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pi s légère atteinte. Evitons d'encourir c lleci, en opposant le calme de la conscience et la dignité qu'elle nous donne, à l'injustice de relle-là. Rappelons-nous bien que dans aucun cas nous ne devons alficher ni hardiesse, ni effronterie, que dans aucun cas nous ne devons marcher sur les traces de res hommes tarés, qui ne craignent plus les affronts, ne sentent plus les humiliations, se pavanent et bravent les honnêtes gens ; ils font bi n quelquefois baisser les yeux à la verlu, mais <H''y gagnent-ils? Qu'on les ir.éprise encore davantage.
Mieux vaut, en conséquence, ne pas sYxpo cr à être méprisé. On y parviendra si l'oit se souvient que le mépris est la peine la plus terrible que puissent s'infliger les hommes entre eux ; qu'il n'est pas de moyens pour s'y soustraire ; qu'aucun tribunal ne peut relever de la flétrissure; que si celte peine est justement appliquée, le malheureux qui la subit ne peut trouver nulle part ni consolations ni repos. Toutes les facultés physique-; et morales s'étiolent sous celte accablante contrain'e. Le mépris, comme la rob,- empoisonnée qui brûlait Médée, dessèche la moelle des os, et tarit dans son principe la sève de la vie. Rien n'est terrible comme et affreux: anathème , qui place un individu en dehors des relations sociales , qui porte chacun à ie fuir el à le craindre, comme on fuit et redoute les miasmes pestilentiels qui s'élèvent des marais fangeux et répandent pariout les terribles fléaux de la contagion ; qui condamne l'être méprisé à vivre el mourir, sans oser regarder personne eu face, et qui lui laisse croire qu'à son lii de mort un seul sentiment, la pitié, lui accordera des secours et quelques témoignages d'intérêt
On y parviendra aussi, si l'on se persuade bien de bonne heure que le vrai b mheur sur la terre, c'est de mériter l'estime de ses concitoyens ; car, puisque l'être méprisé, loin de goûler le bonheur temporel, éprouve au contraire loules les tortures d'un enfer anticipé, digne appréciateur des douceurs de l'un et des souffrances de l'autre, son choix ne saurait être incertain.
MISANTHROPE , Misanthrope (vice). — La misanthropie est une maladie de l'âme qui naîl du dégoût que lui inspirent les hommes-, et s'accompagne d'une aversion profonde pour loutcommerce'nvec eux. Voy. Aversion et Dégoit. Ce sentiment, une fois développé, s'entretient dans le cœur du misanthrope , par le mécontentement qu'il éprouve de tout le monde en général, et de lui-même , dont il est peu satisfait; cl surtout par les réflexions continuelles auxquelles il se livre sur les misères de l'humanité , les dés:igrém;'nls de la société, la duplicité, la dissimulation de tous, etc. On conçoit que des réflexions pareilles doivent l'entretenir dans sa misanthropie.
Mais y a-t-il réellement desmisanlhropes .' Jean-Jacques Rousseau se prononce pour la négative, ajoutant que s'il en existait un si ul, ce serait mi monstre : il ferai! horrcui !