‹ Dictionnaire des facultés intellectuelles et affectives de l'âme où l'on traite des passions, des vertus, des vices, des défauts, etcChapitre 191 sur 251 · J3 SOC f-OC · texte numérisé non relu

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ccrt. Aussi les cœurs généreux trouvent-ils lui, un plaisir d'un tout autre genre (si l'< ri la s.ilisfaction la plus pure à faire du bien peutappelereela un plaisir), plaisir supérieur aux autres hommes, parce qu'ils ne font en à tous ces ravissements tumultueux dont les cela que suivre leurs inclinations naturelles. esclaves des sens sont enivré*. Il méconnaît Remarquez que quelques auteurs anciens donc tous les avantages qu'il pourrait retirer avaient cru devoir confondre comme syno- de la pratique de ces vertus, ignorant, le nymes, la sociabilité et l'amabilité: de nos malheureux, qu'elles se mêlent avec tous jnurs on pense tout le contraire, et l'on a nos autres penchants ; qu'elles dominent raison, les qualités de l'homme sociable ne dans toutes nos affections; que le chagrin pouvant s'allier avec les défauts de certains ne peut les corrrompre; que les satisfactions hommes dits aimables qui, pour la plupart, sensuelles ne peuvent les obscurcir , et sont ce qu'il y a tic plus opposé à la sociabi- qu'une fois bien développées, elles sont d'un lité. On peut bien les tolérer dans le monde, bien grand secours p >ur nous rendre agréamais ce n'est pas un molif pour qu'ils y ble et léger le fardeau de la vie. soient à leur place. Cela est si vrai que gé- « Les vertus sociales, dit Hume, ont une néralcmenl sitôt qu'une personne sensée beauté naturelle qui nous les rend chères, et comme il faut découvre ces défauts chez des qui, indépendamment de tout précepte et de individus en qui elle ne les soupçonnait pas, toute éducation, les rend agréables, et captive elle rompt ou évite toute liaison qui établi- l'affectiou des hommes les plus grossiers. rail avec eux des rapports qui nécessitent Comme l'utilité de ces vertus est ce qui fait ces attentions et ces prévenances qui font ie leur mérite , il faut que ce but auquel elles charme de la société et excluent nécessaire- tendent nous plaise, soit par la considération ment les habitudes contraires. de notre propre intérêt, soit par un motif

J'ai dit que la volontéduCréaleur a été que plus généreux et plus élevé. »

les hommes vécussent en société : la preuve, Quiconque donc a contracté une élroite

c'est qu'il les a dotés de ceHc attraction sym- liaison avec la société, et qui, par consé-

pathique qui les invile à s'unir par des liens quent , a senti l'impossibilité de subsister

que rien n'est plus capable de briser , je isolé, doit suivre les habitudes qui coucou-

veux dire par l'affection autant que par Pin- rent à conserver l'ordre social et assurer à

térêt et par le besoin mutuel qu'ils ont les tous les hommes la jouissance paisible des

uns des autres. Ainsi personne ne peut biens qui en résultent; c'est-à-dire que nous

être heureux, ni s'enrichir de soi-même ; il devons estimer la pratique de la justice et de

faut qu'il établisse certaines liaisons et cer- l'humanité, à proportion du cas que nous

tain commerce avpc ses semblables; autre- faisons de notre propre bonheur; ces vertus

ment il est impossible qu'il puisse se procu- seules pouvant maintenir la confédération

rer les choses les plus nécessaires. qui constitue la société, et faire accueillir à

H y a un autre commerce plus On et plus chacun les avantages de la protection et de

délicat ; ce sont les marques d'eslime que les l'assistance mutuelle.

hommes se donnent mutuellement, et les Heureux, en conséquence, lemortel pourvu secours, en cas de besoin, soit d'argent ou de vertus sociales! H est toujours content de bon conseil. Ce dernier commerce fait qu'on lui-même, il porte la paix et le plaisir dans se lie avec les gens qu'on aime le moins , et tous les cœurs. On chérit et l'on recherche qu'on a souvent recours à ceux qu'on déteste son commerce, parce qu'il ne b^se l'aie plus. On sacrifie continuellement à un mour-propre de personne; et par ce moyen, plus grand intérêt. C'est pourquoi le sage ne il s'acquiert l'estime et l'amitié de tous. Les demeure jamais dans une tranquille indiffé- méchants mômes s'empressent de jouir île rence, et loin de se contenter de déplorer sa société, et ne peuvent lui refuser leur esles misères du genre humain, il emploe son lime; car plus nous sommes vicieux et plus temps à les secourir. Il se livre sans réserve nous aimons la vertu dans les autres. En à cette austère philosophie qui le met au- effet, pourquoi n'aimerions-nous pas l'indessus de tous les accidents , tandis que dulgence? Elle est toute disposée à pardonl'homme qui n'est point sage s'abandonne à ner nos fautes. Pourquoi n'aimerions-nous celle philosophie bâtarde qui rend le cœur pas l'humilité? Elle ne ne nous dispute rien, dur, l'empêche de travailler au bien de ses cl cède à loutes nos prétentions. Pourquoi semblables et aux intérêts de la sociélé, et le n'aimerions-nous pas la justice? Elle défend fait s'abîmer dans une sombre apathie qui nos droits, et nous rend ce qui nous apparne s'accorde jamais ni avec la vraie sagesso lient. Pourquoi n'aimerions-nous pas la li- 11 i avec la vraie félicité. Cela tient aussi à béralité? Elle donne, et ne saurait donc dél'attrait puissant des affections sociales, l'af- plaire à un avare. Pourquoi n'aimerionsfabililé, l'amitié, la bienveillance, la complai- nous pas la tempérance? Elle respecte notre sauce, la charité, la douceur, la modestie, la honneur et n'en veut point à nos légitimes politesse, etc. Ces affections si naturelles, plaisirs. Pourquoi enfin n'aimerions-nous si vertueuses, si douces, qu'elles gagnent pas l'humanité, la bienveillance, la modestous les cœurs, agissent avec trop peu de force lie, la sincérité? Elles ne font que du bien... sur lesien pour qu'il puisseen goûter les dou- Or, puisque la pratique de ces vertus no ceurs et suivre leurs inspirations. Dès lors, p"Ut qu'être utile à ceux qui sont attaqués dans le temps même où bien d'autres ont des des vices qui leur sont opposés, il faut donc larmes à donner au malheur de leurs amis, savoir en faire usage, de leur patrie, du çenre humain, il goûte, Mais quelque avantageuses qu'elles soient

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