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lin février 18'i8, en causant antipathie avec un individu dans les mêmes conditions physiques que le précédent, et non moins brave , il m'apprit qu'il ne pouvait supporter la vue d'un limaçon, cl ne s'en approcherait pas sans être armé d'un coutelas avec lequel il pût le frapper et le tuer. Cependant est -il un animal plus inoffensif que le limaçon?
Enfin, on riait beaucoup, il y a une vingtaine d'années environ, dans la ville de Celte (Hérault), d'une scène fort amusante, qui se passa à la réception d'un franc-maçon; notez bien que le néophyte avait servi dans la garde impériale, ne manquait pas d'instruction, et possédait une laille de t.imbourmajor : plus de sis pieds. Il avait supporté avec le plus grand sang-froid les épieuves les plus dilficiles, lorsqu'un de ses amis, qui connaissait son antipathie pour les souiis, fut s'en procurer une chez un boulanger, et la fit pénétrer dans la salle où le récipiendaire se trouvait enfermé.
A peine a-t-il aperçu le pelil animal, qu'il pousse de véritables hurlements, prie-, supplie qu'on le tire de sa prison, déclarant qu'il
renonçait à la maçonnerie Bref, après
quelques instants on lui rendit la liberté, et on fil bien, car il étallpâle, défait, tremblant, et agité de mouvements coin ulsifs.
Jusqu'à présent il a été question d'animaux incapables d'attaquer l'homme, mais vivants; que sera-ce si nous citons des exemples d'accidents pareils produits par des animaux sans vie? Us sont non moins nombreux el plus concluants.
Erasme avait été invité à dîner par une personne qui assurément ne connaissait pas l'antipathie de son convive pour un mets qu'elle avait fait servir. On se met à table : Krasme parait indisposé ; il n'ose se plaiudre, et bien'ôt il tombe en syncope. Chacun s'empresse à le secourir; néanmoins la syncope persiste, jusqu'à ce qu'enfin un de ses amis qui s'élail attardé arrive. 11 s'informe de ce qui se passe , jette un coup d'œil sur la table, aperçoit un poisson qui y figurait, le fait enlever, et aussitôt l'évanouissement d'iïrasme cesse. Cet accident provenait de l'antipathie qu'Erasme avait pour le poisson.
l'éiroz dit connaître un homme incapable de ressentir les effets de la crainte el au-dessusdeloute prévention, qui ne peut supporter la vue d'une lèle de veau bouillie sans s'évanouir. On trouve dans les mémoires de Bussi l'histoire d'un maréchal d'Albrel, à qui pareil accident arrivait quand il voyait la tète d'un marcassin. Densengius affirme avoir connu un individu qui ne pouvait voir la tête d'un cochon sans défaillir, et qui en mangeait sans dégoût quand on en avait retranché les oreilles. Enfin, combien n'y a-lil pas d'accidenls produits par d'autres antipathies!
On le voit par ces exemples, toute sorte d'antipathie veut être respectée; et cependant, si l'on voulait tenter de la guérir, les
oyens les plus doux, les paroles les plus
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persuasives devraient seuls élre employés et habilement ménagés, toute menace, tente épreuve, tout châtiment, étant criminels et dangereux.
Je dis plus, il est une espèce d'antipathie que j'appellerai matérielle, parce qu'elle est hors de toute influence morale, el diffère dès lors essentiellement des antipathies d nt je viens de parler, qui sont toutes subordonnées au moral. Celle-ci ne doit jamais être heurtée, parce que des accidents quelquefois fort graves pourraient s'ensuivre. Comme les faits que je vais citer sont incompréhensibles pour les médec ns mêmes, s'ils sont ennemis du vitalisme de l'école où j'ai puisé mes principes physiologiques et fait mon éducation médicale; comme surtout on pourrait ne pas y croire, vu leur singularité, j'en réunirai un assez grand nombre recueillis par des hommes très-recommandables et par moi-même, afin de ne laisser aucun doule sur les antipathies vitales du corps humain.
Christophe de Véga, professeur à Alcala de Hénarès, raconte qu'il ne pouvait supporter les anchois, et que ce poisson avait déjà failli lui donner la mort.
Camérarius affirme avoir vu un homme d'une illustre naissance qui ne pouvait manger des œufs sans qu'aussitôt ses lèvres se gonflassent, que sa figure se couvrît de taches livides : o.n aurait dit qu'il éprouvait tous les symptômes de l'empoisonnement.
Loger-Villermay rapporte l'histoire d'un jeune homme de vingt-cinq ans, d'une bonne constitution, qui était parvenu jusqu'à cet âge sans avoir jama'-s mangé d'aucune viande. L'odeur de celles que l'on sert sur nos table s lie lui était pas désagréable; il mangeait avec plaisir la soupe faite avec leur suc, mais il lui était impossible de faire parvenir dans son estomac le moindre aliment solide gras. Lorsqu'il en introduisait un morceau dans sa bouche, il éprouvait à l'instant même un malaise général et un resserrement spasmodique de la gorge si intense, que le passage en était, en quelque sorte, obstrué. Il se manifestait en même temps un trismus incomplet des mâchoires, et des bourdonnements d'oreille très-incommodes.
M. Kostan dit connaître un architecte distingué, qui mange sans répugnance el sans accident des œufs lorsqu'ils sont médiocrement cuits, mais qui, au bout de quelques heures, tombe en défaillance, quand ces œufs sont durs.
M. Grand, inspecteur des écoles primaires de l'académie de Montpellier, m'a raconte, lu 22 juin 1836, le fait suivant :
« J'ai un de mes amis, disait-il, qui mange avec plaisir des fraises , mais elles déterminent chez lui tous les symptômes de l'empoisonnement. Un jour que je l'avais à diner, je le pressai beaucoup d'en manger; il s'en défendit longtemps ; mais, cédant enfui à mes instances, il finit par en prendre trois sur mon assiette, qu'il avala. Bientôt après survinrent des vomissements si violeuts, que
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