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solations de son fi!s, aimer tendrement son petit- fi Is et le caresser en père. C'est qu'il ne reçoit rien <!c ce petit-fils ; c'est qne l 'âge l'en a rapproché par sa faiblesse, c'est que ce jeune enfant lui rappelle son propre fils ; c'est qu'enlin, en le caressant, il croit encore le ser\ ir.
Et il le sert en effet ; car le calme de l'ilire donne aux vieillards les deux qualités que par-dessus tout les enfants demandent. Ces deux qualités sont la patience cl la complaisance.
Mais comme on s'est aperçu de bonne heure que l'amour que l'enfant éprouve pour les auteurs de ses jours subit l'antagonisme des passions, des affections nouvelles de la famille, des relations sociales, et a moins de garanties d'existence que l'amour des parents, tous les législateurs l'ont rangé au nombre ('.es devoirs de la famille. Dieu I ui — même l'a mis sous la sauvegarde de ses commandements : c'est même le seul auquel il ait expressément attaché une récompense.
Honorez voire père et votre mère, afin de jouir d'une longue vie. (Exod. xx, 2.)
A chaque page ries saintes Ecritures on retrouve les mêmes préceptes et les mêmes promesses. Malheur èi l'homme qui maudit son père et sa mère ; pour lui le flambeau de la vie s'éteindra à jamais (Prov. xs, 20). La bénédiction du père assure ta prospérité des enfants, mais la malédiction de la mère provoque leur ruine [Eccli. ni, 11).
L'amour filial est une des bases de la société; c'est lui qui place la conduite des enfants sous la sauvegarde des conseils de l'expérience, qui leur donne pour guide dans la vie ceux qui s'intéressent le plus à leur bonheur. Quel est celui en effet, qui aimant bien les auteurs de ses jours voudra faire quelque chose qui poisse leur déplaire?
L'amour filial habitue les hommes à respecter l'autorité et la tradition, à garderies bonnes coutumes. Malheur à la société où les vieillards sont méprisés, où l'ingratitude les repousse ! Il y a quelquefois des mauvais pères, fi leur conduite ferme le cœur de leurs enfants à l'amour filial. Dans ces malheureuses circonstances, ceux-ci, s'ils n'ont plus l'amour, doivent du moins guder pour eux la charité qui les rendra respectueux à leur égard, prompts à les secourir dans leurs besoins. La qualité de fils impose des devoirs absolus et dont on ne peut se dispenser.
Oui, elle les connaissait bien ces devoirs, Elisabeth de Cazolle, quand, se jetant, pour sauver son père, au-devant des haches révolutionnaires, elle fit reculer les bourreaux. Elle les connaissait bien au--si, mademoiselle de Sombreuil, quand, inspirée par le même sentiment et dans un but pareil, ede but une coupe de sang humain que lui présentaient d'horribles sicaires. Ah 1 c'est que les hommes les plus animés par le sentiment de la haine ou de la vengeance se laissent désarmer par des actes peu communs de vertu. Voyez ce | euple exaspéré qui va frapper de mort un malheureux garde municipal de sert ice aux Champs-Elysées , le 2V février 1848; mais
qu'csl-ce donc qui l'arrête ? Von» allez l'apprend re.l'n digne et généreux officier des pompiers s'adressant à une jeune fille qui était près de lui, lui dit tout bas : Vous pouvez sauver cet homme, en le réclamant pour votre père. Saisissant avec joie et bonheur une si heureuse inspiration, et n'écoulant que la voix de l'humanité qui l'anime, cette jeune personne, prenant le soldat dans ses bras, s'écrie -.Epargnez mon père! A ce cri cha'cun a tressailli, les armes se relèvent, loule pensée de meurtre se tait dans le cour des combattants; le soldat peut suivre sa libératrice. Dans tous les siècles, buis cl méchants applaudiront au courage de la jeune fille : dans tous les siècles, le peuple admirera les braves qu'un cri d'amour a désarmés; heureuse la mère patrie qui les compte parmi ses enfants !
Amour, respect, obéissance, dévouement, lelssontlessenîimenls que les enfants doivenl éprouver pourleurs père et mère; mais, pour si vifs que soient ces sentiments, ils ne doivent pas leur faire oublier que les père et mère ajanl leurs défauts, un enfant est obligé de h s leur faire connaître. Dans ce cas un bon fils doit agir avec beaucoup de prudence et avec une douceur respectueuse, et si, quelques précautions qu'il prenne, il trouve de la résistance, il s'arrêtera pour quelques moments, sans pour cela se rebulcr. Les conseils donnés à un père ou à une mère attirent souvent sur le (ils des durelés et des châtiments; mais un fils doit souffrir en cette occasion, l'amour filial lui en fait une loi. Pourrait-il en murmurer?
C AMorn fraternel (sentiment naturel).
Commeun mêmesang,unemême naissance, un nom commun , une même éducation et quelquefois un même caractère, une même conformité de goùls, forment le lien sympathique, le nœud de l'affection des frères entre eux, et qu'ils ont l'habitude de se regarder comme ne formant qu'un seul élre ou comme les parties diverses d'un tout, il en résulte que le sentiment de l'amour fraternel sera plus ou moins fr.igile, ou plus ou moins durable, suivant la nature des individus composant une même famille. J'entends par nature leurs qualités morales.
Pour ma part, j'ai assez l'expérience des hommes, j'ai assez longtemps vécu au milieu de familles plus ou moins nombreuses, pour être convaincu que ce sentiment est généralement bien plus faible qu'on ne le supposerait d'abord.
Cela provient de ce que, avec la sympathie qui se fortifie par la consanguinité, pullulent entre frères et sœurs mille cuises d'opposition, de division, de lutte, qui déchirent presque toutes les familles et les ruinent. La jalousie, surtout, symptôme infaillible, de l'amour charnel, troue au milieu de la famille et tend sans ce.se à diviser pour régner. Ilara est concordia fralrum, s'écrie le poète païen, et la parole évangélique dit plus Fortement encore, en parlant du vrai chrétien : Inimici Itominis domesticieju*. Celui qui
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clierche par-dessus tout le royaume de Dieu cl sa justice ne trouve nulle part plus d obstacles et de contradictions que dans sa parente, et même pour les affaires du monde et les intérêts de la vie terrestre, on peut rarement compter sur les siens. Cela provient peut-être de ce qu'il est bien difficile qu'un attachement profond s'établisse entre des hommes déjà liés par le sang. La chair est entre les âmes et les empêche de se toucher immédiatement. L'affection est trop naturelle pour devenir pure et désintéressée.
El comment n'en serait-il pas ainsi, lorsque, du moment où les frères et sœurs ou les frères entre eux sont divisés d'intérêts, l'affection fraternelle survit à peine, ou s'éteint, si elle ne se change en haine; lorsque ce sentiment est entièrement étouffé par le ressentiment de l'envie, de la jalousie ou de l'ambition, et n'empêche pas le fratricide!
Voyez Caïn : dans sa fureur jalouse, il immole Abel, et le premier crime de l'homme, après la dé-obéissance d'Adam et d'Eve, fut le meurtre d'un frère par son frère.
C'est aussi parce qu'ils éiaienl poussés par un sentiment de jalousie que les enfants de Jacob vendirent à des marchands de l'Arabie leur frère Joseph qu'ils avaient voulu, quelques instants auparavant , immoler à leur ressentiment. El dans une autre catégorie que voyons-nous? Abimélech , fils de Jérobaai, qui usurpe l'autorité par le meurtre de ses frères. Le jeune Cyrus, sauvé de la prison et de la mort par sa mère Pary salis, songeant à la vengeance, gageant les satrapes par ses agréments infinis, traversant l'Asie .Mineure, allant présenter la bataille au roi Artaxerxès son frère aîné, appelé Mnémon, dans le cœur de son empire, le blessant de sa propre main, et se croyant trop tôt vainqueur, périr par sa témérité. Les entants de Cassamlre, fils d'Anlipaler, se chassant les uns les autres du royaume de Macédoine. Le lil's aîné de Sévère, Bassien ou Caracalla, re faux imitateur d'Alexandre, qui , aussitôt après la mort de son père, tue son frère Gé ta, empereur comme lui, dans le sein de Julie leur mère commune. liomulos, immolant son frère Rcmus, parce que, suivant les uns, il lui aurai! dispute l'honneur de donner sou nom à Rome; ou, suivant d'autres, parce qu'il aurait sauté, par dérision! le petit fossé qui marquait l'enceinte de celle ville; ou bien, lelon Denis d'Halicaroasse (l.tr. i, chap.W), les murailles même* de Rome; car elles étaient achevées, et Hennis les sauta, quand il fut tué par Romulus. Qu'il en ait ru ( nsuile un si grand chagrin que les prières de l.arentia furent seules capables de I empêcher de si; détruire, ainsi que l'a prétendu le même auteur; il n'en i st pas in. uns vrai (juc c'a été par les motif, les plus frivoles que Komulus lut pore à donner la mort a son frère, crii |ui peut, en quelque sorte, donner la mesure de la force de I amour fraternel. Kl Soliman ne lua-l-il pas sou frère pour régner '.' etc., etc.
Heureusement qu'a ces faits qui,
Dieu, ne si ni pas très-communs, on peut op.
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poser quelques exemples, malheureusement bien plus rares, et par cela même bien précieux, d'un dévouement sublime, absolu, dicté par l'amour fraternel. Parmi ces exemples, je choisirai les suivants .
Au nombre des chevaliers compagnons de Raymond de Saint-Gilles qui revinrent dans leur patrie après la prise de Jérusalem, ou mieux, après la bataille d'Ascalon, qui fut la dernière de celte croisade, nous ne pouvons oublier, dit Michaud, Etienne et Pierre de Salviac de Viel-Castel, que leur siècle admira comme des modèles de la piété fraternelle. Etienne et Pierre de Salviac étaient deux frères jumeaux ; la plus tendre amitié les unissait dès leur enfance. Pierre avait pris la croix au concile de Clermonl ; Etienne, quoique marié et père de plusieurs enfants, voulut suivre son frère en Asie et partager avec lui les périls d'un aussi long voyage : on les voyait toujours à côté l'un de l'autre dans les batailles ; ils avaient assisté ensemble aux sièges de Nicée, d'Anlioche et de Jérusalem. Peu de temps après leur retour dans le Querci, ils moururent tous deux dans la même semaine et furent ensevelis tous deux dans le même tombeau. Sur leur tombe on lit encore aujourd'hui une épitaphe qui nous a transmis le souvenir de leurs exploits et de leur louchante amitié.
De même, l'histoire est là pour nous redire tout ce que madame Elisabeth a su souffrir pour son frère, le vertueux et trop infortuné Louis XVI ; elle est là pour nous apprendre que, semblable à un ange de paix cl de miséricorde, placé sur la terre par Dieu même pour y être le soutien et la consolation des malheureux, celte princesse, aimable autant que bonne, respectée et chérie de tous ceux qui l'ont connue, cl n'ayant pas encore accompli sa trentième année, suivit la famille royale an Temple, déploya dans sa prison les vertus les plus héroïques, et offrit, dans son martyre, le spectacle d'une ^ ierge chrétienne envisageant sans effroi la mort qui allait la réunir à son frère et à sa digne épouse qui l'avaient précédée. Mais aussi quelle nature, quelle âme que l'Ame de madame Elisabeth!
Voilà les sentiments que l'amour fraternel devrait toujours inspirer, puisque les devoirs des frères vis-à-vis les uns des autres consistent dans le soutien, la concorde et l'étroite union. Mais comme CCS sentiments de la nature se corrompent facilement, c'est a regret que je le répète, on ne voit que trop jo irnelh m ml i ombien les liens de la fraternité sont faciles .1 roinpi e.
Ils le leronl surtout dans les pays de luie, où chacun ne songe qu'à soi ou ne vil que pour soi. El quoique rien ne doue inspirer
plus de dégoût Cl d'horreur que de VI ir les
frères divisés et en discorde les un- avec t.. s autres, cepen I tut les tribunaux retentissent
tous les joui s deS cris que le frère pousse contre son hère, t.. su'ur contre 18 sieur, les frèrei el les sœurs entre eux. Malheur au peuple témoin de ces sortes d'exemples Cl qui s'y accoutume I Malheur surtout à ceux qui les donnent, soit en dépouillant
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leur frère de tout ce qu'ils peuvent injustement lui ravir, soil en le laissant mourir t!e misère et de faim, plutôt que de retrancher quelque chose de leur luxe, plutôt que de se priver en rien de ces petites fantaisies si agréables à satisfaire, plutôt que de laisser quelques écus de moins à leurs héritiers. Oui, quand un frère dans l'aisance a dit à son frère, moins bien partage que lui sous le rapport de la fortune : Je suis père de famille et je dois songer à mes enfants, il croit avoir tout dit. Est-ce là ce que veut l'amour de la famille?
Opposons à de si tristes vérilés des faits d'une tout autre nature, et que je suis heureux de pouvoir consigner ici.
M. S , que je ne nommerai point, soit
pour ne pas blesser sa modestie, soit parce qu'il trouve sa conduite si naturelle, qu'il ne s'en fait pas un mérite et que je suis bien aise de le laisser dans sa noble simplicilé , disait l'autre jour (1818) à une dame qui me les a racontés, les détails qui vont suivre.
« Entre frères, est-ce qu'on doit oublier qne c'est le même tïanc qui nous a porlés, et <;ue celui ou ceux qui sont dans l'aisance doivent faire des sacrifices en faveur de celoi qui ne l'est pas? Que dis-je, des saer ficesl Ce n'est pas en faire que de prêter secours et assistance à ses frères quand ils sont malheureux.
« Pour moi, ajouta-l-il, j'étais l'aîné de m.ï famille. Mon père avait de la fortune et je fus avantagé par lui, comme cela se pratique assez souvent. Le cadet de mes frères embrassa la carrière militaire, et le troisième et dernier se fil commerçant.
« Je prospérai dans l'exploitation de nus propriétés et de ma manufacture ; mais mon plus jeune frère ne fut pas heureux : en peu de temps il avait tout perdu. Voulant le tirer d'embarras, je lui cédai toute la porlion dont j'avais été avantagé par mon père ; avec cet argent il reprit le commerce, et depuis lors tout marche au gré de ses désirs. Aussi Dieu sait s'il m'aime! si nous nous aimons 1 »
Ce fait me rappelle celui qui s'est passé en Italie en 1SV7, et que je vais mentionner, parce qu'il montre dans tout son jour nonseulement qu'il est des frères qui comprennent le sentiment de l'amour fraternel, mais encore que Sa Sainteté Pie IX est aussi boa qu'il est grand.
Un riche seigneur, père de deux garçons , voulait tout donner à l'aîné et laisser par conscquenl le plus jeune dans la plus humble des conditions. L'aîné refuse de consentir à tout aile qui tendrait à dépouiller son frère, et déclare formellement que, le père mort, il partagera par égales parts avec son puine.
N'ayant pu vaincre la généreuse susceptibilité de son fils , ce père dénaturé, mû par un sentiment que la nature et la religion réprouvent, et poussé par le plus odieux ressentiment, laissa entre les mains d'un officier civil ses dispositions testamentaires, par lesquelles il léguait ses biens au prêtre qui, le jour de son enterrement, dirait le pre-
mier la messe dans l'église où se feraient les cérémonies des funérail es.
Le seigneur mort, le dépositaire du testament, ne sachant quel parti prendre, eut le bon esprit d'aller consulter le saint-père, qui , après avoir pris connaissance du codicile, dit à celui qui le lui avait remis : « Laissez-moi cet acle , j'aviserai à ce qu'il faut faire. »
Le lendemain, à peine le jour commençaitil à poindre, que le pape quille son palais. Il se rend à l'église où devait se célébrer le service funèbre pour !e repos du mouvait riche. Il décline son nom; les portes s'ouvrent devant lui ; il célèbre le premier ie saint sacrifice et devient l'héritier du grand seigneur. Inutile de dire qu'il rendit aux héritiers naturels du défunt les biens dont le père avait voulu les priver.... Est -il rien de pi us touchant et de plus admirable que la conduite de Pie IX en cette circonstance? Vit-on jamais bonté pareille? Espérons que ces exemples ne seront pas perdus.
2" AMOUR DES SEXES (passion).
L'histoire de l'amour des sexes, dans tous les pays civilisés, nous représente celte passion sous deux aspects bien différents ; c'està-dire qu'il e>t une sorte d'amour qu'on appelle platonique ou immatériel ; et une autre espèce d'amour qui , loul spirituel qu'il e>! , a néanmoins quelque chose de matériel ou de charnel qui oblige de le séparer du premier : ce qui n'empêche pas que, dans tous les cas, la peinture qu'on en fait devrait dépendre uniquement du sentiment qu'éprouve l'auteur qui l'exprime.
Et cependant, tel est l'ascendant qu'exercent sur les écrivains les mœurs des hommei qui les environnent, qu'ils y soumettent jusqu'à la langue de leurs affections les plus intimes. El par exemple, il se peu! que Pétraïque ail été p!us amoureux dans sa vie que l'auteur de Werther, que plusieurs poêles anglais, tels que Pope, Thompson, Olway; néanmoins ne croil-on pas, en lisant les écrivains du Nord , que c'est une autre nature, d'aulrcs relations, un autre moule? La perfection de quelques-unes de ces poésies prouve sans doute le génie de leur auteur; mais il n'en est pas moins certain qu'en Italie, les hommes n'auraient pas composé les mêmes écrits quan I même ils auraient ressenti les mêmes passions ; lant il est vrai que les ouvrages ayant le succès pour but, l'on y trouve communément moins les traces du caractère personnel de l'écrivain que l'esprit général de sa nation et de son siècle.
Ce jugement que madame dé Slaél a porté de l'amour platonique peut être porté également de l'amour que, par opposition, j'ai appelé charnel, quoique de tout temps confondu avec lui. En effet, demandez à on amant ce que c'est que l'amour ? sentir cl aimer, vous répondra-t-il en deux mots ; Cl ses yeux , sa physionomie, tout en lui vous expliquera sa définition. Un homme mûr pourra faire la même réponse sans nous éclairer de même. Ainsi, l'amant qui parle
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d'amour en fait presque éprouver les sentiments, et l'homme non passionné ne le fait qu'envisager.
Le conuaitrons-nous mieux si l'on nous répond, avec une dame forl remarquable par Ivs qualités de son esprit, à qui l'on demandait ce que c'était que l'amour? « Pour un homme , c'est être inquiet ; et pour une femme c'est exister. » (Alibert, Plujs.des pass.) Ou avec saint Grégoire : « C'est une fièvre cruelle qui a son froid et ses ardeurs, ses langueurs et ses accès , ses faiblesses et ses redoublements, ses rêveries, ses transports, ses fureurs? »
Non : et c'est probablement à ces différentes manières de sentir et d'exprimer l'amour, que nous devons les définitions diverses qu'on en a données.
L'amour est bien pour tous les auteurs une passion de l'âme que la nature inspire à tous les êtres de l'un et de l'autre sexe, et qui les porte à s'unir, à se posséder mutuellement et sans réserve; mais comme le contentement de la passion se fait longtemps attendre, on a dit de cette sorte d'amour, qu'il consiste, soit dans une envie cachée et délicieuse de posséder ce que l'on nime après beaucoup de mystères ( La Rochefoucauld); soit dans une passion tumultueuse qui nous possède et nous enivre; soit dans la lièvre de l'âme, qui voit et apprécie les qualités du corps et de l'esprit de la personne aimée avec l'œil de l'imagination et voudrait régner sur elle.
En d'autres termes, l'amour est l'enfant du loisir, ou, ce qui revient au même, l'occupation des gens désœuvrés ( Uiugène) ; la maladie des âmes oisives ( Pluton ) ; un caprice de quelques jours ; une liaison sans attachement ; un sentiment sans estime ; des simagrées de Sygisbé ; une froide habitude ; une faniaisie romanesque ; un goût suivi d'un prompt dégoût: tout cela ayant été nommé amour. (Voltaire.)
Voilà ce qu'on a pensé, ce que probablement bien des gens pensent encore, ce qu'on dit généralement et ce qu'on dira peut-être toujours de l'amour. Voilà les contradictions nombreuses dans lesquelles les auteurs sont tombés en le définissant. C'est pourquoi, si nous voulons nous rendre compte de ces contradictions et les expliquer, nous serons forcés de nous arrêter à l'idée que ces auteurs ont confondu l'amour det texu proprement dit avec l'amour conjugal.
assurément, dans l'une et l'autre de ces sortes d'amour, le c iraclèro de la passion <.si de remplir le cœur to il entier par l'idéal des perfections de la personne aimée; on la retrouve partout, tout en retrace l'image, lout en réveille le^ désirs. Le monde, la solitude, la présence, l'éloignement, les objets les plus indifférents, les occupations les plus érieuses, le temple lui-même, les autels sien'-., les mystères terribles, pour parler le langage de Mas-albin, en rappellent le souvenir I Mais il v a entre eux celte différence, que l'un , purement organique ou sensuel, lient de la Lc'.c, ne peut >e p tsser de la pos-