ATH
ports de quelques voyageurs , n'ont point de Dieu. Démarquez qu'ils ne le nient ni ne l'affirment; ils n'en ont jamais entendu parler : dites-leur qu'il yen a nn, et ils le croiront aisément; di'cs-leur que tout se fait par la nature ries choses, ils vous croiront de môme. Prétendre qu'ils sont athées esl la même imputation que si l'on disait qu'i's sont anti-cartésiens; ils ne sont ni pour ni contre Desc.irles. Ce sont de vrais enfants : un enfant n'est ni athée ni déiste ; il n'est rien.
Cela n'empêche pas qu'il n'y ait dis athées; mais comme l'athéisme esl une doctrine qui repos." entièrement sur une négation de l'existence du Père commun des hommes, auteur de toutes choses, nous dirons qu'un alhée, c'est l'homme moins toutes les facultés de son intelligence qui pourraient l'élever jusqu'à Dieu.
Oui, de toutes les fandlés de son intelligence, car c'est à l'aide de ces mêmes facultés, qui ont brillé de tout temps dans presque tous les grands philosophes, que les Socrale, les Platon, les Descartes, les Newion, les Pascal, les Rousseau, les Voltaire, etc., etc., le genre hmain tout entier , moins l'athée, ont pu arriver jusqu'à croire en un Dieu éternel qu'on ne peut comprendre, mais qui n'en existe pas moins, quoique incompréhensible.
Or, quelle triste mutilation l'homme athée a-t-il donc exercée sur lui-même I Ne saitil pas, le malheureux, que pour nier Dieu il lui a fallu retrancher de son être et le sentiment de l'infini qui n'a point d'aliment sur la terre, et le sentiment du beau, dont l'idéal ne se retrouve nulle part ici-bas , et le sentiment moral, donl la récompense doit être dans une autre vie, puisque dans celle-ci il ne rencontre que le poison et la croix. L'infortunél il a lout effacé, tout étouffé, jusqu'à sa conscience, puisque In conscience est une révélation du pouvoir invisible; jusqu'à son jugement, puisque le jugement n'explique rien sans le secours d'un premier moteur : le voilà lel qu'il s'e^t fait lui-même , réduit à cette froide intelligence dont il est si fier et qu'il accorde pourtant aux animaux 1 Ainsi . au point de vue de la notion de Dieu, il n'y a que la faculté de nier qui le sépare de la brute.
Et si l'on se récriait contre l'exagération de cette conclusion, qu'Aimé Marlin a formulée à propos de l'athée, nous dirions à nos interlocuteurs : Interrogez le sauvage sur l'existence de Dieu, à coup sûr il vous montrera son fétiche. Mais demandez-lui qui a fait ce fétiche? — Moi, dira-t-il, j'ai coupé une branche de l'arbre sacré, et voilà mon Dieu. — Et qui a fait cet arbre? — La terre, sur laquelle, par reconnaissance, il répand son ombre. — Très-bien ; mais qui a fait celte terre dont le sein enfante et porte des forêts? — Yois-lu, s'écriera le sauvage, en dirigeant ses regards vers l'horizon, c'est le Grand ilsprit qui réside par delà les montagnes bleues. Ainsi, de déduction en déduction, le sauvage esl arrivé à lout ce que l'esprit humain peut conccvoirdc plus giand.