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Je suis complètement de son a\is. Je ne dis pas pour cela qu'on ne doive pas avoir du dégoût pour des hommes qui mentent lout à la fuis à leur Dieu, à la lui, à leurs pères, à leur conscience ; je ne dis pas qu'on ne doive . ussi prendre en aversion cet énergumèue , i>ar exemple, qui crie contre le pouvoir, parce qu'il n'est pas en ses mains , ni aux mains de ses amis ; qui voudrait plus de liberté pour lui et ses pareils, et des chaînes pour les autres ; qui tonne constamment contre les riches, parce qu'il a dissipé sa forlune ; contre la noblesse, parce que, noble lui-même, il a souillé le nom qu'il portait , etc., etc. Mais comprendre dans son aver i n et avoir en dégoût la société lout entière ; confondre dans sa haine le bon et le méchant, le vertueux et le vicieux, le patriote et l'égoïste, c'est être insensé et dès lors furl à plaindre.
MODÉRATION (vertu), Modéré. — La modération consiste dans une force de l'âme qui , au moment où les passions viennent agiter l'homme, le retient dans une sage mesure, et l'empoche de s'abandonnera leur funeste inlluence.
Modération se dit surtout à l'occasion de la colèie, que celle vertu modère et réprime dans ses excès ; et comme elle sait mettre des bornes à nos désirs, on la considère comme une des verlus les plus utiles, les plus nécessaires
La m déralion est fille de la réflexion et de la fermeté; aussi est-elle presque entièrement inconnue à la jeunesse, toujours assaillie , toujours si agitée par les passions. Si on la rencontre dans le monde, c'est chez les hommes d'un âge mûr, ou chez quelques vieillards qui, après bien des combats qu'ils m! sont livrés à eux-mêmes, ont eu la puissance de modérer la fougue de h ur caraci.'re. A leur lêtc on peut placer Sociale, qui fui de son temps la pi em e évidente que cette vertu peut s'acquérir. Né violent cl emporté, la pratique de lu philosophie le rendit le plus doux el le plus modéré des hommes.
Louis Nil el Louis XIV donnèrent aussi tour à tour l'exemple de la plus grande modération. Voici les faits :
L'AI via ne ayant élé pris à la bataille d'Agnadcl fut conduit au camp français, où il lit traité avec tous les égards dus à son rang. Néanmoins, ce général, plus aigri par l'humiliation de sa défaite que par 1 humanité du vainqueur, ne répondit a l'accueil le pluj llillcur que par une li rte brusque et dédaigneuse. Louis XII se contenta de le renvoyer an quartier OÙ "ii garda t les prisonniers : « Il vaut mieux le laisser, dit-il ; je m'emporterais, cl j'en sera. s fâché. le l'ai vaincu, il faut me vaincre moi-même, ■
Quant à Louis XIV, loi deux circonstance! les plus remarquables ou il a lail prouve de modération sont relulivos à Lanzuo.
Celui-ci, eni\ re de la faveur dont il jouissait à la cour, y parla un jour d'une manière si iusolenle au roi lui-même, que. Louis, s approchant d'une fcnêlre, y jela ta canne
en disant : « A Dieu ne plaise que je m'en serve pour frapper un gentilhomme!» Kl dans cette autre occasion, où le même seigneur avait encore blessé l'amitié qu'il savait que le roi avait pour lui, le monarque se contenta de dire : « Ah ! si je n'étais pas roi , comme je me mettrais en colère! »
Mais ce n'est pas seulement à calmer les mouvements impétueux de la colère que la modération doit s'appliquer ; elle doit aussi s'attacher à d'autres sentiments non moins impérieux et non m:>ins répréhensibles, el y peser de lout le poids de la vertu qu'elle caractérise: c'est du moins ainsi qu'agissait le sage Marc-Aurèle. Ayant trop de modération pour s'abandonner entièrement à l'esprit de haine dont étaient animées les écoles philosophiques, il écrivit , la dixième année de son règne, à la communauté du peuple de l'Asie Mineure, assemblée à Ephèsc, une lettre de tolérance. Il alla même plus loin que ses devanciers, car il disait : « Si un chrétien est attaqué comme chrétien, quo l'accusé soit renvoyé absous , quand mémo il serait convaincu d'être chrétien , el que l'accusateur soit poursuivi. » 11 est vrai qu'il était difficile à lui de luller contre la superstition et la philosophie entrées dans uno alliance contre nature pour détruire un ennemi commun ; mais c'est par cela mémo que c'était chose difficile , que Marc-Aurèle f.iisait preuve d'une véritable modération, d une bien grande toléra née
Je dis en outre que cet empereur possédai! la vraie modération , c'est-à-dire celte modération dont parle Àz.iïs, qui , « semblable à toutes les verlus , ne peut être acquise quo par un effort intérieur fait avec constance, reposant sur des motifs élevés, et qui apportent plus de satisfaction que ne peuvent en produire des motifs intérieurs. » (','esl cellelà surtout que nous devons être jaloux do posséder
MODESTE , Modestie (vertu). — La modestie est la vertu de ces âmes bien nées, ou lo sentiment d'humilité qui nous éclaire sur nos défauts el nous empêche de nous enorgueillir de nos verlus ou de nos talents.
On l'a encore définie : nn sentiment do l'âme qui nous porte à nous regarder cornue peu de chose en nnut-méraee , au comparativement à no* semblqbl s el à l'idéal que la raison et la foi nous prescrivent d'imiter. (/'. Utlmtino.)
On comprend, d'après cette définition, que
la modestie ail été considérée par les inorulisles comme un ornameni pour les personnes qui peuvent prétendre aux plus kaali rang! , lout comme pour celles qui oui un mérite connu et distingué.
Cet ornement csl utile aux uns et aux nulles, qu nul la modestie est raisonnable , en ce qu'elle donne du reiiel à Péloqueui o ci à ions les grands latents qu'on homme lède , et reii tusse l'éclat de toutes les vertus qu elle accompagne. Elle produ i le mémo
BfTel que les ombres dans les tableaux ; c'etl à. duc qu'elle relève cl atruudil chaque