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ni général, et la sociabilité en particulier, il chefoucauld, qu'il n'y a pas de sots plus inné faillirait pas cependant que celle-ci, pas commmodes que ceux qui ont de l'esprit, plus que les autres, fût portée jamais jusqu'à Cette classe de sois est fort rare; et général'exagération ; je veux dire que le désir d'ac- lement on n'a affaire qu'à ces sots que ïrucoraplir les desseins de Dieu ne doit pas bletappelle complets. Pour lui, le sot complet nous faire rechercher toutes sortes de gens, est un homme tout uni, et comme on dit tout ou nous laisser entraîner à vivre en société d'une pièce. Il est ce qu'il est, ce que la naavec tout le monde : la sociabilité ayant des ture l'a fait : il n'affecte rien, ne se pique de règles dont il est sage de ne pas se départir, rien; il est automate, machine, ressort, et Ainsi il ne faut jamais fréquenter que de par conséquent ennuyeux, pesant, désabons esprits, vu que leur entretien est une gréable; mais à proprement parler il n'est école où l'on peut apprendre avec plaisir ce point ridicule, ou du moins il n'est point qu'ils ont appris avec peine. Du reste, le risiblc.
premier devoir de la vie civile est de songer j-aj dU que le sot était ainsi fait, que rien
à autrui. Ceux qui s'éloignent de ce principe „e saurait le corriger ; ce n'est pas une rai-
rl qui ne vivent que pour eux, tombent dans Bon je ne point tenter par tous les moyens
le mépris et l'abandon; et puis, quand ils possibles, et surtout par des ménagements
veulent exiger quelque chose des autres, on adroits, de modifier son caractère et de di-
leur refuse toui, amitié, sentiments, servi- minuer sa sottise. Mais si on n'y parvient pas,
ces. Et pourtant la vie civile est un corn- j| ne faut pr)jnl |e plaindre, car le sol a un
merce d'offices muiuels, où le plus honnête [,-ès-grand avantage sur les hommes, mê-
y met davantage, et où chacun, en songeant lne [es pius capables; il est toujours con-
au bonheur des autres, assure le sien; où lent de lui. Ennuie-t-il les gens? il ne le
c'est habileté que de penser et d'agir ainsi : cr„jt pas ; a t j] aos ridicules? il ne les con-
el où pourtant tout le mon le ne s'acquitte naît pas. Pourquoi cela? parce que le don le
pis avec la môme exactitude de la tâche que pius précieux que la nature ait fait aux sots,
les devoirs sociaux lui imposent. Celte con- c'est l'amour - propre. Il les empécho de
clusion est d'autant plus vraie, et il est senljr je désagrément de leur état ; et il est
d'aulant plus nécessaire de l'avoir toujours (crtain que si l'orgueil les rend ridicules, il
présente à l'esprit, qu'il n'y a pas de gens |cs rend aussi plus heureux qu'ils ne le se-
plus à charge dans la société, que ceux qui raient, s'ils sentaient toute la faiblesse de leur
ne savent les bienséances qu'à demi; ils lont génie.
lonjours désirer de pouvoir trouver des c,fiS, cc,a ,un ,)omme d, ., „ ,
hommes plus complets. )lcvr;iit JrMque j;lm'.lis contredire un sot ; il
SOT, Sottise (défaut). — Celui qui n'a pas l'irrite sans l'instruire: le sot ne mérite pas
assez d'esprit pour être fat est un sot; par t|'étre contredit. Le dépit que les discours
conséquent, pris dans un sens aggravant, le ue8 sols causent à un homme d'esprit est
terme sot n'indique pas seulement un défaut, une p,ire faiblesse. (.17. /.. Trublet.)
mais porte avec lui l'idée d'un vice de carac- Règle générale: les sols sont sensibles aux
1ère ou d'éducation. Ce vice est même d'au- mépris ; cela est naturel. Ils le sont ordinai-
lant plus fâcheux pour le sot, que malgré les rement plus que les gens d'esprit; ils doi
meilleurs conseils elles leçons les plus ins- Venl l'être : ils haïssent ceux dont ils sont
trnciives qu'on pourrait lui donner, il n'en méprisés; cela est naturel encore. Ils croienl
profitera pas, la nature lui ayant refuse facilement qu'on les méprise; ils se rendent
l'aptitude nécessaire. C'est pourquoi il ne se justice. Ils imputent à orgueil ce prétendu
lire jamais du ridicule. Cela tient également mépris ; cola est également injuste et bi-
à quclquechose de fort singulier : c'est que, zarre.
bien qu'il soit toujours embarrassé de sa uesic que lcs so(s soupçonnent el nepersonne, et qu'il devrait par conséquent rusent aisément d'orgueil un homme d'esrester à l'écart et tranquille.il veut nean- prji. ,.t souvent cYsi à torl que quelquemoins toujours se mettre en évidence el pa- r,,;s iis lui imputent ce \ice sans aucun l'onraîlre quelque chose. Il veut parler quand il dément, el de mauvaise foi, pai milice el devrait se taire : aussi ne dil-il ou ne fait-il par envie; qu'ils cherchent à se v nger d'un jamais que des sottises. meule qui leur est odieux eu le rendant
Dureste.il est très-facile de reconnaître odi u\ aux autres; que quelquefois aussi un sot dès son entrée d.ms un salon ; car tout I turs soup ;oug sont ion les sur des apparence qu'il fait a un cachet qui lui est particulier; ces bien Légères, el leurs accusations siuil ne salue pas, il ne marche pas, il ne s'assied cères, quoique injustes. De là vient qu'un pas comme un homme bien élevé, m même homme d'ospril n'est presque jamais de l'avis comme un homme ordinaire, et encore des sols ; ou, s'il pense comme eux, c'est par moins comme un homme d'esprit. Ce n'est d'autres raisons. Souvent il méprisa UU il pas, je me hâte de le dire, qu'on ne puisse blâme ce qu'ils estiment et ce qu'ils opprouéire sot avec beaucoup d'esprit, mais c'est vent; or, cette conduite a un air d'orgueil , l'exception; et ce qu'il y a de remarquable surtout si l'homme d'esprit, ami du vrai el dans cette exception, c'est, comme l'a fait ennemi du faux, à proportion, témoigne ses remarquer Suard, qu'un soi savant est en- seuliuieuls avec trop de franchise al de. vicore plus sol qu'un sut ignorant, d'où non, vacilé. t^t veuu sans doute celte ujaiimc de la Ro- Bref, comme le sut n'a pas nsscs d'esi rii
pour comprendre l'homme d'esprit, mieux v;iul que celui-ci l'ignore que Je l'humilier.
SOUCIS, Soucieux (sentiment). — Etre soucieux, c'est être tourmenté par une fà- < lieuse sollicitude, une inquiétude d'esprit, une mélancolie dévorante , en un mot, p;ir une situation morale désagréable qui rend l'âme mécontente. Dès lurs, l'idée d'Horace qui fait voltiger les soucis dans les appartements des grands,
Cura; laqueala circum tecta volantes,
doit paraître fort ingén;euse el empreinte de h •aucoup de vérité; car un seigneur riche et puissant a d'ordinaire le cœur flétri par les soucis les plus amers. C'est probablement celte remarque qui a fait dire à Lucrèce: « Les soucis et les craintes ne respectent ni le bruit des arme;;, ni la fureur des traits. » Il s'en faut de beaucoup; c'est là précisément que les soucis se plaisent : ils se plaisent surtout dans le cœur des princes; et l'éclat de l'or et de la pompe qui les environne ne sert qu'à les y fixer davantage. Un philosophe grec, persuadé avec raison que les soucis environnent préférablement les grands, disait : « Les soucis sont toujours bien logés. » Je suis complètement de son avis : mais comme il n'est pas de règles sans exception, j'avouerai avec douleur que depuis que, par les progrès de la civilisation, le luxe ou la débauche, et quelquefois tous les deux de compagnie, se sont introduits dans l'atelier de l'artisan, la cabane du pécheur ei la mansarde de l'ouvrier, les soucis viennent s'asseoir au chevet du malheureux qui, sans force et sans pain, est en proie à toutes les agitations de la misère et du désespoir I Qu'il y a loin de là à la vie de l'artisan, du pécheur, de l'ouvrier, sages, rangés , ayant une fortune médiocre, ou gagnant honorablement de quoi suffire à leurs besoins, qui, sans passions comme sans désirs insensés, coulent des jours sereins et tranquilles , exempts d'inquiétude, parce qu'ils sont heureux du présent et confiants dans l'avenir 1 Quoi qu'il en soit, sachons que les soucis naissent voit de la gêne où nous nous trouvons, soit de l'affaiblissement de nos forces, soit de la maladie, de l'incertitude où chacun de nous peut être sur ce qu'il sera aujourd'hui même, demain, dans quelques mois, dans quelques années ; je veux dire sur le sort qui lui est réservé, non-seulement comme individu et personnellement, mais encore, et surtout comme citoyen, comme époux, comme père, comme ami; car, je le demande, est-il un seul homme qui ne suit soucieux de son lendemain? Non ; et quelle que soit sa confiance en Dieu, en les hommes auxquels il confie sa destinée, en lui-même et les siens, s'il a sa raison, il sera soucieux. Etre soucieux n'est donc pas un défaut : c'est une faculté de l'âme très- familière aux riches, qui, parce qu'ils ont tout à souhait, sont journellement visités par les soucis qui, eux, se plaisent surtout dans les salons dorés. S'ils visitent parfois déplus humbles Je-
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meures, c'est que les personnes qui les habitent sont accablées par l'âge ou les infirmités et bercées par une espérance qui, si elle ne les abandonne pas, peut être trompeuse. Mais comme chez les ouvriers les soucis sont proportionnés aux bes >ins qu'ils se sont créés, mieux vaut, dans les premières années de l'existence, les habituer à une vie sobre, frugale, réglée, la seule qui puisse éloigner de leurs toits ces souris cuisants qui seuls peuvent les inquiéter. Je ne parle pas de ces esprits inquiets et malades qui, possesseurs d'une brillante fortune, jouissant de la santé la plus florissante, habitant ces hôtels somptueux, servis par des domestiques dévoués et intelligents, entourés d'une famille nombreuse et vertueuse, se créent cependant des soucis qui troublent leur repos et agitent leur âme. Chez eux, les soucis qui les minent tiennent à une disposition physique ou morale qu'il faudrait lâcher de découvrir ; car si on ne remonte à leur cause, jamais on ne les chassera d'un esprit malade. Je doute même que, la cause connue, on parvienne un jour à les guérir. Cela ne doit pas nous empêcher d'agir dans ce but avec confiance, alors surtout que : Tenlare non nocet
POUPLE, Souplesse (qualité). — On a défini la souplesse cette heureuse disposition de l'esprit qui permet à certains hommes de s'accommoder aux conjectures et aux événements imprévus. A l'aide de celte faculté, c'est-à-dire de la docilité qui la caraclérise, il leur devient facile d'éviter les obstacles, de se maintenir dans les faveurs, ou, si l'adversité les frappe, elle pourra les courber sous sa main sans les briser. Sachons maintenir notre esprit dans cette heureuse disposition : elle peut contribuer à notre bonheur.
STUPIDE, Stupidité (défaut). —Stupidité : sorte de sottise, assoupissement de l'esprit , qui vient d'un défaut de sentiment. Ce défaut peut tenir à l'une des deux causes suivantes, savoir: 1" à un manque d'éducation ; 2" à un vice de l'organisation qui se caraclérise par un état de démence pi imitiveou secondaire, comme à la suite des accès longtemps et souvent répétés d'épilepsie, avec perte plus ou moins complète des facultés intellectuelles el affections de l'âme, ainsi que celle des instincts et des mouvements. Dans le premier cas, on peut la guérir par une instruction solide unie à la fiéqueutaiion de la bonne société ; mais rien ne la guérit dans le second.
SUFFISANCE (défaut). — On se serf du mot Suffisant, pour exprimer qu'un individu est tellement rempli de lui-même, qu'il croit n'avoir besoin de personne ni de rien ; c'est un homme qui se suffit. De là un contentement de soi, plein de quiétude, un repos de complaisance dans la conviction de ses mérites, qui lui donne l'assurance de trancher sur toutes choses sans la moindre hésitation, parce qu'il croit avoir en lui la mesure de ce qui est bien, vrai et beau ; c'est pourquoi il n'a de confiance qu'en ses jugements, et l'opinion des autres n'a point ac<
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dans son esprit. La suffisance naîl donc de la présomption et souvent aussi de l'ignorance; mais de quelque cause qu'elle provienne, elle est également condamnable et peu tolérée dans la société où l'individu est traité d'iNsi pportable, en ce qu'il blesse les égards, qu'on se doit réciproquement, par son Ion déridé. Il importe donc de remédier à l'une et à l'autre de ces causés, rien n'étant plus pénible pour l'homme sage que de voir certains individus devenir un objet de moquerie et de dédain, par le (on suffisant qu'ils affectent.
SUPERSTITIEUX, Superstition ( sentiment). — La superstition est une fausse religion, c'est-à-dire une dévotion à des pratiques va nés que la religion elle-même réprouve. Tout nous in vile à être pieux ;mais ce serait manquer de sagesse et mal comprendre nos devoirs religieux que de tomber dans la superstition. Relir/erttrm esse oportet, religio>um ne[as.(Aulu-Gelle.) En effet, la superstition est un culte de religion, faux, mal dirigé, plein de vaines terreurs contraires à la raison et aux «aines idées qu'on doit avoir de l'Etre suprême. Ce qui en fait la fausseté, c'est qu'elle comprend un autre ordre de croyances ; c'esl-à- lire que toute en dehors du domaine de la religion, elle s'attache à cette espèce d'enchantement on de pouvoir magique que la crainte exercesur no re âme; eu, si vous l'aimez mieux, que, fille malheureuse de l'imagination, elle emploie, pour la frapper, les spectres, les songes cl les visions. .< C'est elle, dit Bacon, qui a forgé ces idoles du vulgaire, ces génies invisibles, ces jours de bonheur ou de malheur, les traits invincibles de la haine. Elle accable l'esprit, principalement dans la maladie ou dans l'adversité ; elle change la bonne discipline et les coutumes vénérables, en momeries et en cérémonies superficielles. Dès qu'elle a jeté de profondes racines, dans quelque religion que ce soit, bonne ou mauvaise, elle est capable d'éleiiidre les lumières naturelles, et «le troub'cr les tètes les plus saines. Enfin, c'est le plus terrible fléau de l'humanité. L'athéisme même (c'est tout dire) ne détruit point cependant les sentiments naturels, ne I 01 ie aucune atteinte aux lois ni aux mœurs du peuple; mais la superstition est un hran despotique, qui fait tout céder à ses chimères. Ses préjugés sont supérieurs à tous les autres préjugés. Un athée est intéressé à la Iranquillilé publique, par l'amour de son propre repos; mais la superstition fanatique, née du trouble de l'imagination, renverse les empires. » Avant de passer outre je dois faire remarquer que, dans cette citation ainsi que dans celles qui suivent, nous ne donnons au mol superstition que son vrai sens de prati* ques anti-religieuses.
Nous avons admis deux sortes de superstitions, une superstition rrliijicusr qui liait plus particulièrement de l'ignorance ou de la peur qui 'jii que le superstitieui déteste les hommes connue pervers et redoute Dieu
comme un lyran ; et la su| erslition que j'appellerai tomponée, parce que, par opposition
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à la superslition religieuse qui est unique, elle se porte sur des objets divers non religieux. Elles proviennent plus volontiers d'une faiblesse d'esprit qui, si elle n'est pas l'ignorance, peut néanmoins s'y associer.
Ainsi l'une et l'autre superstition ont à peu près la même origine, c'est-à-dire que le plus souvent, quand l'intelligence des enfants s'agrandit et se meuble, les parents, le précepteur, les domestiques, au lieu de leur former le jugemeel et la raison, entretiennent ces frêles créatures de conles fantastiques qui 1 îs frappent d ■ vaines terreurs et laissent de si fortes impressions sur leur esprit, alors si facile à impressionner, que, devenus hommes, et parfois hommes fort rapables. ils croient encore à ces contes, et ont de la peine à se débarrasser de ces slupides croyances, s'ils s'en débarrassent jamais.
Si on examine sagement chacune de ces superstitions, on reconnaît que la superstition religieuse a beaucoup de rapports avec l'idolâtrie; elle en est toujours la conséquence, et elle y conduit souvent. Elle consiste, comme son nom l'indique, à rester à la superficie dans les choses religieuses, accordant une grande importance à ce qui est de pure forme, sans aller au fond et pénétrer jusqu'à l'esprit. La préoccupation de l'accessoire, de l'extérieur, fait perdre de vue ce qui est essentiel et interne. Uien n'est plus opposé à la vraie piété, au culte du cœur, à l'adoration en esprit et en vérité. On néglige la parole divine et les vrais enseignements delà religion pour d*s traditions vaines; la vraie croyance s'altère, la foi se corrompt, en s'atlachant à des choses naïurelles qui usurpent dans le cœur de l'homme la confiance due à Dieu.
Celle direction est très-dangereuse; elle habitue les hommes à se payer de mois, un formes , de pratiques vaines et purement extérieures. Us nettoyenl les dehors des vases et laissent l'impureté nu-dedans. La religion devient alors une simple formalité, et comme elle ne porte pas à l'amendement et au perfectionnement , parée qu'elle consiste tout entière dans ces vaines observances, il arrive Irop souvent qu'un dehors de religiosité sert de manteau au vice, qui grandit sous sa protection et se satisfait plus a l'aise sous son égide. La superstition est encore plus déplorable quand les choses employées par la crédulité n'ont d'autre rapport avec la parole divine que celui qu'y niellent 1 imagination el la passion, comme les amulettes, les talismans, les charmes, les incantations et tout ce qui y ressemble. Nous pouvons donc conclure que la superslition est ce qu'il y a de plus contraire à l'accomplissement des devoirs religieux, car elle porte à fausser le culte de Dieu, qu'elle honore seulement des lèvres, par le dehors , par des simulacres de
pieie, on mémo par des choses indignes de
lui, tandis qu'elle ruine le véritable eulle, le OU Ile de l'âme el de l'amour, le culte près
cri t par la religion.
Reste qu'il n'y a rien île plus contraire à la
vraie piété que la superstition; et commecolle~