‹ Dictionnaire des facultés intellectuelles et affectives de l'âme où l'on traite des passions, des vertus, des vices, des défauts, etcChapitre 193 sur 251 · SUP · texte numérisé non relu

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ci prend quelquefois le manteau de celle-là, il faut s'en défier et la repousser ; car la religion honore Dieu et fait le. bonheur de l'homme, au lieu que la superstition, injurieuse à l'Etre suprême, est le crime d'une âme faible. El comme nous avons tous quelque penchant à ce malheureux vice (qui vient des préjuges et de l'ignorance), nous devons êtie en garde soit contre nous-mêmes qui naissons faibles, ignorants, cl ouvrons facilement nos cœurs aux. choses qui frappent fortement l'imagination, soit contre ceux qui profitent de nos dispositions mauvaises pour fausser notre jugement. Pour éviter un si grand malheur, ayons donc sans cesse présentes à l'esprit les maximes suivantes:

La superstition, cette folle erreur, craint ceux qu'elle devrait aimer, tourmente ceux qu'elle aime: c'est la maladie d'un esprit pusillanime. (Sénèque.) 11 n'a pas un instant de calme, celui dont la superstition s'est emparée. Varron dit que l'homme religieux respecte Dieu, que le superstitieux le redoute. (Cicéron.) Les barbares sont naturellement portés à la superstition. [Plutarque.) Pour régir la multitude, rien n'est plus efficace que la superstition. (Quinte-Ciuce.)

Enfin, je pourrais citer plusieurs exemples pour prouver combien sont funestes les terreurs superstitieuses que l'on fait aux enfants, et nombre d'autres exemples de personnes adultes qui ont été victimes de ces idées mal fondées, dont on les a malheureusement entretenues dans leur bas âge, mais je me bornerai au fait qu'on va lire.

Kn 1716, le maréchal de Montrevel dînait chez le duc de Biron. Une salière ayant été renversée par mégarde, et le maréchal s'en étant aperçu, il s écria : Je suis perdu! Aussitôt après la fièvre le saisit, et il expira le quatrième jour.

Conclusion. Nous avons admis deux sortes de superstitions : laissant de côté la superstition religieuse que tout le monde condamne, nous dirons de l'autre, avec le chancelier de Y'érulam, « qu'elle forge au vulgaire toutes ces idoles, tous ces génies, ces jours de bonheur et de malheur, ces traits invincibles de 1 amour ou de la haine. » Ajoutons: Ces charmes, ces prestiges enchanteurs, ces influences des nombres et des astres, ces présages néfastes, etc., qui font de l'homme une femmeleite niaise, toujours agitée , toujours en alarmes, jamais calme et tranquille, superstitieuse enfin. Celle-là, avons-nous dit, c'est la superstition composée. Sans doute celle dernière espèce de superstition est moins déplorable que la superstition du fanatisme religieux; cependant elle a beaucoup d'inconvénients. Ainsi, 1° l'homme superstitieux ayant un faux jugement, ne voit rien dans la nature, parce qu'il est toujours hors des rapports de la nature; il n'est que dans un inonde imaginaire. De là vient que la superstition ne veut même voir que le faux. Elle se refuse toujours au bon sens, parce qu'il n'a rien de merveilleux; et le merveilleux est seul ce qui l'intéresse, parce qu'il ue faut pour le croire que la seule volonté,

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le vouloir; et que celle crédulité esl toujours plus commode que les recherches qu'il faut faire pour s'assurer de la vérité. 2° Plus on ignore le monde corporel, mieux ou prétend connaître le spirituel. Les contes de revenants et de sorciers ne sont nés que de cet abus; el l'ignorance des lois de l'économie animale et de celle de la nature a enfanté tous les remèdes superstitieux qu'on nous a vantés comme des spécifiques, et aux propriétés surprenantes desquels bien des gens croient sincèrement. D'où vient cela? de ce qu'on ne se pénètre point assez de celte vérité, qu'il est bien plus aisé de donner un nom barbare à un spécifique universel que d'en asservir un immédiatement à la nature d'une maladie. Un superstitieux pend si facilement le. long de la cuisse un crapaud desséché, ou un morceau de sureau cueilli en tel temps ! Il garde, il esl vrai, sa maladie avec son spécifique, et pourtant, dans sasimp icité d'enfant, l'influence de tel génie prédominant en tel temps, dans tel astre, dans telle position du ciel, devait donner une vertu guérissable à ce crapaud et à ce bois.

A ce propos, Bocri haave dit qu'il est étonnant el même honteux de voir les folies que les chimistes ont tirées des fables, de la superstition, de l'ignorance et de ia démence même, qui se trouvent dans les écrits de Paracelse, de Vanhelmonl el de leurs sectaleuis : car personne n'a jamais été moins en étal d'observer les maladies que ces rêveurs qui n'ont jamais eu que des idées fausses de l'économie animale.

Avec Je progrès des lumières, sommesnous devenus plus sages? hélas 1 non : l'empire de la superstition existe encore partout. Sans doute on esl revenu des prestiges de la divination, de l'astrologie et de bien d'autres abus de celte nature; mais n'avons-nous pas une nouvelle sorte d'aruspices ? n'avonsnous pas les somnambules pour remplacer les devins? oui, nous avons tout cela, el s'il est quelque chose qui m'étonne, c est que, dans un pays civiiise comme la France, dans une population éclairée comme la population parisienne, il y ail encore tant de superstitieux. H est vrai que la plupart des gens sont crédules pour les contes que leur débitent messieurs teisou tels, sans s'imaginer que h ur confiance aveugle esl de la superstition, pour la paroled'un imposteur. Il esl vrai qu'ils sonl superstitieux sans le savoir, tout comme M. Jourdain qui, sans le savoir, faisait de la prose: mais s'il est vrai qu'ils l'ignorent, il serait à désirer qu'ils voulussent s'éclairer; ils reconnaîtraient alors que les prétendus guérisseurs par des moyens non naturel, ou peu rationnels sonl des faiseurs de dupes, ou en d'autres termes, que nos prétendus guérisseurs modernes, s'ils ressemblent aux anciens quant à l'ignorance qu'ils avaient des maladies, en diffèrent par un ptus mauvais côté encore ; c'est que les imposteurs de nos jours pèchent par calcul. Pourvu que les coules qu'ils débitent el les promesses qu'ils foui leur rapportent quelque chose, que leur importe l'humanité? En définitive, on croit au-

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jourd'hui comme oncroyait autrefois, preuve zèle indiscret introduit, sans attendre que

que le peuple est toujours peuple. l'Eglise les approuve.

Et si, des sciences médicales nous pénétrons le vrai moJen de ,euf apprendre ce qu'il

dans la vie sociale, que d'absurdités n'y ver- rallt Pcnser 'a-dessus n est pas de critiquer

rons-nous pas! Aujourd'hui, c'est madame sévèrement ces choses, auxquelles un pieux

telle, oui refuse de s'asseoira table, parce m0,lf a P" donner quelque cours . mais de

nu'elle y a compté treize couverts; demain, montrer sans les blâmer, qu elles n ont point

ce sera monsieur un tel, qui ne veut pas se "" soll,1e fondement. Contentez-vous de ne

mettre eu voyaee, malgré la nécessité qui te la,re jamais entrer ces choses dans les ins-

presse, parce qu'il craint de partir un ven- Ifuctions qu on donne sur le christianisme.

dredi ; le jour suivant, ii faudra s'empresser Gli Slle"ce s,uf,ira Pour accoutumer d a! ord

auprèi d'une vieille folle, qui s'est évanouie les enfants a concevoir le christianisme dans

parce qu'elle a cassé son miroir, etc., etc. l!H"e so» intégrité et dans toute sa perfcc-

C'est un grand liilicule qu'ils se donnent „?"

tous ; ils le savent, et pourtant ils ne peuvent , Hl'sle (luc !a superstition a sa source dans se défendre de laisser voir leur superstition. ,a faiblesse d esprit: elle est a la religion ce Pourquoi? p rce que la superstition est plus O.1"' 'astrologie est a l astronomie : la fille qu'un défaut; c'est autre chose qu'un défaut, ires-fuMed une mère Ires-sage. Ces deux filles c'est de l'idiotisme ou de la folie, et il est ont longtemps subjugue la terre; et comme rare que le superstitieux veuille s'éclairer, elles pourraient la subjuguer encore, évitons (Lakington.) Bailleurs, le voudrait-il qu'il qu'elles n étendent leur empire et n envalnsn'y gagnerait probablement rien; les idées senl de nouveau le monde entier, en cclaisuperstilieuses se gravent si profondément r;'"1 lous les hommes sur leurs véritables dedans le cœur de l'homme par la peur ou Tes- Vo>rs envers Dieu.

pérance, qui; est impossible de les en efla- SURPRISE (sentiment). — On a donné le

cer, surtout si elles y ont vieilli. nom de surprise à un mouvement admiralit

A la vérité, comme la supersiilion dénote de lame, occasionné par quelque phénomène

une grande ignoranceouune grande faiblesse étrange : elle participe donc tout a la fois de

d'esprit, rien ne la préviendrait mieux, ou IEtoKNEUBHT et de 1 Admiration. I oy. ces

ne la déracinerait plus facilement , qu'une mois.

instruction solide. Mais, outre qu il n'est pas SUSCEPTIBLE, SUSCEPTIBILITÉ (sentidonné à tous les hommes d'en arquérir, il ment). — Celui qui s'offense aisément, d'un e.i est beaucoup à qui leurs moyens ne le rien, par irréflexion ou par caractère, es! permettent pas. fin outre, n'est-ce pas qu'il susceptible; et cette disposition, naturelle ou est bien des personnes très-instruites qui acquise, qu'il a à être choque de toutes r.hosout superstitieuses par faiblesse d'esprit? ses qui paraîtraient insignifiantes à tout au- A celles-là, que pourrait-on faire? tenter le tre s'appelle tusc ]iiibi!iie. Quelque* auteurs ridicule? mais nous avons vu qu'il rc guérit ont voulu voir en elle une sensibilité execsp.,s la superstition. Donc tout se borne à sive. l'o//. Sensibilité. Mais cela n'est pas veiller attentivement sur l'éducation des eu- exact, puisque la sensibilité excessive, s'.isfauls, et à se conformer aux sages conseils socianl à des sentiments affectueux ou génédu digne archevêque de Cambrai, Fenelon. reux, nous porte au bien, au lieu que la sus- La superstition, dit-il, est sans doute à crain- ceptibilité nous incline toujours au mal dre pour le sexe; mais rien ne la déracine La susceptibilité tient-elle au tempernou ne la prévient mieux qu'une instruction ruent? On l'a prétendu, parce qu'on a reninrsolide. Celte instruction, quoiqu'elle doive que sans doute l'influence de la constitution être renfermée dans de justes bornes, et être organique sur le caractère. Et ponrtnnl je bien éloignée de toutes les éludes des si- I1(. ,.r„js pas ,,.„, |a susceptibi ilé tienne esvanls, va pourtant plus loin qu'on ne le croit senliellemcnt ,iu lempérami ni ; et voici pnurd'ordiuaire. Tel pense être bien instruit, qui qu„i D'abord, tous les individus avant la

ne l'est point, dont l'ignorance est si grande, même constitution ne sont pas également

qu'il n'est pas même en état de sentir <equi susceptibles; el puis, je vois dans l'homme

lui manque pour connaître le tond du eliris- susceptible l'accomplissemeut simultané do

nanisme. Il ne faut jamais laisser mêler dans deux ,l(|,.s moraux, dont l'un succède iniine-

la foi ou dans les pratiques de piété rien qui dialemenl à la provocation par laquelle noue soit tiré de l'Evangile, ou autorisé par | ,. susceptibilité s'est offusquée : c'esl Pîmunc approbation de l'Eglise. Il Mut pie- prwn'on que l'âme a ressentie du propos on munir discrètement l<s enfants contre cer- (1„ Reste (I11j ;1 blessé notre susceptibilité; et lains abus qu'on est quelquefois tenté de re- ,|(llll |>a0|n a p00r 0Djei l'interprétation lie garder comme des points de discipline, quand celte impression. Or, qu'a à faire le lempéoo n'est pas bien instruit ; on ne peut entiè- rament dans ce jugement que l'éme doit renient s'en garantir, si on ne remonte a Ii rendre?... Donc, la susceptibilité dénote on source, si un ne connaît l'institution des chu- mauvais jugement, on jugement faux, sinon s.-., et l'usage que les saints en ont tait. um. Djen grande irréflexion.

Accoutume/ donc les ( i i ! <■ s . naturellement El il devait en être ainsi, puisque par sustrop crédules, à n'admettre pas légèrement ci ptibilil lonne toujours une i terpréla-

certaines histoires saut aulorl ê, el a ne l'ai- lion ma m. -use ,-i 'les actions 1res Innocentes,

lâcher posé de certaines dévotions qu'un insignifiantes, irréprochables, ou è des paro-

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les dites sans l'inlenlion de blesser qui que qui lui est propre, et qui paralyse jusqu'à un

ce soit. Aussi n'est-il rien qui nous guérisse certain point l'action qu'exercent sur lui

plus facilement de ce défaut que de donner, d'autres individus plus éloignés. Ainsi, nous

s'il est possii;le, plus de rectitude au juge- avons nos amis, nos parents, qui sulfisenl

ment cl de disposer noire espril de manière à aux sympathies de nos âmes; mais s'ils vien-

ce qu'il suppose toujours de bonnes et d'ex- nenl à mourir, à s'éloigner, d'autres pren-

rellentes intentions aux gens avec qui nous nent leur place dans nos affections', et leur

sommes en relation d'intimité on d'affaires, succèdent dans l'action qu'ils exercent sur

tout comme à toujours bien interpréter les nous. Ht , chose fort singulière, celle acti"ii

dispositions douteuses des autres par rap- que nous exerçons 1rs uns sur les autres

port à nous. n'est que masquée quand nous ne la sentons

SYMPATHIE (sentiment). — Cette couve- pas. et il ne faut que des circonstances favo-

nance d'affection et d'inclination, celle inlel- rablcs pour qu'elle se manifeste. La preuve,

ligence vive du rœur, qui se répand, se coin- c'est que deux Français qui se rencontre-

inunique avec une rapidité inexplicable; raient au Japon seraient tout de suite attirés

celte conformité de qualités naturelles, d'i- sympalhiqurmenl l'un vers l'autre ;' que

dées, d'humeur el de tempérament, par les- deux prisonniers seraient bientôt amis si

quelles deux âmes assorties se cherchent, tous deux pris , l'un en France , l'autre dans

s'aiment, s'attachent et se confondent en- l'Océanie, pouvaient être transportés dans

semble : telle est la définition qu'Abbadie a une autre planète; dans ce cas il est évident

donnée de la sympathie, qu'ils se rencontreraient avec bonheur et

Assurément, rien de plus complet que s'attacheraient intimement l'un à l'autre : ce

celle définition; elle est même, ce me semble, qui a fait dire de la sympathie qu'elle est ce

trup étendue, car je ne crois pas que toutes lien mutuel qui fait la force de l'humanité, qui

les conditions qu'Abbadie y a groupées s'y multiplie sa puissance, qui enfante le progrès

réunissent pour la former. (Juoi qu'il en soit, et qui l'accomplit.

la sympathie est, à mon avis, un sentiment Reste que les sympathies, qui nous attirent en même temps très-large, très-resserré, ex- ainsi, sont nombreuses et agissent de d. (réceptionne!, qui n'a pas son analogue; auquel rentes sortes : les unes, plus générales, pros'attachent l'amitié et l'amour, sans qu'il soit duiscnl les liens d'humanité; les autres, plus ni l'un ni l'autre : c'est un aimant qui attire, restreintes, resserrent nos aiïeclions et les c'est une âme qui aspire, si je puis ainsi concentrent dans la famille, dans le cercle m'exprimer, une autre âme. Pourquoi? Parce étroit de l'amitié. Ce sont ces dernières, seuque nous trouvons dans les manières, dans lement, qui agissent sur nous avec une trèsla conversation , dans la physionomie tout grande puissance. Nos âmes, faibles et borenlière, ou seulement dans le sourire, dans nées, n'auraient pas assez d'énergie pour le regard d'une personne que nous rencon- sympathiser avec tout le monde : c'esl pourtrous dans le monde, un je ne sais quoi qui quoi l'ordre des choses établi par Dieu sur nous séduit, nous charme et nous entraîne la terre ne pemiel pas que des communicavers elle. Mais ce sentiment est sponlané, ir- lions intimes à l'âme se multiplient indélinilélléc'ii; il nous pousse sans que nous sa- ment. Dans sa prcvovanle sollicitude, il a fail cbions s'il y a entre celle personne avec qui que nos tendances sont appropriées à nos nous sympathisons et nous celle conformité besoins, el que chacun de nous a dans son de qualités naturelles, d'idées, etc., dont j'ai cœur des sympathies, des affections qui s'éparié. C'esl pourquoi je crois devoir réduire 1. agissent de plus en plus, comme des zones, la définition de la sympathie à ces quelques pour correspondre à ses relations diverses, mots : c'esl l'attraction d'un élre pour un c'est-à-dire à sa famille, ses amis, ses conri-

êlre 11 va sans dire qu'elle peut être réci- loyens, sa patrie, à une portion de l'hu-

proque. inanité.

J'ai dit l'attraction, attendu que, si on Quelle est là nature de l'attraction sympa-

s'occupe sérieusement de cosmogonie, on re- Ihiquc? Je l'ignore, attendu que la sympa-

trouve partout les traces des lois conserva- thie, n'étant constituée que par un seul sen-

tnees que Dieu a imposées au monde. D'à- liment, est, par conséquent, indécomposable

près ces lois, toutes les parties de la matière et ne peut eue analysée. Tout ce qu'on peut

onlcnlre elles une attraction plus ou moins dire d'elle, c'est que rien n'est plus beau,

puissante, qui les réunit ou les attire à des n'est plus doux que ses aspirations, et qu'elle

distances énormes; et c'est à ci tte force, reste délie lant qu'elle ne va pas au delà;

agissant d'un globe à l'autre, que les corps tandis que, si elle sort de sa sphère, elle se

célestes, qui roulent par milliers dans les marie aussitôt à l'amitié ou à l'amour des

solitudes de l'espace, doivent l'ordre qui les sexes. Dès ce moment elle cesse d'être la

maintient dans des rapports constants, dans sympathie, puisqu'elle devient une passion;

une harmonie continue, que rien ne saurait elle est autre chose que la sympathie, puis-

troubler. que, devenue passion, nous sommes disposés

El ne croyez pas que cette loi de l'attrac- à faire bien des sacrifices, à foire mille folies,

lion s'astreigne à la mat. ère seule : elle s'é- que la sympathie seule ne nous inspirerait

lève, au contraire, jusqu'à l'ordre moral, et pas. Donc ce n'est plus elle,

pousse tes hommes les uns vers les autres; La sympathie est un sentiment inné que

de telle sorte que chacun de nous gravite, chacun sent très-bien et explique fort mal,

pour ainsi dire, dans une sphère d'attractions qui se développe sans qu'on le provoque,

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