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pour les choses qui ne leur seront pas familières, et tout homme sage applaudira, comme le Glsainl Augustin, à la réserve qu'ils auront montrée.
RIDICULE (défaut). — Le nmici r.r. consiste à choquer la mode ou l'opinion , et devrait par conséquent ne s'atiacher qu'aux choses indifférentes par elles-mêmes el consacrées par l'usage. Les vêtements, le langage, les manières, le maintien, etc., voilà son ressort ; mais il s'étend sur bien d'autres choses, et c'est là ce qu'on nomme son usurpation.
Tant que le ridicule reste attaché aux Iravers et aux vices de la société, il n'a rien de répréhensible ; niais s'il attaque la vertu, le ridicule devient criminel. Malheureusement, c'est ordinairement ainsi qu'on l'emploie, et quand l'envie veut ternir l'éclat de belles actions, d'une bonne conduite, de la vertu, c'est avec le pinceau du ridicule qu'elle le salit
Et cela lui réussit souvent ; car les effets du ridicule sont supérieurs à ceux de la calomnie. Celle-ci peut manquer son but el se détruire m retombant sur son auteur ; au lieu que le ridicule lue en s'altachant à celui qu'il attaque.
Aussi l'a-l-oii regardé comme le fléau des gens du monde. S'il n'avait que ce lor:-là, nous l'absoudrions volontiers, car n'e-t-i! pas juste qu'ils aient pour tyran un être fantastique .'
Sous ce rapport, le. ridicule peut avoir un bon côté, celui de nous tenir tous dans la réserve, par la crainte de devenir la risée d'autrui. Dès qu'on a celte crainte, on se prive de bien des affectations qui rendent ridicule ; vu qu'on n'est jamais si ridiculo par les qualités qu'on a que pour celles qu'on affecte. [Lu Rochefoucauld.} Or, combien n'y aurail-il pas de jeunes gens qui affecteraient bien des qualités qu'ils n'ont pas. s'ils ne craignaient le ridicule 1
Mais si le ridicule a ce bon coté, à l'endroit des gens du monde, il en a un fâcheux au contraire pour ceux qui lui sacrifient leur lorlane, leur vie, souvent même leur honneur. On peut doue excuser l'extrême sensibilité que les honnies raisonnables oui pour le ridicule. Celle crainte excessive a lat naître des essaims de petits donneurs de ridicules, qui décident île l'importance de ceux qui sont eu vogue i comme les marchands de modes Gxenl celles qui doivent avoir cours.
S'ils ne s'el. i lit point empire-, de l'emploi
de distribuer ces ridicules, ils en seraient
accablés; Ils ressemblent à Ces criminels
qui se l'ont exéen leurs pour sauver leur vie.
La crainte puérile du ridicule éloufle les
idéi s, rétrécit les esprits et les forme sur un
seul modèle; Suggère les mêmes propos, peu intéressants de leur nature, et laslidieiix par la répétition. Il semble qu'un seul ressort imprime à différentes machines un mouvement égal et duns la même direction. Je ne vois que les suis qui puissent gagnera un travers < jui les met de niveau ave Ici
SAC
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hommes supérieurs , puisqu'ils sont lous également assujettis à une mesure commune où les plus bornés peuvent atteindre. (Durlos.)
Et pourtant, répétons-le, le ridicule est utile à quelque chose. Comment cola ? parce que, généralement, on aime à parler de soi ; défaut très-commun qui se répand de plus en plus dans le monde. Or, par quoi s'en corrige-l-on, de ce défaut? par la crainte du ridicule qui s'y attache. (Voltaire.)
Communément on aime à paraître plus et mieux qu'on n'est : pourquoi telle personne fastueuse ne se surcharge-t-elle pas de diamants, de dentelles et de pierreries? Pourquoi telle ueille coquette ne se traveslitielle pasen jeune fille et ne fulâtre-t-ellc pascornme elle? Pourquoi co vieillard ne se monlre-t-il pas en lion dans le monde ? Parce qu'ils craignent tous le ridicule.
[tien des gens ont de la tendance à devenir superstitieux. Qu'est-ce qui les fait éviter de tomber dans i es excès ?Le ridicule, qui est l'arme la plus puissante contre la superstition. Qu'est-ce que craignent ces hommes qui ne craignent plus rien , qui sont sans pude r ni remords? Le ridicule. Donc, il n'est pas sans avoir une influence avantageuse pour sauvegarder les mœurs.
Mais s'.l a des effets avantageux, combien n'en a til pas aussi de fâcheux! combien de latents et de vertus qui se développeraient et que h- ri.licule étouffe! I! faut donc se garder d'en faire un mauvais usage.
Bref, le ridicule a son bon et son mauvais côté : on ne le guérit que par lui-même.
RIGUEUR (sentiment). — La rigueur est une sorte de durelé ou de sévérité qui s'oppose à ce que la peine soit adoucie : elle ne pardonne rien, et se trouve par conséquent dans la manière de punir. La rigueur ne paraît bonne que dans les occasions où l'exemple serait de conséquence. Aussi, dans les armées, quand des suidais méconnaissent l'autorité des chefs, soufflant partout la désobéissance et la rébellion, et poussant ainsi à l'insurrection et au crime, les conseils de guerre ne sauraient être trop rigoureux dans la peine qu'ils appliqueront, rien n'étant dangereux pour l'Etat comme d'aussi fâcheux exemples.
De même, quand un magistrat qui, par la connaissance qu'il a des lois qui régissent son pays, sait ce à quoi il s'expose s'il forfait à l'honneur, et cependant se rend criminel, la justice doit lui a| pliquei les peines ies plus sévères , rien ne pouvant excuser ces distributeurs de la justice, de s'exposer à ses rigueurs en osant la braver par l'espoir de l'impunité, etc. .Mais hors ces cir-
constances et toutes autres pareilles, alors surtout qu'il s'agit d'une faute légère, commise par éto;irderie, par irréflexion, par inexpérience, par ignorance , il me semble qu'on doit avoir égard à la faiblesse humaine. C'est du reste ce qu'a voulu, en quelque sorte, le législateur, en admettant dans les affaires criminelles des circonstances atténuantes que les jurys appliquent souvent avec beaucoup de discernement. Je ne dis pas toujours, parce que j'ai été témoin qu'on en abuse quelquefois.
RUSE (qualité bonne ou mauvaise) , Rcsk. — « La ruse est, nous dit-on, un mélange de fausseté, d'adresse , d'artifice et de mensonge, dont certains hommes s'enveloppent étroitement pour rendre p'us subtils les pièges qu'i's tendent à la bonne foi ou à l.i crédulité d'autrui. » Il semblerait, d'après cela, que la ruse, quand elle est employée, aurait toujours l'offensive et devrait toujours être prise en mauvaise pari. C'était en effet l'opinion de Marmontel, qui prétend « qu'un honnête homme nedoit pas être rusé, il ne le peut pas.» Je trouve Marmontel beaucoup trop exclusif dans son affirmation, attendu que la ruse comme la circonspection sont fort souvent utiles à l'homme : par elles il se défend contre des ennemis, se lire des positions les plus difficiles, et se ménage des ressources pour l'avenir. Sans doute que leur excès d'activité produit la fourberie, la pusillanimité et la parcimonie, sœur de l'avarice; mais qui dit excès, dit exagération, et comme on ne pous>e pas toujours jusque-là la ruse et la circonspection,l'une et l'autre peuvent a^oir un bon côté. DG reste, comme la ruse est une forme du déguisement et de la Dissimulation , voi/ez ce mot.
RUSTICITÉ (défaut). — Ce mot a été employé pour exprimer Vimpolitesse par absence complète d'éducation. Elle diffère par là de la grossièreté qui . elle aussi , est un manque de politesse , mais ne provient que d'un défaut de bonne éducation et de ce qu'on n'a pas l'esprit cultivé. On peut donc être rustique sans être grossier, et grossier sans être rustique.
C'est généralement dans la basse classe qu'on trouve des hommes rustiques, et dans toutes les autres qu'on trouve des hommes grossiers. On les reconnaît en ce que ceux-ci ont des manières désagréables, el ceux-là d< s manières choquantes ; les unes et les autres élant en rapport avec l'absence plus ou moins complète d'éducation. C'est pourquoi les personnes bien élevées fuient les gens grossiers et ne se lient jamais avec les rustiques.
SAGACITE (faculté). — « La sagacité est quelque autre idée el, en en même temps,
une d sposition qu'a l'esprit à trouver gile les appliquer comme il faut. » (Locke.)
piomp'emenl les idées moyennes qui mon- La sagacité, dit un métaphysicien , n'est
trenl la convenance ou la dissonance de que l'adresse avec laquelle on sait se retour-