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elles aussi, la fureur et le massacre. Elles excitent la rage du peuple, elles ont des instincts de cruauté qui passent toute croyance. Rien n'est affreux comme ce hideux spectacle, comme cet odieux renversement de l'ordre naturel.
Tâchons, s'il nous est permis, d'approcher de ces personnes à l'imagination ardente et exaltée, que des hommes pervers et corrompus égarent, entraînent et poussent à ces abominables cruautés, de leur faire comprendre que ce n'est pas en bravant le pouvoir, en foulant aux pieds les lois qui nous régissent, en usant de la force brutale et de la violence, qu'on appelle sur soi les bénédictions du Très-Haut et qu'on gagne les cœurs des honnêtes gens à sa cause. Tout comme nous ne saurions trop répéter au vainqueur qui hésite entre la vengeance que la justice réclame, ou la clémence que la miséricorde de Dieu lui inspire, qu'à moins que l'intérêt de la société n'exige une punition forte, prompte, exemplaire, le précepte du pardon des injures est celui dans lequel notre divin maître se complaît davantage. A chaque pas des saintes Ecritures, il prêche la charité qui pardonne. La miséricorde est la loi du salul, c'est elle qui fait descendre la clémence de Dieu sur nos fautes. Il nous a lui-même appris cette prière : « Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. » C'est la loi du talion que nous prions Dieu de nous appliquer. « Celui qui cherche à se venger s'expose luimême à la vengeance du Seigneur ; » ou « le Seigneur conservera la vengeance de ses fautes. » (Eccl. xxvin, 1.)
VIOLENT. Voyez Emporté.
VIVACITÉ (qualité ou défaut). — Pour bien comprendre la vivacité, il faut la considérer selon qu'elle a pour objet les inspirations de l'esprit , el alors elle a la plus grande analogie avec la pénétration, la Sagacité (Voir ce mot); ou bien, suivant qu'elle se rapporte au caractère, ce qui annonce une très-grande disposition à la colère, à l'emportement, à la violence. Voy. Colèrk.
Nous ferons donc remarquer que cette vivacité dans les opérations de l'esprit n'est pas toujours unie à la fécondité, vu qu'il y a peut-être autant d'esprits lents et fertiles, que d'esprits vifs el stériles. La lenteur des premiers vient quelquefois de la fiiblesse de leur mémoire, ou de la confusion de leurs idées, ou enfin de quelque défaut dans leurs organes, qui empêche leur esprit de se répandre avec vi'.esse ; la stérilité des esprits vifs, dont les organes sont bien disposés, vient de ce qu'ils manquent de force pour suivre une idée, ou de ce qu'ils sont sans passions; car les passions fertilisent l'esprit sur les choses qui leur sont propres. Et cela pourrait expliquer certaines bizarreries; un esprit vif dans la conversation, qui s'éteint dans le cabinet; un génie perçant dans l'intrigue, qui s'appesantit dans les sciences, etc. (V auvenurgues.)
Peut-être y a-t-il plus d'esprit chez les gens vifs que chez les autres ; mais aussi en ont-ils plus besoin. Il faut voir clair, et avoir le pied sûr quand on marche vite, sans quoi les chutes sont fréquentes et dangereuses ; c'est par celle raison que, de tous les sots, les plus vifs sont les plus insupportables. (Duclos.)
De même nous remarquerons, relativement à la vivacité de caractère, qu'elle tient beaucoup de l'impressionnabililé individuelle, c'est-à-dire que, suivant les dispositions morales où se trouvera l'individu, au moment où il est piqué au vif, sans se donner le temps de réfléchir à ce qu'on lui dit, il va s'animer, s'emporter el se fâcher tout rouge pour la moindre des choses, tandis que dans uu autre moment, il écoutera, sans animation, sans colère, les observations les plus piquantes.
C'est chose à considérer et dont on ne tient pas assez compte aux personnes qui nous blessent et manquent souvent aux convenances par vivacité. Parfois, quand nous nous présentons chez elles, nous les trouvons en proie à une agitation intérieure, qui provient soit de l'annonce d'une mauvaise nouvelle, soit d'une visite importune qu'elles auront reçue, soit d'une père qu'elles auront fai'.e, soit enfin d'une discussion qu'elles auront soutenue. Dans ce cas, la moindre opposition qu'on leur fait, les moindres contrariétés nouvelles qu'elles éprouvent, quelque légères qu'elles soient, suffiront pour mettre en jeu leur vivacité. Au contraire, que plusieurs jours, plusieurs mois, des années mêmes se soient écoulées sans que le malheur , des pertes ou des contrariélés soient venus surexciter l'affectivité animale de l'individu, il se rira de tout et ne se fâchera de rien : on dirait que sa vivacité sommeille.
Il est d'autres circonstances qui influencent beaucoup aussi la vivacilé du caractère : en première ligne, nous placerons un état anormal de la constitution, l'excitation cérébrale qui résulte de l'ingestion dans l'estomac d'une grande quantité d'aliments, mais surtout de boissons alcooliques; ('000cement qui survient, alors que l'atmosphère est chargée d'électricité, comme cela se remarque quand l'orage se prépare ou gronde, etc., etc. Dans ces divers cas, tel qui, hors ces circonstances, resterait impassible, répondrait avec sang-froid aux provocations les plus directes et accepterait un défi sans s'émouvoir, qui, s'il est sous l'influence d'une ou de plusieurs de ces causes, jettera à la porte ou soufflettera son interlocuteur, alors même que celui-ci n'aura pas l'intention do le blesser. Quand il en est ainsi, chacun do nous peut concevoir qu'il faille, par des moyens hygiéniques convenables , calmer cette agitation accidentelle et passagère qui sert d'aliment à la vivacilé. Ils devront être appropriés, ces moyens, au tempérament du sujet qui, lui aussi, influe beaucoup sur la vivacité.