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gourmandise et l'ivrognerie seules nous punissent déjà, par le malaise et l'abrutissement, d'atoir franchi les limites du besoin ; que serait-ce s'il s'y mêlait d'autres excès?
TENDRE, Tendresse (sen'iment). — La tendresse est une douée passion du errur, uneaffee- /it'/'/f conlinucllede l'âme qui inclineàl'amour cl à l'amitié, ou à la bienv< illance, etc., en un mol, à tous les sentiments affectueux. Elle provient d'une disposition habituelle, naturelle ou acquise, qui dev ient enfin constitutionnelle, el influe nécessairement sur nos actes.
Et pourtant la tendresse a été considérée comme un défaut. J'avoue qu'à nos yeux c'est un beau défaut que d'être tendre, puisque généralement, avec ce défaut, nous fermons volontiers les yeux sur les travers, les fautes, les vices même de l'humanité; nous sommes continuel émeut attentifs sur nousmêmes, pour ne pas nous laisser aller à des penchants qui blesseraient nos semblables; cl, toujours disposés à nous corriger de nos inclinations mauvaises, nous pardonnons avec plaisir, et ne nous offensons même pas des torts que l'on peut avoir envers nous; el nous nous garderions, pur tendrait, d'en avoir pour autrui. Puisque, avec ce défaut, les hommes tendres sont ordinairement doux, bons, bienfaisants, et par conséquent jamais méchants ; leur lionté est telle, que, je le repète, ils pardonnent les i ffenses, parce qu'ils n'ont pas la force de se venger. Heureuse impuissance, qui, dans, les personnes tendres, remplace les sentiments religieux, cl esl presque aussi efficace qu'eux; heureuse impuissance,qui devrait être le partage de tous ceux qui ne comprennent point le langage de la religion, e,u'ils ignorent ou qu'ils méconnaissent. Et comment en serait-il autrement, du moment où la tendresse esl ce sentiment intéressé du cœur qui veille avec sollicitude à ne jamais porter aucun préjudice à autrui, et qui, au contraire, devient souvent la source des bienfaits qui se répandent sur l'humanité? Comment en serait-il autrement, du moment où cette passion sympathique pour tous les êtres nous porte naturellement, sans réflexion aucune el comme par instinct, vers ceux qui souffrent, nous l'ait compatir à leurs maux et nous invile à les BOulager, tout le bonheur des âmes tendres étant de rendre aux autres le fardeau de la v>e plus léger, les peines de l'existence moins amèies.les chagrins de chaque jour moins cuisants , etc. ? i e qui a rail due , avec beau • coup de vérité, à Duclos : a Ahl que la nature serait ingrate, si le cœur qui l'honora
le plus n'élail pas fait pour être deureiix ! » I I | Ourlant, mi Igré loUS I es avantages bien évidents delà tendresse, il no faudrait pas qu'elle lût p rlée jus u'à l'ex géralion, vu qu'alors elle devieul faiblesse, et peut-être préjudiciable loul â la fois a autrui et à Huns mêmes ; tandis que quand ■ lie est renfermée dans de s igi s limites, habituellement tranquille cl égale, elle peut B'abuuddnner sans rési r*e, même au\ atteintes de l'amour, qui sait la rendre éloquente, Intarissable , pai faite, sa nature lie lui empêchant pas Je
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faire une sage appréciation de l'objet de ses affections, el lui permettant au contraire de saisir le véritable rapport que cet objet a avec toute l'humanité : rapport d'une intelligence supérieure, d'une convenance remarquable, d'une distinction incontestée , d'une vertu éprouvée, qui. s'ils n'échappent point au regard bienveillant de la tendresse, ne l'aveuglent pas cependant de telle sorle que, s'ils venaient à être détruits, elle ne la reconnaîtrait pas. Et c'est parce que la tendresse est éloquente el intarissable qu'Ovide, qui était tendre, ne savait jamais finir.
Sachons donc éviter b'S extrêmes.
TERREUR (sentiment).— Le mol teureub, tout comme les mots frayeur, peur, etc., ses synonymes, exprime une sensation particulière et spéciale de l'âme produite par la présence el par la crainte d'un danger imaginaire. Mais la terreur a cela de particulier qu'elle est toujours la conséquence du saisissement qui s'empare de nous, quand un événement ou un phénomène, que nous regardons comme l'avant-courcur d'une grande catastrophe, frappe notre esprit et trouble notre raison; exemple: la réapparition de la peste dans une ville où elle a déjà exercé ses ravages ; de ce mal qui répand la terreur!.. A ce propos, je dois faire observer que la terreur a une bien grande analogie avec l'effroi ; el il ne pouvait pas en être autrement, puisqu'ils naissent l'un et l'autre de l'idée d'un grand danger à courir. Mais comme l'effroi n'est jamais panique, el résulte de la une de ce danger, il se rapproche par là de la frayeur; tandis que la terreur, qui vient en partie des fausses idées que l'imagination se crée, se confond avec la peur. Ce n'est pas tout, et puisque la peur se dissipe en même temps el aussi prnmplement que la cause passagère qui la procure, elle diffère entin de l'effroi qui, lui , est bien plus durable.
Mais quel que soit le degré auquel la peur, la frayeur el la terreur arrivent, elles impressionnent d'une manière si forte l'organisme vivant, qu'il en résulte des accidents très-fâcheux et quelquefois la mort. Ces accidents sont aussi nombreux que variés : c'est pourquoi , afin de les exposer avec méthode et de les classer avec ordre, je les diviserai en phénomènes généraux extraphysiologiques, et en phénomènes spéciaux ou individuels, morbifiques.
Parmi les premiers, nous trouvons la pâleur de la face, el le sentiment d'un froid général qui semble parcourir tout le corps. Il tient à ce refoulement du sang de l'intérieur au centre, d'où le sentiment d'un resserrement que le peureux éprouve, et qui semble parcourir loul le corps. Les cheveux se dressent, une sueur froide lui couvre le visage el humecte le Ironc. Un tremblement général, mais principalement des genoux, se
(1) J'ai trouvé dans Piuel un fait excessivement curieux à cause de sa singularité, el je vais le reproduire quoiqu'il ne se rappoi lu pas rigoureusement à la terreur :
< Vers l'an 1 794, dil-il, deux jeunes réquisitionnaircs partirent pour l'année , el dans une action sau-
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manifeste. La respiration devient rare rt gênée, le cœur bat avec violence et est agité de palpitations très-appréciables. La circulation précipite ses mouvements', et le sang, refluant au centre circulaire, s'arrête dans la veine-cave el dans l'oreillette; la voix expire sur ses lèvres, ses yeux pétrifiés sont fixes el hagards, sa physionomie exprime la stupeur, l'horreur se pcinl d?.n; ses traits. Alors il est atterré et incapable de réaction, de faire un seul pas; ses forces l'abandonnent, il tombe en syncope. Mais au bout d'un temps plus ou moins long, il se ranime ; la respiralion et la circulation reprennent leur rhythme naturel; tous les aulres phénomènes s'effacent, et il ne reste plus au peureux que le souvenir du danger qu'il a ou qu'il croit avoir couru. Voilà pourquoi j'appelle cxlraphysiologique l'ensemble des phénomènes qu'il a éprouvés.
Quant aux phénomènes morbifiques, c'est différent ; ceux-ci sont excessivement variés, ce qui tientà la prédisposition des individus. J'insiste sur le mol prédisposition, parce qu'il est bon qu'on sache que c'est celle disposition individuelle ou prédisposition qui f.iii qu'une même cause, agissant de la même manière sur une masse de personnes, produira telle maladie chez celui-ci, et telle autre affection morbide chez celui-là. En voici quelques exemples : disons, avant de les énumérer, que, quoiqu'en ayant recueilli un trèsgrand nombre, je n'en citerai cependant qu'un seul de chaque espèce; et que, pour éviter toute confusion, je les classerai dans une des deux catégories suivantes, à savoir : que le système nerveux ou le sanguin étant plus vivement impressionné, la peur détermine, soit des accidents essentiels, soit des troubles fonctionnels sympathiques dans tous les aulres systèmes de l'économie animale; c'est-à-dire qu'on observera tantôt des phénomènes spasmodiques très -prononcés, et tantôt la plupart de ceux qui accompa gnent les perturbations de la circulation, si ce n'est la mort môme.
A. Phénomènes essentiels dépendant d'une lésion du système nerveux, impressionné par la frayeur ou la terreur. — J'ai lu quelque part qu'une femme fui tellement effrayée d'avoir laissé tomber son enfant dans la rivière, qu'il s'ensuivit des vomissements chroniques qui se répétèrent jusqu'à sa mort. Et ailleurs, qu'un enfant ayant oublié ses livres, eut tellement peur d'être puni, qu'il en éprouva une dyssenterie chronique , qui l'entraîna au (ombeau après quatre ans il" souffrances. Les aulres maladies produites par la peur sont la diarrhée , l'épilepsie (ISoërhnave) , l'épilepsie à laquelle succède l'apoplexie nerveuse [Wcpfer) , la choréc (Guersent), l'idiotisme (Tissot) (I); les hallucinations du sens de la vue (j'en ai rap-
glante, un d'entre euxest tuéd'uiicoupdefeuàcôléde son frère; l'autre reste immobile el comme une statue à ce spectacle. Quelques jours apiè-, on le fait ramener dans cet état dans la maison paternelle; son arrivée lit la même impression sur un troisième fils de la même famille; la nouvelle de la mort d'un
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