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pourquoi, le jeu, le vol, le mrurlre, qu'il prélèrc au travail, ne le conduisent que trop souvent de la prison au bagne, et du bagne à l'echafaud.
Dans ce portrait du paresseux, que je viens d'emprunter à M. Descuret (Médecine des passions) , je n'ai pas cru devoir comprendre, comme traits caractéristiques de la p iresse, cette circonstance, signalée par l'érudil auteur de l'ouvrage intitulé Des passion.':, que les fainéants n'aiment ni le bruit des horloges, qui leur reprochent le temps perdu, ni le bruit des cloches, qui les réveille, celte jure, empruntée au spirituel Alibert, me semblant plutôt un trait d'imagination qu'une réalité. Je aie fonde, pour repousser l'observation consignée à cet effet dans la Physiologie des passions, sur ce fait vrai et important, que les paresseux dorment fort bien, aussi bien au bruit des cloches ( .uquel on s'habitue comme le meunier s'habitue au lie lac de son moulin et s'endort au bruit des meules) que dans le silence, et que d'ailleurs il est trop apathique pour éprouver jamais le moindre regret d'avoir perdu son temps.
Toujours est-il qu'on ne saurait blâmer trop hautement les paresseux; disons pourtant, pour être juste, qu'il ne faudrait pas les condamner également, certains individus se trouvant dans telles ou telles conditions qui ne leur permettent pas d'éviter la paresse. 11 y aurait donc des circonstances où celle-ci a ses raisons, ce qui nous conduit à étudier l'éliolngie de celte passion.
Et d'abord je justifierai en quelque sorte le paresseux, en disant que souvent la paresse a ses racines dans une constitution molle, efféminée, incapable d'une réaction énergique. Celle qu'où nomme lymphatique y prédispose le plus. 11 en esl de même de tous les accidents d'organisation qui sont un obstacle à la vigueur du corps, à L.i facili'.é des mouvements: ainsi, l'obésité, la longueur démesurée des membres, les vices de conformation, les grandes fatigues ou de violents chagrins, une maladie fort longue, durant laquelle le corps s'est considérablement affaibli, une altération du sang qui amène la prédominance de sérosité, doiveut la favoriser.
Or, dans ces circonstances le cerveau manquant de la stimulation qui lui est nécessaire pour accomplir les actes de l'intelligence, et tous les organes étant privés de la ténacité ou force qui leur est indispensable, il en résulte que , par nature, les individus deviennent de plus en plus paresseux. Ils ne haïssent pas le travail, ne le fuient pas ; ils ne craignent pas la peine, et ne font | as traîner l'ouvrage ; mais comme rien ne les invite à s'occuper, comme tout les dispose au contraire au far niente, ils ne recherchent même pas les plaisirs les plus courus , les bals , les spectacles ; ils sont insouciants pour tout ce qui peut distraire et amuser 1 A plus forte raison le seroni-ils pour des occupations pour eux sans agrément.
N'oublions pas que la fortune qui rend
l'homme insoucieux du lendemain , qui amollit son esprit et son corps dans des jouissances de toutes sortes, l'incline à l'apathie et ;i la paresse. Celui qui n'a point à craindre l'indigence s'habitue volontiers à croire que l'argent dispense du travail, supplée à l'instruction et aux qualités de l'esprit. Aussi voyons-nous la paresse el l'ignorance habiter plus souvent les châteaux que la demeure du ceux qui n'ont pour fortune que fur travail. De même, la chaleur, qui énerve le corps, émousse la vivacité de l'esprit el rend les hommes paresseux, et c'est ce qui explique pmrquoi l'indolence el l'oisiveté sont naturel'es aux peuples de la Torride. Voyez le nègre du centre de l'Afrique : étendu sur sa natte, abrité sous un ajoupa de feuillage, il respire nonchalamment les molles tiédeurs de l'atmosphère; à peine s'il consent à user de ses forces pour se procurer le maïs ou les fruits dont il se nourrit. Toutes ses journées se passent ainsi : l'ignorance la plus grossière, la malpropreté la plus dégoûtante. et tous les vices qu'engendre la paresse, le jettent dans le dernier degré d'abrutissement. Voyez ce voluptueux asiatique, soumis à l'influence débilitante d'un climat semblable. La mollesse de l'atmosphère, les enivrants parfums des Heurs; la beauté du ciel, qui colore des teintes les plus pompeuses des sites enchanteurs, coupés de bouquets d'oliviers, de bois d'orangers fleuris ; l'ombre épaisse, des platanes et des sycomores; l'abondance des fruits les plus suaves el les plus délicieux : tout, dans le paradis qu'il habite, contribue à flatter ses sens. La civilisation de l'Asie semble n'avoir eu d'autre but que de demander aux arts de décupler ses jouissances : aussi, couché tout le jour sur ses divans ou sous l'ombre de ses jardins, l'Asiatique s'endort au bruit des cascades, des chants d'oiseaux, et rien ne peut l'arracher à la paresse. Tout, auresle, semble fait pour l'y enchaîner sans cesse : les plaisirs enivrants du sérail , le despotisme d'un gouvernement qui tue les ambitions, les croyances d'uni; religion fataliste, qui paralyse la volonle humaine en la soumettant au destin.
Enfin, un sommeil irop prolongé, l'usage immodéré des boissons enivrantes , la boni»:: chère, les plaisirs de l'amour, etc. , etc., sont autant de causes très -fréquentes du défaut dont nous parlons.
D'après ces considérations, avant de déverser le blâme sur la conduite des fainéants el des paresseux, il faut rechercher avec-, soin si leur Apathie (Voy. ce mol) pour 1j Iravail tient à une faiblesse native ou ac quise de la constitution, ou si elle dépend d'une habitude vicieuse. Celle-ci csl d'autant, plus facile à contrarier, que, d'une part, nous naissons naturellement paresseux, et que celle paresse persuade à noire imagination qu'une chose est difficile lorsque de su nature elle ne l'est pas (Sénêuae), et, d'auliv part, que, nous trouvant tous plus ou moinsdisposés au vice, le repos est notre tendance el notre but. Dès lors f,iul-il s'é'onner que chacun de nous se laisse aller à ses doux peu-
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chants pour la paresse? la censidéreronsnous toujours comme un mal ? Voyez l'enfance : elle est ennemie du travail, toute occupation sérieuse lui répugne : lui en feronsnous uu reproche? Non, car la nature a voulu que celte première période de la vie fût consacrée tout entière à li croissance de l'indiv idu. Manger, dormir, exercer son corps dans des jeu\ proportionnés à ses force;-, voilà ce que reniant est appelé à Faire. A lui le bonheur de vivre sans inquiétude ; les soucis qui rongent l'existence humaine ne sont pas de cet âge. L'enfant sait qu'il a dans ses parents une providence atleulive qui veille à tmis ses besoin*. 11 s'endort mollement dans celle confiance naturelle, et ne comprend oas l'imporiance du travail.
Par d'autres motifs qui le conduisent à la même fin, le vieillard, qui jette sur le passé des regards tristes et désenchantés, se demande où l'onl conduit tant de veilles, tant de trav aus. Au printemps de son âge, quand toutes ses facultés, à l'apogée de leur puissance, lui montraient un avenir impérissable, il travaillait avec courage pour se procurer une vie fortunée et tranquille. Maintenanl il a fait la triste expérience des choses de ce mondé : l'avenir lui montre un tombeau, ses facultés s'éteignent, il abandonne tout, et tout l'abandonne ; pourquoi donc userait-il le reste de ses foi ces à travailler? A-l-il encore des projets et des espérances? N'a-l-îl pas assez pour mourir? Tel est le découragement qui rend son intelligence inaclive. D'un aulre côté, ses organes ont perdu leurs ressorts; la paresse et l'insouciance s'emparent de lui et le bercent jusqu'à la tombe, comme un enfant qu'on endort.
Ainsi, en jetant un coup d'oeil sur l'élielogie de la paresse , on reconnaît non-seulement que lous les paresseux ne sont pas également coupables , mais encore qu'il en est en qui ce défaut esl en quc'que sorte excusable. Mais, excusable ou non , nous n'en devons pas moins combattre énei giquemenl, dans lous les cas, celle passion funeste, soit en attaquant les causes qui la produisent , soit en frappant l'imagination des paresseux, par l'effrayant tableau des suites déplorables qui en sont la triste conséquence.
C'est pourquoi, montrer aux jeunes gens chez qui la paresse ne tient qua l'habitude de l'inaction ou à l'influence du mauvais exemple, quelques fainéants réduits à la mii re la plus aftreuse ; et par opposition, de bons travailleurs parvenus a se créer une position honorable , tel est le premier exemple à mettre sous leurs j eux. m cela m' suili- Bail pas, on devrait réduire le paresseux a ne iroimr des moyens d'existence que dans son labeur. <-e moyeu est plus efficace qu'on ne pei.se ; c. r on \ oit tous les jouis des jeunes gens inaclils el desouvre-, devant qui les parents ont imprudemment bit l'ennui, ri
ttou de leurs richesses, embrasser avec courage Ul.e | lol.ss on aMSil6l qUC des revers
de- fortune sont venus li ■ 1 1 iper leur famille. j'ai »u même, dit M. Deseurel, une ruine ,
adroili meut simulée, inspirer l'amour du tra-
v a i I à un excellent jeune homme, qui pendant longtemps n'avait rien voulu faire, trop convaincu qu'il était de l'opulence de ses parents.
Ce n'est pas tout encore : en montrant aux paresseux la paresse conduisant à la misère, il faut leur montrer également le pauvre oisif se livrant à de mauvaises passions, se posant comme ennemi de la société dont il méconnaît la loi suprême, qui esl le travail , et a: rivant ainsi graduellement à commettre les actes les plus révoltants, les plus criminels. Voyez Lacenaire : il se fit voleur cl assassin par système el non par dégradation. Chez lui la paresse fut poussée si loin, qu'elle étouffa les plus heureuses dispositions, et qu'elle devint la souri e d'où découlèrent lous ses forfaits. Il la poussait (si l'on en croit un de ses professeurs) jusqu'à ne pas vouloir se lever la nuit tour satisfaire ses besoins naturels: il dormait complaisamment au milieu de ses ordures, et ce n'était qu'à graud'peine el après plusieurs avertissements , qu'il se décidait, longtemps après la cloche du réveil , à sorl.r de son lit, ou plutôt de son fumier. Les punitions qu'on lui infligeait , le mépris que lui témoignaient ses camarades, rien ne parvint aie corriger. ïoulc espèce de soii. s ou de travail était pour lui un supplice, -el c'est uniquement à celle funeslc disposition qu'il faut imputer les crimes dont il a eu l effronterie de se larguer devant ses juges. On comprend cependant que si la paresse s'alliait, et disons mieux , était le résulUil d'une atonie générale, ce ne serait qu'eu reconstituant pour ainsi dire la machiue humaine qu'on pourrait changer son mode d'être, de penser et d'agir ; tandis que si elle el la suite du genre de vie que le paresseux adopte sans chercher à se rendre raison du pourquoi il esl habituellement oisif, il conviendrait, indépendamment de l'emploi des quelques moyens que j'ai dit devoir être mis en jeu, de lui insp rer l'amour du devoir el l'amour du travail : du devoir, qui esl la vie morale de l'homme, tout comme la vie m >ralc des sociétés, qui languissent lors« qu'il se relâche, qui périssent lorsqu'il s'eleinl ; du travail, qui cherche des indigent* a sei ourir, des ignorants à instruire. .. Il esl la sentinelle de la vertu.
PARLEUR. — Le mol parlbi r , parfaiuM ment synonyme de Hauiu.aiid, Bavard, cx« prime celte intempérance de langue qui fait qu'on parle sans mesure, sans discernement, mené sans réflexion : d'où il suit qu'on debile des paroles frivoles et inutiles.
Toutefois , on applique plus volontiers le nom de babil au bavardage de renf.nl, < . Ile expression semblant cire mieux en rapport avec son-âge cl sou caractère ; el l'on -e ierl indistincleme >t des deux autres expressions, qu nid il s'agit de personnes plui .1
QUOI qu'il en SOil, «OU1 devons cire prévenus ipie les qualifications de babillard el de bavard lonl toujours prises en mauvaise pari, tandis que le parleur, s'il a aussi sou mauvais cote, peut cependant en avoir un