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ancienne, il y avait des valeurs représentatives que les avares devaient convoiter. Pour nous, qui vivons à une époque où l'un ne connaît que trop l'argent monnayé, nous ferons consisler l'avarice dans la manie de thésauriser l'argent et surtout l'or. Montesquieu nous donne la raison île celle préférence.
« L'avarice, selon lui, garde l'or el l'argent, parce que, comme elle ne veut point consommer, elle aime des signes qui ne se détruisent point ; elle aime mieux garder l'or el l'argent, parce qu'elle craint toujours de perdre, el qu'elle peul mieux cacher ce qui est en plus petit volume. » [Esprit des luis, xxti, ch. 9.)
On aurait donc lort d'appeler avare un homme qui, ayant vingt chevaux de carrosse dans se- écuries, n'en prêtera pas deux à son ami s'il en a besoin; ou bien qui, a\anl deux mille bouteilles de vin de 15 >urgogne, destinées pour sa table, ne vous en enverra pas une demi-douzaine quand il sait que vous en manquez. S'il n'y son.e pas, ou s'il croit que vous pouvez vous procurer tout cela facilemeul ailleurs, il ne sera coupable que d'un manque de prévenances, ou d'attentions délicates qu'on doit avoir pour ceux qu'on aime; mais s'il est persuadé que vous èles forcé do renoncer à une partie de plaisir, un à l'accomplissement d'une affaire importante faute de monture; ou bien de nuire à votre santé en ne buvant que de l'eau faute de vin, à coup sûr cet homme csl un avare.
Donc je ne prétends pas, avec certains philosophes, qu'il faille appeler avare lout individu qui, en vous montrant pour cent mille écus de diamants, ne s'avisera pas de vous en offrir un de vingt-cinq louis; ni celui qui, gagnant deux millions chaque année dans les finances, ou dans les fournitures des armées, ou dans toutes autres grandes entreprises, se trouvant enfin riche de quarante et quelques millions, sans compter ses maisons de Paris et son somptueux mobilier, dépense pour sa table cinquante mille écus par année el prête quelquefois à de grands personnages l'argent à cinq pour cent; et cela, parce qu'il a loujours brûlé et brûle encore de la soif d'avoir; parce que le démon delà convoitise l'aura perpétuellement lourmenlé, et qu'il accumulera ainsi jusqu'au dernier moment de sa \ie. Je trouve que c'csl mal U'cr un abuser de ses richesses; mais peut-On dire que c'est de l'avarice?
Qu'il soit appelé ni ai e, parce que, pouvant faire beaucoup de bien aux pauvres, il ne s'en occupe pas ou refuse de leur donner une partie de son superflu, je le \eu\ bien;
mus l'accuser d'avarice, parce qu'il proie au lieu de taire le génèrent envers des hommes qui de peu seul i| uelquefois très- mal leurs
revenus ou dissipent follement leur fortune; l'accuser d'avarice pane que, ayant une profusion de pierreries, il ne vous en offre pas une de quelque valeur, c'est, je crois, accorder une trop grande extension à celle passion.
C'est pourquoi, n'exagér ODl rien, nous