PER
sans la comprendre, et qui rendent les sciences médicales passibles des fautes que les ignorants, les systématiques et les charlatans commettent tous les jours.
PERCEPTION (faculté).— La perception est unequalitéde l'esprit, qui saisit, qui comprend et qui connaît. C'est une des facultés de I'ëntenijkment ( Voy. ce moi), que la nature nous donne, de même qu'elle nous fait don des autres facultés de notre intelligence. La nature ne fait pas une égale part de perception pour tous les hommes ; au contraire, elle en est très-avare pour le plus grand nombre, et comme l'éducation la fortifie, mais ne la donne pas, sî nous avons été assez heureuv pour cire dotés d'une qualilé si précieuse, sachons la mettre à profil et la perfectionner par l'étude.
PERFIDIE (vice). — Selon La Bruyère, la perfidie est un mensonge de toute la personne; et, d'après Marmontel, c'est un abus de confiance, fondée sur des garants que l'on croit certains : tels que l'humanité, la bonne foi, le respect aux lois, la reconnaissance, l'amitié, les droits du sang, etc.
La perfidie est d'autant plus f icile a exercer, que les droits à la confiance sont plus sacrés, que l'esprit de la personne qu'on veut tromper est plus tranquille, à l'abri de tout soupçon, et les moyens qu'on met en usage plus à couvert. Et cela devait être, puisque du moment où l'on se méfie moins d'un concitoyen que d'un étr.mger, moins d'un ami que d'un concitoyen, moins d'un proche que d'un ami, il devient très-aisé à ceriains d'en imposer à la personne confiante. La perfidie sera donc d'autant plus atroce que la confiance violée était mieux établie.
Dans tous les cas, la perfidie est une fausseté noire et profonde, qui se sert de moyens plus puissants, qui meut des ressorts plus cachés que l'astuce et la ruse. Celles-ci, pour être dirigées, n'ont besoin que de la finesse, et la finesse suffit pour leur échapper ; mais pour observer et démasquer la perfidie, il f.iul de la péné ration, et peu de personnes en sont douées. D'ailleurs, se serv ira-l-on de celle faculté quand on ne se mélie pas ?
Toujours est-il que, d.ins une femme, la perfidie est l'art de placer un mot ou de faire une action qui donne le change, et quelquefois de mettre en œuvre des serments ei des promesses qui ne coûtent pas plus à f.iire qu'à violer. (La Bruyère.) Hélas I sons ce rapport, combien d'hommes sont femmes !.... Toujours est-il que, dans la société, faire une perfidie c'est < mployer ce que le mensonge a de plus raffine. Aussi n'esl-ee pas sans raison qu'on l'a qualifiée soit de dél lyaulé, S'iii de trahison inique, soil enfin de piège trompeur lendu a quelqu'uu p iur le jouer ou le perdre.
Une femme infidèle, si elle est connue pour telle de la personne intéressée, n'est qu'inlidèle ; s'il la croit fidèle, elle est perfide. (La Bruyère.) Or, si ce qui constitue la perfidie, c'est l'association de la fausseté noir^ et profonde à l'astuce la plus maligne, à la ruse la
plus raffinée : on ne peut donc la bien connaître et l'apprécier qu'en étudiant ces vices divers qu'un seul moi résume ; et ce mot, c'est Dissimulation (Voy. cet article).
PERPLEXITÉ sentiment). —Quand notre volonté flotte incerlaineenlre deux motifs qui lui paraissent également déterminants, on dit que nous sommes indécis ; et si la chose en vaut la peine, que nous sommes dans la perplexité. Celle-ci est donc une indérision inquiète, occasionnée par des motifs plus ou moins puissants. Ainsi, le voyageur égaré dans la profondeur d'une forêt qo'il sait habitée par des animaux féroces, éprouve une perplexité véritable dans le choix de la direction qu'il doit, prendre, ce choix devant le conduire à retrouver son chemin, oui le faire dévorer par ces animaux.
La perplexilé est encore assez souvent un combat de la passion avec la raison, combat où la passion triomphe presque toujours (Neuville); ce qui n'empêche pas que l'homme raisonnable n'éprouve une véritable perplexité ava il de succomber à la violence de sa passion, quand celle-ci peut le conduire au crime, et par conséquent au déshonneur. Tel doit êlre le sentiment de cet individu qui, surprenant seule et sans défense celle qui lui inspire .une passion délirante, conserve encore assez de raison pour se demander : Dois-je employer la violence ? où me conduira-t-elle ? et ne sait à quel parti s'arrêter.
Avec du bon sens et du courage , tout homme qui s'estime et veut rester irréprochable peut se mettre au-dessus des événements fâcheux dont la vie est semée, et n'être guère sujet aux perplexités, celles-ci n'étant, on le sait, que le fruit de la pusillanimité, de la bêtise ou de l'ignorance, qui ne s'allient jamais au véritable savoir et à la fermeté.
PERSÉVÉRANCE (vertu). — La persévérance est une force de l'âme qui nous permet de résister aux obstacles que l'homme ne cesse de rencontrer dans la carrière de la vie.
Elle diffère de la constance en ce qu'elle marque la poursuite d'un bien, tandis que la constance se contente de l'attendre (I oy. Constance) ; hors de là c'est la même vertu, inspirée par le même sentiment, tendant à 11 même fin, arrivant au même but; sous ce rapport on ne saurait trop applaudir aux personnes qui savent persévérer toujours.
Nous devons remarquer toutefois que la persévérance dans une résolution doit avoir des bornes, alors surtout que l'individu s'aperçoit qu'il fait fausse roule ; dans ce cas, il doit savoir revenir sur ses pas, attendu qu'en s'opiniâlrani dans sa détermination, au lieu de faire preuve de force el de courage, il déploie l'énergie de la sottise. A plus forte raison, devra-l-il rélrograder, si, à peine entré dans la voie, il reconnaît que l'objet q u'il poursuit n'est pas digne de lui, ne mérite qui' scs mépris, ou si la possession de la chose qu'il convoite doit le conduire à l'infamie, à la houle ou au remords. Bref, la