‹ Dictionnaire des facultés intellectuelles et affectives de l'âme où l'on traite des passions, des vertus, des vices, des défauts, etcChapitre 210 sur 251 · lî · texte numérisé non relu

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de lumières que les autres, n'avaient pas plus de justice, et quelques noms qu'ils donnassent à leurs vertus, on pouvait aisément juger qu'ils n'étaient animés que par le désir de l'honneur ou de la volupté. Aussi toutes leurs opinions se peuvent réduire à celles des épicuriens ri des stoïques, et l'une et l'autre sonl infiniment éloignées de la créance des chrétiens. Car, comme dit saint Augustin, les épicuriens ne connaissaient point d'autre plaisir que la volupté, les stoïciens n'estimaient point d'autre bonheur que la vertu , et les chrétiens ne trouvent point d'au'.re feli. ité que la grâce. Les premiers soumettent l'esprit au corps, et réduisent les hommes à la vie des bétes ; les seconds remplissent l'âme de vanité, et dans la misère do leur condition ils imitent l'orgueil des démons : les derniers avouent leur faiblesse, cl sentant par expérience que la niturc el la raison ne les peuvent délivrer, ils implorent le secours de la grâce, et n'entreprennent point de combattre les vices, et d'acquérir les verlus, que par l'assistance du ciel (2). C'est pourquoi je présuppose en cet ouvrage, que pour conduire les passions la charité nous est absolument nécessaire, el je reconnais qu'il n'y a point d'aulre morale que les chrétiennes. Je sais bien que les philosophes ont avancé quelques maximes qui peuvent servir à noire dessein; mais je sais bien aussi qu'on ne les peui employer utilement que par la grâce du Saint-Esprit. Les plus belles vérités nous sont inutiles, si celui qui est la lumière éternelle ne les répand dans nos âmes; et les meilleures raisins ne nous sauraient persuader, si celui qui tient nos cœurs dans sa main ne les touche par ses inspirations ; les aid -s mêmes de la nature, qu'on peut appeler les ruines de l'innocence, ne sauraient produire les verlus s'ils ne sont animés de la charité. Toutes ces bonnes inclinations qui nous restent après la perle de la justice originelle sonl déréglées ; et l'homme est si universellement corrompu, que ses av.i liages même lui sonl pernicieux. La bénite de I espiil, la honte du jug eut el la fidélité de la mémoire sonl d.s laveurs qui oui perdu les

philosophes : ei si nous eu liions maintenant quelque profil , nous le devons à la grâce, et non pas à la nature. 1 en est de noire âme comme de la terre ; l'une cl l'autre sont maudites depuis le péché : et comme celle-ci ne porte que des épines, si elle n'est cultivée, celle-là ne produit que îles ; érhés, si elle n'est éclairée de quelque lumière surnaturelle.

Pour entendre celle vérité, qui est la pure

doctrine de l'Evangile, il faut savoir que i

grâce, Boil dans I étal d'innocence, m>,1 dans

celui du christianisme, fait une partit

l'Iiom i e : il n' s. pas accompli quand il est

•mile ; et quoique la raison lui deineuic,

(I) Niiura dur- utenduni est : hani rai bier- h iai bcatuinf rvspondel, Yotoplas corporls, Die,

♦ti, banc conlulii : idem est ergo beale vivere, et SinlceT reipondcl, Virlas anlmi. Die, Cbristii ,

M-* mi iiiin iiatui Vita beau, cap. 9. refpomH, Djdiui Dei. luj in Iracl. de ttclii plri-

I) liiierrngcinu singt Die, I 7.

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