‹ Dictionnaire des facultés intellectuelles et affectives de l'âme où l'on traite des passions, des vertus, des vices, des défauts, etcChapitre 169 sur 251 · QUE · texte numérisé non relu

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pudeur. On ne peut révoquer en doute l'influence de l'imitation sur les individus nui ont quelque prédisposition au suicide. Ces funesles épidémies sévissent ordinairement sur les deux sexes , et quelquefois sur un seul. On connaît l'histoire des filles de Milet, citée par Plularque : « L'une d'elles se pendit ; aussitôt une foule d'autres se donnèrent la mort par le même moyen, et il fallut, {pour arrêter les progrès effrayants de celle ll'rénésie, que le sénat ordonnât que les cadavres des suicidés seraient exposés nus sur la place publique. » Dès ce moment l'épidémie cessa, tant était puissant chez les filles de Milet le sentiment de la pudeur.

PUÉRILITÉ (défaut). — La puérilité est un discours ou une action d'enfant.

On dit généralement que la soltise des pères et mères est de parler des puérilités de leurs enfants; heureuse sottise I qui monire combien ils y sont attachés, par la faute même qu'ils commettent, en mettant assez d'importance aux actions de l'enfance, pour en entretenir les autres, au hasard de les ennuyer. Les hommes de tout âge sont sujets à tomber dans la puérilité. On y tombe en cherchant à donner un air singulier et nouveau à ses pensées, en s'amusant à dire ou à faire des riens ; en un mot <n s'occupant à tout ce qui marque peu de raison et de jugement , parce que généralement on manque de l'un et de l'autre; c'est donc en formant la raison et le jugement des enfants, ou en forlifiant l'un et redressant l'autre chez les jeunes gens, les adultes et les gens âgés, qu'on les mettra à l'abri de faire ou dire des puérilités.

PURISTES. — On nomme puristes ecux qui affectent sans cesse une grande pureté de langage. Ces sortes île gens font une grande attention à ce qu'ils disent, et l'on souffre avec eux, dans la conversation.de tout le travail de leur esprit. Pétris de phrases et de peliis tours d'expressions, concertés dans leurs gestes et dans leur maintien, ils ne hasardent pas cependant le moindre mol, quand ils devraient faire le plus bel effet du monde; rien d'heureux ne leur échappe, rien chez eux ne coule de source et avec liberté; ils parlent proprement et ennuveii-

semenl ; ils sont puristes, en un mot. ( La Bruyère. )

La dénomination de puriste est toujours prise en mauvaise part et ne s'applique guère qu'au langage; hors ee cas, le purisme devient une qualité fort précieuse, la pureté de style élan! un des pramiers mérites de l'écrivain. Mais quant au purisme parle, comme il esl le résultat de l'aniour-pi opre malentendu, il esl passible de lous les i epro-

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ches que j'ai adressés à ce dernier. Voy. Aviolr-propre.

PUSILLANIME, Pusillanimité (défaut).— I! y a dans la société des hommes qui, par système, n'ont d'avis sur rien, et qui ne craigmml rien tant que d'avoir à se prononcer, ils sont de l'avis de loul le monde, pour ne se commettre avec personne; el ils tremblent d'avoir une opinion, parce qu'il faudrait la soutenir. Dans les affaires, ils n'ont jamais le courage de prendre une résolution ; ils louvoient entre les partis, lâchant de garder le milieu, ne tenant pas devant les oppositions, et cherchant à les accommoder. Auprès de ces hommes, le plus fort a toujours raison ; ils son) ordinairement de l'avis de celui qui parle le dernier. Ils craignent pardessus loul de s'engager de manière à n'être plus maître de leurs mouvements ni de leur avenir. On voit de nos jours une multitude de là lies de celle espèce. Rien ne rétrécit plas le cœur el l'esprit, l'âme en est rapetissée, diminuée, et c'est ce qu'indique l'expression de PUSILLANIME (pusilla anima)

J'ai dit que l'absence de courage étal habituelle ou passagère, parce que, malgré que la pusillanimité soit un défaut naturel, inhérent à notre nature , il y a cependanl bien des personnes qui ne sont pusillanimes que dans certaines circonstances. El par exemple, combien n'en voit-on p 18 qui ont de la force d'esprit, du courage dans l'âme, de la fermeté dans le caractère, et qui néanmoins, à la moindre indisposition, perdent toutes ces éminenles qualités! Combien d'esprits supérieurs qui, à la moindre maladie, deviennent pusillanimes I qui, inquiets , a;ilés , tremblants, craignant loul ce qui les environne, se croient menacés de quelque accident imprévu, voient la mort se dresser devant eux comme un fantôme terrible , toujours prèle à les frapper!... De là cette définition donnée par Tbéophrasle : « La pusillanimité esl cet élal de l'âme qui se sent découragea à la vue du péril. » Cela esl d'autant plus e\,e l que j'ai connu un brave général, ayant conquis tous ses grade» à la pointe de son épéc, il avait été soldat, qui, sitôt qu'il

était malade, devenait d'une pusillanimité

telle, que la vue d'une laneelte approehai.t de son bras le faisait tomber ea syncope.

l'aimerais mieux en ce moment affronter un baliillon, disait-il à sou médecin, que vous et voire Instrument.

La pusillanimité, avons-nous dit , est ou

permanente ou passagère ; passagère t elle

disparail avec la cause qui l'a produilo, el ne doit dune pas nous occuper ; permanente,

elle lient à la faiblesse d'esprit et an manque

de courage ; il faut donc fortifier l'un el donner l'autre.

OUEKELLE (déf.iul), Oi v.nv.i 1 1 i ». - l'n Ides OU ignorant! Ont laissé se développer querelleur est mi iudivi lu que la nature a un mauvais caractère el des sentiments bien traité en marâtre, elcnqul des parents fui - plus mauvais encore. Aussi ne peut-il vivre

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