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poêle ; voilà une philosophie ri des actes qui lieraient nécessairement prolonger l'existence de Ducis.
A son tour Descartes, ce profond penseur, avait pour maxime : Veille sur ton corps ; et il savait mettre en pratique ce beau prin- ■ cipe d'ialrosophie. Jamais de veille, jamais d'excès d'aucune espèce, même pour le travail de lète. Mais dès qu'il eut quitté sa retraite d'Egmonl, dès qu'il eut sacrifié sa liberté à Christine, il se démentit de celte maxime et dérangea sa manière de vivre. On sail ce qui arriva, et comme l'observe d'Alembert, ce philosophe, qui n'avait jamais été malade dans les marais de la Hollande , mourut dans un palais à 50 ans.
Au rebours, malgré d'immenses travaux et l'espèce de prostration morale qui en fut le résultai, Newton a vécu 85 ans. Sa santé fut rarement altérée; il ne se servit jamais de lunettes, et il ne perdit, assure-t-on, qu'une seule dent. On croit rêver en lisanl de pareilles choses ; cependant les fiits suivants donnent l'explication de ces phénomènes.
Newton était né faible, délicat, et i: le savait; il ménagea donc ses forces autant qu'il put, les réservant pour les objets de ses études. Sa vie fut toujours simple et son régime sévère ; il ne vécut que de pain trempé dans un peu de vin, pendant ses expériences sur l'optique. Aussitôt que ses occupations le lui permettaient, il prenait de l'exercice. Doux, affable, modeste, le calme de sa figure, la simplicité de ses manières, contrastaient singulièrement avec sa haute réputation. Mais ce qui influa davantage sur son bien-être, c'est qu'on ne lui a point connu de passion ; celle même de la gloire élait en lui fort modérée, ce qui le prouve, c'est qu'ayant éprouvé quelques tracasseries, il s: repentit de s'être fait connaître et d'avoir sacrifié à une vaine ombre, son repos : Rem prorsus substanliiilem, seloti ses expressions.
De même Fouleneile tint, pendant cinquante ans, le double sceptre des sciences et des lettres ; il travailla constamment , passa sa vie à la cour du régent avec les grands , les gens de lettres et les savants de son temps. Il fut homme de lettres et homme du monde; ami de tous les plaisirs, de toutes les jouissances ; cependant sa santé fut presque inaltérable, il a beaucoup écrit ; son bonheur fut aussi constant que sa vie fut longue, et il a vécu un siècle. Quel fut donc son secret? d'économis' r son existence, d'étendre avec art sur toute sa vie la portion de bonheur qui revient à chacun de ces instants ; en un mot, de mettre en pratique ce qui n'est souvent chez les autres qu'en théorie. 11 dut en partie sa longue vie à sa sagesse ; sans rien retrancher sur ses plaisirs, sachant toujours écouter la nature et se gardant bien de lui commander des efforts. Une chose qu'il se dit de bonne heure à lui-même, c'est qu'on don regarder la santé comme ['unité qui fait valoir tous les zéros de la vie. Il lit donc son possible pour la conserver, et il y parvint, sans s'assujettir toutefois à un régime par trop sévère. Sa complexion élait faible : il Dictionn. iies Passïons, elc.
avait la poitrine très-délicaio, l'eslomac bon, et il se conduisit en conséquence; se réfugiant dans la tempérance, cet asile protecteur de la santé, il porla la sobriété jusque dans la sagesse même ; aussi depuis sa naissance jusqu'à sa difficulté d'êtrb, il n'éprouva qu'une seule maladie à l'âge de cinquante ans ; il ne prit dès lors, par jour, qu'une seule tasse de café. Sa vie de chaque journée élait réglée d'avance, et il s'écartait rarementdu plan tracé depuis longtemps . les heures de ses repas, de son travail, deson sommeil, de ses récréations étaient arrêtées avec soin et précision. Tourà tour mondain et solitaire, toujours maître de lui, toujours tranquille dans le tourbillon du monde, il avait imprimé aux phénomènes de son organisation un mouvement tellement égal, uniforme, régulier, que ce mouvement se perpétuait ainsi de jour eu jour, d'année en année. Fontenelle existerait encore, si chaque pas fait dans la vie n'en était pas un vers le tombeau ; mais aussi sa mort survint-elle sans douleur, sans effort : le pendule avait cessé d'osciller.
Loin de macérer son corps pour augmenter l'énergie de son esprit, folles et dangereuses prétentions, ce philosophe ménageait les forces du premier pour augmenter celles du second. A cet égard, ses maximes étaient assez simples: de ne manger que modérément et de s'en abstenir tout à fait, si la nature y répugnait ; de ne pas composer quand le travail luirépugnail,etdenejamaisiravailler un seul jour avec excès ; enfin, d'être toujours gai; car sans cela, disait-il, à quoi servirait la philosophie?.. Sa surdité même ne le rendit point Inste; on sait que quand on parlait devant lui, il demandait seulement le sujet de la conversation, ce qu'il appelai! le litre du chapitre. Voltaire ne jouit jamais d'une santé parfaite.... Qu'on ne s'étonne donc plus de ses plaintes continuelles sur l'état de sa santé. Cependant, malgrédes maux continuels, sans cesse renaissants, Voltaire remplit l'Europe de son nom , écrase tous ses rivaux, exerce une influence despotique sur les idées du siècle, fait des publications immenses et parcourt presque entièrement une carrière de dix-sept lustres. Il se vante même d'avoir survécu à tous ses contemporains les plus robustes, et même à ses médecins. De quelque côté que soit vu cet homme, était-il donc dans sa destinée de paraître extraordinaire? Entrons dans quelques détails de sa vie privée. Son esprit s'appliquaiuà tout, et sa santé, son bien-être physique, ne furent pas oubliés. Quoiqu'il assure le contraire, il n'était certainement pas de ces gens de lettres qui disent : J'aurai du régime demain; loin de là il s'en traça un excellent , cl y resta fidèle. Selon son expression, « il Lisail son corps tous les malins, » et il le faisait capahle de résister aux fatigues d'un travail quelquefois opiniâtre. Jeune ou vieux, chez lui, à la table des grands ou des rois, jamais il ne s'écar a des règles d'une stricte modération. L'abus du café l'ayant fatigué, il le mélangea de chocolat. Il assurait d'ailleurs que les alioaeuts
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