses plaisirs, ni dans la nature.
Elle se plaît dans la méditation, qui exerce assez les facultés de l'âme pour lui donner un sentiment paisible et deux de son existence, el qui, en même temps, la dérobe au trouble des passions, aux sensations vives, qui les plongeraient dans l'épuisement. La mélancolie n'est point l'ennemie de la volupté; elle se pré c aux illusions de l'amour, el nous laisse sa\ourer les plaisirs de l'âme et des sens. L'amilié lui esl nécessaire; elle s'attache à ce qu'elle aime, comme le lierre à l'ormeau. [Le chevalier de Jaucourl.)
Il y a une mélancolie religieuse, qui n'est qu'un;' tristesse née de l'idée exagérée que la re'.igi n proscrit les plaisirs innocents et
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qu'elle n'ordonne aux hommes, pour les sauter, que le jeûne, les larmes el les conlrilioiis du eccur.
Cctle tristesse esl loul ensenible une maladie du c irps et de l'esprit, qui procède du dérangement de la machine.de craintes chimériques el superstitieuses, de scrupules mal fondés, el des fausses idées qu'on se fait de la religion.
Ceux qui sont attaqués de celle cruelle maladie regardent la gaieté comme le partage des réprouvés , les plaisirs innocents comme des outrages fait* à la Divinité, et les douceurs de la vie les plus légitimes cm.i e une pompe mondaine diamétralement opposée au salut élernel.
Je dis que la tristesse qui constitue la mélancolie naît tout à la fois ou séparément d'une maladie du ecrps.ou d'une aberration des ficullés intellectuelles, parce que s'il esl avéré, d'une part, par tous les observateurs, que du moment où la santé, qui nous est si chère et qui n'existe qu'à la condition que toutes les Ton lions pour lcs<;ueiles nous sommes fails s'exerceront avec fa> ilité, avec confiance et avec plaisir, est altérée, parce qu'on aura exténué le corps par une conduite qui le mine, les fonctions ne s'exécutanl plus alors avec celle facilité, celle contiance et ce plaisir nécessaires, l'âme sera chagrine et portée au découragement; il est non moins a\éré, d'aulre part, qu'avec une bonne sanlé noire existence esl consumée par des désirs sans ce^se renaissants, traversée par des contrariétés sans nombre, agitée par mille passions impétueuses que nous ne pouvons satisfaire, et qui peuvent nous conduire insensiblement au plus sombre désespoir. Voilà pourquoi je me suis arrête à l'idée que la mélancolie n'est autre chose qu'un abattement moral, ou qu'une tristesse profonde, ou qu'un chagrin violent, ou qu'une affliction vive, ou, en un mol, qu'une passion malheureuse, qui, comme tous les sentiments qu'elle exprime, provient tantôt d'une inertie de noire intelligence, tantôt d'un mode d'être anormal de L'organisme, et tantôt enfin d'une passion affectueuse ou haineuse non encore satisfaite, ou qu'on ne satisfait pas suffisamment. Et comme, à l'instar de ces passions, la mélancolie est tout ensemble el à la longue uni' maladif du corps el i!e l'esprit , aptes avoir éle pendant quelque temps une maladie ou du corps ou «le l'esprit, il en résulte nue tous nos efforts doivent avoir pour but de combattre la ieiilab c cause de la inélancoli :,el cela en vertu de col axiome : Suhlala eauta tollitur tjf$elu$.
'Jeu efois, comme j'ai rangé parmi les causes de li mel.iiiiulie sou raie la fausse (|u'on «e fait (le la religion, je dois ajouter maintenant que ce s rail mal la connaîtra
de ne p. s savoir que, pour une persoi
sineèremenj pieuse, m lis p- Die sans exagération, ayant une piété bien entendue el Fe-
| usant sur une illllrui lion Solide, la eoiitem-
plalion de l'Etre suprême el la pratique d< s
devoirs religieux dont nous sommes capa-
» a à bannir la joie de l'Ame,