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exclusivement pour moi ; je suis bien malbeureuse I » ou toule autre réflexion de même nature. Eh bien , dans ce cas, ma— d une **' rentrait fatiguée , abîmée ; son esprit avait trop mal travail é. Mais si, au contraire, madame '" allait surprendre une de ses voisines de campagne, l'idée qu'elle se fais lit en route de la surprise qu'elle ménagerait à son amie , jointe aux distractions d'une conversation vive, intéressante, et qui n'avait pas tari, les réflexions agréables que tout cela lui inspirait au retour , le narre exact cl spirituel qu'elle faisait le soir à s^ famille, d« l'agrément qu'elle avait retiré de sa journée, loul contribuait à rendre le calme à son âme el la paix à son cœur.
Voilà les inconvénients de l'oisiveté, elles avantages d'une oicupalion utile et honnête. Le choix entre les nns et les autres est par trop facile pour qu'il soit nécessaire de l'indiquer.
OPINIATRE, Opiniâtreté (défaut). — L'opiniatreté comme I'obstination présente à l'esprit un fort el déraisonnable at'achement à ce qu'on a une fois conçu ou résolu d'exécuter.
Ayant traité , à l'art. Entêtement, de ce qui caractérise l'opiniâtreté, el ses dangers, je me bornerai dans cel article à quelques maximes que les auteurs nous ont laissées, et qui se rapportant presque exclusivement aux causes de l'opiniâtreté.
La petitesse de l'esprit, l'ignorance el la. présomption font V opiniâtreté, parce que les opiniâtres ne veulent croire que ce qu'ils conçoivent , el qu'ils ne conçoivent que fort peu de choses. {La Rochefoucauld.)
Elle pari au-si communément d'un caraclère réiif , d'un espril sol ou méchant , ou méchant el sol tout ensemble , qui croirait sa gloire lernie , s'il revenait sur ses pas loisqu'on l'avertit qu'il s'égare. Ce défaut est lelTel d'une fermeté mal entendue, qui confirme un homme opiniâtre dans ses volontés, el qui, lui faisant trouver de la honte à avouer son lori, l'empêche de se rétracter.
Aussi voit-on que presque tous les opiniâtres sont ignorants. Ils ne démordent jamais de leur sentiment, parce que, leur esprit étant aveuglé, ils ne voient rien de mieu\ pensé que ce qu'ils ont pensé. Vous ne les trouverez jamais eu b<n sens, parce qu'ils n'en ont point ; on ne gagne rien sur eix par des raisons, parce qu'ils ne sont pas capables d'en recevoir aucune. [Amelot de la Uoussaye.)
D'aillurs, on ne se soucie pas tant d'avoir raison que l'on se souci.' de faire croire qu'on a raison ; c". si ce qui fait que l'on soutient son opinion avec, opiniâtreté, après même qu'on a connu qu'elle est fausse.
C'est d'autant plus mal agir, que, savoir mollir et se prêter en certaines occasions . même lorsqu'on n'a pas tort, est une marque de prudence. L'habile pilote baisse les voiles, lorsque le veut souffle avec beaucoup de véhémence, au Léo que le fou va à pleines voiles à sa ruine. L'ignoianco. et l'opinià-
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trelé se tiennent par la main, et le sol croit toujours qu'il y va de son honneur à soutenir sa fausse opinion ; dès lors il aime mieux quelquefois perdre l'amitié des gens dont il a besoin, que de démordre de son sentiment. [Osrnstiern.)
ORGUEIL (qualité bonne ou mauvaise), Orgueilleux. — On a fait le mot orgueilleux synonyme d'irHirt, fier , hnitnin , vain ou vaniteux, et cela parce qu'on a cru remarquer que toutes ces différentes dénominations , appliquées aux sentiments du cœur et de l"e>prit, plus qu'à ceux de l'àme (à moins qu'elle ne soit aveuglée par un sot amour-propre), expriment également, mais à un degré plus ou mo;ns prononcé, une certaine présomption de l'hom ne qui, se croyant supérieur aux autres hommes, voudrait le persuader à tout le monde.
H est certain que si, décela seul que cette définition s'applique également aux termes orgueilleux, allier, fier, hautain, vain ou vaniteux, on devailadmetlre rigoureusement leur synonymie, ces expressions seraient toutes parfaitement synonymes entre elles ; mais comme toi tes n'ont pas dans les traits qui les caractérisent une identité parfaite , je dirai quels sont les points de ressemblance qui les rapprochent, tout comme les nuances qui les séparent, nuances si minimes parfois, qu'il semblerait inutile de nous y arrêter. Nous nous y arrêterons cependant, ne fût-ce que pour faire connaître quelle a été l'opinion des écrivains à ce sujet.
Mais avant tout je vais m'attarher à décrire l'orgueil considéré en lui-même et séparé de tout autre sentiment , même de ses synonymes , afin d'en donner uiTe idée plus précise, qui nous serve de terme de comparaison.
A mon sens, avoir de l'orguei1, c'est accorder à soi-même une certaine estime; posséder un amour-propre bien placé, ou une fierté digne, qui nous rend susceptibles, irritables même, pour tout ce qui louche à notre existence morale, et peut nous dégrader dans notre propre opinion et dans celle d'aulrui.
Telle est la disposition dans laquelle tous les hommes devraient être maintenus, jusqu'à ce qu'ils aient acquis la pleine conscience , l'entier discernement du bien et «lu mal, de ce qui est juste cl convenable, tout comme de i-e qui n'est ni juste ni convenable ; c«% qui a fait dire de cette disposition, qu'elle est la ci nu h de i \ vouai. m . A coup BÛr, ce n'esl pas «le cet orgueil là qu'on dira que c'est un défaut. Au contraire, pnîsque celte disposition ou pudeur delà moralité, a, de tout temps, été le partage des .unes nobles des cœurs purs, qui, s'ils oui su la conserver, éprouvent d'abord inévitablement e sentiment qui porte loute créature animée à i mer, i se respecter elle même, c'est-àdire à avoir de l'estime I l du respect pour
elle-même, tout eu se faisant aimer el respecter par autrui, ce qui doil net BSiain nient lui donner, en face de ses semblables . une position digne et l'assurance nécessaire iiour parler cl agir avec cflica< ilé.
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Mas le mal on îe vice de l'orgueil se mou-. Ire, ce défaut commence à se manileslcr du nio nenl où, franchissant les homes que nous lui avons posées, l'amour de soi-même, exagère à un tel point dans i n individu l'eslimition de sa valeur personnelle, que, soit par la réflexion des avantages, des qualités ou des mérites qu'il croil posséder, soit par Ii supériorité irréfléchie qu'il s'arroge, toute proportion cesse d'exister entre la réalité et l'opinion qu'il en a conçue. Dans ces circuits» lances , l'homme s'exalte par l'effort de son propre esprit , parla contemplation incessante de loi-même, et faisant une fausse application du Nosee teipsum , connais-toi toimême, ou mieux une' fausse appréciation de ce qu'il vaut réellement, il s' remplit, il se gonfle! Et comment pourrait-il enêlieau- Iremenl, alors que son moi devient l'objet de sa passion; qu'il y pose son désir, son amour, sa vie ; alors que , comme dans tout sentiment passionné, son cœur est dominé parce qu'il aime en lui, qu'il ju.l en secret ou aux yeux de tous, du bonheur de sr- posséder, qu'il croil en lui-même, qu'il admire naïvement sa propre excellence, et manifeste tout aussi naïvement son admiration et sa joie I Dès lors," il n'est pas étonnant qu'en général l'orgueilleux soit tellement sûr de lui, ail une telle conviction des bonnes qualités de sa personne , qu'il ne croit pas avoir besoin de I approbation des autres ; il trouve sa gloire en lui-même , et il lui importe peu qu'elle se trouve aussi dans leur opinion, puisque ce lui est une grandeur de plus que de s'en passer. Quoi qu'il en soit, l'orgueil a plusieurs nuances principales, suivant qu'il est ou n'est pas limité ; de là les qualifications de noble orgueil, ou , par opposition, de sot orgueil , ou même d'orgueil ridicule, etc., selon les prétentions el les tendances des orguei.Icux.
A la ligueur, ces prétentions ou ces lendances peuvent lenir aux sources diverses auxquelles l'orgueil puise son Origine, el qui lui impriment, chacune en particulier, une sorte de cachet spécial, qui sert à faire reconnaître les idées dont il s'est bercé. Ainsi, pour si peu qu'on ait vécu , vu , observé el réfléchi , on se sera inévitablement aperça que loute personne qui s'estime naturellement au delà de ce qu'elle vaul , esl origim il, u. eut remplie d'orgueil en toutes choses, niais plus partiel, lièremenl pour telle ou telle chose : ainsi l'un s'en-oue pour les avantages extérieurs; l'autre pour les qualités purement naturelles ; la plupart pour des talents futiles , .le., ce qui n'étonnera personne, si l'on tons (1ère un instant, el
c'est chose que l'on a remarquée , qu'en général ce sont les petits esprits el les ignorants qui SU font le plus d'illusions a leur endroit.
Ho reste, l'orgueil s'accrott, el cela (levait ê're, en proportion de l'ignorance. Aussi rencontre-t-ou I orgueil le plus où dans ies derniers rangs de la société. La plus humble conditiou n'en préserre pas i< cœur humain, taniii y esi naturellement enclin. Lt
qui possède quelques arpents on est sonvent plus fier qu'un potentat : et, dans lu classe des serviteurs, que le besoin oblige de illettré leur personne et leur volonté à la disposition ou sous la direction d'autrui, combien y en a-t il qui sachentsuppirter un reproche ou même ucc pter une leçon?
I>e même l'orgueil de l'artiste est ordinairement en raison inverse de son talent et de l'importance de son art. Ceux qui ont du génie sont en général les plus modestes, ou les moins orgueilleux. Comme ils sont rn rapport avec l'idéal, ils jugent mieux ce qui leur manque, et ils se croient à une grande distance de la perfection. Aussi ne sont-ils jamais contents d'eux ni de leurs œuvres, le sentinent de leur infériorité, en face de l'idéal, les rabaisse à leurs propres yeux.
L'artiste sans talent ne comprend au contraire ni la nature, ni l'idéal, ni l'art. Mettant tout son travail dans une œuvre, il y met aussi son amour-propre, il l'estime en raison de la peine et des efforts qu'elle lui a coûtés. Il s'infalue de son ouvrage comme de lui-même, et n'ayant aucune idée du parfait , il ne conçoit pas qu'on puisse faire mieux que lui. Il n'admet ni conseil ni critique, parce qu'il se croit le meilleur juge, et c'est une raison de plus pour qu'il ne jorle jamais de sa médiocrité. Les arts les plus futiles, ceux qui contribuent le moins à la perfection de l'esprit et de l'âme, et dont le but est plutôt de plaire ou même d'amuser, que d'instruire ou de perfectionner, sont justement ceux qui exaltent davantage l'orgueil, et donnent lieu aux prétentions les plus exagérées et les plus burlesques. Les petits poêles , les musiciens , les chanteurs, les comédiens, les danseurs, les histrions et les baladins de toute espèce sont communément les hommes les plusconvaincus de leur mérite, et ils s'indignent qu'on ose le mettre en douté. De là leur grande susceplibililé, el par suite leurs jalousies et leurs collisions.
Nous avons encore l'orgueil de li naissance. Il peut être utile quand il est renfermé dans de justes bornes. Son utilité provient de la solidarité naturelle entre les parents et les enfants. C'est la même vie, le même sang, la même chair , el ainsi il doit exister entre eux une communauté d'honneur et de gloire, comme il y a une communauté de fortune et de biens. On hérite du nom de ses ancêtres aussi bien que de leurs richesses, et, pou'- un cœur gé éreux, un nom pur el glorieux esl le plus prêt ieux des héritages. Dans tous les siècles et chez tous les peuples, les descendants ont été excités à bien faire par la mémoire des actions de leurs aïeux. Les traditions de famille et jusqu'aux images des ancêtres ont partout servi d'aiguillons au couiage et à la vertu. C'est une lier le bien placée, un noble orgueil, que de vouloir conserver et transmettre sans tache le nom recoinmandabic qu'on a reçu. Il en résulte dans la société une propagation d'honneur el de vertu qui esl un des meilleurs gages de
la perpétuité des familles et de la consolidation de l'Etal.
Mais l'orgueil nobiliaire tourne au vice quand il s'infalue delà noblesse du sang an point de la mettre au-dessus de tout, cl de. croire qu'elle lient lieu de mérite. Alors viennent les prétentions exagérées de ce qu'on appelle la caste privilégiée. En général, ce n'est point l'ancienne et bonne noblesse qui s'en targue le plus, mais la plus récente et la moins glorieuse, celle qui s'achète, l.i noblesse des parvenus. Il en est de même d <■■ l'orgueil du pouvoir et de la riciiesse, avantages encore plus extérieurs que celui de la naissance qui est au moins dans le sang : car la puissance et la fortune s'acqu èrent de mille manières et souvi ni par des moyens peu honorables. La société actuelle, bouleversée, refondue, et sans cesse agitée par les révolutions, nous présente bien des exemples de la pédanterie du pouvoir et de l'infalualion de la richesse
L'orgueil se présente donc sous un bon et un mauvais aspect. Pris en mauvaise part, on 'e reconnaît en ce que l'orgueilleux n'est jamais équitable ; toujours il s'exagère son propre mérile et rabaisse celui des aulres. Comment pourrail-il se peser à son propre poids , quand c'est lui qui tient la balance? Il jouit de lu'-méme avec tonte la naïveté de la plus profonde admiration. Il se croit tellement supérieur aux aulres, se complaît tellement en lui-même, qu'il dédaigne l'estime el les suffrages. Son âme se gonlle dans la contemplation intime de sa propre valeur; il croirait être faible s'il se souciait de l'approbation d'autrui.
Le propre de notre orguei', dil Arislole, esl de nous cacher à nous-mêmes. Egal dans tous les hommes, il n'y a de différence qu'aux moyens et à la manière de le mettre à jour. L'ambition, la vanité, la présomption, sonl les branches de l'orgueil. Celte malheureuse lige a sa racine dans le cœur de l'homme, et il n'est pas jusqu'au paganisme qui n'ait connu cette vérité, sinon dans son principe, du moins dans ses effets. Ambitionis vt'fiu» singulos occupât.
L'or^uei'leux a la dénwirche fière et assuré.', les yeux élevés comme pour commander, les bras écartés du tronc comme pour occuper plus d'espace et se dilater davantage. Il regarde d'en haut, parce qu'il se croit supérieur; de côté et d'autre, comme pour juger ce qui l'entoure. Quelquefois le signe de li pitié méprisante <>u du dédain se montre sur son visage. Il parle peu. el son langage vise toujours à établir vis-à-vis d'aulrui la supériorité qu'il s'attribue. Le moi est dans se* habitudes ; il manque d'égards pour tout le monde, parce qu'il croit n'en devo r à personne. Il esl original, singulier, parce qu'il ne s'asireint pas aux usages et aux règlesvulgaires; quelquefois il devient insolent, brutal. Il esl rarement défi ni, il croit qu'on lui rend suffisamment justice; il parle de ses bonnes actions et les fait ressortir par le contraste du mal que font les autres.
L'orgueii, avons-nous dit, a des points lîe
orir,
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ressemblance intimes avec la fierté, la vanité, etc., etc. Elle a aussi des ressemblances manifestes avec elles; quels sont-ils el quelles sont-elles ?
La ressemblance qu'il y a entre l'homme fier et Illumine orgueilleux, c'est que l'un et l'autre peuvent être mus par un sentiment louable, noble même, et constituer, quand la fierlé et l'orgueil sont bien réglés, unj qualilé, une vertu. Ainsi on peut dire également d'une âme fière qu'elle a de la grandeur, et d'un cœur orgueilleux qu'il a de la noblesse, quand celte Perlé et cet orgueil tiennent à l'estime méritée que chacun a de soi-même.
Ce n'est pas tout : tous les deux doivent, pour que la fierté de l'un ou l'orgueil de l'aulre puissent être approuvés, non-seulement être entièrement contents d'eux-mêmes; mais encore ne pas manquer de cœur, être bons amis, n'adresser leur amitié qu'à la personne seulement; bref, avoir bien des qualités et de bons sentiments qui effacent les quelques légers défauts qui pourraient venir les déparer , et dont , hélas 1 personne n'est exempt
Néanmoins, je doit le redire, la fierté comme l'orgueil suppose parfois nécessairement un petit esprit. Est-elle dans les manières, on la rencontre chez les sots el les ignorants seulement, car le vrai mérite n'a pas besoin de fierté. Cependant, et cela prouve combien nous sommes faibles, que de gens de mérite qui sont assez fiers pour désirer que tous ceux qui sonl en relation avec eux soient riches comme i u\, et qui ont honte de leurs parents el de leurs amis! (Il urne.) Donc, sous tous les rapports, la fierté comme l'orgueil a un bon et un mauvais côté, et il n'est pas étonnant qu'on les ait faits synonymes, .l'ai peint l'homme fier et l'orgueilleux avec leurs qualités el leurs défauts. Eu quoi diffèrent-ils du glorieux? En ce que celui ci n'est jamais dirigé par des intentions honnêtes. Il songe peu a éire content de lui, pourvu qu'il soit certain de contenter les autres. Faible cl sans courage, il n'a que les prétentions de persuader à autrui qu'il esl brave cl fort. Il joue les vertus qu'il ne possède pas, qu'il ne se soucie même pas de posséder pour en imposer à la multitude. N'aimant personne, pourrait-il avoir des amis? Aussi, s'en soucie-t-il fort peu, ou s'il s'en soucie, s'il cherche à former quelque liaison , il s'aii.K lie plutôt à l'éclat qu'au mérite de la personne. Sons ce rapport, le glorieux se rapproche heamoup de l'homme haulain, qui, comme lui, a un air impérieux el contraint, l'eu l'ail pour commander, on le reconnatl aisément à son maintien froid et grave, à sa démarche h nie cl mesurée; i
ses gestes rares et étudiés, el a sou extérieur composé. On dirait que son corps a perdu la l.iculté de so plier, Y og. Hauteur.
Bienveillant ch« lui pour ceux qui lui
lémoigneni des égard», le glorieux témoigne
a s. .h tour qu'il fait quelque cas de vous;
h i s le retrouvez-vous dans le monde, dans
n, soyez sur qu'il ne vous verra pas. Il
ne i • nnail eu public que ccui qui, par leur
rang, peuvent flatter son amour-propre. Sa vue est si courte, comment pourrait-il dis— linguer les autres? Aussi, n'est-ce pas sans raison qu'on a dit des glorieux : « Ils sont comme des ballons, brillants e; vides. » V oy. Clorieix. Quant à la personne vaine, sa manière d'être, dans le monde, ne dilïère point de celle des gens hautains, fiers et glorieux. A leur exemple, elle recherche la société de >cs supérieurs, s'im iginanl que la grandeur de ces hommes haut places peut se réfléchir sur tous ceux qui s'en approchent.
Est-elle admise à la table des grands, elle en tire vanité, et fait parade de la familiarité dont ils l'honoret!'. Mais si la fortune les abandonne, elle esl des premières à fuir : elle éviterait même son meilleur ami eu pareille circonstance. Rampant et dallant tout ce qu'il y a de comme il [nul; témoin chaque jour des hommages el du respect que l'on accorde généralement au rang et à la fortune ; la vanité aime à fréquenter les grands et les riches, espérant usurper à sou profit ce respect, aussi bien que celui que les vertus el les talents obtiennent, el c'est pour y réussir qu'elle étale dans ses vêlements, dans ses équipages, dans son genre de vie, un faste bien au-dessus de sa condition el de sa fortune réelle. De telle sorte que, pour soutenir pendant la première moitié de sa vie ces manières trompeuses cl extravagantes, elle se réduit pour l'autre moitié aux embarras cl à la misère.
Ikef, l'homme vain n'a pas la moindre sincérité dans ses actions, ni dans le fond de l'âme; il est rarement convaincu de su supériorité; aussi voudrait-il qu ics autres le jugeassent plus favorablement qu'il ne peut se juger lui-même, s'il se meta leur place, même avec la conviction qu'il en c»l parfaitement connu,
S'il a rendu quelque service, il le rappelle à la personne qui l'a reçu el la force d'en convenir à la vue de tout le monde... N'attendez pas qu'un homme de cette espèce vous aborde et qu'il vous parle le premier. (Tltéoplirusle.)
On le voil par ce qui précède, l'orgueilleux diffère des autres en ce que celui- la du moins ne Halle jvmus ceux qui sont au-dessiis ,1,lui, et c'est à peine même s'il est poli avec eux. Pour lui, gêne averses égaiixcl ses supérieurs, il n 'esl jamais mieux à l'aise qu'avec ses inférieurs, doni le commerce est le seul qui puisse lui plaire. Aussi, loin de s'abandonner aux folles dépenses îles vaniteux, il trouve dans le sentiment de sa propre dignité
île quoi justifier son indépendance. Bl si s i fortune e»l lionne, tout eu étanl rangé dans ses dépenses, il manque rarement d'être attentif A la considération qu'elles donnent.
Ce n'est pas 11 seule différence qui disl'iigU8 le vaniteux el l'orgueilleux : car celui-ci
esi toujours sincère ; il croil au rond de son
Cœur qu'il a repliement une supériorité hi-
contcsluble, sans pouvoir dire sur quoi cil •
esl fondée, el ne désire rnu autre chose (|U0 d'elre tu par les autres tel qu'il se ferra t
réellement lui-même s'il était à leur place.
(A. S mi lit.)
Il résulte Je lout ce qui précède que l'orgueil el la vanité sont des travers du l'esprit el du cœur; mais l'un est bien plus relevé que l'autre, et, par suite, moins commun, attendu, conjme l'a dit l'abbé Lamennais, qu'il est peu d'âmes faites pour s'élever jusqu'à l'orgueil, presque toutes croupissent dans la Vanité. (Voy.ce mol.)
El il disait vrai ; car, tandis que l'orgueilleux, en réfléchissant sur les perfections dont il se croit orné ou sur les avantages dont il jouit, se sent satisfait de lui-même, el , se faisant une opinion trop avantageuse de ses qualités, dédaigne ou méprise les talents ou les perfections d'aulrui ,1e vaniteux, an contraire, jaloux d'occuper tout le monde de lui-même, et ne respirant qu'exclusions cl préférences, fait étalage de tous ses avantages. 11 y est d'autant mieux porté, d'ailleurs, que, dans son idée, il possède lout ce qu'il y a de plus parfait en chaque genre. Ainsi, dans son opinion, ses équipages sont les plus brillants, ses meubles les mieux choisis, ses habits du goût le plus recherché, ses chiens el ses chevaux de bien meilleure rare que ceux des autres. (Hume.) La vanité s'attache donc à tout ce qui n'a de valeur réelle ni en soi, ni dans autrui ; à tout ce qui offre des avantages apparents , des effets passagers : elle vit du rebut des autres passions, et quelquefois se soumet à leur empire. Voy. Vain, Vanité.
L'orgueil est une qualité louable ; l'orgueil est un défaut : que faul-il faire, dans l'un et l'autre cas, à légard de l'orgueilleux.? Ce qu'on fait générait ment quand on veut développer un sentiment honorable, ou quand on veut annihiler des dispositions mauvaises. Ainsi, dans ce dernier cas, la seule conduite à tenir est celle que nous trouverons décrite à l'article Vain, Vanité, dont l'orgueil bas et rampant ne diffère nullement, tandis que, dans le premier cas, comme l'orgueil, considéré dans ses effets, est on ne peut plus utile, vu qu'il peul être le germe de Lien des vertus et de bien des talents, il serait imprudent, pour ne pas dire mauvais, de tenter de l'affaiblir ou de le détruire. Mieux vaut donc le diriger toujours vers les choses honnèles, l'empêcher de se diriger vers celles qui ne le sont pas, el l'encourager plutôt que de le combattre. N'oublions pas surtout qu'il est des circonstances où il est bou de l'exciter, pour secouer la paresse et vaincre l'inertie de certaines gens, c'est-à-dire qu'on doit seser- 1 ir de tel ou tel orgueil, qu'on stimulera à propos , pour obtenir d'excellents résultats ; tant il est vrai que tout est relatif en ce monde, où les poisons eux-mêmes peuvent servir de remède. Oui, l'orgueil, uni à quelque force d'unie et à un certain talent, peul parfois leur donner de l'élan, un grand désir de réussir, et faire redoubler d'efforts en animant le travail, tout coin me la crainte de déchoir stimule vivement celui qui a une haute opinion de lui-même et l'empêche de faillir.
Dictionn. des Passioss etc.