‹ Dictionnaire des facultés intellectuelles et affectives de l'âme où l'on traite des passions, des vertus, des vices, des défauts, etcChapitre 162 sur 251 · PAT · texte numérisé non relu

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mais, pressée de s'en faire admirer, elle se met à pr.rler, lui fait cent questions différences, sans s'apercevoir qu'il ne répondait rien. La visite faîte : Etes-vous , lui dit-on, contente de votre présenté? — Qu'il est charmant ! répondit-elle; qu'il a d'esprit 1 A celle exclamation, chacun de rire : ce grand esprit, c'était un m oeil

Un autre moyen à mettre en usage, c'est d'inspirer aux jeunes gens une sage défiance d'eux-mêmes, et de leur bien inculquer dans l'esprit les préceptes suivants :

Le silence est le plus sûr parti de celui qui se défie de soi-même: c'est la première vertu. [Caton le poète.) Taisez-vous sur ce «lue vous ignorez, dii un phi'osophe (Sixtus Phitosophus), et parlez à pronos de ce que vous savez : parce que, disait Xénocrate, au rapport de Valère-Maxime, on se repenl plus souvent d'avoir parlé que de s'être tu. La nature n'a donné à l'homme deux oreilles et une seule bouche que pour plus écouler que parler. {Zenon.)

« Quelques dispositions qu'un homme ail reçues de la nature pour parler juste, elles lui demeureront souvent inutiles, cl lui deviendront quelquefois préjudiciables, s'il n'y joint pas de lui-même l'allenlion de parler peu. » (Terrasson.)

« L'homme de sens parle peu, par la disposition de son génie, et l'homme d'esprit parle peu, par le soin qu'il a de sa répulal on. »

« Un jeune homme qui se pique d'avoir <'e l'esprit remplit sa prétention en parlant beaucoup; mais un homme qui a réellement de l'esprit en emploie une petite partie à parler, et une plus grande à se taire. »

« Il y a deux éducations : l'une qu'on reçoit des maîtres dans son enfance, et l'autre qu'on se donne à soi-même dans l'adolescence. Celle-ci est la plus importante, et ne peut se prendre qu'en écoulant et en examinant : deux secours dont se privent malheureusement les jeunes gens qui parlent beaucoup. »

• Un jeune homme n'ira jamais des mauvais discours aux bons qu'en passant par le silence. »

i L''S jeunes gens apprendront toujours bien plus de choses en écoulant les bal iles qui parlent de leur propre mouvement qu'en les gênant p ir des interrogations mal faites. •

Je ne terminerai point Iflns citer une anecdote fort pi usante, et qui montre la puissance de l'amour même sur les parieurs.

Brantôme raconte que, ilu temps de Prancois 1", une jeune personne ayant un amant babillard, lui imposa un silence illimité, qu'il «arda si fidèlement, orus ans bttii »s, qu'on in crut devenu muel par maladie. Un jour, en pleine assemblée, sa maîtresse, qui, dans ce. temps nu l'amour se Faisait avec mystère, n'était point connue pour telle, se vanta de le guérir sur-le-c hamp, et le lit avec un icul mot : Pablbc. N'y a t-il pas, dit Rousseau,

quelque chose de grand et d'héroïque il nia i el amour I '

PATIENCE [vertu), Patient. - La pa-

tience, comme la résignation, fait supporter sans murmure les maux dont la vie es! semée ; mais il y a cette différence, entre l'homme patient et l'homme résigné, que, tan lis que l'un supporte sans murmurer les maux de la vie, par amour de la philosophie, par sagesse, l'autre, au contraire, voyant le doigt de Dieu marqué dans son malheur, s'humilie en chrétien et se courbe pieusement sous la main qui le frappe.

On conçoit que la différence entre ces deux manières de sentir et de se soumettre doit être fort grande : elle l'e'st en effet, puisque celui qui" n'esl patient que par philosophie, bornant ses vues à la vie présente, trouve une bien faible consolation aux injustices qu'il subit. Ainsi, Calas, condamné à mort quoique innocent, ne porte pas au fond de son lime, quand il marche au supplice, ce sentiment qui donne le plus de prix à la vie ou à la mort : elle le condamne à la destruction el à un opprobre éternel; au lieu que celui qui se résigne, parce qu'il esl religieux, Irouve dans ses sentiments un appui solide. La religion lui dit que peu importe l'opinion des hommes sur sa conduite, pourvu que le Maître éclairé de l'univers l'approuve; elle lui présente l'idée d'un monde à venir, où l'innocence, où la justice, où l'humanité, régnent, où son innocence sera reconnue, où sa vertH sera récompensée. (A. Smith.)

Les anciens philosophes se soumettaient donc avec patience dans le malheur, et quelquefois aussi avec résolution ; et c'est un mérite que je nie plais à leur reconnaître. Mais quelle était celte espèce de patience? Une patience d'esclaves attachés à leurs chaînes, el sujets à tous les caprices d'un maître impitoyable, le Destin. Cette patience, fondée sur l'inutilité de la révolte contre la fatalité immuable, nécessaire, de laquelle partent indifféremment les biens et les maux , ne pouvait qu'arrêter durement les mouvements de l'âme, el y laisser un chagrin sombre el farouche. C'était plutôt un désespoir raisonné qu'une sage soumission. Grâce au christianisme, chacun sait qu'il ne dépend pas d'un destin aveugle, qui l'emporte el l'entraîne invinciblement; el, soumis aux décrets de l'Eternel, il peut se Faire un mérite de sa patience. Ili;n [dus, soutenu par elle, il supportera avec courage les adversités, les douleurs, les injures, les défauts d'aulrui. Sans doute que ''ans toutes ces épreuves la patience peut être aim re; mais BUSSÎ les frnils en SOnl doux. (J .-.) . /.\>tiwrm

On trouve un exemple bien remarquable

d'une noble el généreuse résignation liaMJ l'illustre prisonnier politique, Silvio PellieoJ

écrivant sans colère el sans amerlume contre ses gi é.liers, el qui fui sans rancune, malgré

Mix ans passés au Spit Iberg.

Quelques personnes ne verront peut -être

dat s sa douceur et sa résignotiou, dans cm oubli de 1 1 plainte el celle patience du mnr- (vr qui pardonne à ses lourreaux, qu'un

moyen adroit d'échapper à la cause autrui chienne, un déguisement du prisonnier politique eu philosophe chrétien : pour uiui , je

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