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mon colonel. — On tirera sur loi. — Oui, mon colonel. — On te manquera. — Oui, mon colonel. — Tu égorgeras la sentinelle. — Oui, mon colonel. — El j'arriverai là pour le soutenir. — Oui. mon colonel. »
Les choses se passèrent conformément à celte singulière instruction, et, grâce à l'assurance de l'officier, grâce à l'intrépidité du soldai, la ville fut prise.
De même quand un avocat veut faire admettre l'innocence de l'accusé, n'est-ce pas qu'il doit en présenter la défense avec l'assurance d'un homme convaincu de la nouculpabililé de son client? Alors, rien n'est plus propre à faire p.isser la conviction dans i'esprit des jurés et des juges, que ce ton affirmatif et tranchant que prend le défenseur. S'il peut donc en imposer à lous en plaidant pour un criminel, que ne fera-t-il pas s'il parle pour un innocent 1
Enfin, il n'est rien qui doive inspirer autant d'assurance que la certitude d'avoir fait une bonne action; cela donne le courage de l'avouer et d'oser s'en faire un mérite. Quand le prince Edouard d'Angleterre, poursuivi par les troupes du roi, trouva un asile dans la maison d'un seigneur, ce seigneur fut accusé d'avoir donné retraite au prétendant. Cité devant les juges, il s'y présente et leur dit : Soutirez qu'avant de subir l'interrogatoire, je vous demande lequel d'entre vous, si le prétendant s'était réfugié dans sa maison, eût été assez \il et assez lâche pour le livrer. A cette question, le tribunal se lait, se lève et renvoie l'accusé.
Ainsi l'assurance est une qualité que chacun de nous doit nécessairement posséder si nous voulons réussir, l'un dans les armées, l'autre au palais, celui-ci à la barre, celui-là dans le monde. Mlle e*l indispensable au n édecin s'il veut capter In confiance de son malade et avoir l'influence nécessaire pour guérir le moral, cause déterminante, dans bien des cas, des désordres physiques. S'il hésite dans ses affirmations, dans ses prescriptions, il peut être convaincu d'avance que les médicaments seront moins efficaces. \ o]/. Confiance.
Après avoir dit les avantages de l'assurance, nous devons ajouter que si l'on b'< n scrv.'.ii soil pour menlir avec effronterie, soit pour dissimuler ses vices, soil pour empêcher par un faux lém te la justice frappe le coupable, soil en un mol pour eiiager les gens corrompus ou les criminels, oh! alors, l'assui ance deviendrait un vice monstrueux que rien m' peut excuser.
D'après ces considérais us, on peut ranger faculté parmi les qualités i u les vices,
selon qu'il en sera fait un b ni ou un mau
vais usage, ol ne la considérer que comme
un simple défaut quand elle provient d'une
< dut iition négligée ou manquée. Mans ce dernier cas, instruire l'ignorant, c'est presque le i orriger ; et dans les auti es circonstances, éclairer les personnes sur 1rs avantage >i les inconvénients de l'assurance, c'est leur apprendre comment on peut s'en servii ■ propos, el la oéce si 6 d'eu (aire u
ASTUCE (vice). — Il est un mot que les auteurs du Dictionnaire de Trévoux regardaient comme hors d'usage, el que cependant on trouve encore aujourd'hui dans les dictionnaires les plus modernes : c'est le mot astuce.
On s'en est servi, nous dit-on, pour désigner une mauvaise finesse, c'est-à-dire une finesse qui nuit ou qui peut nuire, et que néanmoins ou empieie pour arriver à ses fins.
Pour ma part, je ne vois pas trop de quelle utilité peut être ce terme dans un traite de morale, alors surtout qu'il n'exprime qu'une des formes du Déguisement ou de la Dissimulation (Foy. ces mots). Néanmoins, comme Marmontel voulait qu'il fût conservé, sans doute pour la variété et la concision du langage, j'ai dû en faire mention el le conserver comme lui et comme ses imitateurs; car il est partout. Il est vrai qu'il cherchait à justifier son opinion en disant qu'il y a dans l'astuce une certaine nuance particulière qui peut servir à la distinguer soil de la finesse, soit de la ruse dont on l'a faite synonyme; et cette nuance, c'est que l'astuce joint la finesse à la méchanceté. Elle participerait donc tout à la fois de l'une cl de l'autre.
Celle assertion manque d'exactitude, aussi bien que la signification de mauvaise finesse, que l'on a généralement donnée dans ces derniers temps à l'astuce, et la qualification de vice dont on l'a gratifiée, l'astuce ayant, pour certains auteurs et dans cet laines circonstances, un (ont autie caractère.
A ceux qui auraient di s doutes à cet égard, je ferai le récit de la sainte el bénigne astuce du comte d'An, ou, dans son pèlerinage à la Palestine. Ce comte arrive à Jérusalem : les portes du saint-sépulcre lui sont fermées par les Sarrasins : que fait-il? Voici comment s'exprime la chronique des comtes d'Anjou.
« Lors offrit le comte granl somme d'or pour le laisser entier, mais ne voulurent consentir, sinon que le comte l'eist ce qu'ils disoient faire faire aux autres princes diresliens. Le comte pour le désir qu'il avoil île y entrer, leur promit qu'il I", roil i ou t ce qu'ils voudroient. Lors lui dirent les Sarrasins, que jamais ne souffriroîeol qu'il y entrasl, s'il ne juroil de pisser el raire son urine sur le sépuli rc do <> i Dieu. Le comte, qui oust mieux aimé mourir de mille morts (si possible lui fus! , que l'avoir l'eist, voyant loule ["■.- eue autrement ne lui seroil permis do entrer a veoir le saincl lieu, auquel il avoit s; charitable affection, pour la Visitation duquel il esloit par lanl do périls el travaux de lointain pays là arrivé, leur accorda ce taire, il fut convenu par entr'eux qu'il y enlroioii le lendemain. Le sou- se reposa le comte oh sou lo^is, el au lendemain malin prinl une petite fiole de verre nssci plate, laquelle il i mplil île pure, nette ei mini nie eau rose (ou vin blanc, selon l'expression d'au ao»f,
01 la mil en I i biaw- de srs chausses, el vint
vers ceux qui l'cnstrée lui avoionl promise; el apr i avoir payé IcIIcb Bommes que les I orvci - inO lèles lui deman lèrent, fut mis au
eti àth
vénérable de lui lant désiré lieu du sainclsépulcre auquel Noire-Seigneur, après sa triomphante passion, reposa, et lui fut di-t que accomplis! sa promesse, ou que on le meslroit dehors. Alors le comte, soy disant prêt de ce faire, destacha une esgniilelle île sa braye, et feignant pisser, épandit de celle claire et pure eau rose sur le sain< t sépulcre; de quoi les payens cuidant pour vrai qu'il eus! pissé dessus, se prirent à rire et à moquer, disant l'avoir trompé et abusé; mais le dévot comte d'Anjou ne songeoit en leurs moqueries, estant en .<:rands pleurs ei larmes prosierné sur le saint-sépulcre. » D'après cette histoire, on ne saurait douter que, pour les chroniqueurs, l'astuce peut être sainte et bénigne, c'est-à-dire un sentiment tout opposé à l'astuce dont parle Marmonlel.
Je me borne à signaler cette différence dans la manière dont les auteurs emploient le mol astuie, les inductions qu'on pourrait en tirer ne méritant pas de fixer plus longtemps noire alt< ntion.
AT AUAX1E (sentiment). — Parler de l'ataraxie, c'est-à-dire de celle quiétude, de ce calme, de celte tranquillité de l'âme, qui la garantit de toutes les agitations, de toutes les craintes et de toutes les inquiéludes qui viennent de l'opinion, serait un non-sens dans un livre de celle nature, si nous n'avions à rappeler que les disciples de l'y rrhon, exagérant les maximes de Socrale, eurent le courage de placer la perfection de la sagesse dans la plus complète incertitude, dans l'inaction de l'esprit; et que c'est cet état d'immobilité et de repo-, cette inaction de l'esprit, qui formaient le but de leur philosophie, qu'ils appelèrent ataraxie. (Sextus Empiricus.)
L'ataraxie est une vertu si difficile, qu'elle a éléconsidéréecommela pierre philosophale de la morale : heureux donc, mille fois heureux, si on pouvait la trouver 1 Mais y parviendra-t-on jamais avec une philosophie basée sur le doute?
ATHÉE, Athéisme (vice). — Une des plus grandes et des plus belles prérogatives donl l'humanité a été dotée, c'est de s'élever, à l'aide des facultés que son Créateur lui a si généreusement départies, jusqu'à la connaissance de Dieu lui-même; de le contempler par la pensée, dans toute la majesté de sa grandeur, de sa puissance, de ses perfections, de sa gloire, et de l'adorer.
Cette inappréciable prérogative manquant à tous les cires qui professent l'athéisme, on s'est demandé : (Ju'est-ce qu'un athée? Serait-ce une âme privée d'intelligence et de raison ?
On ne peut se prononcer pour l'affirmative sur celle dernière question, puisque l'ignorance da Dieu n'est pas plus V athéisme, que l'état de doute dans lequel se trouvent quelques hommesà l'égard deDieu nele constitue formellement. Je ne voudrais donc pas que I5ayle eût appelé athées, tes Cafres et les Holtenlots, les Topiuambous et beaucoup d'autres petites nations qui, d'après des rap-