‹ Dictionnaire des facultés intellectuelles et affectives de l'âme où l'on traite des passions, des vertus, des vices, des défauts, etcChapitre 151 sur 251 · ME M · texte numérisé non relu

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qu'elles sont an contraire une source intarissable de contentement et de sérénité. Cl ai je voulais ne servir d'une comparaison, je dirais que les uns, ceux qui se forment de la religion une fau-se idée, ressemblent aux espions que Moïse envoya pour découvrir la terre promise, el qui, par leurs faux rapports, découragé eut le peuple d'y entrer; au lieu que les autres , c'est-à-dire ceux qui nous la font voir procurant la joie et la tranquillité , ressemblent aux espions qui rapportèrent des fruits délicieux pour engager le peuple à venir habiter le pays charmant qui les produisait. I> et, la religion, bien plus que les vertus morales, ne doit p;is être employée à ex irper toutes les affections, mais seulement à en régler certaines.

MÉMOIRE (faculté). — La faculté mnnorative est le gardoir et te registre de toutes les rsji'ces et images aperçues par les 'eus, réité dis et comme scelttcs p ;r l'imagination; ou, en d'antres termes, c'est la faculté que possède l'âme de se souvenir, c'est-à-dire de conserver et réveiller ses idées.

C'est dans la seconde enfance (pueiilin) que la mémoire se développe; c'e<l aussi le moment de la cultiver, si l'on ne veut pas s'expo er à la perdre, ou du moins à la rendre ingrate, paresseuse el mauvaise.

De toutes les facultés qui demandent de l'exercice, il n'en est aucune qui mérite plus que la mémoire d'être cultivée, soit parce que, ain-i que le disait l'abbé Frayssinons dans son discours de réception à l'Académie française, « L'esprit, c'est, le plus souvent, de la mémoire; » soit pane que son étendue dépend ordinairement de l'usage journalier qu'on en f.iit. De là cette comparaison ingénieuse de Locke : «< La mémoire e^t une table d'airain remplie de caraclères que le temps efface insensiblement, si on n'y repasse quelquefois le burin. » Mais quelque lidèle, sûre el facile qu'elle puisse devenir, par un exercice assez fréquent de la pensée, il est, sans contredit, certaines organisations • auxquelles on n'en donnera jamais; tout comme il est des individus si bien partagé*, qu'ils ont une mémoire prodigieuse sans l'avoir jamais exercée. Mais, don naturel ou non , n'oublions pas qu'il serait très-dangereux d'exiger des enfants une application trop forle, pour graver dans leur mémoire une somme de connaissances incompatibles avec leur âge , des éludes trop sérieuses ou

trop prolongées rendait) les enfanta de la plus ! e le espérance épilepliques, atnpidns [ Von-Stciett n) , el usant ti ('•-rapidement en eux le flambeau de la »ie. 7oy, Cohtbntmm,

N'oublions pas non plus que, conaidi d'un point de vue pins élevé, li mémoire, si

elle ramène .mi cieur les Irislesses infinies el

les noirs soucis, y rapporte au^si ces émotions profondes qui le remplissent d'une d u ce joie, Ainsi, Dieu prête iculi ni les

1 ieill qu'il envoie, cl pin» il lis relue; mais il laisse le soin cuir, ce loua parfum des beli s • buses q li reale .i.-.ns l'iinc, ce mélancolique crépuscule après la fuite du jour. Dieu

laisse le souvenir pour éveiller le coin

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ranimer l'espoir et entretenir l'autorité des leçons utiles : c'est conin e le portrait des aïeux, qui est toujours là pour exciter à bien faire; ce sont les armures paternelles suspendues au mur du foyer, et dont la vue inspire 1rs sentiments forts, les projets sublimes. [M. Poujoulat.) Gardons-nous donc d'être sourds à la voix m éloquente de pareils souvenirs; car du moment où ils n'exciteraient plus noire enthousiasme, nous deviendrions semblables à ces êtres slii|ilrs pour qui les événements passés ne laissent dans l'esprit aucun enseignement , et les plaisirs présents n'auront pas de lendemain pour noire âme. Tout y est effacé : la leçon cl la jouissance.

MENSONGE (vire), Menteur. — Le mensonge est une déclaration extérieure de nos pensées et de nos mouvements intérieurs contraires à ces pensées et à ces mouvements. Tout mensonge est un démenti que nous donnons à la vérité, c'est-à-dire aux nommes, à qui on la doit quand on leur parle, et à Dieu, qui est la vériié même, surtout quand nous le prenons à témoin de la sincérité de notre langage, lui qui connaît nos pensées et nos disposions les plus cachées.

Dans l'un et l'autre cas, mentir, c'est manquer à nos devoirs envers la société, à l'égard de laquelle nous prenons tous l'engagement tacite de n'user jamais de tromperie cl de duplicité envers nos frères en Jésus- Christ. C'est d'ailleurs d'un très -funeste exemple, la tromperie ayant souvent pour but de prouver l'avantage du menteur au préjudice de celui qu'il trompe.

Qu'en résulle-t-il? Que relui qui trompe les autres en déguisant la vérité, pour obtenir un bien temporel, est trompé lui-même, parce qu'il marche dans une voie d'illusions et d'erreurs. Il a beau vouloir nuire aux autres par le mensonge et ne pas se nuire à lui-même, toi ou tard il est la victime de son imposture. Je dis plus : il se nuit instantanément beaucoup plus qu'aux autres, en se privant de la charité et de la vérité, au préjudice de la sanié ou de la vie de l'âme, que tout mensonge ou diminue ou détruit : il est donc trompé.

Est-il des cas où le mensonge soit permis ? Le théologien n'en admet point; mais le politique en admettrait. Celui-ci trouvera que le fondateur de l'empire des Incas a fait sagement de s'annoncer d'abord aux Péruviens comme le fi s du Soleil , et de leur persuader qu'il leur Apportait des lois que lui avait dictées Dieu son père : ce mensonge, en imprimant aux sauvages plus de respect pour sa législation , pouvait être réellement utile à cet Etal naissant; dès lors cette utilité le justifiera aux yeux du politique, placé à un autre point de vue que celui de l'homme pénétré de la morale religieuse. Mais, après avoir assis les fondements de sa législation, et s'être assuré, par la forme même du gouvernement, de l'exactitude avec laquelle les lois seraient toujours observées, il fallait que, moins or-

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gueilleux ou plus éclairé, ce législateur prévît les révolutions qui pourraient arriver dans les moeurs elles intérêts de ses peuples et les changements qu'en conséquence il faudrait faire dans ces lois ; qu'il déclarât a ces mêmes peuples, par lui ou par ses successeurs, le mensonge utile dont il avait cru nécessaire de se servir pour les rendre heureux; que, par cet aveu, il ôlâl à ses lois le caractère de divin. lé qui, les rendant sacrées et inviolables, devait s'opposer à toulc réforme même salutaire et nécessaire.

C'est pourquoi, comme on ne peut conserver une vertu toujours forle et pure sans avoir habituellement présent à l'esprit le principe d'utilité publique, si nous voulons être conséquents à ce principe , nous définirons avec Fontenelle ie mensonge : Taire une vérité qu'on doit.

Parlant, la vérité doit pré^id r à la composition de l'histoire . à l'élude d. s sciences et des arts ; elle doit se présenter aux grands, et même arracher le voile qui couvre en eux les défauts nuisibles au public; mais elle ne doit jamais révéler ceux qui ne nuisent qu'a l'homme même. C'est l'affliger sans utilité; sous prétexte d'être vrai, c'est être méchant et brutal ; c'est moins aimer la vérilé, que se glorifier dans l'humiliation d'autrui. (Ilelvc- Hus.)

Hors ces circonstances et toutes les autres de même nature , où , sans mentir, on peut cependant taire la vérité, il est bon de s'accoutumer à la dire en toutes choses, de peur de contracter une mauvaise habitude; car il arrive de là qu'on tombe insensiblement , par de petits mensonges, que bien souve'nl l'ainour-propre fait regarder comme des fautes légères, dans les plus grands dérèglements.

L'horreur du mensonge doit donc entrer pour beaucoup dans l'éducation de la jeunesse, et devrait faire la b ise de celle de tou^ les gens haut placés. A ce propos, on ne sau rail trop applaudir les Perses pour le soin tout particulier qu'ils portaient à élever le> enfants des rois. Celte sollicitude qu'ils y apporlaienl fut admirée par Platon et proposé*aux Grecs comme le modèle d'une éducation parfaite. Dès l'âge de sept ans, on les tirait des mains des eunuques pour les faire mon ■ 1er à cheval et les exercer à la chasse. A l'âge de quatorze ans , lorsque l'esprit commence à se former, on leur donnait pour leur instruction quatre hommes des pli's

VERTUEUX ET DES PLUS SAGES de l'Etat. Le

premier, dit Platon, leur apprenait la magie, c'est à-d're, dans leur langage, le culte de* dieux selon les anciennes maximes et selon les lois de Zoroa>tre , fils d'Oromase. Le second les ACCOUTUMAIT A OIRE LA VÉRIlÉCl a

rendre la justice. Le troisième leur enseignail à ne se hisser pas vaincre par les voluptés, afin d'èlre toujours lihres et vraiment rois, maîtres d'eux-mêmes cl de leur* désirs. Le quatrième fortifiait leur courage contre la crainte qui en fait des esclaves et leur êle la confiance si nécessaire an commandement. Les jeunes seigneurs c'aieut

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