‹ Dictionnaire des facultés intellectuelles et affectives de l'âme où l'on traite des passions, des vertus, des vices, des défauts, etcChapitre 19 sur 251 · H0 AMO · texte numérisé non relu

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mêmes qualités pour nous en faire un mérite, les animaux les plus féroces, n'ont pas hc-

elle constitue Vamnur-propre. soin de nos traités de morale pour apprendre

Se concentrc-t-elle enfin , dans l'individu, a aimer leurs petits, a les nourrir, a les ele-

de telle sorte qu'elle le rende continuelle- ver, à veiller sur eus jusqu'à ce qu'ils puis-

ment attentif à sa conservation, à ses bc- sent se. passer de leurs soins. Mais tandis

soins à ses intérêts matériels , à son non- que, chez l'animal, le rôle de père et de

neur à sa réputation, elle constitue l'amour mère (mit du moment ou leurs petits peuvent

de soi-même...., etc. se suffire , dans les êtres raisonnables, an

Donc le mol amour seul, isolé, ne signifie contraire, quand leur âme n'est pas distraite

autre chose que : sentiment vif cl passionné, du plus doux des sentiments par les sopbis-

En ce sens il se rapporte généralement et mes d'une raison capricieuse , le rôle de la

s'applique également à toutes les espèces paternité et de la maternité répond toujours

d'amour; ce qui oblige, je le répète, à le faire au vœu du Créateur comme chez les ani-

suivre de telle ou telle des qualifications sus- maux , mais , h m de s'éteindre comme il

mentionnées si Ton veut qu'il ait une signi- s'éteint en c<\ . l'amour de la famille se

fii Mion réelle, et j.osiiive. Disons quelques fortifie en vieillissant et dure toute la vie.

mots de chaque sorte d'amour. Ainsi, dans les ménages dirigés par la

même conformité de goûts, d humeur, de

1° AMOUR DE LA FAMILLE. caractère , par un égal degré de tendresse et

A. Amoch patirnel et aiuocr jiATEUXEL de raison , chacun des époux doit participer,

( sentiments naturels ).— L'amour de la pa- s Ion -es facultés et ses moyens , à l'éduca-

ternité et l'amour de la maternité ne sont pas, lion des enfants que le ciel leur envoie ; et

à proprement parler, une passion : ils peu- si, dès que le nouveau-né a vu le jour , sa

vent le devenir et le deviennent le plus sou- mère le nourrit .le son propre lait, le g iran-

vent, mais non généralement. Inné chez tous lit de lout accident, veille auprès de son

les êtres créés , sans exception aucune, ce berceau ; et croit qu'il n'y a pas dans la vie

sentiment s'accroît dans l'homme et dans la des instants mieux remplis que ceux qu'elle

femme par les jouissances qu'il leur pro- consacre à ces importantes et douces occu-

cure, et ne s'affaiblit pas, malgré les inquié- palions ; de son côté, le père la seconde de

ludes et les ennuis qui l'accompagnent quel.- son mieux, et à mesure que l'enfant se dé-

quefois. veloppcj il se joint à la mère | our orner

Et pourtant, il suffit que ce se liment, son esprit et former son cœur,

lout naturel qu'il est , puisse , sans pour Revenons sur chacun des poids que je,

cela s'éteindre, s'affaiblira ce pont qu'il n'ai fait qu'indiquer sommairement , aGn de

laisse les parents froids, indifférents, sur leur donner quelques nouveaux développe*

l'avenir de leurs enfants; ou les exalte de inen's.

(elle sorte, qu'ils s'aveuglenl sur certains de I. Dans l'amour des parent- pour leurs

leurs défauts qu'ils n'aperçoivent pas, ou enfants, il y a incontestablement , je dois le

qu'ils tolèrent par faiblesse, sans s'inquiéter redire, un instinct naturel qui vient du sang

d'ailleurs de l'influence que cette conduite et des liens de la chair, puisque les animaux

peut exercer sur la destinée de chacun d'eux, sont susceptibles de celle affection , cl l'e-

pour que le moraliste intervienne au milieu prouvent même à un ha t degré. Il y a donc

de la famille et dicte au père et à la mère le un amour de la chair, des affections du

rôle qu'ils doivent ri mp ir. i •, une tendresse animale , comme s'e\-

Uemplironl-ils , en effet , l'un , ies devoirs | rime M. l'abbé Hautain , et si celle es; ir ■

de la.p iteruiié, l'autre, ceux que la maternité d'amour domine dans la famille humaine,

impose, s'ils n'en connaissent ions deux la l'enfant sera aimé , soigné , élevé comme lu

nature et l'étendue? Et doit-on les laisser petit de la béte , c'est-à-dire en vue de son

suivre les impulsions de leur cœur? Non, développement i«l de sou bien-être physiques

car dans bich d s parents le cœur n'est que et de la manière la plus défavorable a la

souillure ou faiblesse , et il faut le purifier croissance intellectuelle et morale. Tout

ou le fortifier. sera pour le corps, l'Ame et l'esprit seront

A la vérité, tout ce qui se rattache à l'énu- oubli s ou mis en arrière. En effet, on n'é-

méralion des devoirs que les pères cl mères lève l'âme el l'esprit qu'en matant l'homme

doivent remplir à l'égard île leurs enfants, animal pour le discipliner, en le contrariant

serait beaucoup mieux placé dais un article dans ses penchants, le réglant dans ses

i l'éducation, dont il ferait le sujet el la besoins, le bornant dans ses exigences, lui

matière; mais comme n I) clionuairc roule imp sanl des pi i\ allons el des fatigues, afin

tout entier sur l'éducation elle même, cl du favoriser le développemenl psychique;

qte'il ne doit pas y avoir, par conséquent, un en un moi, en lui faisant une opposition,

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