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mais qui certainement me mangeront s'ils me rencontrent sous leurs griffes quand ils auront faim; et, après m 'avoir mangé, ne croiront pas avoir fait une mauvaise action.» Dès lors, comme rien ne porte au bien les alhée9, que leur tempérament, quand ils l'ont sensible et bienfaisant; comme rien ne les empêche de commettre le mal, que le remords ou le gibet, il est plus que ceriain qu'ils seront méchants quand leur intérêt l'exigera, et toutes les fois qu'ils pourront l'être impunément. Donc, il n'est rien de plus dangereux que l'a théisme, et on devrait l'a voir en horreur, fût-il même, par impossible, démontré qu'il n'y a point de Dieu.
Au contraire, puisque l'espérance de revivre après la mort Lit supporter patiemment les misères de celte vie et empêche de faire le mal ; puisque la crainte du châtiment arrête l'homme faible et entraîné par ses mauvais penchants ou ses passions sur la pente du vice; il est de l'intérêt de la société qu'il n'y ait point d'athées. C'est pourquoi on ne saurait trop répéter : Formez de bonne heure le cœur des enfants, des adolescents, à la vertu , car il ne se trouve pas d'homme sobre, modeste, chaste, équitable, honnête, probe, qui prononce qu'il n'y a point de Dieu.
La contagion de l'exemple étant extrêmement rapide et dangereuse, nous devons donc nous tenir en garde contre les sophismes de l'athée, qui tendent à relâcher les principes de la morale et à porter le trouble dans la société, l'athéisme tendant bien plus à diviser qu'à unir. Ce n'est pas tout : car si nous avions le malheur de rencontrer dans le monde un athée vrai ou faux, il faudrait essayer de le convertir à la foi de Jésus-Christ, tout en lui donnant les véritables notions des attributs de Dieu. Et, s'il arrivait jamais, ce qui serait bien plus déplorable encore, que cet athée cherchât à gagner un chrétien à l'athéisme, il serait de noire devoir de lui faire connaître l'énormité de son crime, soit aux yeux de son Créateur qu'il méconnaît, soit auprès des croyants qu'il outrage , soit auprès de la société qu'il dégrade.
Terminons cet article par un aperçu des principes philosophiques des hommes de notre époque à l'égard de Dieu : ce sera, je crois, la meilleure manière de concluie sur les propositions que nous avons disculées.
« Le christianisme, dit M. Cousin ( voir son Rapport au ministre de l'instruction publique à l'occasion du concours pour l'agrégation de philosophie près les facultés de Paris eldes provinces, le 13 novembre 18W), a été plus d'une fois entouré des hommages qui lui sont dus. Les grands principes de la révolution française étaient rappelés à tout moment avec une conviction séiicuse, et l'on sentait, sous les formes les plus diverses, une foi commune et profonde à cette philosophie qui se recommande par les grands noms de Socrale, de Platon, de Bossuet, de Fcueloii, de Leibnitz, qui reconnaît el proclame comme ses croyances fondamentales, et eu quelque sorte ses dogmes immortels, lu
sainteté de la liberté humaine, l'obligation morale, la vertu désintéressée, la spiritualité de l'âme, el par delà les limites de ce monde, un Dieu intelligent, par conséquent personnel et libre, qui seul a pu faire des êtres intelligents et libres, inexplicables sans lui, qui les a faits nécessairement dans un but digne de sa sagesse, qui veille sur eux et qui ne les abandonnera pas dans le développement mystérieux de leur destinée. La philosophie ne mérite l'intérêt et la protection de l'Etat qu'autant qu'elle enseigne dans les écoles nationales et inculque à la jeunesse ces grandes croyances qui ne sont pas des superstitions du cœur et des nécessités politiques, mais qui charment les cœurs, comme elles consolident les sociétés, parce qu'elles sont des vérités éternelles. »
ATTENTION ( faculté ). — Qu'est-ce que l'attention? Il est impossible de faire connaître cette faculté par des paroles. On no définit pas les mots par des mots à l'infini. Lorsqu'on est arrivé à un mol primitif, à une idée première, on se trouve placé au commencement de tout : on est au terme où il faut nécessairement s'arrêter. Or , si l'attention est unedes facultés premièresde l'âme, elle est donc au delà de toute définition.
11 ne faudrait pas croire que , parce qu'il est impossible de définir l'attention, l'idée de celte faculté première laisse quelque chose à désirer du côté de la clarté ; les principes portent avec eux leur lumière, et c'est celle lumière qui éclaire toutes les définitions, toutes les démonstrations, et qui se projette sur tous les développements des sciences.
L'attention , ou la première manifestation de celle force qui , dans l'âme , modifie les sensations , les idées , et qui , hors de l'âme, produit les mouvements du corps qu'on appelle volontaires, ne se fait sentir que par son exercice ; elle ne peut donc être connue que par elle.
Ainsi, l'idée que nous avons de l'activité de l'âme lorsque nous sommes attentifs à un objet; l'idée de cette force qui se concentre pour rendre la sensation plus vive, n'est donc, pour le redire encore, susceptible d'aucune définition : il nous est impossible de l'exprimer par des paroles, et celle impossibilité même confirme la vérité de notre système.
Ce qui n'empêche pas que nous sachions que par l'attention nous découvrons les faits; que par elle , mais par une attention soutenue qui ne se lasse jamais, el qu'on a si bien appelée une longue patience, se montrent enfin ces idées heureuses qui annoncenl la présence du génie ; que par elle la sensibilité peut être concentrée sur un seul point ; qu'elle est enfin une des facultés qui ont été départies à la plus intelligente des créatures, à l'homme. Je dis plus, elle est la faculté première , le principe qui produit l'exercice de toutes les facultés.
Nonobstant ces observations , je ferai remarquer que le mot attention, au singulier, signifie: la direction volontaire de l'àuie vers