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morale; dispositions qui font nnilrc l'amour i!e la vertu, mais qui tiennent toujours quelque chose du tempérament. D'après ces considérations , la simplicité d'esprit est tantôt une vertu , tantôt un défaut, tandis que la simplicité du cœur serait constamment une tenu.
Il y a encore une simplicité dans les manières qui est une façon d'agir infiniment agréable pour tout le monde, parce qu'elle est éloignée de toute affectation. Elle est ordinairement la marque d'nn bon naturel, d'un caractère doux et facile, d'un esprit juste, et surtout de l'innocence et de la pureté de l'âme. La jeune fi le qui sait se faite remarquer par sa noble et naïve simplicité en reçoit un éclat qui l'embellit et nous charme d'autant plus , que la simplicité se présente toujours en la compagnie de la modestie et de la naïveté, ses deux aimables sœurs, dont elle ne se sépare jamais et avec lesquelles elle semble se confondre.
Résultat nécessaire de l'innocence et de la bonté, la simplicité est un bien nécessaire, car le commerce d'une ten tre affection doit être tout à la (ois bien doux , bien coulant, bien facile ; et, la simplicité de part et d'autre peut seule lui donner ce caractère. Deux cœurs qui s'unissent doivent s'aimer, s'estimer, se chérir; que l'un des deux veuille briller, éblouir, se faire valoir, il peut avoir, on le conçoit facilement, tout ce qu'il faut pour plaire quelques moments, pour séduire toujours ; mais ce sera au détriment de l'autre, et le lien qui les unissait se rompra. Il faut donc de la réciprocité ou une égale simplicité entre deux âmes qui veulent rester étroitement unies.
J'ai dit que la simplicité d'esprit consistait dans une facilité à tout croire, elqu'elle était parfois un défaut ; je dois ajouter que ce défaut est d'autant plus fâcheux qu'il peut nous faire faire des sottises cl nous perdre, et par exemple : Valérieo défait par les Perses en secourant Edesse , demande la paix. Sapor lui propose une entrevue, il l'accepte et demeure prisonnier d'an ennemi sans foi... Donc la simplicité nous conduit à mal. Elle n'est admirable qu'autant qu'elle est unie à la grandeur, autrement c'est l'allure d'un es prit borné. Valérien était un homme sincère; île même qu'il était un homme nul, ses vertus avaient le carac'èrc de la mé iocrilé. A chacun de. nous le désir, la volonté cl la force 'le les porter plus haut, par une étude attentive des hommes et des choses, et l'application des lumières que cette étude cl notre expérience fourniront à notre intelligence araioairement si bornée.
SINCL'KE, SiNci'itm': (vertu). — La sincérité n'est autre chose que l'KXFBBSSIOl m ia v&nnï:. Tout le monde s'accorde sur ce
point qu'on ne peut y manquer sans blesser
l'honneur, et une tout I une qui -e respecte
se montrera IOUJOUH sincère; et pourtant noua vivons dans un temps, nous sommes dans une époque où le mensonge , la dissiuulation et l'affectation sont si fort d la
mode, qu'on pourrait croire que la sincérité est un sentiment exagéré, outré, et par cela même excessivement rare. Hélas 1 ce n'es! que trop vrai : cependant, je me plais à le dire, il y a beaucoup d'exceptions à celte règle.
Du reste, ce qui en fait la rareté, c'est que la politesse nous impose ses lois, cl que nous sommessi gênés par elle dans le monde, qu'il est presque impossible d'être toujours sincère en parlant des autres en leur présence. Il n'y a qu'un homme fort vertueux et fort indépendant qui osât dire à chacun ce qu'il pense de lui. Tout le monde cherche la vérité , et personne ne veut l'entendre à ses dépens.
Ce n'est pas tout , la sincérité n'est une vertu que devant des gens qui ont du mérite ; et comme ces gens sont en minorité , il en résulte que cette vertu passe presque toujours pour être un défaut. Cela tient aussi à ce que l'ouverture du cœur qui la caractérise n'est pas commune, au lieu qu'il est fort ordinaire de voir employer une lino dissimulation pour inspirer la confiance. Ou se méfie tant aujourd'hui de charnu, qu'on ne croit gujre à une franchi; sincérité. Ouoi qu'il en soit, on ne saurait mettre Irop de sincérité dans le commerce de la vie; son utilité est indispensable dans les affaires. Elle en aide l'expédition , et attire une grande confiance à ceux qui la possèdent; c'est pourquoi on l'a comparée à un grand chemin uni cl battu , qui conduit plus tôt cl plus sûrement au giie, que ces sentiers détournes où l'on risque de s'égarer.
Toujours est-il que la sincérité est uee vertu dont il est facile d'apprécier le mente. Voy. Candeur. Mais nous devons observer qu'elle n'est pas toujours également méritante, et, par exemple , dans bien des cas, l'envie de parler de nous, et de faire voir nos défauts du côté que nous voulons bien les montrer, fait la plus grande partie de notre sincérité ( La Rochefoucauld). Or, comme dans ces cas , nous ne sommes sincères que pour dissimuler en lout ou en partie nos défauts , il en doit nécessairement résulter que c'est faire un mauvais usage de la sincérité. Mieux vaul donc se taire que d'en tirer ce mauvais parti ; ou si nous voulons absolument parler, que ce soit on imitant Epaminondaa , ce Lbébain qui se signala
par son équité Bl sa modération autant que
par ses victoires. On remarque qu'il avait pour règle de ne mentir jamais , même en riant.
SINGULIER, Bibsdj ibitb (défaut).— Toul
individu qui se fait remarquer par une affectation de mœurs, d'opinion, de manières d'à
gir ou de s'habiller contre les usages ordinaires, se distinguo par ■ i singulariléi Le mot tingulariti est généralement pris
en mauvaise part; et c'csl à cause de cela
i|ii" noua devons observer ;o e<- s "m les gens singuliers, aOn de découvrir si la singularité dont nu les accuse u'aurait pas quelque
■ liose de louable, ce ! bien do<