‹ Dictionnaire des facultés intellectuelles et affectives de l'âme où l'on traite des passions, des vertus, des vices, des défauts, etcChapitre 198 sur 251 · SI · texte numérisé non relu

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porté un exemple forl curieux dans la Revue médicale, numéro de novembre 1828) ; la mort subite (Desault). Ainsi, nu rapport de Zaculus Lusilanus, la frayeur fit périr en un quart d'heure un enfant effrayé d'un coup de canon que tira un vaisseau qui partait. Elle saisit si fortement un gentilhomme au siège de Saint-Paul, qu'il tomba mort à la brèche sans aucune blessure. (Montaigne.)

B. Phénomènes dépendant des désordres occasionnés par la peur ou la terreur sur le

SYSTÈME CIRCULATOIRE SANGCIN. — CeUX-('i SC

rapportent ou à l'altération du sang, ou à la suppression des hémorragies habituelles, ou à des fluxions plus ou moins fortes sur divers organes. Zimmermann raconte qu'un incendie ayant éclaté de son vivant à l'Hôlel-Dieu de Paris, une femme en fut tellement saisie, qu'elle tomba en syncope. On la saigna, et l'on remarqua que le sang, en sortant, formait deux cordons à deux fils, un rouge, l'autre blanc, qui se confondaient en tombant. Pour ma part, j'ai vu un grand nombre de chloroses produites parla peur, avec ou sans suppression des règles : ainsi que cette même suppressionsanspâles couleurs. D'autres parlent de la rupture du cœur : ce fut la cause de la mort de Philippe II, roi d'Espagne ; il mourut subitement à la nouvelle que les Espagnols avaient été battus près de Plaisance. Enfin, on peut rapporter à cette catégorie soit la rupture des gros vaisseaux qui s'opère chez les anévrismatiques, soit l'apoplexie sanguine et tous les résultats fâcheux de l'hémorragie cérébrale sur toute l'économie.

C. Phénomènes qui dépendent de l'influence de /'innervation sur les sécrétions. — J'ai parlé des vomissements et des diarrhées i (ironiques. J'ajoute à ces faits ceux d'individus qui ont blanchi dans une nuit, pou ravoir éprouvé une frayeur très-forte. (Pcclin, Stahl d'après Skenkins.) — Ceux de personnes en qui l'epiderme s'est détaché de la peau des mains, comme un gant. Un nommé P. A'"* de ma commune m'en a offert unexemple très-curieux. Mais ce qu'il y a de plus impoitantà remarquer, c'est que la terreur favorise la contagion, dispose à l'infection des maladies épidemiques, fait généralement empirer les maladies existantes, en trouble le cours ordinaire et ôte à la nature la faculté de s'en débarrasser.

J'ai dû insister sur ces faits, attendu qu'il est bon d'être bien avisé sur 1rs accidenta que l'i terreur peut produire, bien des gens s'amu- Bant à faire peur aux enfanta, et bien des personnes étant d'avis qu'il laul violenter les I eureux e! les forcer a vaincre leur frayeur. Pour moi, je suis d'un avis contraire ci prétends que, du moment où le sentiment de la peur est tellement développé dans une persuune qu'il paraisse insurmontable , on ne * 1 ■ ni en ; loyer aucun moyen rigoureux pour

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frères cl l'aKcnation de l'autre le jetèrent dans

une lelli ■ ■ iti m i i une telli ilupeur, qui

ue réalisait mieux celle immobilité glacée d'effroi qu'ont peinte tant de poêles anciens el mod

L'essentiel, je crois, ce serait de prévenir ou modérer en elle ce sentiment. La morale présente bien quelques moyens, mais l'efficacité en parait douteuse. Il s'agirait de faire comprendre à l'enfant que la solitude el l'obscurité qui l'environne, car c'est alors principalement qu'il a peur, ne sont autre chose que la privation de la compagnie des hommes et de la lumière. Il faut lui persuader aussi, à lui si crédule et dont on a exalté l'imagination par des contes ridicules que débitent dus bonnes femmes, que Dieu est présent partout, veillant avec une bonté toute palernelle sur ses créatures, mais se plaisant surtout à exercer son pouvoir de conservation envers les plus faibles et 1 s petits enfants, qui sont les bien-aimés de Dieu : Sinite parmi os ad me venire... a dit Jésus-Christ. (Saint Marc l'Evangéliste.) Et si ces moyens ne réussissent pas , il faut tinter de développer en eux le sentiment du courage, à l'aide duquel on triomphe facilement de la peur.

"N'oublions pas aussi quel'éducalion et l'habitude apprennent à dominer la peur. On so rappelle que le brave Eugène prit la fuite à l'une des premières affaires où il assista. On sait que Jean-Bart, tant renommé par sa vaillance, trembla tout le temps que dura le premier combat naval dont il fut témoin; et que les soldats bretons, si renommés quand ils sont aguerris, sont tous des poltrons quand ils arrivent à l'armée; on en a vu mourir de peur dans les rangs, en présence de l'ennemi.

Mais si l'habitude et l'éducation apprennent à dominer la peur, à son tour la frayeur a quelque chose de contagieux. Il n'est pas bon d'être au milieu des lâches un jour de danger. Il y a dans leur atmosphère je ne sais quoi d'amollissant, d'énervant, qui détend les ressorts, comme autour des hommes de cœur il y a un air vivifiant qui ranime, excite cl pousse à l'enthousiasme. Les hommes en troupe ont une tendance singulière à se inellre à l'unisson. Dans toute assemblée humaine, il se forme un esprit général qui domine et meut la masse, mens ai/itat molem : cl cet esprit n'est pas seulement la somme, la collection des esprits individuels, c'est quelque chose de un et de vivait', qui s'infuse pour ainsi dire dans tous les membres de ce corps el les remue par inter- \ ailes, comme un même organisme, comme une seule personne. \insi la multitude peut être entraînée à l'héroïsme ou au crime, à la victoire ou à la fuite. Ouand la peur la saisit (c'est ce qu'on appelle une panique), tous semblent frappés en un moment d aveuglement et de vei lige, chacun ne songe plus qu'a sa conservation, el l'instinct animai est seul écouté. Troublés par la peur, ils se jet lent eux-mêmes dans le danger en voulaol le fuir, et se perdent en cherchant à se sauver. Uusi, veut-on éviter d'une pari la propagation rapide des maladies épidemiques el

j'ii eu longtemps sois mes yetii ces deux tiens In-

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turic u Je s'iii ancienne fana Ile. i

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arrêter la contagion do la peur, il faut ranimer le courage des citoyens en faisant re que Napoléon et Desgenelles firent à Jaffa pour les troupes française*. L'un visita les pestiférés et ranima l'espérance de ses soldats par sa présence et par d'affectueuses paroles; l'autre releva complètement leur moral en s'inoculant le pus d'un bubon pestilentiel.

Honneur à leur humanité I Ajoutons, po' r

compléter cet article, que la frayeur doit dire toujours ménagée, soit quand on doit aller contre, soit quand on veut s'en servir pour l'utilité des individus. Je m'explique.

Desaull avait à pratiquer l'opération delà pierre à un individu d'un caractère pusillanime. Connaissant combien l'influence du moral est funeste dans bien des cas, et voulant éprou\er la sensibilité de cet individu; après l'avoir convenablement placée! maintenu par des liens et des aides, il simula avec le dos du bistouri une incision assez longue sur le périnée du malade. Aussitôt celui-ci pousse un cri et e\pire. Est-ce que la responsabilité de Desaull aurait été à l'abri comme elle le fut, si le chirurgien eût été moins prudent? On aurait dit que le malade était mort dans cl de l'opération

Néanmoins, comme la langue de l'enfant de Crésus se délia au moment où un soldat perse qui ne connaissait pis le roi allait le frapper; comme Battus recouvra la j arole à la vue d'un lion (Hérodote); comme la frayeur a guéri plus d'un paralytique, a dissipé des fièvres intermittentes rebelles, et a prévenu les attaques d'epilepsie par imitation dont les petites fille* de l'hôpital de Harlem étaient atteintes (Bocrhaave) , il faut s'en servir comme moyen de guérison, e l'important, c'est <!e l'employer avec discernet:i Mit.

Je termine par un fai1 on ne peut plus rare et singulier. Un homme corpulent assistant à l'autopsie cadavérique de son frère, dont il avait vécu séparé pendant seize ans, cl qui ne formait plus qu'un peloton de graisse, en lut si effrayé, étant lui même très-puissant, qu'il tomba en syncope à demi mort. Grizélins, qui savait sans doute que si la peur ôte les forces, une peur plus forte les relève, se contenta de dite tout haut à ses aides qu'il lallail se hâter, puisqu'on avait une seconde autopsie à faire. Aussitôt, la frayeur d'un danger [dus prochain frappant l'imagination de l'individu tombé en syncope, celui-ci se relève cl s'enfuit. (Demuwjion.)

TETU (défaut). — Les épilhètes têtu, obstiné, sont synonymes et marquent un défaut 'jui consiste dans un trop grand attachement à son sens. Mais dans un lètu ce défaut vient d'une pure indocilité , suite d'une bonne opinion de soi-même , qui fait que, se consultant seul, il ne peut compter pour rien le sentiment d'autrui ; au lieu que, dans un obstiné, ce défaut me parait provenir d'une espèce de mutinerie affectée qui le rend intraitable, < t qui, tenant un peu île l'impolitesse , fait qu'il ne veut jamais céder. (L.Girard.) Yoy. Emi . it. Opisutkkté. Du reste, l'obstination

des entêtés ou leur entêtement ne différant point île l'oriMATRETÉ, je renvoie à celle-ci celui qui désire de plus longs éclaircissements sur le têtu.

TIMIDE, Timidité (défaut). — La timidité est la crainte de déplaire : elle vient ordinairement de l'ignorance, plus souvent «lu peu d'usage du monde, parfois de la sévérité avec laquelle on a été élevé, mais surtout enfin de la faiblesse de caractère et de l'habitude qu'on aura contractée de se façonner aux. caprices et aux volontés des autres

Sœur de la modestie à laquelle elle ressemble beaucoup, la timidité, quand elle est portée trop loin, devient un défaut. C'est elle qui fait un sol d'un homme de mérite, en lui ôlant ùa présence d'esprit et lui enlevant la confiance qu'il doit avoir en lui-même. Et pourtant, il y a des hommes qui n'ont jamais pu surmonter leur timidité. C'est d'autant plus fâcheux pour eux qu'elle nuit généralement à ceux qui veulent faire, f n tune, et l'ait qu'ils lui sacrifient continuellement leurs intérêts. Aussi , voit-on l'homme timide se contenter du nécessaire, plutôt que d'aller demander un emploi ou une grâce qu'il pourrait obtenir; le voit-on se priver de bien des choses, s'il manque d'argent et qu'il faille en demander lui-même à son débiteur ; le voiton enfin, qi.oique vertueux et rangé, se laisser entraîner et faillir, s'il esl avec des joueurs et des libertins.

Bref, dans toutes les circonstances de sa vie , l'homme timide se laissera influencer par cette fâcheuse disposition de son esprit. Je dis toutes, attendu que , quoi qu'en ait dit Cicéron, ia timidité eA une crainte habituelle et non passagère qu'on poric toujours avec soi, dont on ne peut jamais se séparer, et qui nous domine continuellement.

Néanmoins, je dois le dire , il est des circonstances où un autre sentiment peut remporter sur la timidité, c'est l'amour du piochai:!. Ainsi, je connais un individu fort timide , mais bon, qui surmonte toujours sa timidité quand il s'agit d'un ser\ ice a rendre. Alors il ose se poser en solliciteur , il parle avec assurance, il s'anime, et plus d'une fois il a été assez heureux pour obtenir ce qu'il demandait. Mais, quand il faut qu'il agisse pour son propre compte , oh 1 alors sa timidité l'emportant, il hésite, se trouble , oublie la plupart des renseignements à donner, ceux même qui pourraient beaucoup sur l'esprit des personnes qu'il voudrait se.

rendre favorables Ordinairement il

échoue dans ses démarches.

En outre, la timidité s'allie fort bic'n aussi avec le courage , et lui cède le pas quand il s'agit des intérêts de la patrie el de l'humanité. Combien ne voit-on pas, en effet, do gens timides faire d'excellents soldats et d'honnêtes citoyens ! Ainsi, en définitive, si la timidité esl un défaut, c'est un défaut bien peu répréhensible, puisqu'il ne nuit jamais qu'au timide et point à la société. Une autre preuve du reste que la timidité ne sérail qu'un léger défaut, c'est qu'elle ne dégradu

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point la femme : elle la rrnd au contraire plus intéressante, et l'oblige à chercher un appui dans l'homme, ce qui est conforme aux lois de la nature. Aussi doit-il constamment s'efforcer, par tous les moyens qui sont en son pouvoir, de la soutenir, delà protéger; il est fort pour elle et elle devient forle en s'unissanl à lui : mais combien ne le srra-telle pas davantage si elle s'attache à celui qui et plus fort que l'homme! Prenez garde que je ne nie pas qu'il ne puisse y avoir des feu mes fortes par elles-mêmes , c'est-à-dire par la volonté, par l'intelligence, et même par le corps : mais ce sont des exceptions , des espèces d'anomalies , qui ne détruisent point la règle. Et cela ne nous étonne ; oint, car la force physique et la force intellectuelle ne vont pas à la nature de la femme, et quand elle les possède, c'est ordinairement plus à son détriment qu'à son avantage : elle ne gagne point à avoir les qualités de l'autre sexe.

Ne confondons pas toutefois la timidité vraie et simple avec un? sorte de timidité qui a toutes les apparences de la modestie, sans pour cela que ce soit celle-ci, vu que ce ne sont souvent que de fausse1: apparences. Ce qui le prouve, c'est qu'elle n'est pas toujours exempte d'orgueil ou de présomption, encore moins e-t-el!e exempte de vanité. Ainsi, j'ai vu des gens timides étonnés eux-mêmes de se trouver tels, parce qu'ils savaient bien , disaient-ils, qu'ils ne manquaient |) is d'esprit et qu'ils n'étaient pas plus dépoui vus que d'autres des moyens de plaire. Il y a donc des timides présomptueux. Ceux-ci, loin de l'occasion, s'animent par li vue et le sentiment de leur prétendu mérite ; ils croient pouvoir se présenter en compagnie avec assurance, et y parler avec liberté; mais à peine y sont-ils qu'ils se démentent et s'étourdissent.

Il en est d'autres . el c'est le plus grand nombre, qui ont plus de vanité que de présomp'ion. Ils ne sont timides que parce qu'ils veulent trop plaire, et qu'ils sont trop sensibles aux jugements qu'on peut faire d'eux. Ils ne parlent qu'en tremblant, parce qu'ils ne savent pas comment on prendra ce qu'ils disent. On comprend que celte présomption doit produire le mépris d'aulrui, et par là le manquement aux égards qui leur sont dus : c'est un doub'e tor:, car le défaut d'une juste confiance en soi-même produit une pudeur niaise et un embarras ridicul >. Ainsi il faut •noir une bonne opinion des autres , et n'a voir pas trop mauvaise opinion de soi-même; c'est le seul moyen, du re te, de surmouler sa timidité.

TOLÉRANCE f vertu). - Je ne comme l'affirme Romilly le fils, lu tolérance est la vertu de» faiblci ; mais ce que je sais fort bien, c'est qu'elle eil la verlu des hommes droits, raisonnables, bien intentionnés ; des nommes d'intelligence el de cœur, qui, eux aussi, se montrent liés i le-

J'.n commet ce par dit i que j'ignorais si la

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tolérance est la vertu des faibles , parce que je ne vois pas trop comment on peu! appeler vertu celle tolérance de tout être faib'e, passionné et vicieux, pour les vices et les passions d'aulrui, en vue d'obtenir de leur part une égale réciprocité. lîicu plus, je trouve que celte sorte de tolérance s'éloigne tellement et s'accorde si peu avec les préeptes de la morale el de la religion, que je ne saurais lui donner le nom de vertu. D'ailleurs, en admettant ce principe , que la tolérance est la vertu des faibles, s'ensuit-il qu'il faille nécessairement tolérer les vices el les passions des autres de peur d'occasionner des troubles et des désordres dans la société? S'il s'agissait d'une nation dont la moitié fût corrompue et qu'il fallût une guerre civilo pour l'assainir, passe : mais tolérer les vices de quelques individus, de peur d'un peu de désordre, c'est, je crois, pousser trop loin l'amour de l'ordre. Ht puis ne peut-on p oint ne pas tolérer le vice sans employer des moyens rigoureux envers les gens vicieux? Cju'on tolère ses adversaires quand ils sont de bonne foi el qu'ils n'ont des principes différents de nos principes que parce qu'ils auront élo élevés par d'aulres maîtres ; qu'on tolère ceux qui, malgré les hommes, les temps et les lieux, toujours les mêmes dans leurs convictions, toujours fermes dans leur croyance, professent une autre doctrine que celle que nous professons, el ecl 1 parée que, ue connaissant pas la notre qu'on ne leur a jamais enseignée, ou qu'on leur a montrée sous un faux jour, ils préfèrent ce qu'ils connaissent lien à ce qu'ils connussent mal ou point do tout, et se prononcent hautement contre nous : je le conçois encore. Auss;, loin de prêcher contre eux l'intolérance , je proclame que les meilleures armes dont on doive faire usage pour les ranger de notre avis, c'e^t de leur montrer notre opinion (alors qu'il s'agira île politique! toujours pacifique, jamais armée , entourée de toutes les preuves, de tous les motifs, de lotis les actes, de tous les avantages qui doivent en démontrer la supériorité; ou, s'il s'agit de croyances religieuses, do leur montrer la religion telle qu'elle e^t véritablement, c'està-dire forçant les coeurs parl'allrail de sa douceur et île ses verius. C'est là le seul et meilleur moyen de faire des conversions, cari i vérité, pour se soutenir, n'a pas plus besoin d'opprimer que d'être opprimée, C'esl pour avoir méi onnn ce principe que de tout temps ceux qui onl conseillé les persécutions onl fut un

bien grand mal à leur parti, s'il s'agissail de politique, el un bien grand toit à l'Eglise, s'il s'agissail des croyances du catholicisme. Ils ont lut haïr la religion el le feraient encore, alors qu'ils devraient chercher à la fi re aimer. I»u reste la vraie tolérance ne se trouve que dans l'Eglise catholique, qui ne combat que les erreurs et loi re BVOC i !i u île les personnes, mais non dans lis séries qui lui sont opposées, En * eut-on la preuve, mi n'a qu'à remonter aux temps primitifs do l'Eglise ci un re i histoire de moi établissement chez (OUS les peuples ; on y *en a les dijci| Il

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île Jésus-Christ devenus les apôtres du catholicisme, les Pères de l'Eglise, etc., et tous cciix qui de nos jours pensent comme pensaient saint Paul cl saint Chrysosloine, prêcher que tout minisire d'un Dieu de bo ité et de miséricorde doit s'act|uiller des fonctions de sa place, en gagnant les cœurs par la persuasion et non par la contrainte. C'est du reste ce que tout homme raisonnable et charitable compren 1 parfaitement; ans^i ne manque-t-il pas de tolérance pour autrui, et l'exerce-l-il envers tous.

Kl c'est parce qu'il comprenait ainsi la tolérance, que h pape Innocent, à l'occasion du premier siège de Rome par Alaric, miO-*, ferma les yeux sur les sacrifices qui se faisaient en secret. A .'■on exemple, les princes d'alors, agissant contradictoire ment à leurs édits, conservaient des païms dans les hautes charges de l'Etat, et donnaient des titres aux pontifes des idoles. Aucune loi ne défendait aux gentils d'écrire contre les chrétiens et leur religion; aucune loi n'obligeait un païen à embrasser le christianisme sous peine d être recherché dans sa personne et dans ses biens.

C'est aussi parce qu'il comprenait ainsi la tolérance, que le grand Bossuct se mon Ira toujours si tolérant. L'historien de sa vie nousenseigneque « Iiossuet parut suscité pour montrer les vices de la réforme et pour dessiller les yeux de ses partisans. Ses écrits devaient faire d'autant plus d'impression sur eux, qu'en tnêu e temps qu'il les réfutait avec tant de force, il en agissait envers eux avec indulgence et douceur; ci ox de son diocèse éprouvèrent sa protection ; il les garantit des exécutions militaires. On lui attribua des instructions envoyées aux intendants on 1G98, qui modifiaient en plusieurs points les ordonnances antérieures, et qui défendaient toute contrainte: et M. do Baussel a cité dans son Histoire une lettre d'un ministre protestant, Dubourdier, qui rend hommage à la modération et à la sagesse du savant prélat envers ceux de sa communion. »

Enfin, c'est parce qu'il comprenait ainsi la tolérance, que le vénéré pontife Pie IX , qui occupe aujourd'hui la chaire de saint Pierre, nous y a toujours invités par son exemple. Inspiré par cet esprit de charité que Dieu accorde aux ministres de son culte, il s'est montré tolérant pour toutes les religions dissidentes, et il a dû s'en applaudir chaque fois davantage, puisqu'à Home comme en Fiance, en Angleterre comme à Constanlinople, comme partout, catholiques, protestants, juifs, papistes et anti-papistes ont béni l'élu du Seigneur et chanté ses louanges.

On le voit par ces merveilleux résultats, la tolérance est nécessaire en religion : elle ne l'est pas moins en politique , comme en toutes choses et pour toutes choses; car la meilleure manière d'attirer à soi ceux qui se sont éloignés, c'est, je le répète, d'em-

ployer la douceur, la tendresse, la raison, la persuasion, la charité et ces autres vertus évangéliques qui ont le secret de parler au cœur et de persuader. D'ailleurs, qu'est-ce que la tolérance'.' C'est un des précieux apanages de l'humanité, qui, par bienveillance et amour, nous invite à l'indulgence les uns à l'égard des autres. Et comme nous sommes tous pétris de faiblesse et d'erreurs, elle nous dispose au bien et nous fait réciproquement pardonner nos sotlnes. Agir de la sorte, c'est se conformer i la première loi de la nature. El puis, n'est-ce pas que la discorde est le. plus grand mal du genre humain ; or , quel en est le remède ? la tolérance. Elle gagne les esprits , persuade et attire les âmes , au lieu que les persécu ions font des prosélytes à la cause qu'on voudrait anéantir.

Bref , nous devons d'aulant plus aimer la tolérance, qu'elle est la mère de la paix, c'est-à-dire, le seul moyen de faire vivre les hommes en bonne intelligence, malgré la diversité de leurs opinions politiques et religieuses. Indispensable dans l'un et l'autre cas, elle est peut-être moins nécessaire en matière de religion qu'en politique, la position prise au regard de la religion étant telle qu'il faut une tolérance réciproque pour que les hommes ne se forment pas en des camps ennemis.

Heureusement que celte tolérance réciproque dont nous parlons règne sur les esprits du plus grand nombre ; et c'est ce qui explique comment il sefail que, malgré la grande diversité d'opinions qu'on remarque entre les ciloyens d'une même patrie, la concorde et la paix ne cessent d'exiler. Néanmoins oa ne saurait se refuser à admettre que la tolérance sociale est moins rare que la tolérance religieuse. D'où cela provient-il? De ce que, d'une part, le catholicisme défend l'intolérance des personnes; et, d'aulre part, parce que les catholiques sont généralement assez indifférents eux-mêmes à l'égard de ceux qui médisent, calomnient ou agissent contre la religion et ses ministres. En politique, c'est différent ; chacun se passionne pour une opinion, pour un parti, et il n'est pas rare que des discussions souvent fort animées, que des luttes sanglantes viennent démontrer qu'il n'est guère possible de s'entendre quand on ne pense pas de la même manière.

Quoi qu'il en soit, laissant de côté pour un moment tout ce qui n'est pas le catholicisme, nous constaterons avec bonheur que c'est une consolation pour toute personne raisonnable de penser que les mahomélans, les Indiens, les Chinois, les Tai lares, adorent un Dieu unique : en cela du moins ils sont nos frères. El quant à ceux >!e nos autres frères des Etals catholiques, qui vivent éloig -es de noire divine religion, comme la véritable cause de leur éloignemenl vient de l'ignorance où on les a laissés et dans laquelle ils se complaisent, de nos mystères sacrés, loin de nous abandonner à toute idée de persécution, de luttes ou de sarcasmes, qui ne serviraient qu'à les éloigner davantage de nos pratiques et a les rendre irréconciliables.,

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nous devons ouvrir nos coeurs à la compassion pour leur égarement, et les plaindre d'être nés et de rester étrangers à tout ce que les sacrements et la grâce du culte catholique oITrent de consolations, de forces, d'espérance et de bonlieur à ceux qui vivent et meurent en chrétien? fidèles.

Mais ce n'est pas seulement pour telle ou (elle religion qu'on doit se montrer tolérant; c'est aussi pour les opinions politiques et pour toutes choses, la charité nous ordonnant de lolérer en notre prochain tout ce que nous voudrions qu'il toléràtdans nous-mêmes: elle nous fait un précepte de porter le fardeau les uns des autres.

Le moyen d'accomplir ces préceptes de charité pour les défauts d'autrui, et de les fnuiïrir avec moins de peine, est fort simple. Il consiste, pour l'homme sensé, instruit et !-age, A connaître, d'un côté, sa propre faihlesse, sa propre corruption, ses propres ténèbres, ses infidélités et son peu de fermeté pour le bien ; et de l'autre, de tâcher d'élever ?on âme jusqu'au sanctuaire où Dieu règle, relon ses desseins éternels, les événements ou monde, et fait même servir les qualités mauvaises des hommes à l'exécution de ses conseils. Ce n'est pas asse2 pour vivre en paix avec soi-même et avec les autres ; 1 1 afin de r.e choquer personne, il faut encore avoir une patience à l'épreuve de toutes sortes d'homeurs et de caprices. Il faut s'attendre qu'en vivant avec les hommes, on y trouvera des humeurs fâcheuses, des gens qui se mettent en colère sans sujet, qui prendront les choses de travers, qui raisonnent mal, qui auront un ascendant plein de fierié ou une complaisance basse et désagréable. Ainsi les uns seront passionnes, les autres trop froids. Les uns contrediront sans raison , les autres ne pourront souffrir qu'on les contredise en rien. Les uns penseront d'une manière, les autres d'une autre. On en trouvera qui croiront que tout leur est dû, et <i u i, ne faisant jamais réflexion sur la manière •loiil ils agissent envers les antres, ne laisseront pas d'exiger des déférences excessives. Oucllc espérai»' e de vivre en repos, si tous es défauts nous ébranlent, nous troublent, nous renversent et font sortir notre âme de Bon assiette I

Un des principaux moyens de l'acquérir, ' est d'amoindrir, s'il se peut, celle forte im- M que les défauts des autres font sur nous; déconsidérer que les défauts élanl i Dmtnaos, c'est une sottise d'en être surpris, « i «le ne pas les lolérer ; que, quelque grand-, qu'ils soient, ils ne nuisent qu'à ceux qui

Il | ont et ne n no s font a un. u i.i.i I ; que nOOS lie devons pas Si ul ment r garder les déi mis des autres comme îles maladies i eus particulières, mais comme des maladies qui i "ois vint communes ; car nous j sommes sujets* oinuic eux ; qu'il n'j a poinl de i rai 1 1 s, vices tioni nous ne soyons capables, et que s'iK en ont que nous n'ayons pas effectivement, nous en avons peul élre de plus les défauts di s autres, si lous pouvion '" U -n

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