SEC
pourra faire lire un instant à leurs dépens;
mais que peuvent contre eux des pointes
émoussées?
C'est à vous tous, qui avez de l'esprit, du sens et de la raison, à vous armer du fouet de la satire pour châtier les hommes qui, par passion ou par calcul, sèment de fausses dodrines ou se font les apologistes des vices qui nous infectent de toutes paris. Et quant aux personnes qui sont exposées aux coups de la satire, parce qu'elles ont une conscience assez pure et des principes assez élevés pour oser fronder les satiriques, le meilleur remède qu'elles ont contre leurs effets, sachons-le hien, c'est le silence : lui seul peut désarmer la satire.
SATISFACTION. Yoy. Contentement.
SCRUPULE, ScBiPtLEtx (défaut).— En théologie, le scrupule est une crainte non fondée de mal faire. A notre point de vue, le scrupule est un peiit doute qui nous empêche de nous déterminer entièrement à faire telle ou telle action, parce que sa bonté morale ne nous est pas encore assez connue. Quoiqu'il soit un défaut, il nait cependant d'un grand amour pour la probité, et de la politesse; mais alors à ces qualités se joint la fausseté de l'esprit.
Rien n'est plus insupportable que les âmes scrupuleuses : elles sont presque toujours chancelantes; un rien les empêche de faire le bien. C'est soiuent le vice des ignorants bien intentionnés : anc conscience timorée, jointe à l'ignorance, rend l'homme indécis dans ses déterminations et plus ou moins conlristé a|.rès l'exécution, le scrupule étant l'exagération d'une âme consciencieuse qui, parce qu'elle ignore, doute toujours et pèche par excès, toi/- Cohsciencibi \.
SECHERESSE défaut). — Les auteurs ont fait sécheresse synonyme d'iNSENSiniLiTÉ. l'or/. ce mot. Est-ce rationnel ? La solution de cette question est d'une si minime importante, que je me serais dispensé de la soulever, si je n'avais voulu faire remarquer que ces mômes auteurs ont admis qu'il y a une sécheresse du cœur, qui est un défaut de sentiment, et une sécheresse d'esprit, qui est une diselle d'idées; séi heivsses diverses, qui cependant ont l'une et l'autre la même cause , le vice des organes des sens qui ne sont nue faible» ment affectés des objets. (Xcuvillv.) Tour ma pari. j'a\oue que je ne compren la pas trop la sécheresse du cœur et la sécheresse d'eipi it.i i moins encore l'insensibilité de l'esprit. J'admets hien une sorte de stérilité d'esprit et de cœur, qui pourrait expliquer celle >i'chcressc dont ou les accuse; mais qu'à 'le commun cette stérilité avec l'inseosi De répandre un froid mortel dans le commerce de la société , surtout dans les < ui rages d'agrément. Soit; mais s'il est question d'une sécheresse cl d'une insensibilité qui,
loin d'être toujours une disposition uiln
relie, sont quelquefois l'effet de la maladie el du chagrin, je confesse arec humilité que je
m'y per is eni <n e.
Je laisse donc a ceux qui, n'étant pAI la>
SF.D
tisfails de mes observations, voudraient, après avoir défini la sécheresse, en donner uue idée plus complète, le snin de nous fixer sur des points qui m'ont paru trop peu importants pour m'y arrêter davantage.
SÉDUCTEUR, Séduction (vice). — On entend communément par séducteur celui qui, dans la seule vue de la volupté, tâche avec art de corrompre la vertu, en abusant de l'ignorance ou de la faiblesse d'une jeune personne.
Le séducteur, quand il est exercé, se montre ordinairement fort habile à user de la ruse, de la duplicité el du mensonge. Sbn langage est artificieux et séduisant, son regard gracieux el doux, ses promesses belles et trompeuses, ses sollicitations pressantes et persuasives; il menace de fuir ou de se détru:re, pour inspirer la crainte ou l'efftoi; il ^erse des larmes feintes, pousse des soupirs volontaires, affecte le trouble et la passion : il joue en un mot le sentiment. Mieux il le j >ue, mieux il entend la séduction : celle-ci n'étant que la mise en pratique des moyens que l'art de séduire enseigne au séducteur.
C'est pourquoi , afin qu'on n'ignore point les progrès que celui qui voudrait la séduire fera peu à peu sur l'esprit el le cœur d'une jeune personne qu'il désire corrompre et entraîner à sa perte, et surtout afin de la prémunir elle-même contre les dangers qu'elle court en prêtant l'oreille aux discours p issionnés et artificieux du séducteur, je lui dirai qu'à la familiarité des propos succède la licence des actions. Que si la pudeur encore farouche demande des ménagements qu'on lui accorde; si l'on n'ose se permettre que de petites liii ries; si l'on ne surprend d'abord que de légères faveurs, el forcées même en apparence, ces libertés, ces faveurs, enhardissent bientôt à en demander qui disposent à en laisser prendre, qui conduisent à en accorder de volontaires el de plus grandes. C'est ainsi que le cœur se corrompt, au milieu de privautés qui radoucissent, qui humanisent insensiblement la fierté, qui assoupissent la raison, qui enflamment le sang; c'est ainsi que la femme s'endort, qu'elle s'ensevelit dans des langueurs dangereuses, où enfin elle fait un malheureux naufrage.
Je lui dirai aussi que c'est principalement* quand arrive le premier âge des passions que la M'ducliou est plus à craindre pour la jeune Glle, tout son éire sentant à cet âge Comme un feu intérieur (fin l'anime et lui donne une nouvelle vie. Alors, ignorante 6t pure, sensible et crédule, elle reçu, i le avec
a\i lie toute parole qui peut la flatter; elle
détourne encore les yeux, brillants et humilies , d'un regard qu'elle sur pi end , el semble lui e\pri r le rai issemeol ; i Ile n'ose sourire à qui ose mendier sou sourire, fout en
elle décèle Sun innocence el sa i h astelé; mais aussi tout i ii elle exprime le désir el le besoin de plane et d'elle .uoiee.
C'est donc i ce moment surtout qu'il faut
veiller sur elle, la prémunir contre les dangers de la séduction, contre la léchcté de ce*