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('■' .'-rs a la porte du roi avec ses enfants. On prenait un soin tout particulier qu'ils ne vissknt ni h'en tendissent rien de malhonnêle. Ou rendait compte au roi de leur conduite. Ce compte qu'on lui rendait éiait suivi, par son ordre, de châtiments ou de récompenses. La jeunesse qui les voyait apprenait de bonne heure , avec la vertu, la science d'oKÉm et de commander.
Voilà, soit dit en passant, le meilleur programme d'éducation qu'on puisse offrir aux parents et aux instituteurs. 11 ne demande qu'à êire mod.fié suivant les temps et les circonstances. Mais nul ne doit ignorer que sa lâche serait incomplète, si, dès qu'il est parvenu à l'âge de la puberté et dans les âges suivants, le jeune homme est enlièrement livré à lui-même. C'est parce qu'ils ne s'en occupèrent pas assez, ces mêmes Perses, que j'. i proposés pour modèle, et dont une institution si belle que celle qu'ils avaient adoptée aurait dû fissurer des rois, des princes et des sujets éminents et remplis des plus brillantes qualiiés , que leurs élèves se laissèrent entraîner dans les plaisirs contre lesquels aucune éducation ne peut tenir, quand les moeurs sont entièrement corrompues.
Ainsi, si l'on n'y prend garde, l'adolescent, en avanç '.nt en âge , perd insensiblement les bons principes qu'on s'est efforcé de lui inculquer , ei ne relire aucun lé léficc ni de l'éducation distinguée, ni de l'instruction variée qu'on lui aura données. Sachons profiter tout à la fuis de leurs bons exemples et de leurs fautes.
Reste un fait que nous ne devons pas oublii r de signaler aux gens crédules. Il existe une classe spéciale de menteurs que l'on a nommés nouvellistes, parce qu'ils forgent à plaisir de. nouvelles et qu'ils composent des discours aussi dépourvus de véiilé que de fondement.
Çei gens-là, après avoir inventé les nouvelles, prétendent les tenir de témoins oculaires, choisissent leur autorité parmi des personnes qu'on ne puisse récuser; et prient l'auditeur de garder pour lui seul ce qu'ils viennent de lui communiquer. Il cependant ils l'ont déjà débité la veille
La conduite de ces fabricants de nouvelUi m'a toujoursétouné, et je n'ai jamais pu coni evoir quel pouvait être le motif q ii les poi te à forger îles mensonges ; car, sans parler de la bassesse de mentir, il arrive souvint qu'ils en éprouvent mille désagréments. Aussi répriciai-jc avec Montaigne ; « i D vérité, mentir est un maudit \ ice. 'huis lommos hommes, cl nous ne lenoni les uns aui autres que par la parole : si nous connaissions l'horreur et le poids du mensonge, nous le poursuivrions a Feu i lus justement que d'autres crimes. »
MÉPRIS(senlimonl).— Leshi nés ne peuvent v i \ p ci ' a la condition d'obser-
i les dei oirs de la bi< nfai lance, de la projeté., à l'égard les uns des autres; de l'honneur oldela vertu à l'égard de tous. < ■ rai ports Fréquents, qui s'établissent eulre les .in ei > membre famille qui <
titue le pays , ne pouvant exister el durer
qu'à la condition d'être fondés sur l'estime réciproque, il en résulte nécessairement que, du moment où un citoyen commet un acte de bassesse, d'improbilé, forfait en un mot aux bus de l'honneur et de la vertu, il assume sur sa tête la réprobation des gens de bien, et celle réprobation n'est autre que le mépris.
Le mépis serait donc la punition de ces êtres insociables qui vivent parmi les autres hommes comme des sauvages , ou comme des ennemis toujours eu lutie ouverte avic certains d'entre eux.
En outre, le mépris doit être considéré sous un autre point de vue, à savoir, suivant qu'il s'altache à noire pe> sonne, quand nous nous .sommes rendus méprisables par noire inc nduile, ou pour avoir manqué à nos engagements, à l'honneur, à la vertu, ou suivant qu'il retombe sur celui qui s'est rendu coupable envers nous.
S 'US ce rapport, nous ferons remarquer que, pour certains auteurs, l'amour excessif de l'estime l'ait que nous avons pour notre prochain ce mépris qui s: rail mieux nommé Insolence, Dédain [Toy. ces mots) , alors qu'il a pour objet nos supérieurs, nos inférieurs ou nos égaux. Dans ce cas, nous cherchons toujours, d'après ces auteurs soit à abaisser davantage ceux qui s ml au-dessous d- nous , croyant nous élever à mesure qu'ils descendent plus ba • ; so;t à faire tort à nos éuaux, pour nous ôler du piir avec eux ; soit même à ravaler nos supérieurs, parce qu'ils nous font ombre par leur grandeur. En supposant qu'il en soil ainsi, peuton appeler celle conduite du mépris! Non ; car notre orgueil se trahit visiblement en tout cela, c'est-à-dire que si les hommes dont il s'agit étaient réellement un objet do mépris pour certains, pourquoi eeux-ci ambiiiouneraienl-ils leur est. me ? Pourquoi, si leur estime est digne de faire la plus forte passion de nos âmes, pouvons-nous les mépriser ainsi ? .Ne serait-ce pas que ce mépris du prochain est plutôt affecté que véritable '.' Doue il ne faudrait pas confondre le sentiment qui s'annonce avec hauteur, qui n'est ni indifférence ni dédain, mais bien le langage de la jalousie, île la haine el de l'estime voile par la haine (car la haine prouve souvent plus de mollis d'estime que l'av eu même de L'i stiiiio sincère Dur/et] , av pc le mépris
Véritable que ces actions qui dégradent et avilissent les boni. nés inspirent a tous les honnêtes gens. Le mépris des premiers, bon d'être blessa ni , est plutôt un litre honorable pour l'individu à cause du motif qui l'excite chei l'orgueilleux; taudis que le mépris des seconds, au contraire, esl une flétrissure , en ce qu'il est ordinairement mérité. <>n le mérite du moment où. eu s'éloignaul des lois morales ci religieuses, qui uni été du tous temps respectées, l'homme i.. tse -i propre graoduur d'âme cl devient un objet du réprobation pour la société.
Aussi le mépris esl le fruit des mauvaises
m eurs, cl l'homme méprisé reconnaît d'aulaut
i ni ci u\ qui le méprisent, qu'ils
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lui refusent il avantage les égards auxquels i! aurait droit de prétendre en sa qualité d'homme. Ainsi ils év il< nt de se rencontrer avec lui, de lui parler, de le regarder; ou s'ils portent les jeux sur lui, c'est pour le mesurer dédaigneusement du regard, de la lêle aux pieds : ils le toisent comme pour lui dire : Es-tu bas !
Souvent le silence et la f. oideur réservés qu'on garde a» ec lui en disent plus que tout le reste. Ils 1 lissent supposer tout ce qu'on ne dit pas, et infligent à celui qui les subit le supplice accablant du doute et de l'attenta
Enfin on laisse encore percer son ruôpiis en dédaignant de se venger lorsqu'on le peut, et en montrant que, si l'on s'en abstient, c'est à cause du peu de cas qu'on fait de l'insulte d'un homme qu'on n'estime pas.
Ainsi à tout prendre, le mépris est la peine, affliclive dont l'indignation publique frappe les coupables , ceux-là même qui sont protégés par l'insuffisance des lois. Combien de débouchés, de lâches, de voleurs, qui échappent à la vindicte publique, parce qu'ils ont agi avec assez de rési rve et de mystère, ou de finesse, ou d'adresse, pour que les magistrats aient été impuissants dans les poursuites qu'ils ont dirigées contre eux. En. sont-ils plus heureux? non assurément, attendu que, s'ils ont pu échapper à l'arrêt des magistrats équitables, il est un tribunal infiniment plus redoutable encore qui les jugera ; c'est celui de l'opinion, et malheur à eux quand elle les condamne!
Nous avons dit que l'iucon luile, le dol, la fraude, etc., engendrent le mépris : nous devons ajouter qu'il n'est rien qui s'y attache davantage que la vanité et l'orgueil. Aussi on voit tel aristocrate de la finance ou tel noble entiché de ses titres, qui fera fi d'un homme capable et excessivement bien sous tous les rapports, par la raison qu'il est de basse exlraclion ; ils daigin ronl bien en faire quelque cas, mais ils ne s'allieront jamais à lui. Combien de jeunes gens ou de jeunes personnes qui ont été sacrifiées à ce déplorable préjugé ! Il en est de même de c< t e sotte vanité «tu riche, qui lui fait mépriser le pauvre. Le pauvre 1 qui lui, du moins, a pour partage la résignation courageuse , vert'i grande et forte, avec laquelle il supporte la misère et les privations qu'elle impose; au lieu que le riche n'apporte, avec le peu d'or qu'il a quelquefois amassé dans la boue, que des dégoûts inspirés par ses vices à la société. Heureusement que celle-ci, dans son impartiale justice, frappe au visage le riche méprisable, et pose une couronne sur le front delà pauvreté vertueuse.
Sacbonsdonc distinguer le mépris qui naît des préjugés, mépris que l'homme peut supporter sans rougir , avec le mépris réprobateur résultant de la forfaiture. La flétrissure de celui-ci est aussi indélébile que celle qu'imprime le bourreau, et ses malheureuses victimes, une fois dégradées par lui, ne recouvrent jamais celle dignité de l'âme que nous recevons sans lâche en naissant , et dont la virginité peut ôlrc déflorée par k<